Gholamhossein Mohseni Ejeï

Gholamhossein Mohseni Ejeï
Illustration.
Gholamhossein Mohseni Ejeï en 2023.
Fonctions
Chef du système judiciaire iranien
En fonction depuis le
(4 ans, 10 mois et 21 jours)
Prédécesseur Ebrahim Raïssi
Membre du Conseil de direction intérimaire
(chef de l'État)
–
(7 jours)
Avec Massoud Pezechkian
Alireza Arafi
Président Massoud Pezeshkian
Prédécesseur Ali Khamenei (guide de la Révolution)
Successeur Mojtaba Khamenei (guide de la Révolution)
Procureur général d'Iran
–
(4 ans, 11 mois et 30 jours)
Prédécesseur Ghorbanali Dorri-Najafabadi
Successeur Ebrahim Raïssi
Ministre du Renseignement et de la Sécurité
–
(3 ans, 11 mois et 2 jours)
Président Mahmoud Ahmadinejad
Gouvernement Ahmadinejad I (en)
Prédécesseur Ali Younesi
Successeur Mahmoud Ahmadinejad (intérim)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Ejiyeh (en) (État impérial d'Iran)
Nationalité Iranienne
Parti politique Parti de la république islamique
Diplômé de Université de Téhéran
Profession Juriste, homme politique, religieux
Religion Islam chiite duodécimain

Gholamhossein Mohseni Ejeï (en persan : غلامحسین محسنی اژه‌ای) (né le à Ispahan) est un religieux et responsable politique iranien.

Il est le ministre du Renseignement de 2005 à 2009 dans le premier gouvernement (en) de Mahmoud Ahmadinejad. Il est sanctionné par l'Union européenne pour son rôle dans la sanglante répression des manifestations post-électorales de 2009[1],[2].

En , il est nommé chef du système judiciaire iranien par le guide suprême Ali Khamenei [3].

Après l'élimination de l'ayatollah Khamenei le , Gholamhossein Mohseni fait partie d'un triumvirat, le conseil de direction intérimaire, chargé d'assurer la transition politique avec Massoud Pezechkian et Alireza Arafi[4],[5].

Biographie

Origines

Gholamhossein Mohseni Ejeï naît en 1956 à Ejiyeh (en), un village de la province d'Ispahan. Fils d'un agriculteur et d'une femme au foyer, il grandit au sein d'une fratrie de sept enfants (quatre filles et trois garçons)[6].

Études

Sous les encouragements de son père, passioné de lecture et assidu aux assemblées religieuses, Gholamhossein Mohseni Ejeï s'inscrit au séminaire d'Ispahan (en) à l'âge de 16 ans. Il poursuit ses études au séminaire de Qom et à l'école Haqqani (en), où il rencontre des figures marquantes de la révolution iranienne, notamment Ali Qodoussi (en), architecte du système judiciaire de la république islamique. C'est sur recommandation et à l'invitation de ce dernier qu'il se rend à Téhéran fin 1979/début 1980 et commence à travailler au tribunal révolutionnaire islamique (en)[6].

Début de carrière

Dans les années 1980, il occupe plusieurs postes au sein de l’appareil sécuritaire iranien. Entre 1984 et 1985, il dirige le comité de sélection du ministère du Renseignement[6],[7]. De 1986 à 1988, il est représentant du chef du pouvoir judiciaire, Abdolkarim Moussavi Ardabili, auprès de ce ministère[7]. Il appartient à une génération de religieux impliqués dans les services de renseignement, aux côtés de figures telles que Mohammad Reyshahri, Ali Fallahian, Ali Younesi et Hossein Taeb.

Parallèlement, il enseigne dans plusieurs institutions, notamment l'université Baqir al-Olum (fa) liée au ministère du Renseignement, le département éducatif des tribunaux révolutionnaires islamiques et la faculté des sciences judiciaires[8].

En 1998, sur décision du guide suprême Ali Khamenei, il succède à Mohammad Reyshahri en tant que procureur du tribunal spécial du clergé (en). Durant son mandat, il est impliqué dans plusieurs controverses, notamment un incident au cours duquel il aurait eu une altercation physique avec le journaliste réformateur Issa Saharkhiz (en)[9].

En 1998, il préside le procès (fa) très médiatisé du maire réformateur de Téhéran, Gholamhossein Karbaschi. Les audiences, retransmises à la télévision, attirent une large audience nationale et donnent lieu à des débats intenses dans la presse. Le procès est marqué par des échanges houleux entre le juge et l'accusé[10].

De 1998 à 2002, il est chef du complexe judiciaire spécial chargé d'enquêter sur les crimes des fonctionnaires d'État[11].

Carrière politique

Il est le ministre du Renseignement de 2005 à 2009 dans le premier gouvernement (en) de Mahmoud Ahmadinejad. Dans ce cadre, il rencontre des dirigeants du Hamas et augmente le soutien financier de l'Iran au mouvement, avec l'aval de Ali Khamenei[12]. Il quitte son poste en 2009 à la suite d'un désaccord avec le président Ahmadinejad[11].

Retour dans le système judiciaire

Il rejoint le système judiciaire en 2010. Il en est le porte-parole entre 2010 et 2019[13], tout en accédant au poste de premier chef-adjoint du système judiciaire en 2014.

En , il est nommé président du conseil de surveillance de la radiodiffusion[11].

En 2021, il remplace Ebrahim Raïssi, élu président de la République islamique, au poste de chef du système judiciaire iranien[3].

Mohseni Ejeï est un des trois membres du Conseil de direction intérimaire qui gouverne l'Iran du au , à la suite de l'assassinat d’Ali Khamenei lors d’une frappe israélienne le . Il soutient publiquement l’élection de son deuxième fils, Mojtaba Khamenei, comme nouveau guide suprême, la qualifiant de "bénie"[14].

Le , en pleine guerre israélo-américano-iranienne, il participe à la manifestation annuelle de la Journée d'al-Qods à Téhéran. Lors d'une interview en direct, des bombardements sont entendus à proximité, mais il poursuit son intervention sans interruption[15].

Sanctions et accusations de violations des droits de l'Homme

Selon Human Rights Watch, il serait impliqué dans des violations extrêmement sérieuses et systématiques des droits de l'homme au cours des vingt dernières années[16].

Depuis 2010, il est inscrit sur la liste des personnalités iraniennes sanctionnées par l'Union européenne et les États-Unis au titre de leur implication dans la répression violente des manifestations de 2009 dans la foulée de l'élection présidentielle de 2009[1],[2].

Notes et références

  1. (en) « EU sanctions against Iranian officials », sur www.europarl.europa.eu, (consulté le )
  2. (en) « Iran Human Rights EO / Iran Revolutionary Guard Corps related Removals / Anti-Narcotics Designations / Kingpin Act Designations / Non-proliferation Designations », sur U.S. Department of the Treasury, (consulté le )
  3. (en) « Ejei Appointed as Iran’s New Judiciary Chief », sur Tehran Times, (consulté le )
  4. ↑ Le Monde, « EN DIRECT, Iran : la mort du Guide suprême, Ali Khamenei, est confirmée par les médias d’Etat iraniens », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ « Iran : le régime confirme la mort du guide suprême Ali Khamenei et promet "la plus féroce offensive de l'Histoire" contre Israël et les États-Unis », sur RTL.fr, (consulté le )
  6. (fa) « زندگینامه و سوابق قضایی و اجرایی ریاست جدید قوه قضائیه » [« Biographie et parcours judiciaires et exécutifs du nouveau chef du pouvoir judiciaire »], Al-Alam News Network,‎ (consulté le )
  7. (fa) « دادستان کل کشور را بیشتر بشناسید » [« Apprenez à mieux connaître le procureur général du pays »], Young Journalists Club (fa),‎ (consulté le )
  8. ↑ (fa) « با سوابق رئیس جدید قوه قضائیه آشنا شوید » [« Familiarisez-vous avec le parcours du nouveau chef du pouvoir judiciaire »], Donya-e-Eqtesad (en),‎ (consulté le )
  9. ↑ (fa) « 'محسنی اژه ای سحرخيز را گاز گرفت' » [« 'Mohseni Ejeï a mordu Saharkhiz' »], BBC Persian,‎ (consulté le )
  10. ↑ (en) Elaine Sciolino (en), « The Case of the Teheran Mayor: Reform on Trial » [archive du ], The New York Times,
  11. (en) « Who Iran’s new Judiciary chief is », sur Tehran Times, (consulté le )
  12. ↑ (en) Charlie Szrom, « Iran-Hamas Relationship in 2008 », Critical Threats (en), (consulté le )
  13. ↑ (fa) « انتصاب محسنی اژه‌ای به عنوان سخنگوی قوه‌قضائیه », sur روزنامه دنیای اقتصاد (consulté le )
  14. ↑ (fa) « پیام های تبریک مراجع، شخصیت ها و مقامات حوزوی و کشوری درپی انتخاب رهبر جدید انقلاب اسلامی », Shafaqna (en),‎ (consulté le )
  15. ↑ (fa) « لحظه اصابت موشک به ساختمانی در نزدیکی محل حضور رئیس قوه قضاییه » [« Le moment de l'impact d’un missile sur un bâtiment situé à proximité du lieu de présence du chef du pouvoir judiciaire »], sur Tabnak (fa),‎ (consulté le )
  16. ↑ (ar + de + en + fr + fa) Iran: des ministres-clé compromis dans des affaires de graves abus Human Rights Watch, 15 décembre 2005 [lire en ligne]

Liens externes

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