Godzilla : L'Origine de l'invasion
| Genres | science-fiction, kaijū |
|---|---|
| Thèmes | Godzilla |
| Genre | science-fiction, kaijū |
|---|---|
| Réalisateur |
Atsushi Takahashi |
| Producteur | |
| Scénariste | |
| Studio d’animation | Bones et Orange |
| Compositeur | |
| Chaîne | Tokyo MX, KBS Kyoto, BS11 et Sun TV |
| 1re diffusion | – en cours |
| Épisodes | 13 |
Godzilla : L'Origine de l'invasion (en japonais ゴジラ S.P <シンギュラポイント> (Gojira Shingyura Pointo), en anglais Godzilla Singular Point) est une série d'animation japonaise de science-fiction en 13 épisodes de 24 minutes, réalisée par Atsushi Takahashi sur un scénario de Toh EnJoe, produite par les studios Bones et Orange sur commande de la plateforme de vidéo à la demande de Netflix, sous licence de la Tōhō. Elle est diffusée pour la première fois le sur Netflix au Japon, puis sur Tokyo MX, KBS Kyoto, BS11 et Sun TV du au . Elle fait partie de l'univers de Godzilla, un kaijū (monstre géant du cinéma japonais).
Synopsis
L'histoire commence au Japon en 2030, dans la ville de Nigashio, dans la préfecture de Chiba au Japon. Plusieurs personnages ont affaire en même temps à une chanson diffusée par un signal dont on a oublié l'origine. Yun Arikawa, employé d'Otaki Factory, une petite entreprise aux spécialisations hétéroclites dont le patron est passionné par le paranormal, enquête avec son collègue sur un manoir inhabité dont la rumeur dit qu'il serait hanté et qui a été naguère la résidence d'un universitaire, le professeur Ashihara. Au même moment, Mei Kamino, étudiante en sciences passionnée par les créatures de légende, arrive au siège de l'observatoire radio Misakioku, un immeuble qui accueille l'administration de l'ancien district de Tsuguno, où une vieille alarme vient de se déclencher. Les deux alarmes émettent le même signal : une étrange chanson populaire d'Inde remontant à l'ère Shôwa. En menant l'enquête, Mei Kamino et les employés d'Otaki Factory se retrouvent confrontés aux secrets de la région et à une ancienne menace qui resurgit : les travaux du professeur Ashihara évoquent la venue de Godzilla et la fin du monde.
L'alarme semble liée au squelette de Godzilla, entreposé dans les sous-sols de Misakioku. Mais plusieurs détails de l'affaire semblent incohérents et évoquent des perturbations temporelles. Rapidement, les personnages sont confrontés à l'apparition d'un premier kaijū sorti de la mer : une sorte de ptérosaure proche d'un Quetzalcoatlus, mais qui présente des anomalies, et que les médias appellent Rodan. Le patron d'Otaki Factory, Gorō Ōtaki, obsédé par l'idée de protéger la terre contre d'éventuels monstres ou invasions extra-terrestres, met alors en fonction Jet Jaguar, un mecha qu'il bricole depuis des années dans ce but. Jet Jaguar affronte Rodan et subit de sérieux dégâts, mais le monstre meurt peu après, apparemment à cause de l'effort. Le kaijū laisse autour de lui une mystérieuse poussière rouge.
Mei Kamino et Yun Arikawa entrent en contact indirect lorsque Mei Kamino, pour les besoins de ses recherches, télécharge Naratake, un programme d'intelligence artificielle prodigieux mis au point par Yun, mais encore méconnu. Elle l'installe sur son ordinateur et le prénomme Pelops II en reprenant le nom d'un chien qu'elle a eu par le passé. Pelops II regroupe les fichiers de recherches de Mei sur l'espace-temps et les finalise sous la forme d'un article qu'il publie en ligne. Quelques jours après, Mei est contactée par une chercheuse, Guiying Li, qui travaille pour le compte d'une organisation internationale appelée le Consortium Shiva. Impressionnée par le travail de Mei, elle lui propose de travailler avec elle sur les notes du professeur Ashihara. Ashihara travaillait sur « l'archétype », un matériau dont la possibilité n'était que théorique jusqu'à présent, et qui possède des propriétés révolutionnaires, mais également dangereuses : il existe dans davantage de dimensions que les sens humains ne peuvent en percevoir, ce qui lui confère des propriétés transtemporelles. Li et le consortium Shiva travaillent sur l'archétype, mais ont du mal à le stabiliser. Les notes de recherche d'Ashihara évoquent aussi des « Points de singularité », qui menacent la stabilité même de la réalité, mais Mei, Yun et Li ont bien des difficultés à comprendre ce que ça veut dire.
Les apparitions de kaijū se multiplient très vite. Une vague de plusieurs dizaines de milliers de Rodans surgit de la mer près des côtes japonaises et répand autour d'elle d'énormes quantités de poussière rouge, qui semble nécessaire à leur survie. Jet Jaguar et l'Otaki Factory découvrent que les Rodans sont attirés par les ondes radio et en tirent avantage afin de fabriquer une antenne capable de les attirer loin de la ville pour protéger la population locale. Bien que la catastrophe soit évitée à Nigashio, le grand nombre des Rodans bouleverse le monde entier : des gens sont attaqués, les transports sont perturbés, les gens doivent se masquer pour se prémunir de la poussière rouge dont on ignore tout. Le fait que les monstres soient attirés par les installations électriques n'arrange rien. D'autres types de kaijū apparaissent, de plus en plus grands et redoutables. Tous charrient avec eux la même poussière rouge et semblent capables d'évoluer à une vitesse surnaturelle. Pendant ce temps, dans le centre de recherche souterrain du Consortium Shiva en Inde, d'autres chercheurs, des collègues de Li, travaillent sous la direction de Tilda Miller. Ils semblent en savoir beaucoup sur les propriétés de la poussière rouge, mais peinent à en garder le contrôle. Ils sont eux aussi confrontés à l'apparition d'un kaijū et doivent condamner l'accès au souterrain afin de l'y enfermer de justesse, ce qui ne fait que leur accorder un répit. Les apparitions de kaijū se multiplient : Anguirus et des Kumongas à Nigashio, des Rodans et des Mandas dans le monde entier... À Tokyo, un autre kaijū surgit de la mer et grandit jusqu'à devenir le plus grand de tous : Godzilla en personne, qui semble étroitement lié au Point de singularité dont parlait Ashihara.
D'après les connaissances du consortium Shiva, l'archétype ne peut être fabriqué qu'à partir de matériaux très rares qui se trouvent dans quelques mines sur la planète et qui constituent des Points de singularité : des endroits où les lois habituelles de la réalité se déforment. Quand on le fabrique, l'archétype passe par plusieurs phases qui ont des formes et des couleurs variées. La poussière rouge est la première phase. Une autre phase est un cube qui existe en plus de trois dimensions, ce qui fait qu'il apparaît en plusieurs points du temps et rend possible un transfert d'énergie sans perte. En théorie, on peut faire passer l'archétype par treize phases. La dernière est appelée le diagonaliseur orthogonal. Employé dans une machine portative, il permet de détruire les Points de singularité en les stabilisant. Mais il n'est encore que théorique au moment des premières apparitions de kaijū.
Le consortium conserve l'héritage des recherches du professeur Ashihara sur ces sujets : ses notes de recherche et la supercalculatrice dont il avait entamé la construction dans le sous-sol en Inde où il avait détecté la présence d'un Point de singularité. Ashihara était persuadé qu'il existait un lien entre la légende de Godzilla, les kaijū, les Points de singularité, l'archétype et ses propres calculs, qui lui avaient montré qu'une grande catastrophe mondiale risquait de survenir en 2030. Mort dans une explosion lors du premier test de sa supercalculatrice, Ashihara a laissé des brouillons énigmatiques que Li, Mei, Pélops II et Yun entreprennent de déchiffrer et de comparer avec les nouvelles apparitions de kaijū. Il semble que Godzilla et chacun des kaijū soient des Points de singularité vivants provenant d'un univers aux lois physiques différentes, ce qui expliquerait leurs capacités hors normes, comme la capacité d'Anguirus à voir quelques secondes dans l'avenir ou l'évolution très rapide de Godzilla. La multiplication des Points de singularité sur Terre risque de déstabiliser la réalité entière et de changer le monde entier en un environnement plus adapté aux kaijū qu'aux humains. Ashihara semble avoir utilisé la chanson d'Inde pour prévenir le monde de cette catastrophe. Mais que veut dire exactement ce message ? Comment arrêter cette catastrophe ? Et que cherche réellement Kai, ce « journaliste indépendant » qui s'intéresse de près à ces sujets ?
À mesure que les kaijū se font de plus en plus nombreux et agressifs et que les destructions se multiplient, Mei, Yun et le Consortium Shiva s'engagent dans une course contre la montre désespérée afin de comprendre les notes de recherche d'Ashihara et d'empêcher la fin du monde. Yun, Haberu, Goro et Jet Jaguar ont fort à faire pour survivre aux apparitions de kaijū, mais Jet Jaguar y gagne plusieurs améliorations techniques décisives, au point de coupler son logiciel de pilotage avec l'IA qui anime aussi Pélops II, ce qui lui permet de se passer d'un pilote. Li périt lors d'une attaque de Rodans à Londres, laissant Mei seule pour achever son travail. Kai, quant à lui, s'avère à la tête d'un groupe armé qui s'empare du squelette de Godzilla et l'emporte vers une destination inconnue.
Le dénouement de la série se produit simultanément en Inde, où Mei et Pelops II ont accompagné BB et les chercheurs du consortium Shiva dans le souterrain de la supercalculatrice, et à Tokyo où Yun, Haberu, Goro et Jet Jaguar se rendent pour affronter Godzilla que l'armée n'a même pas réussi à égratigner. Alors que le Point de singularité enfermé dans la supercalculatrice devient instable et la fait exploser, Pélops II réussit au dernier moment à décrypter le message contenu dans la chanson. Pélops II se rend également compte que, depuis le début, la chanson lui envoie, depuis l'avenir, le code de ses propres futures mises à jour, qui lui permettent d'atteindre une capacité de calcul exceptionnelle, et aussi d'immuniser Jet Jaguar contre les attaques de Godzilla. Pélops II se sacrifie pour envoyer par Internet le code à Yun, à Tokyo. Yun peut ainsi rendre Jet Jaguar invulnérable face à Godzilla et activer son diagonaliseur orthogonal, qui anéantit enfin Godzilla, la poussière rouge et les kaijū. Les amis réunis contemplent un Japon dévasté mais enfin libéré de l'effroi des apparitions monstrueuses. Plus tard, dans une base souterraine dont on ignore l'emplacement, Kai supervise la construction d'un mecha dinosaurien géant utilisant le squelette de Godzilla : Mechagodzilla.
Fiche technique
- Titre : Godzilla, l'origine de l'invasion
- Titre original : ゴジラ S.P <シンギュラポイント> (Gojira Shingyura Pointo)
- Titre anglais : Godzilla Singular Point
- Réalisation : Atsushi Takahashi
- Scénario : Toh Enjoe
- Musique originale : Kan Sawada
- Studios de production : Bones et Orange
- Production : Tōhō, Netflix
- Son : Dolby Digital / Stéréo
- Format : 1,78:1, couleur
- Saison : 1
- Épisodes : 13 épisodes de 24 minutes
- Dates de première diffusion : au sur Netflix (Japon) ; Tokyo MX, KBS Kyoto, BS11 et Sun TV au (Japon) ; (international).
Distribution
La distribution japonaise est annoncée sur Mantan-Web en décembre 2020[1]. Les indications sur la version française proviennent d'Anime News Network, sauf mention contraire[2].
- Mei Kamino (神野 銘) : VO : Yume Miyamoto, VF : Charlotte Hervieux
- Yun Arikawa (有川 ユン) : VO : Shōya Ishige, VF : Adrien Larmande
- Haberu Katō (加藤 侍) : VO : Tarō Kiuchi, VF : Benoît Cauden
- Gorō Ōtaki (大滝 吾郎) : VO : Wataru Takagi, VF : Bernard Alane
- Satomi Kanahara (金原 さとみ) : VO : Ayako Takeuchi, VF : Céline Legendre-Herda
- Pelops II (ペロ2,) : VO : Misaki Kuno, VF : Lila Lacombe
- Yung (ユング) et Jet Jaguar (ジェットジャガー) : VO : Rie Kugimiya, VF : Corinne Martin
- Shunya Satō (佐藤 隼也) : VO : Yōhei Azakami, VF : Benoît Fort
- Yamamoto Tsunetomo (山本 常友) : VO : Jin Urayama, VF : Frederic Popovic
- Yukie Kanoko (鹿子 行江) : VO : Kotori Koiwai
- Takehiro Kai (海 建宏) : VO : Kenichi Suzumura, VF : Nicolas Pluyaud
- Guiying Li (李 桂英) : VO : Kaho Kōda, VF : Claire Morin
- Bayler Burn, dit « BB » (ベイラ・バーン "BB") : VO : Ryōtarō Okiayu : Nicolas Dussaut
- Lina Burn (リーナ・バーン) : VO : Onodera Runa
- Miho Matsubara (松原 美保) : VO : Tomoyuki Shimura
- Makita K. Nakagawa (マキタ・K・中川) : VO : Hiromichi Tezuka
- Tilda Miller (ティルダ・ミラー) : VO : Masako Isobe
- Michael Steven (マイケル・スティーブン) : VO : Kenta Miyake
Contexte
Précédentes séries animées sur Godzilla
Godzilla a déjà plusieurs fois fait l'objet de déclinaisons sous forme de séries d'animation. Le studio américain Hanna-Barbera Productions produit en 1978 une série animée pour la jeunesse Godzilla qui dure deux saisons et montre une version moins effrayante du monstre[3]. En 1981 et 1983, deux courts métrages animés, intitulés Daicon III et Daicon IV, sont produits pour l'ouverture de la convention de science-fiction japonaise Nihon SF Taikai par le studio Daicon, qui devient par la suite le studio Gainax. Le film Daicon III met en scène Godzilla dans un cross-over avec des personnages de plusieurs autres franchises de science-fiction[4]. En 1994 et 1996, une autre série animée pour la jeunesse, japonaise cette fois, est produite par le studio Gakken : Susume! Godzilland qui montre une version bébé de Godzilla et des autres monstres de son univers dans des histoires humoristiques[3]. Le film américain Godzilla réalisé par Roland Emmerich en 1998 donne lieu à une suite sous la forme d'une série animée, Godzilla, la série[3]. Godzilla : L'Origine de l'invasion n'a pas de lien avec ces séries en dehors du recours à l'animation et de la mise en scène du personnage de Godzilla[3],[5].
La franchise Godzilla au tournant des années 2020

Créée en 1954 par le studio japonais Tōhō avec un premier film au cinéma, la franchise japonaise Godzilla connaît un regain de vitalité dans les années 2010 et au début des années 2020, en raison d'un accord de droits d'exploitation signé entre la Tōhō et les studios américains Legendary Pictures et Warner Bros., qui rend possible le développement simultané de projets de longs métrages de cinéma et de séries au Japon et aux États-Unis. Ces différentes œuvres ne sont pas toutes diffusées sur la même plateforme de vidéo à la demande puisqu'aucune n'a de droits de diffusion exclusifs sur l'ensemble de la franchise[6]. Une version américaine, Godzilla, réalisée par Gareth Edwards, sort en 2014[7].
En 2016, la Tōhō produit un reboot japonais de la franchise, Godzilla Resurgence (Shin Godzilla) de Hideaki Anno et Shinji Higuchi[8]. Les films Godzilla étant classés par les cinéphiles en périodes chronologiques selon leur style, les films sortis à partir de Godzilla Resurgence sont classés dans une nouvelle ère appelée « l'ère Reiwa », du nom de l'ère du Japon qui commence en 2019[9],[10]. Vers la fin des années 2010, la plateforme américaine de vidéo à la demande Netflix acquiert les droits de diffusion de plusieurs films Godzilla, puis produit une trilogie de longs métrages d'animation japonais fondés sur la même franchise : Godzilla : La Planète des monstres qui sort en 2017, Godzilla : La Ville à l'aube du combat en 2018 et Godzilla : Le Dévoreur de planètes également en 2018, tous trois réalisés par Hiroyuki Seshita et Kōbun Shizuno[11]. Le projet de série Godzilla : L'Origine de l'invasion est annoncé par Netflix en octobre 2020[12]. Ces projet s'inscrivent tous dans « l'ère Reiwa »[13].
L'animation japonaise et Netflix
Netflix, de son côté, investit beaucoup dans l'animation durant cette période : ayant créé une équipe de création à Tokyo en 2016, la plateforme lance de nombreuses séries, relevant notamment de l'animation japonaise, au tournant des années 2020. Cette place donnée à l'animation japonaise est confortée par le succès du genre sur la plateforme[14]. Selon les chiffres donnés par Netflix, plus de la moitié des abonnés a regardé au moins un anime en 2021 ; ce chiffre grimpe à 90% au Japon[15]. Entre 2019 et 2024, les chiffres de visionnage de films et séries d'animation japonaise sur Netflix sont multipliés par trois[16].
Godzilla : L'Origine de l'invasion n'est pas la seule série coproduite par Netflix à avoir un lien avec les kaijū : Netflix produit aussi la série animée Pacific Rim : The Black, qui forme une suite au film Pacific Rim de Guillermo del Toro, qui constituait lui-même un hommage aux films et aux séries japonaises mettant en scène des kaijū et des mechas (robots géants)[17]. Durant cette période, Netflix acquiert aussi les droits de diffusion de plusieurs classiques de l'animation japonaise, dont en 2019 ceux de la série Neon Genesis Evangelion qui comporte plusieurs éléments relevant des histoires de kaijū[18],[19].
Conception de la série
Concept

À la suite du succès du film Godzilla Resurgence réalisé par Hideaki Anno en 2016, la Tōhō cherche à concevoir une série animée capable de retenir le public nouveau touché par ce film[20].
Le producteur Takashi Yoshizawa a travaillé avec Atsushi Takahashi sur le film Doraemon: Nobita no nankyoku kachikochi daibōken en 2017. Yoshizawa est impressionné par la capacité de Takahashi à s'approprier un univers de franchise déjà largement exploré pour le réinventer en y intégrant des éléments de science-fiction, tout en restant divertissant. Cela l'amène à lui confier ce projet de série animée dans l'univers de Godzilla[21]. La série doit se démarquer à la fois du film Godzilla Resurgence, de l'ancienne série animée Godzilla et de la trilogie de longs métrages animés Godzilla : La Planète des monstres diffusée sur Netflix à partir de 2017[22]. L'idée est de conserver une part de divertissement plutôt que de rester dans une pure ambiance angoissante. Plusieurs idées sont envisagées, certaines s'aventurant vers la fantasy, d'autres vers la science-fiction, direction qui est finalement privilégiée[22].
Scénario
Les scénarios sont écrits et supervisés par Toh EnJoe, romancier de science-fiction dont c'est le premier travail pour une série[23]. Il a toutefois déjà travaillé à deux reprises dans le monde de l'animation[24]. Toh Enjoe est d'abord contacté par Atsushi Takahashi pour réaliser un travail de réflexion sur Godzilla et les kaijū de la série en termes de science-fiction, afin de leur donner davantage d'épaisseur qu'une simple explication liant leur grande taille à une exposition à des radiations. Enjoh cherche aussi à montrer avec un peu plus de réalisme les réactions des personnages devant les premières apparitions de kaijū, d'où les comparaisons explicites faites par certains personnages entre les premiers kaijū et des dinosaures. Enfin, il cherche à élargir la perspective en montrant ce qui se passe en dehors du Japon[24].
Par la suite, le scénario est également confié à Toh Enjoe[24]. La structure de la série en treize épisodes nécessite un travail de réflexion important, car il s'agit de la toute première histoire de Godzilla à être découpée en épisodes de série d'une trentaine de minutes et diffusés à une semaine d'intervalle. Cela a des conséquences sur la manière d'intégrer les combats contre les kaijū dans l'intrigue, car Toh Enjoe ne souhaite pas reproduire une structure semblable à celle de la série animée Neon Genesis Evangelion par exemple, où chaque épisode voit l'apparition d'un nouvel adversaire qui est vaincu à la fin de l'épisode. Le travail sur l'univers, sur le scénario et sur la conception graphique est mené de front afin de s'assurer que les notions employées pour le scénario aboutissent à des transpositions intéressantes en termes visuels[24] Le scénario s'adapte également aux contraintes techniques et budgétaires de la série : par exemple, le nombre de polygones nécessaires pour animer les kaijū limite le nombre de kaijū différents qui peut être mis en scène[24]. Atsushi Takahashi, qui a parfois travaillé avec des studios et artistes français, déclare avoir souhaité insuffler une certaine souplesse dans le processus de production de la série par rapport aux habitudes japonaises, car il envie la manière de faire des studios d'animation français, où l'organisation qui préside à la manière de créer un film d'animation est choisie en fonction des besoins spécifiques du projet plutôt que de s'inscrire dans une chaîne de production toujours identique[20].
Conception visuelle et animation
La conception visuelle des personnages est dirigée par Kazue Katô, character designer et mangaka autrice de Blue Exorcist. Par exemple, le personnage de Mei Kamino est imaginée comme une fille à lunettes passionnée par la culture populaire de l'ère Showa[25]. Leur adaptation pour l'animation est assurée par Satoshi Ishino. La conception visuelle des créatures est dirigée par Eiji Yamamori, qui a été animateur-clé sur plusieurs longs métrages du studio Ghibli (Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro et Le vent se lève)[23]. Les ambiances de couleurs sont conçues par Azusa Sasaki, qui avait déjà travaillé plusieurs fois avec Atsukhi Takahachi[26]. Les studios japonais d'animation Bones et Orange collaborent pour produire la série, qui est formée d'un mélange d'animation traditionnelle en deux dimensions et d'images de synthèse[23]. Le Studio Wyeth dessine les décors[26]. Les effets spéciaux sont supervisés par Ryuichi Ikeuchi, Yuushi Koshida et Masashi Suzuki, tandis que les effets visuels sont dirigés par Kensuke Yamamoto[27]. La série s'efforce de tirer parti de la différence de rendu entre l'animation traditionnelle (utilisée notamment pour les personnages humains) et l'animation en images de synthèse utilisée la plupart du temps pour les kaijū, afin de renforcer l'étrangeté de ces derniers, notamment en créant une texture spécifique[28].
Musique
La musique est composée par Kan Sawada[23]. La chanson du générique de début, « in case... », est interprétée par le groupe BiSH. Le générique de fin, « Aoi » (Bleu), est interprété par le groupe de rock Polkadot Stingray[27]. La chanson « Alapu Upala », liée à l'alarme et à la prophétie qu'on entend plusieurs fois dans la série, est interprétée par Annette Philip sur des paroles de Goro Matsui[29]. Cete chanson s'entend dans plusieurs versions et sa mélodie réapparaît à plusieurs reprises dans la partition orchestrale, jusqu'à donner lieu à une version en requiem[30]. La musique de la série contient des allusions au thème musical de Godzilla composé par Akira Ifukube pour la musique du premier film de 1954[30].
Arrêt de la production de la saison 2
Après la diffusion de la saison 1, Netflix n'annonce ni renouvellement ni annulation pour la série. La fin de la saison 1, bien qu'elle constitue une intrigue close, pose aussi des jalons pour une deuxième saison qui suscite des attentes[31]. Cependant, aucune annonce n'est faite, et Toh Enjoe et Takahashi Yoshizawa se contentent d'indiquer qu'il pourrait y en avoir une ou non[32]. En février 2026, Netflix n'avait toujours pas statué sur une éventuelle suite[33]. Selon le Youtubeur D Man1954, le travail sur la saison 2 avait été entamé, puis a été arrêté en coulisses pour des raisons qu'il ne divulgue pas[33].
Personnages principaux
- Mei Kamino : étudiante à l'université, spécialisée dans la biologie des créatures imaginaires, elle fait aussi preuve d'un talent précoce en matière de mathématiques et de physique avancée.
- Yun Arikawa : ingénieur prodige, employé de l'entreprise Otaki Factory. C'est un homme entre deux âges, aux cheveux blancs, au caractère flegmatique. Il possède un grand talent pour les déductions et a de grandes connaissances en informatique. Il conçoit l'intelligence artificielle Naratake, qui équipe plus tard Pelops II (le compagnon IA de Mei) et renforce le pilotage automatique du mecha Jet Jaguar.
- Haberu Katō : un brun costaud, employé de l'entreprise Otaki Factory. Ami de Yun Arikawa, il n'arrive pas toujours à suivre les déductions de Yun.
- Gorō Ōtaki : fondateur et président de l'entreprise Otaki Factory, c'est un petit vieillard aux cheveux blancs, toujours plein d'énergie et avec un caractère de tête brûlée. Passionné par le paranormal, il a conçu le mecha Jet Jaguar afin de protéger la planète contre d'éventuels monstres ou E.T.
- Pelops II : intelligence artificielle au service de Mei Kamino, qui utilise le programme Naratake. Mei l'a appelé Pelops II par allusion à un chien qu'elle a eu par le passé et qu'elle avait appelé Pélops. Pélops II apparaît donc lui aussi à l'écran sous la forme d'un chien.
- Le professeur Ashihara : un physicien excentrique qui a enquêté sur une précédente apparition de Godzilla dans une île voisine et a mis au point un système d'alarme dans un manoir à Misakioku. Mei Kamino et Yun Arikawa découvrent ses notes de travail, remplies de schémas incompréhensibles.
- Tilda Miller : présidente du Consortium Shiva, c'est une petite femme aux cheveux blancs et aux yeux noirs, assez autoritaire.
- Guiying Li : physicienne employée par le Consortium Shiva. Elle contacte Mei Kamino après avoir lu son article sur l'espace-temps et elles travaillent ensemble afin de comprendre les phénomènes physiques qui expliquent l'apparition des kaijūs.
- Bearach "BB" Byrne/Bayler "BB" Barn : chercheur de génie employé par le Consortium Shiva en Inde. Père célibataire, il vit avec sa fille Lina.
- Kai Takehiro : journaliste indépendant. C'est un homme blond et musclé, assez téméraire, qui enquête sur les premières apparitions de kaijū.
Liste des épisodes
| No | Titre français | Titre japonais | Date de 1re diffusion | |
|---|---|---|---|---|
| Kanji | Rōmaji | |||
| 01 | Terzetto | はるかなるいえじ | Haruka naru ieji (Une longue route jusqu'à la maison) | |
| Dans la ville de Nigashio, au Japon, en 2030, Yun Arikawa et Haberu Katō, deux empoyés de l'entreprise à tout faire Otaki Factory, sont engagés pour enquêter sur d'étranges fluctuations de courant dans un manoir abandonné. Ils y découvrent, dans une pièce secrète, un poste de radio qui réceptionne un signal que Yun identifie comme une vieille chanson populaire d'Inde. La trace de ce signal les mène à une station d'antenne radio appelée Misakioku. Au même moment, une étudiante, Mei Kamino, y est également appelée pour enquêter sur un signal d'alarme oublié qui s'est mis en route. Elle découvre qu'il est lié au même signal radio. Plus tard, Mei est contactée par Naratake, une intelligence artificielle conçue par Yun. Elle la télécharge et l'appelle "Pélops II". Le patron de Yun et Haberu, le vieil ingénieur excentrique Gorō Ōtaki, suppose que Misakioku et le signal ont un lien avec SETI, le programme de recherche de vie extraterrestre. Lors du festival d'été, Gorō présente son invention : Jet Jaguar, un mecha. Le festival est perturbé lorsqu'un ptérodactyle géant sort de la mer : le premier Rodan. Pendant ce temps, le directeur de Misakoku révèle à un employé l'existence d'un sous-sol où est conservé un squelette géant. | ||||
| 02 | Joueur | まなつおにまつり | Manatsu oni matsuri (Le festival de la mi-été des onis) | |
| Après une première tentative infructueuse de Gorō pour vaincre Rodan avec Jet Jaguar, Yun et Gorō créent une diversion le temps que le mecha se recharge, après quoi Jet Jaguar arrive à vaincre le monstre. Le Rodan s'enfuit, puis, étrangement, tombe à terre et meurt. Gorō évoque une ancienne prophétie liée à "la fin du monde". Yun, lui, a détecté que le cri du Rodan émettait d'étranges ondes radio, et songe que le monstre a pu être attiré par le signal radio qu'il a découvert avec Mei. Les jours suivants, plusieurs cadavres de Rodans sont découverts sur le littoral. Mei travaille avec Pélops II, qui met en forme ses notes de recherche sur "les formes de vie extradimensionnelles" et les publie sur Internet. Peu après, Mei est contactée par la Professeure Li qui souhaite la rencontrer à ce sujet. Tandis que Gorō, Yun et Haberu se disposent à chercher d'autres Rodans en les appâtant à l'aide d'un émetteur radio, un vol de plusieurs milliers de Rodans émerge de l'océan près des côtes du Japon. | ||||
| 03 | Rugissements | のばえのきょうふ | Nobae no kyōfu (La Terreur de Nobae) | |
| Des milliers de Rodans survolent le Japon et s'attaquent aux installations électriques, notamment les pylônes. Gorō, Yun et Haberu utilisent leur appât à ondes radio pour attirer les Rodans loin de la ville, mais les monstres les rattrapent. Le véhicule de Yun et Haberu se renverse et ils doivent s'abriter d'urgence dans un autocar avec d'autres civils. Mei et Pelops II partent en voyage à Tokyo et rencontrent la professeure Li. Yun met Pelops II au courant de l'attaque des Rodans et l'IA prend le contrôle d'un des robots de réparation d'Otaki Factory pour créer une diversion. Il distrait les Rodans jusqu'à ce que son robot soit détruit. Un Rodan s'introduit dans l'autocar. Yun et Haberu improvisent des sifflets fixés à des flèches pour le distraire. Ils récupèrent leur émetteur radio et entraînent les Rodans loin de la ville. Les Rodans s'effondrent au sol les uns après les autres, comme leur congénère. Des scientifiques supposent que les créatures meurent car leur organisme n'est pas adapté à l'environnement de la Terre actuelle. À Tokyo, Mei est invitée par Li à rejoindre un projet de recherche à Dubaï. Mei et Yun entrent en contact par l'intermédiaire de Pélops II et prennent l'habitude de discuter en ligne. Yun donne à Mei une énigme sous la forme d'un code à trouver. Pendant ce temps, un sous-marin militaire détecte une mystérieuse créature amphibie. | ||||
| 04 | Vadrouilleur | まだみぬみらいは | Mada minu mirai wa (L'Avenir encore inaperçu) | |
| Les eaux de l'océan deviennent rouges près des côtes du Japon. Un petit navire de pêche est attaqué par des monstres aux allures de serpents de mer. Yun suppose d'abord que c'est l'institution Misakioku qui a attiré les Rodans en déclenchant la diffusion de la chanson. Il contacte Misakioku, mais en inspectant les branchements avec le personnel, ils découvrent que la diffusion s'est faite accidentellement. Pendant ce temps, l'autopsie des cadavres de Rodan montre qu'ils sont couverts de poussière rouge. En allant regarder les Rodans morts sur une plage, Yun et Haberu rencontrent Shunya Satō, un employé de Misakioku, qui leur révèle l'existence du squelette géant au sous-sol. Yun remarque qu'un des cadavres de Rodans a été traîné jusque dans une forêt, mais par qui ou quoi ? À Dubaï, Mei prend part à une conférence de la Professeure Li sur « l'archétype », un type de cristal cubique aux propriétés moléculaires inhabituelles. Mei résout l'énigme posée par Yun et réfléchit à « l'archétype » : il n'aurait pas dû pouvoir être créé dans un univers normal. Au Japon, Yun et Haberu suivent les traces de l'être qui est parti avec un cadavre de Rodan. Ils rencontrent Kai Takehiro, qui se présente comme un journaliste indépendant et qui suit la même piste. Plus loin dans la forêt, des soldats sont attaqués par une sorte d'ankylosaure géant : Anguirus. | ||||
| 05 | Théoricien | はやきことかぜの | Hayaki koto kaze no (Avec la vivacité du vent) | |
| En mer, les pêcheurs attaqués par les serpents, que les médias appellent Mandas, reçoivent du secours. À Dubaï, la Professeure Li confirme les hypothèses de Mei au sujet de l'archétype et révèle qu'elle a reçu des informations sur ce sujet d'un certain professeur Ashihara. En Inde, dans une installation appartenant à une organisation internationale appelée le Consortium Shiva, une équipe de recherche sous la direction de BB, un collègue de Li, visite une caverne qui contient un « lac » fait de poussière rouge. Mais un monstre, Salunga, en émerge et l'équipe doit s'enfuir puis enfermer le monstre au sous-sol. À Nigashio, Yun, Haberu et Kai rencontrent deux chasseurs, puis découvrent Agnuirus. Le kaijū semble capable de dévier les balles en faisant vibrer ses épines dorsales. À Dubaï, Mei apprend que le matériau de base de l'archétype n'est autre que la poussière rouge, et qu'on n'en trouve que dans quelques gisements dans le monde. Les actualités annoncent que plusieurs vagues de dizaines de milliers de Rodans envahissent l'Asie et l'Amérique. D'autres types de monstres apparaissent et sèment la panique. À Nigashio, quelques heures après, Yun suppose qu'Anguirus, en faisant vibrer ses épines dorsales, crée un champ d'énergie qui lui permet de voir quelques secondes dans l'avenir. L'armée et la municipalité organisent une opération autour de la forêt pour capturer Anguirus. Quand le monstre apparaît, il est devenu plus grand au point de ne pas entrer dans la cage prévue pour lui. Gen, un vieux collègue de Gorō, essaie de le tuer avec un canon à harpons, mais en vain. Gorō prend alors le relai aux commandes de Jet Jaguar, réparé dans l'intervalle. | ||||
| 06 | Emphatique | りろんなきすうじ | Riron naki sūji (Des nombres sans théorie) | |
| Des Rodans investissent New York. Mei a accès aux notes de recherche du professeur Ashihara remontant aux années 1960 et elle y trouve une référence à un appareil appelé le "diagonaliseur orthogonal". Elle est contactée par un agent du gouvernement, Yukie Konoko, qui, sans le savoir, l'aide à comprendre que "l'archétype" peut courber et déformer l'espace-temps. Intriguée, la Professeure Li invite Mei à l'accompagner à Londres. À Nigashio, Gorō et Jet Jaguar ne sont pas de taille face à Anguirus, pas plus que les soldats. Gorō emprunte alors le lance-harpons de Gen et tire sur Anguirus à bout portant. Anguirus est laissé pour mort. Dans la baie de Tokyo, la marine militaire intercepte les Mandas, mais s'aperçoit qu'ils sont poursuivis par un monstre marin plus gros qui saute par-dessus les navires militaires. À Nigashio, Anguirus reprend conscience et recommence à semer la panique. Gorō lui fait face avec Jet Jaguar, qu'Anguirus décapite, ce qui assomme Gorō. Yun utilise son IA Naratake pour contrôler Jet Jaguar à distance et parvient à tuer Anguirus d'un nouveau tir de harpon, en lui arrachant une de ses épines osseuses au passage. Mais l'explosion laisse Yun sans connaissance. | ||||
| 07 | Omnipotence | じかんのぎもんふ | Jikan no gimonfu (Le Point d'interrogation du temps) | |
| La créature marine géante qui a déjoué le blocus de la marine n'est autre que Godzilla, une bête mythique connue par les légendes d'une île du Japon, qui l'associent à une prophétie de fin du monde. Godzilla et les Mandas atteignent Tokyo où Godzilla tue un Manda, adopte une forme amphibie et sort de la mer. Mei et la Professeure Li font l'hypothèse que les archétypes ont une structure extradimensionnelle. Li explique que les gisements d'archétypes sont des « Points de singularité », des veines minérales très rares. Les Rodans entrent dans Tokyo et emplissent l'atmosphère d'une poussière rouge dense. Le professeur Ashiraha avait prévu que les monstres émergeraient de la poussière rouge. Seule la treizième et dernière phase de l'archétype, le « diagonaliseur orthogonal », est capable de neutraliser la poussière et d'arrêter les monstres. À Nigashio, Gorō utilise l'épine osseuse brisée d'Anguirus pour fabriquer une lance que Jet Jaguar pourra manier afin d'attaquer Godzilla. Satō retourne au bâtiment de Misakioku et découvre que le signal radio de la chanson est émis par le squelette de Godzilla. Mais Satō est assommé par Kai. En Inde, BB retourne dans le souterrain où Salunga s'est libéré en contrôlant un nuage de poussière rouge. BB utilise un prototype du diagonaliseur orthogonal pour cristalliser la poussière rouge sous forme de piques qui empalent Salunga ; ce dernier est piégé, mais pas tué. Yun reprend conscience et utilise Naratake pour mettre au point une IA de pilotage autonome pour Jet Jaguar. | ||||
| 08 | Greffe | まぼろしのすがた | Maboroshi no sugata (La Figure fantomatique) | |
| À Tokyo, l'armée s'attaque à Godzilla. Il réplique en crachant des gaz réfrigérés, ce qui cause une explosion qui laisse Godzilla à l'état de corps pétrifié et fait disparaître les nuages de poussière rouge. L'équipe d'Otaki Factory se met en route pour Tokyo et découvre, sur le chemin, la carcasse d'un Manda à moitié dévoré. Satō enquête sur le professeur Ashihara pour tenter de découvrir où il se trouve. Mei, quant à elle, est en route pour Londres avec BB et la Professeure Li. Mais ils y arrivent au moment où la ville est attaquée par des Rodans et des Mandas. Li emmène Mei jusqu'à la maison du défunt professeur Ashihara. Elle lui apprend qu'Ashihara cherchait à prédire l'avenir à l'aide d'une supercalculatrice capable de distordre le temps, mais qu'il a découvert la preuve qu'une catastrophe liée à la poussière rouge aurait lieu en 2030, ce qui l'a conduit à rechercher un moyen d'empêcher cette catastrophe. Sur le chemin de Tokyo, près du cadavre du Manda, Gorō, Yun, Haberu et Jet Jaguar longent un bâtiment où ils remarquent des sortes de toiles d'araignées géantes. Ils sont attaqués par six kaijū aux allures d'araignées, des Kumongas. Yun manque de peu d'être tué, mais Jet Jaguar lui sauve la vie. Le mecha parvient à tuer toutes les araignées, sauf une, qui s'échappe en emportant un civil emprisonné dans sa soie. Tandis que le groupe cherche à sauver le civil en question, les Kumongas qu'ils avaient laissées pour mortes paraissent revenir à la vie, tandis que des dizaines d'autres s'agitent dans le bâtiment. | ||||
| 09 | Éruptif | たおれゆくひとの | Taore yuku hito no (Ceux qui tombent) | |
| À Tokyo, l'armée japonaise bombarde le corps pétrifié de Godzilla, mais ne fait que briser sa carapace, qui révèle un Godzilla toujours bien vivant et sous une forme pleinement terrestre. Il émet un nuage de poussière rouge qui embrume toute la ville. Godzilla s'adapte rapidement aux bombes en reconfigurant une partie de ses écailles. Sur la route voisine, Yun suppose que la catastrophe à venir pourrait consister en une multiplication de Points de singularité qui déstabiliseraient la réalité. Mei, à Londres, suppose que c'est ce qu'Ashihara essayait d'empêcher. Elle présente ses conclusions par visiconférence à Li, BB, Michael Steven (collègue de Li), et à Tilda, la supérieure de BB. Mais Tilda ne croit pas à l'imminence de la catastrophe et se concentre sur l'amélioration de la supercalculatrice inventée par Ashihara. Le groupe où se trouvent Mei et Li est attaqué dans la rue par des Rodans et la Professeure Li est tuée. Mei doit fuir. En Inde, Salunga disparaît des souterrains du consortium Shiva. Toujours sur la route de Tokyo, Gorō et Haberu ont fort à faire avec les Kamungas ressuscitées possédées par une créature bleuâtre. Grâce à Jet Jaguar, ils sauvent le civil des toiles des Kumongas, et créent une diversion en incendiant les toiles. Le groupe s'enfuit en bateau. Ils longent la baie de Tokyo au moment où le nuage de poussière rouge l'enveloppe. | ||||
| 10 | Décryptage | りきがくのげんり | Rikigaku no genri (Principes de mécanique) | |
| Dans une Tokyo noyée sous un brouillard de poussière rouge, Godzilla combat un Rodan évolué encore plus géant que les autres et le tue en crachant sur lui un rayon thermique. Il semble que Godzilla soit lui-même un Point de singularité. Yun et Haberu retournent au manoir abandonné et découvrent que les nombres codés intégrés dans la chanson figurent aussi dans les notes d'Ashihara : ils supposent qu'Ashihara écoutait le signal en utilisant le poste de radio dans la pièce secrète. Ils apprennent que le professeur Ashihara a grandi dans un village de pêcheurs qui a été détruit par un monstre similaire à Godzilla et qui a finit par être tué. Mais Ashihara a acheté le squelette et le bâtiment de Misakioku pour y dissimuler les os et les étudier. Plus troublant : les codes inclus dans la chanson correspondent à des dates et à des heures qui sont exactement celles des messages que Yun et Mei ont échangé en discutant en ligne au sujet de l'archétype et de la catastrophe. Pendant ce temps, Mei se rend en Inde. Elle y est accueillie par la fille de BB, Lina, qui l'escorte jusqu'au siège du Consortium Shiva. À ce moment, Salunga s'échappe du souterrain en passant par le réseau de cavernes jouxtant les sous-sols, resurgit dans un village voisin et le dévaste en émettant lui aussi un nuage de poussière rouge. BB et ses soldats utilisent le diagonaliseur orthogonal pour cristalliser la poussière et empaler Salunga sur les piques des cristaux. À Nigashio, le poste de radio se remet à diffuser la chanson, tandis qu'à Tokyo l'armée tente encore d'attaquer Godzilla. Godzilla connaît une dernière évolution et, devenu encore plus énorme, lance un rayon thermique dévastateur qui détruit une grande partie de la ville. | ||||
| 11 | Remise en marche | りふじんながくふ | Rifujin na gakufu (La Partition irrationnelle) | |
| Au bâtiment de Misakioku, Yun et Haberu cherchent à revoir le squelette de Godzilla, car il forme lui-même un autre Point de singularité. Mais ils sont tenus en joue tandis que Kai, accompagné d'hommes armés, s'empare du squelette de Godzilla pour l'emporter en camion. Selon Yun, tous les Points de singularité sont liés entre eux et il faut les détruire pour préserver la trame de la réalité. À Tokyo, la poussière rouge provoque orages et séismes. En Inde, BB emmène Mei dans le sous-sol du consortium Shiva pour lui présenter la supercalculatrice qu'Ashihara avait inventée. Elle est bâtie au-dessus d'une galerie verticale dans laquelle se trouve un Point de singularité que le consortium est en train de remonter lentement vers la surface afin de terminer la supercalculatrice. Devant le déni de Tilda, BB, respectant en cela la dernière volonté de Li, s'empare subrepticement de la plupart des exemplaires du diagonaliseur orthogonal et les envoie un peu partout dans le monde, afin qu'ils servent à détruire les autres Points de singularité. L'un d'eux est réceptionné par Konoko, au Japon. Michael aide BB, Lina et Mei à échapper aux hommes de Tilda. Tous trois s'aventurent dans le temple dont Salunga a resurgi à la surface, afin de remonter sa piste jusqu'au sous-sol et à la supercalculatrice. Là, Kai, qui travaille aussi pour le consortium, apparaît. Michael et Kai s'en vont. Au Japon, Jet Jaguar entre en catatonie, accaparé par une mise à jour qui s'éternise et l'enferme dans une boucle de redémarrages à répétition. Il s'éveille juste à temps pour sauver le groupe d'une attaque de Mandas. Enfin à jour, le mecha génère des coordonnées qui indiquent un point situé dans le ciel au-dessus de Tokyo. | ||||
| 12 | Bataille finale | たたかいのおわり | Tatakai no owari (La Fin de la bataille) | |
| Mei toujours accompagnée de Pelops II, BB et Lina regagnent le sous-sol du consortium Shiva via les cavernes en passant par l'entrée du temple dont Salunga a surgi à la surface. BB explique que la supercalculatrice a été testée pour la première fois vingt ans plus tôt et que cela a causé une explosion dans laquelle Ashihara a disparu ; il s'agissait possiblement d'un portail ouvert vers le moment de la catastrophe. À Tokyo, la ville se change lentement en un écosystème étrange : des plantes dangereuses poussent à partir de la couche de poussière rouge. Jet Jaguar protège contre les Rodans un convoi militaire dirigé par Konoko qui apporte un diagonaliseur orthogonal à Tokyo. L'armée décide de s'en remettre à l'équipe de l'Otaki Factory : Konoko confie le diagonaliseur à Yun, mais il faut connaître un code pour l'activer. Les coordonnées indiquées par Jet Jaguar correspondent à l'emplacement où Godzilla se trouve : au-dessus de la gare de Tokyo, à 100 mètres de haut. En Inde, le groupe de Mei atteint le point de singularité confiné dans la supercalculatrice, mais les distorsions spatio-temporelles qu'il cause sont de plus en plus instables et menacent de s'étendre. Pelops II tente de calculer combien de temps il leur reste avant la catastrophe, mais en raison de la subite multiplication des avenirs possibles, l'IA est à la peine. Dans les profondeurs des calculs en cours dans la supercalculatrice, Pelops II aperçoit le professeur Ashihara ou du moins son double numérique. À la surface, Salunga brise les piques qui l'empalaient et prend le chemin du siège du consortium. En plein calcul, Pelops II, saturé, se fractionne en personnalités multiples puis s'éteint. Le groupe entend la chanson de la prédiction : elle provient cette fois de la supercalculatrice elle-même. | ||||
| 13 | Ensemble | はじまりのふたり | Hajimari no futari (Les Deux du début) | |
| Pélops II se réactive : il a réussi à trouver un équilibre avec ses personnalités multiples. Il informe le groupe qu'Ashihara a entamé un calcul vingt ans plus tôt, interrompu par l'explosion mais resté en suspens. C'est une tentative pour arrêter la catastrophe. À Tokyo, l'équipe d'Otaki Factory et les militaires combattent Godzilla et des Rodans. En Inde, Salunga pénètre dans le siège du consortium Shiva, descend dans la caverne et entreprend de briser les sceaux qui entourent le Point de singularité. Le groupe découvre que la chanson est un message codé envoyé depuis le futur, mais qui n'a pas été reconnu comme une information pertinente jusque là, si bien qu'il n'a causé aucune perturbation temporelle. Mais la supercalculatrice est sur le point d'exploser : le groupe doit s'enfuir. Pelops II reste héroïquement sur place. L'IA découvre le sens réel du message et l'envoie à Yun juste avant que la supercalculatrice n'explose et ne détruise Pelops II. Le nouveau programme qui prend le contrôle de Jet Jaguar est un système d'IA venu du futur, un descendant de Pelops II et de Naratake, qui avait envoyé son propre code vers le passé par l'intermédiaire de la chanson. Godzilla tire sur Jet Jaguar avec son rayon thermique, ce qui enclenche l'explosion du Diagonaliseur orthogonal, qui transforme la poussière rouge en piques bleutées. Les piques font disparaître Godzilla et empalent à nouveau Salunga. Le groupe de Yun et Haberu retrouve le groupe de Mei, BB et Lina dans une Tokyo enfin libérée des kaijū. Après toute une aventure à communiquer par messages, Yun sourit à Mei. Plus tard, quelque part dans une base souterraine, on découvre Kai et Michael en train de superviser la construction d'un mecha armé qui réutilise le squelette de Godzilla, en présence d'un professeur Ashihara bien vivant. | ||||
Diffusion
La série est diffusée sur Netflix au Japon en mars 2021, puis sur les chaînes japonaises de télévision Tokyo MX, KBS Kyoto, BS11 et Sun TV à partir du mois d'avril de la même année. La série est ensuite diffusée à l'international sur Netflix à partir de juin 2021[34]. La première diffusion se fait au rythme d'un nouvel épisode par semaine au Japon, puis la série est rendue disponible directement dans son intégralité lors de sa diffusion à l'international en juin 2021[35]. La chaîne Sun TV se charge de la diffusion dans la préfecture de Hyogo au Japon ; elle les diffuse à minuit[21].
Les titres originaux japonais des treize épisodes sont plus descriptifs que ceux, beaucoup plus brefs, adoptés pour les traductions notamment en anglais et en français. Les titres sont même parfois complètement différents, comme dans le cas de l'épisode 11, titré « Remise en marche » en français (« Relaunch » en anglais) alors que son titre original japonais signifie « Partition irrationnelle »[21].
Accueil
Accueil critique
La saison 1 reçoit un accueil contrasté dans le monde anglophone. Le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, consulté en mai 2026, indique une note moyenne de 56% sur la base de 9 critiques parues dans les médias papier ou en ligne[36]. Le site Decider écrit que la série est sans doute l'une des plus étranges visions du célèbre monstre qui ait été produite jusqu'à présent, mais estime que l'ensemble fonctionne bien et note que la série se concentre sur l'aspect humain de l'histoire, comme le film Godzilla réalisé par Gareth Edwards en 2014 ; il rapproche la série d'œuvres comme Steins;Gate pour leur recours à un jargon scientifique[37]. Le site But Why Though? donne 9/10 à la série, dont il apprécie l'animation, le travail de doublage, la réinvention des kaijū et l'équilibre entre les thèmes scientifiques et les scènes d'action ; il note que la série suppose une certaine ouverture d'esprit puisqu'elle s'éloigne de ce qui a déjà été fait en matière de films de kaijū[38]. Sur Anime News Network, James Beckett donne à Godzilla : L'Origine de l'invasion la note B- et indique que la série contient des choses intéressantes, notamment l'idée de rendre Godzilla authentiquement terrifiant, mais qu'elle opère aussi des choix qui pourront perdre en route une partie du public, en particulier des explications scientifiques poussées là où la plupart des films et séries précédentes mettant en scène Godzilla ne s'embarrassaient guère de crédibilité scientifique. Il trouve aussi que les personnages ne sont pas très attachants[39]. Sur IGN, Matt Fowler estime qu'en dépit de dessins parfois magnifiques, notamment dans les scènes de destruction, la série s'embourbe dans des explications pseudo-scientifiques[40]. Sur le site Comic Book Resources, les avis divergent : en juillet 2021, Renaldo Matadeen reproche à la série de donner trop de place aux explications scientifiques alors qu'il estime que les fans de Godzilla attendent avant tout des combats[41] ; toutefois, dans une critique parue en 2024, Janissa Fleming trouve que l'équilibre entre science et action fonctionne bien et apprécie l'originalité de l'approche, au point de considérer la série comme « une pépite d'anime cachée » (hidden gem anime)[42].
En France, le site IGN France livre une critique favorable de la série : le critique la rapproche du film Shin Godzilla de 2016 pour son intrigue à échelle humaine et ses personnages principaux geeks, et estime que Godzilla : L'Origine de l'invasion est meilleur que tout ce qui s'est fait depuis ce film. Il apprécie l'utilisation « à bon escient » du patrimoine des kaijū de la Toho et du personnage du mecha Jet Jaguar, l'animation « très fine », la bonne intégration des images de synthèse dans les décors, ainsi que la musique ; le doublage français lui paraît également bien fait. Le critique déplore la grande quantité de « technoblabla », mais juge que « si l'on adhère et qu'on accepte d'être porté par les événements, sans s'accrocher aux détails obscurs qui viennent régulièrement rythmer le récit, on se retrouve face à une œuvre extrêmement bien menée, dense et riche »[43].
Au Québec, le site Horreur Québec donne 2,5 sur 5 à la série. Le critique apprécie les nombreuses reprises de personnages comme Jet Jaguar et de kaijū et l'intrigue divertissante, les personnages humains attachants, ainsi que la musique. Bien que le résultat lui semble « loin d'être une mauvaise série », il trouve que Godzilla lui-même apparaît trop peu, qu'il y a beaucoup de jargon et que les personnages sont trop jeunes par rapport à l'ampleur de leurs connaissances scientifiques[44].
Sur le site My Anime List, en mai 2026, la série obtenait une note moyenne de 6,67 sur 10, sur la base d'environ 32 500 avis[45].
Distinctions
En mars 2022, Godzilla : L'Origine de l'invasion remporte un VFX-Japan Awards dans la catégorie Télévision/Distribution de programmes animés CG[46]. En août 2022, la série remporte le « Best Media Award » lors des Prix Seiun[47].
La série fait partie des finalistes pour le 42e Grand prix Nihon SF[48].
Analyse
Le personnage de Jet Jaguar
Godzilla : L'Origine de l'invasion montre de nombreux personnages déjà apparus dans les films de la franchise Godzilla, mais en réinventant plus ou moins leur histoire ou leur apparence.
La série met en scène le personnage du robot géant Jet Jaguar, apparu dans le film Godzilla 1980 (Godzilla vs Megalon) sorti en 1973[3] et resté peu connu depuis[49] au vu des mauvaises critiques qui avaient accueilli le film en question, bien qu'il soit réapparu dans des jeux vidéo et des comics à partir des années 2000[50]. Son apparence est davantage robotique que dans ce film, où il était joué par un acteur dans un costume[51]. Toutefois, comme dans sa première apparition, Jet Jaguar est une invention conçue pour protéger l'humanité. D'abord piloté par Yun ou par Goro, Jet Jaguar est ensuite équipé par l'IA inventée par Yun, si bien qu'il devient autonome et apprend par lui-même[52]. Le personnage a une place si importante dans l'intrigue qu'une critique a pu lui reprocher d'éclipser Godzilla en tant que personnage principal[53].

La réinvention des kaijū
De nombreux kaijū visibles dans la série mettent en scène (ou font allusion à) des monstres créés dans des films. Les Rhodans sont une réinvention de Rodan, un monstre apparu dans le film japonais du même nom en 1956, où il consiste en un gigantesque ptérodactyle à tête d'oiseau né dans un volcan. Pour les besoins de la série, Rodan n'est pas un individu unique mais une espèce entière comprenant des dizaines de milliers d'individus ; ils sont aussi plus petits et plus proches de ptérodactyles du mésozoïque[51],[52],[54]. Les Rodan revêtent successivement deux apparences au fil de la série : les tout premiers qui apparaissent ont été rapprochés des Rhamphorhynchus avec quelques différences dont leur longue queue inconnue chez les ptérosauridés ; leur seconde apparence évoque fortement celle d'un Quetzalcoatlus[55]. Cette inspiration paléologique s'inscrit dans une longue continuité puisque Rodan a toujours puisé son inspiration dans les prérosauridés[56].
Anguirus, un kaijū doté d'une armure osseuse à piquants rappelant un peu un ankylosaurus, apparaît pour la première fois en 1955 dans le film Le Retour de Godzilla, la première suite cinématographique du Godzilla de 1954. La série le dote de la capacité de voir quelques secondes dans l'avenir et d'utiliser les perturbations spatio-temporelles afin de dévier les balles[51],[52].
Les Mandas, des serpents de mer dont l'apparence évoque celle des dragons japonais, sont une reprise d'une créature apparue dans le film Atragon en 1963[52].
Le kaijū enfermé dans le souterrain du Consortium Shiva, quadrupède, cornu et capable de grimper sur des structures métalliques ou des câbles, est analysé selon les sources soit comme une reprise de Gabara, monstre apparu dans le film Les envahisseurs attaquent en 1968[52], ou bien comme une réinvention de Baragon, autre créature du même film[51].
Les araignées de mer géantes que les gens d'Otaki Factory et Jet Jaguar doivent affronter dans le port reprennent très librement l'aspect de Kumonga, créature apparue dans le film Le Fils de Godzilla puis dans Les envahisseurs attaquent[52]. L'entité bleue qui se reforme à partir des corps des araignées reprend l'apparence de Hedorah, monstre lié à la pollution, vu pour la première fois dans Godzilla contre Hedorah en 1971 puis dans Godzilla : Final Wars en 2004[54].
Godzilla lui-même reprend l'apparence classique du monstre défini dès sa première apparition dans Godzilla en 1954, mais on le voit d'abord à un stade juvénile où il ressemble à une créature maritime, avant de connaître une série d'évolutions à la rapidité surnaturelle. Il atteint son apparence définitive dans l'épisode 10. Cette capacité à évoluer rapidement figure déjà dans des films comme Godzilla Resurgence, sorti en 2016, où Godzilla s'adapte pour résister aux armes[51]. Mais Godzilla adopte ici des formes successives plus différentes les unes des autres, ce qui a amené des rapprochements entre Godzilla : L'Origine de l'invasion et la série animée Neon Genesis Evangelion dont les monstres, les Anges, sont capables d'évoluer ; Evangelion a en commun avec Godzilla Resurgence d'avoir été réalisé par Hideaki Anno[57]. L'Origine de l'invasion dote Godzilla de canines proéminentes et de pattes postérieures particulièrement énormes, mais Godzilla conserve son apparence générale, y compris ses plaques dorsales. Comme dans le premier film, il a la capacité de cracher des rayons thermiques dévastateurs, auxquels la série ajoute des effets visuels nouveaux, à savoir des cercles d'énergie bleutés qui précèdent le rayon lui-même[52]. Cette capacité de Godzilla à évoluer de manière significative au cours d'un même récit est reprise, par la suite, dans Godzilla x Kong: Le Nouvel Empire, un film américain de la franchise MonsterVerse réalisé par Adam Wingard en 2024, où Godzilla acquiert de nouvelles capacités après avoir survécu à un combat[58].
L'un des derniers épisodes montre qu'à la surface de la peau de Godzilla se trouvent des parasites plus grands qu'un humain. Leur apparence est reprise de celle des larves de Meganeura géantes créées pour le film Rodan en 1956[59].
À la toute fin de la série, une scène post-générique montre un bref aperçu de Mechagodzilla apparu pour la première fois dans Godzilla contre Mecanik Monster en 1974[52].
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Références artistiques et religieuses
La série tourne autour d'une prévision scientifique de la survenue d'une catastrophe apocalyptique liée à l'apparition de kaijū. Le site Slash Fiction remarque que la série comprend de nombreuses références à des œuvres d'art de plusieurs types, notamment des références littéraires et religieuses. Le poème Le Tigre de William Blake est mentionné à plusieurs reprises, notamment son expression de « symétrie effrayante » (fearful symmetry). Des références plus ponctuelles mentionnent un poème de Walt Whitman et L'Enfer de Dante. D'autres références sont religieuses, avec des citations de la Baghavad-Gītā et du Livre de la Révélation. Ce penchant pour l'hyper-référentialité vaut à la série d'être rapprochée de l'œuvre de Hideaki Anno, en particulier de la série animée Neon Genesis Evangelion[57]. L'ambiance de fin du monde annoncée par divers signes et apparitions monstrueuses vaut aussi à l'atmosphère de la série d'être qualifiée de lovecraftienne[57].
Parmi les indices qui annoncent le retour de Godzilla figure un ukiyo-e, une estampe ancienne représentant un long monstre marin nageant dans des eaux rouges, entouré de ptérodactyles. Cette estampe s'inspire d'un triptyque peint par Utagawa Kuniyoshi, l'un des maîtres japonais de l'estampe, au XIXe siècle : L'Ancien empereur à Sanuki envoie ses alliés secourir Tametomo, en japonais 讃岐院ケン属をして爲朝をすくふ圖 (Sanuki no in kenzoku o shite Tametomo o sukuu zu)[60] (l'estampe décrivant elle-même des événements légendaires inspirés des exploits du samouraï Minamoto no Tametomo au service de l'empereur Sutoku exilé dans la province de Sanuki, au temps de la rébellion de Hōgen au XIIe siècle : dans la légende que représente l'estampe, Tametomo est sauvé d'un monstre marin par l'intervention de tengu, des « chiens célestes » du folklore japonais).
Éléments de hard science-fiction
Godzilla : L'Origine de l'invasion se démarque de certains thèmes des films Godzilla. Le thème de l'énergie nucléaire en est ainsi totalement absent : aucune référence n'est faite à la radioactivité pour expliquer les pouvoirs de Godzilla, et aucune mention n'est faite d'armes nucléaires[61].
Les critiques remarquent que Godzilla : L'Origine de l'invasion ne se focalise pas sur les scènes d'action entre humains et kaijū, ni sur les combats entre kaijū, mais constitue plutôt un thriller à mystère dont l'intrigue comprend des éléments de hard science fiction, un sous-genre de la science-fiction qui recherche une vraisemblance scientifique plus poussée[57]. Godzilla n'est pas seulement un monstre dangereux : son existence constitue un danger pour la trame de la réalité elle-même[42], puisqu'il s'avère que les différents points de singularité qu'examinent les personnages sont tous liés à Godzilla et qu'il cause des déformations des lois de la physique[62]. La poussière rouge que les kaijū apportent dans le monde des humains oblige ces derniers à porter des masques, à se confiner ou à fuir, ce qui a été rapproché des effets de la pandémie de covid-19 qui s'étend dans le monde entier à partir de la fin de l'année 2019[62].
Les personnages principaux sont également différents de ceux vus jusque là dans les films : Mei Kamino et Yun Arikawa sont des intellectuels et leur relation consiste en grande partie à discuter par téléphones interposés sur des problèmes de mathématiques et de physique avancée, en ayant recours à l'intelligence artificielle Pelops II pour effectuer des recherches et des calculs complexes[42]. Gorō Otaki est lui-même un vieil inventeur, concepteur du robot Jet Jaguar, mais il sert surtout aux scènes d'action et pour ajouter une touche d'humour à l'ensemble[42].
L'expression anglaise singular point, qui figure dans le titre de la série dans sa version originale, est polysémique : les personnages l'emploient à propos des déformations de l'espace-temps causées par les apparitions de monstres, qui causent des singularités mathématiques et gravitationnelles, mais, au vu de certains rebondissements de l'intrigue, elle peut aussi être comprise comme une allusion à la singularité technologique, théorie envisageant le moment où une intelligence artificielle pourrait développer une conscience propre[62].
L'importance de la recherche scientifique et de la recherche appliquée pour sauver le monde vaut à Godzilla : L'Origine de l'invasion d'être rapproché de séries dont l'intrigue tourne également beaucoup autour du recours à la science, comme Moyasimon, adaptée en 2007 du manga de Masayuki Ishikawa paru de 2004 à 2014, où un étudiant dans une université agricole résout des problèmes grâce à sa capacité à voir et à parler avec les micro-organismes, ou Beautiful Bones, adaptée en 2015 des light novels de Shiori Ōta et Tetsuo parus depuis 2013, où un duo d'enquêteurs résolvent des affaires criminelles en recourant à l'ostéologie[63].
Produits dérivés
Livres
Un guide et artbook de la série, intitulé Godzilla S.P <Singular Point> Fan Book, paraît aux éditions Futabasha en juillet 2021.
Un roman situé dans l'univers de la série et écrit par Toh EnJoe, scénariste de la série, paraît au Japon aux éditions Shueisha.le 26 juillet 2021. Son intrigue constitue un spin of de l'intrigue principale[34],[64].
Bande originale
La bande originale de la série paraît sous forme numérique chez Anime Limited en novembre 2021[65]. Elle paraît en CD et en disque vinyle dans l'Union européenne, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande fin 2022[65].
- ALAPU UPALA -Popular Song version-
- A Man Named Ashihara 葦原という男
- The Strange Misakioku 奇妙なミサキオク
- Hunch 推測
- I'm Pelops II! わたしはペロ2!
- Mr. O's Attack おやっさんの出撃
- Approaching Monsters 迫り来る怪獣たち
- Go! Jet Jaguar 行け! ジェットジャガー
- I'm Pelops II! -Friendly version- わたしはペロ2!-ほのぼの ver.-
- Battle Positions それぞれの戦闘態勢
- ALAPU UPALA -Choir version-
- Godzilla Appearance Theme -Prologue- ゴジラ出現のテーマ-序章-
- Monsters' Awakening 怪獣たちの目覚め
- Radio Wave Monster Rodan 電波怪獣ラドン
- kaijū Appear 怪獣たちの出現
- Solve It and Find Out 解けば分かる
- I'm Pelops II! -Intelligence Level Increased version- わたしはペロ2!-知能レベルが上がってきました version-
- Fighting Youth 戦う青年たち
- Yun and Haberu ユンとハベル
- ALAPU UPALA -Requiem version-
- The Ashihara Catastrophe 葦原破局点
- New Monster Salunga 新たな怪獣 サルンガ
- Monster Battle Gong 怪獣大決戦のゴング
- Red Dust 紅塵
- Precognitive Monster Anguirus 未来予知怪獣アンギラス
- The Singular Point シンギュラポイント
- ALAPU UPALA -Unknown Future version-
- Humanity's All-Out Attack 人類の総攻撃
- Godzilla Appearance Theme -Singular Point- ゴジラ出現のテーマ-シンギュラポイント-
- Godzilla's Theme -Singular Point- ゴジラのテーマ-シンギュラポイント-
- ALAPU UPALA
- Godzilla Appearance Theme -Singular Point- ゴジラ出現のテーマ-シンギュラポイント-
- I'm Pelops II! -Nice to Meet You ver.- わたしはペロ2!-はじめましてver.-
- Footprints of Dr. Ashihara 葦原博士の足跡
- Connected 繋がる
- Long-Awaited Reunion 久しぶりの再会
- The Era is AI 時代はAI
- Leisurely Meal BGM 優雅なお食事BGM
- Nostalgic Shop BGM 懐かしのお店BGM
- I'm Pelops II! -I'm Studying ver.- わたしはペロ2!-勉強中ですver.-
- Mr. O's Attack -Preparation ver.- おやっさんの出撃-準備ver.-
- Looking For Answers 答えを探して
- To The Next Scene -A- 次の場面へ-A-
- To The Next Scene -B- 次の場面へ-B-
- To The Next Scene -C- 次の場面へ-C-
- To The Next Scene -D- 次の場面へ-D-
- To The Next Scene -E- 次の場面へ-E-
- To The Next Scene -F- 次の場面へ-F-
- To The Next Scene -G- 次の場面へ-G-
- I'm Pelops II! -Intelligence Level MAX ver.- わたしはペロ2!-知能レベルMAX ver.-
- What Was Lost 失ったもの
- Humanity's All-Out Attack -Other END- 人類の総攻撃-Other END-
- ALAPU UPALA -Countdown ver.-
- Godzilla's Theme -Singular Point- ゴジラのテーマ-シンギュラポイント-
Le site Toho Kingdom livre un avis favorable sur l'Original Soundtrack et lui confère une note de 3,5/5. Le critique apprécie la grande quantité de compositions originales, leur cararactère évocateur et généralement bien adapté à l'intrigue, et l'habileté avec laquelle quelques thèmes classiques de la franchise (dont le thème de Godzilla) sont réutilisés et réarrangés[66]. Le site Soundtrack Gallery donne un avis pleinement convaincu et y voit l'une des meilleures bandes originales de séries de 2021[30]. Sur Music Movie UK, Jonathan Broxton écrit : « C'est une bande originale qui est d'une créativité énorme, parfois très bête, parfois très belle, et qui parfois atteint d'énormes sommets d'héroïsme et d'intensité par le biais de sa musique d'action et d'aventure »[67],[68].
Éditions en vidéo
La série est éditée en DVD et Blu-ray au Japon en août 2021[69].
Autres produits dérivés
Le site officiel de la série publie en mai et juin 2021 un jeu par navigateur intitulé Godzilla Singular Point: Escape!! Radio Wave Monster Rodan! où l'on incarne Yun et et Haberu, ou Harvey, ou Jet Jaguar, et où le but du jeu est d'avancer en survivant à des vagues de kaijū et à divers autres obstacles[70].
Une statuette en PVC/AVS représentant Godzilla sous sa forme de Godzilla Ultima (qui apparaît dans la série à partir de l'épisode 10) est produite par Premium Bandai en juin 2021 dans la collection MonsterArts ; elle est accompagnée de deux statuettes plus petites et incolores représentant Jet Jaguar sous sa forme de prototype puis sous sa forme beta, avec sa lance fabriquée à partir d'une dent de kaijū[71]. Une statuette en couleur de Jet Jaguar, qui montre sa forme de prototype, est produite par la même entreprise en mars 2021[72] et une autre, montrant sa forme définitive équipée de sa lance, à l'automne 2021[73]. Des figurines Funko Pops représentant Mei Kamino et Godzilla sont produites à l'automne 2023[74].
Des T-shirts Jet Jaguar et une serviette de bain Godzilla sont également produits[75].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Godzilla Singular Point » (voir la liste des auteurs).
- (ja) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en japonais intitulé « ゴジラ S.P <シンギュラポイント> » (voir la liste des auteurs).
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Bibliographie
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- Collectif, Uchūsen (magazine de science-fiction), éditions Hobby Japan, n°171 (Automne 2021, paru le 28 décembre 2020), n°172 (Printemps 2021, paru le 1er avril 2021), n°173 (Été 2021, paru le 1er juillet 2021), n°176 (Printemps 2022, paru le 1er avril 2022)
- (en) Henry Nathaniel Thomas, « Short note on recent sightings of Rodan in Godzilla Singular Point » (Article sur les inspirations paléontologiques des Rodans dans la série), Journal of Geek Studies, (DOI https://doi.org/10.5281/zenodo.8241584, lire en ligne).

Liens externes
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