Gendarme auxiliaire

Les gendarmes auxiliaires (GA) étaient, en France, des appelés du contingent qui effectuaient leur service national dans la gendarmerie nationale. Cette possibilité qui s'offrait aux jeunes Français avait été introduite par l'article 14 de la loi no 70-596 du [1] et par le décret no 70-1347 du [2]. Ils effectuaient ainsi une des formes de service militaire. Il fallait pour effectuer cette forme de service militaire faire des démarches particulières en amont et satisfaire à certaines conditions de recrutement.

Histoire

Les premières incorporations de gendarmes auxiliaires eurent lieu en 1971, adoptant un uniforme kaki volontairement différent de celui des gendarmes. Ils étaient principalement employés dans la gendarmerie départementale et parfois dans la gendarmerie maritime, dans les pelotons de gendarmerie de montagne, ainsi que dans la gendarmerie de l'air.

Blason du centre d'instruction des gendarmes auxiliaires.

Les principaux centres d'instruction furent Auxerre et son centre satellite dans l'île de Porquerolles (Var), Saint-Astier, Bergerac, Tulle (deux casernes : Marbot et la Bachellerie), ainsi que Fontainebleau et Melun (à l'école des officiers de la gendarmerie nationale). La formation était identique à celle des autres militaires du contingent (classes) (cours sur le Ministère de la Défense, les entités militaires, discipline et règlements dans les Armées, armement, combat (tactique), protocole militaire, instruction civique, santé-hygiène, activités physiques dont spécifiques aux Armées, sécurité-protection-défense d'une caserne, secourisme dans un cadre interne comme de combat, notions d'incendie ...) avec des notions spécifiques à l'Arme (connaissances plus approfondies sur la Gendarmerie, règlements internes, circulation routière militaire et civile, secourisme dans un cadre civil extérieur, usage de la force dont des armes (et dont celles spécifiques) en tant que Force de Police, accueil et soutien du public, menottages, interpellations ...) et ce, toujours dans un cadre et une pédagogie militaire. A noter que, contrairement à celle dispensée aux autres militaires du contingent, sans attendre une formation complémentaire d'emploi ou d'effectuer un peloton d'élèves gradés, des cours sur la topographie comme sur les transmissions kaki - comme bleues par ailleurs- étaient dispensés. il en est de même sur l'usage du pistolet automatique, formation réservée ailleurs dans les Armées aux élèves sous-officiers appelés et officiers de réserve.

Afin également de parfaire certaines spécialisations comme pour la gendarmerie maritime, l'enseignement des Gendarmes Auxiliaires Maritimes (GAM) fut dispensé dès la fin des années 1980 au Centre d'Instruction de la Gendarmerie Maritime (CIGM) de Toulon. Ainsi la formation ne se faisait plus au centre d'instruction d'Auxerre. Les appelés continuaient d'être convoqués à Auxerre uniquement pour une journée de formalités d'incorporation puis gagnaient le CIGM. Le centre de Toulon accueillait également les gendarmes d'active pour des formations spécifiques et continues. Il a poursuivi ses missions de formations et de spécialisations sous l'appellation de Centre National d'Instruction de la Gendarmerie Maritime (CNIGM). La majeure partie des affectations des GAM se faisait dans les principaux arsenaux militaires où leurs missions étaient la surveillance et la sécurité des accès de l'enceinte militaire. Certains pouvaient être affectés à des navires de la gendarmerie maritime ou à Paris, au centre de commandement ou au centre d'instruction de Toulon.

La tenue des GAM (tout comme celles des gendarmes maritimes d'active) s'inspirait de la tenue des officiers mariniers : le képi laissait la place à la casquette de marine, tout en conservant le galon et la soutache bleus, spécifique aux GA. La chemise (ou la chemisette, selon la période de l'année) était blanche et le pantalon, bleu marine. Autre distinction : les galons de grades portent l'ancre marine sur laquelle se trouve la grenade de gendarmerie. Le chevron était doré et non blanc/argent pour le brigadier-chef ou pour le maréchal des logis. De même, la tenue de cérémonie est spécifique, la veste étant celle de la marine avec aux pointes de col l'ancre surmontée de la grenade et le galonnage de bas de manche en diagonale en non en chevrons comme pour la gendarmerie départementale.

En 1983 fut créé le groupement de gendarmes auxiliaires de Melun (quartier Pajol) comprenant trois compagnies, ainsi que deux compagnies basées au Bourget. Ces compagnies n'avaient pas d'existence légitime, puisque les décrets d'application à la suite de la loi furent signés seulement en 1986 par le ministre de la défense de l'époque, André Giraud. Dépendantes de la légion de gendarmerie mobile d'Île-de-France, ces compagnies furent créées pour pallier la carence d'effectifs de gendarmes mobiles, à la suite de l'envoi d'unités en Nouvelle-Calédonie pour assurer le maintien de l'ordre après les événements d'Ouvéa. Le groupement de gendarmes auxiliaires de Melun avait les missions suivantes :

  • le renfort ponctuel d'unités de gendarmerie départementale d'Île-de-France,
  • des missions de sécurité dans les aéroports parisiens (d'Orly ou de Roissy : renfort de la gendarmerie des transports aériens), ou la sécurité des aéronefs,
  • sécurité de l'hôtel des Invalides et de la Direction générale de la Gendarmerie Nationale.

Des périodes de remise à niveau des unités ponctuaient leur emploi du temps. À l'été 1984, des renforts étaient également envoyés dans des brigades côtières (en Corse, à Ajaccio, ils étaient logés à la Citadelle) avec des élèves gendarmes stagiaires. Ceux qui étaient en Corse devaient assurer :

  • la surveillance de l'aéroport d'Ajaccio ;
  • la surveillance du relais de la Punta au-dessus d'Ajaccio ;
  • le transport d'armes entre Ajaccio et Corte (Corse du Nord) ;
  • la surveillance lors de l'enregistrement radio/télévision des candidats pour les élections européennes de 1984.

Les groupements de gendarmes auxiliaires de Melun et du Bourget furent dissous en 1987 sous le gouvernement de Jacques Chirac.

Les gendarmes auxiliaires dans leurs unités respectives participaient également aux missions militaires de leurs unités ou se formaient et s'entraînaient à celles qui pouvaient venir si conflit ou crise.

Au Liban, d' à , un détachement de 92 gendarmes auxiliaires, 6 maréchaux des logis et 86 hommes du rang (17 brigadiers-chefs, 20 brigadiers, 49 gendarmes auxiliaires), furent, sous commandement et encadrement d'officiers subalternes (3) et de sous-officiers d'active (4 sous-officiers supérieurs, 6 maréchaux des logis-chef et 20 gendarmes), en missions d'interpositions entre les fractions rivales au sein de l'opération Diodon au côté du commando de la marine nationale Trépel, d'éléments du Génie, de trois compagnies de combats du 2 RIMa, d'unités du Train et de Blindés.

Le contingent 84/12 voit l'apparition d'un nouvel uniforme bleu, assez similaire à celui du personnel d'active.

Lors de l'apparition du chandail bleu à bande latérale blanche en 1990, celui des appelés comportait un très léger tiret bleu de chaque côté du mot "gendarmerie" alors que celui porté par le personnel engagé ou de carrière n'en avait pas.

Les gendarmes auxiliaires étaient également présents dans les Peloton de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie (PSIG), unités spécialisées dans les patrouilles de nuit mais également dans les brigades territoriales, les brigades nautiques, les unités d'autoroutes voire pelotons et brigades motorisés, en unités équestres de la garde républicaine, la gendarmerie des transports aériens, la gendarmerie de l'armement et en services Inter-Armées, de même qu'en CIGA. Jusqu'aux milieux des années 1990, existaient des groupes de gendarmes auxiliaires, au niveau de certaines compagnies, dont les effectifs très variables servaient à effectuer des renforts sur des opérations, à fournir des personnels en détachements, à assurer du soutien en caserne, entre autres.

Les femmes pouvaient effectuer leur service militaire sur la base du volontariat, dont en en gendarmerie, cependant elles y tenaient que des postes administratifs, en états-majors ou en administrations centrales de la gendarmerie ou Inter-Armées.

Pour monter en grade, les meilleurs gendarmes auxiliaires, avaient la possibilité d'effectuer un mois de classes supplémentaires où étaient dispensées une formation morale de "petits gradés" mais également de sous-officiers appelés, ainsi que celles d'utilisation de certains armements militaires collectifs (par exemple l'automitrailleuse), d'encadrement et de pédagogie, de combat comme chef d'équipe (à l'époque le trinôme de combat n'existait pas, c'était le binôme puis l'équipe commandée par un militaire du rang gradé) puis chef de groupe. Le grade de maréchal des logis était accessible au terme du temps normal de service (réserve) et sinon pendant le temps long avec priorité aux titulaires du concours de gendarme. Sous-officier, l'appelé devenait instructeur et non plus moniteur à l'instruction en CIGA, possédait plus de prérogatives internes, pouvait commander un groupe de combat si besoin et de fait bénéficiait de ce nouveau statut (accès au mess, possibilité d'hébergements différents ...). A noter que pour devenir de carrière le jeune gendarme à l'époque devait être bien noté, avoir 4 ans de services militaires (sous toutes entités militaires) dont deux ans comme sous-officier de gendarmerie à son actif et passer un examen (CAT devenu DAT, révolu depuis) sur à peu prés deux ans. Le fait d'avoir été maréchal des logis de gendarmerie, donc sous-officier, ce temps de grade était pris en compte et de fait, permettait de devenir de carrière dès le DAT ou CAT obtenu si les quatre ans de services militaires totaux étaient effectués sans attendre la totalité des deux ans au grade de gendarme.

A préciser qu'à partir de 1991, les aspirants du contingent, devenant sous-lieutenants au bout de 6 mois de grade, ont fait leur apparition dans l'Arme. Diplômés d'études supérieures ou recrutés en interne sous certaines conditions, ils effectuaient 4 mois de classes à l'EOGN de Melun. Au sein de ces classes étaient dispensées des formations : de chef de section de combat, morale et de commandement d'officier subalterne militaire, physique dont spécifique à l'Armée, civique, académique militaire dont de connaissances plus approfondie sur l'Arme, de fonctionnement interne et d'entrainements à des situations de police. Ils étaient ensuite affectés en CIGA, en COG ou en emplois d'Etat-Major. Au cours de leur service militaire, en cours d'affectation et non pendant leurs classes, un séjour à Lacourtine composé d'exercices militaires, était effectué au sein d'un escadron de gendarmerie mobile. Les attributs de grade de ces personnels étaient dorés avec deux chevrons au dessus de la grenade, semblables à ceux des gendarmes mobiles. Les Elèves Officiers de Réserve ne terminant pas leurs classes devenaient 2ème classe, 1ère classe, brigadiers, brigadiers-chefs suivant le temps de formation effectuée ; maréchaux des logis pour ceux qui échouaient qu'en partie aux termes de leurs classes.

Les gendarmes auxiliaires n'étaient pas assermentés mais étaient cités dans l'ancien Code de la Route (articles R44 et R229-1) comme agents habilités à effectuer la circulation, dont les signes devaient être respectés par les conducteurs et prévalaient sur les feux et panneaux de signalisation routière.

Certains anciens gendarmes auxiliaires eurent l'occasion de porter à nouveau l'uniforme (après une période d'une semaine de remise à niveau), avec la création du plan Armées 2000 mis en place en 1994 par le ministre de l'époque, François Léotard, prémices de la future « armée de réserve », afin de pallier la carence d'effectifs due à la fin du service national. Les gendarmes auxiliaires furent remplacés par les gendarmes adjoints volontaires, quand le service national fut suspendu sous l'impulsion de Jacques Chirac, alors Président de la République. De quelques milliers dans les années 1970, les gendarmes auxiliaires furent jusqu'à près de 12000 vers la fin de leur existence où ils furent remplacés par les 18000 gendarmes adjoints volontaires.

Entre 1974 et 2003, au moins dix-sept gendarmes auxiliaires ont trouvé la mort en service commandé. Souvent âgés de moins de 20 ans, au moins quatre d'entre eux ont été victimes de meurtres en service (dont trois par balles), trois sont morts fauchés par des véhicules en intervenant lors d'accidents, trois autres sont morts dans des accidents de la route aux circonstances inconnues, trois sont morts atteints par balles à la suite d'un accident de tir, deux sont morts en montagne (un, emporté par une avalanche et le second, frappé par la foudre) et les deux derniers dans des circonstances ignorées.

Grades

Il fut créé dans les années 1990 le grade d'aspirant (officier) devenant sous-lieutenant.

Références

Bibliographie

Benoît Haberbusch (aspirant), "Gendarmes auxiliaires. Les premiers appelés de la gendarmerie (1970-1972)", Armées d'aujourd'hui, n°264, , pp. 64-66.

Association Nationale des Anciens et Anciennes Gendarmes Auxiliaires. ."Ceux qui nous ont ouvert la voie..." Livre du 50e anniversaire de la creation des Gendarmes Auxiliaires. 2022 
ISBN / 9782958224707

Voir aussi

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