Gay Shame
Gay Shame est un mouvement de la communauté LGBT décrit comme une alternative radicale à la tendance conformiste et capitaliste de la communauté.
Il promeut une vision alternative des marches des fiertés, reprochant à ces dernières un aspect de plus en plus mercantile par la présence d'entreprises commanditaires, entrainant une dépolitisation globale de ces évènements sponsorisés[1],[2]. Le mouvement Gay Shame adopte des modes d'expression radicalisés, promeut une idéologie contre-culturelle et revêt un aspect artistique local avant-gardiste.
Historique

Contexte et débuts du mouvement (1996 - 2001)
Le mouvement Gay Shame émerge en 1998 comme un événement culturel au centre communautaire DUMBA à Brooklyn, New York. Le collectif d'artistes impliqué dans ce premier événement publie un zine, intitulé Swallow Your Pride dont trois éditions seront publiées[3].
L'événement réunit plusieurs artistes et performeurs comme Three Dollar Bill, Kiki and Herb, et des interventions de militantes comme Eileen Myles, Mattilda Bernstein Sycomore et Penny Arcade. Le réalisateur Scott Berry immortalise cette soirée dans le film Gay Shame '98. Le mouvement se répandra par la suite à San Francisco, à Toronto, et jusqu'en Suède. Un événement culturel annuel a lieu dans un night-club à Londres[4].
Effervescence et Gay Shame SF (2001 - 2013)
Le mouvement Gay Shame à San Francisco est un collectif queer radical d'action directe, sans hiérarchie, organisé autour de 2001 et qui reste actif jusqu'en 2013. Le groupe se réunit toutes les semaines au Modern Times Bookstore[5]. Pour abolir toute hiérarchie au sein du groupe, tous les membres s'identifient au nom de Mary, pour leurs prises de paroles dans la presse, afin de préserver leur anonymat et ne pas désigner certains membres comme leaders.
L'organisation de Gay Shame SF est basée sur le consensus, chacun doit donner son avis ou son aval avant une prise de décision, et tout le monde doit être entièrement informé des actions qui ont lieu.
Selon les membres de Gay Shame SF : « les luttes LGBT actuelles aspirent au privilège hétérosexuel et à une version gay de l'idéal traditionnel américain, reposant sur le colonialisme, le capitalisme et le racisme systémique »[5].
Le collectif organise plusieurs manifestations, protestations et actes de guerilla urbaine qui paralysent la ville de San Francisco, en réponse à la déclaration de guerre contre l'Irak par l'administration Bush en 2003[6].
Une conférence académique a lieu en , à l'université du Michigan[7]. Des frictions auraient eu lieu lors de ce week-end, entre les activistes et les universitaires, issues d'une divergence de stratégies, et de l'incapacité des universitaires, selon les activistes, de reconnaitre leurs privilèges de classe et le pouvoir qui en découle[8],[9].
En 2009, une manifestation Gay Shame a lieu devant le centre LGBT de San Francisco, quelques jours avant la pride[10]. Les manifestants fustigent le centre pour son association avec des sponsors comme American Express, AT&T et autres mégacorporations, ainsi que leur soutien du prétendu allié démocrate Gavin Newsom, candidat au poste de gouverneur.
Autour de 2013 a lieu la dernière réunion hebdomadaire du groupe. Mattilda Bernstein Sycamore, membre active du groupe déclare ne plus se retrouver dans les valeurs du collectif : « Il y a trop de rhétorique auto-congratulatoire dans les espaces queers radicaux de San Francisco. On ne peut pas aller au-delà d'un simple rebranding formel [...] sans remettre en cause la reproduction des schémas horribles de la culture hétéro et gay mainstream, au sein des espaces radicaux. »[11],[12],[13].
Réémergence (2013 - aujourd'hui)
Peu après le départ de Sycamore, plusieurs personnes demandent le retour du mouvement, estimant son activité pertinente[14], et en , Gay Shame SF reprend son activité. Leurs rencontres hebdomadaires sont documentées sur le site du Modern Times Bookstore, puis sur leur site officiel à partir de 2018[15]. Il se décrivent eux-mêmes comme un « virus dans le système », ils appellent à une collectivisation des combats contre toutes les formes de dominations, qu'elles soient, suprémacistes, colonialistes, validistes, etc[16].
En parallèle, d'autres chapitres de l'organisation émergent. Vers , Gay Shame San Diego est créée, se décrivant comme « un mouvement de protestation contre le mercantilisme des prides et en opposition à l'assimilationisme queer ». Les prises de positions, déclarations et essais du mouvement sont partagés par leur page Facebook, et sur un blog Tumblr affilié au mouvement.
Engagements et positions politiques
Le collectif Gay Shame assume une position de rupture d'avec la politique de plus en plus néolibérale de certaines associations LGBT, ainsi que du parti démocrate et d'une large parti des libéraux étatsuniens. Le mouvement s'insurge en particulier contre le tournant mercantile amorcé par les prides.
De manière générale, le mouvement Gay Shame appelle à une convergence des luttes, à un militantisme queer anticapitaliste , arguant que les luttes LGBT ne peuvent pas se faire au détriment d'autres groupes et classes sociales défavorisées. Ainsi le mouvement apporte son soutien aux luttes antivalidistes, anticarcérales, anticolonialistes et pour les droits des TDS.
Anticonsumérisme et opposition à l'assimilationnisme
Le collectif se décrit lui-même comme un groupe d'action directe, opposé à l'assimilationnisme, à l'hypocrisie d'une large partie de la gauche libérale, et à l'identité gay commerciale, qui nie les liens intrinsèques entre la lutte queer et la remise en question des dynamiques de pouvoir[17].
Mariage homosexuel
Le collectif ne soutient pas le combat pour la légalisation du mariage entre personnes de même sexe; appelant plutôt à l'abolition du mariage en tant qu'institution issue de la violence patriarchale hégémonique. Le mariage n'est, selon Gay Shame, qu'un contrat légal permettant de concentrer les ressources économiques et sociales au sein d'une lignée familiale, et de les transmettre à travers l'héritage.
Les critiques qui en sont faites avancent également que le mariage gay est un moyen pour les libéraux de s'approprier le vote et le soutien de la communauté, et pour les membres de la communauté LGBT les plus privilégiés, de s'assimiler au sein d'une société qui leur est hostile par défaut.
Des arguments en faveur du mariage gay avancent que celui-ci permettrait à de nombreux couples gays et lesbiens de bénéficier d'une couverture santé, ou de la citoyenneté pour les immigrées. Gay Shame maintient que le mariage reste une source d'inégalités par essence, car un mariage entre une personne immigrée et un citoyen étatsunien repose sur la notion raciste du « white savior », et ne remet pas en cause les discriminations qui sous-tendent le besoin des immigrés de recourir au mariage. Concernant l'assurance santé, le mouvement soutient que celle-ci devrait être accessible à tous et toutes, et pas uniquement à la condition de se confirmer à un rituel patriarcal imposé et contrôlé par l'état[18].
« Le mariage gay, le vote sont autant de gestes symboliques qui renforcent les structures qu'ils prétendent reconfigurer »[18].
Intégration des LGBT dans l'armée
En 2011, la loi « Don't ask, don't tell », est abrogée. Celle-ci interdisait aux recrues de l'armée homosexuelles et bisexuelles d'évoquer ou de révéler leur orientation , y compris concernant leur éventuelle vie maritale ou familiale. Suite à cette décision, le mouvement Gay Shame édite un flyer proclamant « Pas de gays dans l'armée! Nous avons besoin de vous dans la rue»[19].
Le mouvement avance que l'identité queer se doit de remettre en question les institutions conservatrices, comme le mariage et l'armée, et non chercher à s'y intégrer.
Anticarcéralisme
Dans la logique de justice sociale pour tous, Gay Shame SF adopte des positions anticarcérales. En 2014, six membres sont arrêtés pour s'être opposés publiquement à une soirée de pride organisée par l'entreprise Kink.com, utilisant le thème des prisons[20].
Les militantes abolitionistes Miss Major et Angela Davis co-signent une lettre ouverte, rappelant les nombreuses problématiques spécifiques aux personnes LGBT, posées par le système carcérale américain. Les militants de Gay Shame avancent notamment que les femmes trans, particulièrement celles racisées, sont souvent incarcérées dans des prisons pour hommes, où elles sont rendues plus vulnérables aux agressions sexuelles[21].
« We'd suggest that in the future [Kink.com] try something more imaginative -- sexy dictator, maybe? »[20].
Autres
De manière générale le groupe est associé à une mouvance anarchiste, et est souvent fermement réprimé par la police de San Francisco, et les autorités locales pour leurs actions[22].
En 2012, le collectif édite un flyer, critiquant plusieurs organismes et événements de San Francisco : l'association d'agents de police LGBT, le festival de films Frameline, accusé de pinkwashing pour avoir accepté un soutien financier de l'état d'Israël, ou encore la multinationale Clear Channel, accusée d'avoir fait censurer certains artistes sur leur stations de radio[23],[24]. En 2015, une série de flyers « anti-tech » est déployé dans le quarter de Mission District, incitant les employés de grands groupes de la tech, comme Apple, Google ou Airbnb à quitter le quartier. La manœuvre est attribuée à Gay Shame, qui se positionne contre la gentrification de la ville de San Francisco[25].
Commentaires et influence
En 2011, Mattilda Bernstein Sycamore évoque notamment le militantisme radical qu'elle a observé dans des associations comme Act Up, qui combattait l'inaction publique envers l'épidémie de SIDA, qui touchait particulièrement la communauté LGBT dans les années 1990. Certaines positions et modes d'expressions de Act Up se rapprochent de ceux du mouvement Gay Shame[26].

Sur le temps qu'elle a passé avec Gay Shame, Mattilda déclare : « Nous voulions utiliser le militantisme radical d'Act Up, mélangé avec l'extravagance et un sens du sepctacle, pour attirer l'attention du public »[26].
Le groupe d'action directe LAGAI – Queer Insurrection (Lesbians And Gays Against Intervention), proche du mouvement Gay Shame, partage leurs position sur l'anti autoritarisme et l'opposition au mariage gay[27]. Ils affirment également les origines révolutionnaires des mouvements LGBTQ[28].
Critiques
En raison de leur opposition radicale à la culture LGBTQ dominante, Gay Shame est le sujet de nombreuses critiques. Le blogueur nommé Dyneslines assimile la tendance des groupes radicaux comme Gay Shame à l'expression d'une homophobie internalisée. Au moment où il s'exprime il constate et voit d'un bon œil le délitement du mouvement[29].
Une autre critique, d'une perspective queer ne dénigrant pas complètement le mouvement, avance que, bien que l'identité du groupe soit construite sur l'opposition à toute forme de mercantilisme, cette démarche peine à être totalement respectée, le collectif ayant besoin de fonds pour financer leur activité[30]. L'article questionne aussi la décision des membres de Gay Shame d'adopter unanimement le nom de Mary, vu comme une façon de supprimer les identités individuelles, qui entre en contradiction avec le combat pour la diversité de cette organisation[30].
Certains pointent aussi le manque d'intérêt du public pour les performances de Gay Shame, tentant d'agir entièrement en marge du système mais peinant à faire passer leur message, tandis que des associations plus intégrées, tentant de faire évoluer les droits et libertés de la communauté « de l'intérieur », parviennent à leur fin, même si de manière plus modérée. La radicalité du groupe apparaitrait comme un repoussoir pour le grand public, et serait inefficace[22],[30].
Art et spectacle
Le mouvement Gay Shame se revendiquant comme une alternative anticapitaliste et anarchiste aux prides, une part importante de leur activité repose sur le spectacle, les arts de la scène et l'expression artistique en général.
Chaque année, le collectif organise un événement intitulé les Gay Shame Awards, une cérémonie ironique remettant des prix aux membres de la communauté jugés hypocrites, ou néfastes aux luttes LGBT. L'événement est décrit par Mattilda Bernstein Sycamore comme « un drapeau arc-en-ciel en flammes » [26],[31].
Un évènement annuel intitulé Gay Shame and Lesbian Weakness a lieu à Londres, en Angleterre, au night club Duckie depuis 1996[4],[32]. L'évènement présente des performances artistiques, des concerts, des concours et est chaque année axé sur un thème qui en définit le dress code. L'événement est aussi appelé « Le festival annuel de la misère homosexuelle »[33].
| Année | Thème | Source |
|---|---|---|
| 1996 | Gay Shame & Lesbian Weakness | |
| 1997 | (Un)Clean | |
| 1998 | ||
| 1999 | ||
| 2000 | ||
| 2001 | ||
| 2002 | ||
| 2003 | ||
| 2004 | (Un)Fair | |
| 2005 | The Suicides | |
| 2006 | Euroshame | |
| 2007 | annulé | |
| 2008 | Gay Shame Goes Macho | [34] |
| 2009 | Gay Shame Goes Girly | [35] |
| Plus d'évènements jusqu'en 2014 | ||
| 2014 | Compulsory Entertainment | |
| 2015 | Border Force | [36],[37] |
| 2016 | ||
| 2017 | ||
| 2018 | The Light at the end of the tunnel | [38] |
| 2019 | Lost | |
| 2020 | ||
| 2021 | Narcissus, Crumpet & Chippy | |
| 2022 | Straight Pride | [39] |
| 2023 | Summer Fete | |
| 2024 | Trans Daddy | [40] |
| 2025 | Dirty Thirty |
De 2001 à 2004, des événements Shame ont lieu à Stockholm, en Suède[41].
Gay Shame SF se réunit tous les samedis, en visio ou en personne dans le quartier de Mission District, quartier queer de San Francisco[42].
Adaptation
En 2002, AlterNet publie une pièce de théâtre de l'activiste queer Tommi Avicolli Mecca, sur le mouvement Gay Shame. A propos du mouvement il déclare : «Gay Shame esla réaction d'une jeunesse dégoutée par la commercialisation des prides ».
Un livre intitulé Gay Shame est publié par Lambda Literary en 2010. Le livre explore les origines du mouvement, et questionne la façon dont les luttes LGBT actuelles poussent à l'assimilation, résultant en la perte, pour la communauté queer, de la fierté de sa sexualité, de son genre, de ses origines.
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Gay Shame » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) David M. Halperin et Valerie Traub, Gay Shame, University of Chicago Press, (ISBN 978-0-226-31438-9, lire en ligne)
- ↑ (en) Heather Love, Feeling Backward: Loss and the Politics of Queer History, Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-02652-0, lire en ligne)
- ↑ (en) « Swallow Your Pride - ZineWiki - the history and culture of zines, independent media and the small press. » [archive du ], sur zinewiki.com (consulté le )
- (en) « Gay Shame », sur Duckie (consulté le )
- (en-US) Laurie Buenafe Krsmanovic, « TAKE FIVE: Gay Shame », sur Mission Local, (consulté le )
- ↑ (en) Mattilda Bernstein Sycamore, That's Revolting!: Queer Strategies for Resisting Assimilation, Catapult, (ISBN 978-1-59376-314-5, lire en ligne)
- ↑ « Conference On Gay Shame », sur websites.umich.edu (consulté le )
- ↑ "Gay Shame Redux". allacademic.com.
- ↑ « Stephen Low on "Gay Shame" | E3W Review of Books » [archive du ], sur www.dwrl.utexas.edu (consulté le )
- ↑ (en) « Gay Shame Protest: "De-Center The Center" », sur Indybay (consulté le )
- ↑ « Boom life: Mattilda Bernstein Sycamore talks about 'The End of San Francisco », sur sfbg.com
- ↑ The Dream Committee, Episode 47: Mattilda Bernstein Sycamore on Gay Shame and Why Are Faggots So Afraid of Faggots? (lire en ligne)
- ↑ (en) horizontalpowerhour, « Episode 47: Mattilda Bernstein Sycamore on Gay Shame », sur Horizontal Power Hour, (consulté le )
- ↑ Burkely Hermann, « The Commercialization of “Gay Pride” », sur whiterosereader.org,
- ↑ « GAY SHAME: every Saturday! »
- ↑ (en-US) « About – GAY SHAME » (consulté le )
- ↑ « Gay Shame: A Celebration of Resistance » [archive du ], sur www.gayshamesf.org (consulté le )
- « Gay Shame: A Celebration of Resistance » [archive du ], sur gayshamesf.org (consulté le )
- ↑ (en) Imgur, « Gays In The Military - Flyer From SF Radical Queer Group 'Gay Shame' », sur Imgur (consulté le )
- « Gay Shame to Protest Kink.com Party This Weekend », sur sfweekly.com,
- ↑ (en-US) « Californians United for a Responsible Budget (CURB) » [archive du ], sur salsa3.salsalabs.com (consulté le )
- « San Francisco - The Snitch - Gay Shame in San Francisco -- Mary Wants You! » [archive du ], sur blogs.sfweekly.com (consulté le )
- ↑ « How Gay Shame Really Feels About Corporate Pride », sur www.bilerico.com,
- ↑ « The Year Queers Fought the De-Politicization of Pride », sur www.huffpost.com,
- ↑ (en) « Nihilist Gay Group Adds Threatening Anti-Tech Fliers To Divis, Was Behind Last Crop In Mission: SFist », sur SFist - San Francisco News, Restaurants, Events, & Sports, (consulté le )
- « We Who Feel Differently - Interviews » [archive du ], sur wewhofeeldifferently.info (consulté le )
- ↑ « Gay Marriage Opiate of Masses » [archive du ], sur www.lagai.org (consulté le )
- ↑ « About LAGAI » [archive du ], sur www.lagai.org (consulté le )
- ↑ (en) « Dyneslines: Gay pride versus gay shame », (consulté le )
- (en) rldesoto, « Gay Shame—Removed From Neoliberalism? », sur Queer Mobilities, Queer Citizenship SS11, (consulté le )
- ↑ « Bucking the mainstream nothing new for Gay Shame », sur ebar.com,
- ↑ « Gay Shame: A Challenge to Gay Pride », sur alternet.org,
- ↑ (en) « Duckie », sur Duckie (consulté le )
- ↑ « Gay Shame 2008 »
- ↑ « Gay Shame Goes Girly party at the Brixton Academy, Brixton, London 4th July 2009 », sur www.urban75.org (consulté le )
- ↑ (en) « Border Force », sur Duckie (consulté le )
- ↑ « Context: Border Force »
- ↑ (en) « Gay Shame 2018 », sur Duckie (consulté le )
- ↑ (en) « Straight Pride », sur Duckie (consulté le )
- ↑ (en) « Trans Daddy », sur Duckie (consulté le )
- ↑ « SHAME » [archive du ], sur www.shame.nu (consulté le )
- ↑ (en-US) « MEETINGS – GAY SHAME » (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Portail LGBT+