Gavrochinette

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
Vers 1945 |
| Nom de naissance |
Henriette Franklin |
| Surnom |
Mlle Gavrochinette |
| Nationalité |
française |
| Activité |
chanteuse, transformiste |
Gavrochinette, peut-être née Henriette Franklin le et morte à une date inconnue, vers 1945, est une chanteuse de café-concert et transformiste française de la Belle Époque, connue principalement pour ses travestissements masculins sur scène.
Biographie
Identité
L'état civil de Gavrochinette n'est pas connu. En 1897, l'hebdomadaire La Semaine mondaine indique qu'elle serait née sous le nom d'Henriette Franklin le [1]. Le nom de scène Gavrochinette, féminin de Gavroche, est alors utilisé, comme sa version masculine, à la fois comme nom commun et comme nom propre[2],[Note 1]. Il a été à l'époque porté par plusieurs artistes parisiennes[3].
Carrière
Gavrochinette aurait commencé sa carrière artistique à seulement 15 ans, se produisant dans des caves dans un personnage de travesti, sous le nom du « Petit Henri », avant d'être engagée aux Ambassadeurs dans une revue d'Armand Numès[1]. En 1893, elle se produit au Casino des concierges[4], le cabaret de Maxime Lisbonne[5].
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En 1895, elle débute au célèbre Moulin Rouge de Montmartre, aux côtés des figures populaires du lieu, telles que La Goulue, Grille d'Égout, Cha-U-Kao ou encore Jane Avril[6]. Maxime Lisbonne, contrarié par le départ de la chanteuse, crée pour se venger une autre Gavrochinette[3].
On la retrouve aussi La Scala[7] en 1896-97, aux Ambassadeurs[8] en 1897-98 (aussi en 1906[9]), au Kursaal, à l'Eldorado[10],[11] et au Petit Casino[12] où elle connaît un fort succès[13].
Son répertoire est principalement composé de chansons grivoises et comiques, et de succès populaires du café-concert, tels que Viens, Poupoule ! créée par Félix Mayol à La Scala en 1902[14]. Quoique modeste, sa notoriété lui permet d'apparaître sur quelques partitions en tant que créatrice[Note 2] de plusieurs chansons, comme L'Étudiant universel ou Ah ! Clarisse[15]. Cette renommée la conduit également au studio des disques Odéon, où elle grave quatre titres en 1907. Dans son personnage de Gavroche au féminin[16], elle interprète notamment des textes destinés initialement à des hommes. Au travers de ses chansons, elle se met tantôt dans la peau d'un étudiant, tantôt dans celui d'un époux outragé, comme dans Tu n'm'y r'prendras pas (Claudinette)[17].
Malgré un certain succès durant la Belle Époque, « la diseuse travestie » Gavrochinette disparaît complètement à la suite de la Grande Guerre. En , le journal Comœdia annonce qu'elle serait gravement malade et en dresse le portait suivant[18] : « Ce ne fut point une étoile de première grandeur, certes, néanmoins elle créa un genre et eut son heure de célébrité. Elle amusa les spectateurs en montant sur les planches ; elle amusa encore plus ceux qui a connaissaient en dehors des music-halls. Elle avait de l'esprit à revendre, de l'esprit un peu amer, cruel souvent. Même ceux qui pouvaient souffrir de ses "mots" lui pardonnaient, tant la rosserie s'étoffait de grâce délicieuse, et d'ironie faubourienne. Elle fut l'amie et la collaboratrice de notre confrère Denola. À eux deux, ils firent presque de l'art au café-concert. »
Le nom de Gavrochinette continue de paraître occasionnellement dans la presse, sans qu'il soit possible de déterminer s'il s'agit de la même artiste. Ainsi, son personnage refait surface dans un spectacle à la Gaîté-Montparnasse en 1933, mais « ressuscité » par une autre artiste nommée Mlle Djimmy[19].
Discographie
1907
D'après la Phonobase[20]:
- Tu n'm'y r'prendras pas (Claudinette) (.H. Piccolini - E. Herbel - L. Roydel) (Odeon 60169 / matr. xP3145)
- Remettez-nous ça (Odeon 60170 / matr. xP3146)
- La Môme Chapelure (F. Vagues - V. Tarault) (Odeon 60171 / matr. xP3147)
- Viens ma gigolette (Odeon 60172 / matr. xP3150)
Réédition
- Tu n'm'y r'prendras pas, Anthologie de la chanson française traditionnelle, coffret 1 : 1900-1920 (15 CD, publiés en 2002) : CD n°6, piste 14.
Bibliographie
- Dorsey, The Argonaut, journal, volume 37 (juillet-), éd. San Francisco, Calif. : Argonaut Pub. Co., p. 92,
- Jean Lorrain, Madame Baringhel, éd. Fayard, 1899, p. 272
- Léon de Bercy, Montmartre et ses chansons : poètes et chansonniers, éd. H. Daragon, 1902, p. 274
- Nicole Lacombe, Les Chants de bataille : la chanson patriotique de 1900 à 1918, éd. Belfond, 1992, p. 311
- Jacques Pessis et Jacques Crépineau, Le Moulin Rouge, La Martinière, 2002 (ISBN 9791036916885)
- Didier Daeninckx, Le Banquet des affamés, éd. Gallimard, 2012, p. 224
Notes et références
Notes
Références
- « Casino d'Avignon », La Semaine Mondaine, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ CNRTL, « Définition de GAVROCHE » [archive du ], sur www.cnrtl.fr, Trésor de la langue française informatisé (consulté le )
- « Au Moulin-Rouge... », Gil Blas, (consulté le ), p. 3
- ↑ « Au casino des Concierges... », sur Gallica, La France, (consulté le ), p. 4
- ↑ « LISBONNE Maxime – Maitron » (consulté le )
- ↑ Jacques Crépineau et Jacques Pessis, Le Moulin Rouge, FeniXX, (ISBN 979-10-369-1688-5, lire en ligne)
- ↑ « L'Art lyrique et le music-hall : journal indépendant des cafés-concerts, concerts et théâtres », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Alfred Choubrac (Gallica, BnF), « Affiche de Gavrochinette aux Ambassadeurs »
- ↑ « Adieu légumes », Paris qui Chante, no 182, , p, 4-5 (lire en ligne
)
- ↑ « Dans les théâtres », La Fronde, no 336, , p. 1 (lire en ligne)
- ↑ Jean-Jacques Meusy, « Les bandes comiques face à l'arrivée des films « kilométriques » », 1895, vol. 61, no 2, , p. 149–164 (ISSN 0769-0959, DOI 10.4000/1895.3836, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le Nouvelliste des concerts : cirques et music-halls : hebdomadaire indépendant paraissant tous les jeudis / directeur Emile Deplaix », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Clément Vautel, Mon film: Souvenirs d'un journaliste, FeniXX, (ISBN 978-2-7050-0622-8, lire en ligne)
- ↑ « Viens poupoule ! Paroles de Trébisch et Christiné ; musique de Adolf Spahn ; arr. par Christiné », sur bibliotheques-specialisees.paris.fr (consulté le )
- ↑ « Ah ! Clarisse : chansonnette / paroles de G. de Nola ; musique de J. Taillefer », sur bibliotheques-specialisees.paris.fr (consulté le )
- ↑ « Eden-Concert », Nîmes-journal, no 978, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ « Parution « Anthologie de la chanson française enregistrée : 1900–1920 » par Various Artists - MusicBrainz », sur musicbrainz.org (consulté le )
- ↑ « Gavrochinette », Comœdia, , p. 3 (lire en ligne)
- ↑ « " Deux Époques " », Comœdia, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ Henri Chamoux, « Phonobase - discographie Gavrochinette »
Liens externes
Enregistrements de Gavrochinette consultables sur la Phonobase d'Henri Chamoux
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