Gonzalo Suárez

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Martín Girard |
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Gonzalo Suárez Morilla est un réalisateur, scénariste, journaliste et écrivain espagnol né à Oviedo le .
Il est notamment connu pour son film Remando al viento de 1987 (qui lui a valu la Coquille d'argent et le Goya du meilleur réalisateur).
Il est décoré en 2016 de l'Ordre d'Alphonse X le Sage, distingué en 2017 de la Médaille d'Or du Círculo de Bellas Artes[1], nommé chevalier des arts et des lettres par le gouvernement français et Goya d'honneur de la 40e cérémonie des Goya à Barcelone en 2026.
Biographie
Réalisateur de cinéma, écrivain et scénariste, Gonzalo Suárez naît à Oviedo à l'aube de la révolution minière de 1934[2].
En 1936, la guerre civile le surprend à Madrid, où son père, professeur d'université de français, spécialisé dans l'œuvre de François Villon, allait présider des séances d'examen.
Il n'ira à l'école qu'à l'âge de dix ans, où il entre au Lycée Français de Madrid. Jusqu'à ce moment-là, c'est son père, objet d'une purge de la part du régime franquiste parce qu'il est socialiste, qui s'occupe de son instruction.
En 1951, il commence des études de Philosophie et Lettres à Madrid, écrit des oeuvres de théâtre et joue dans plusieurs pièces: The Time of Your Life de William Saroyan, Médée d'Euripide, La Tempête de Shakespeare. Influencé par la vie et l'oeuvre des impressionnistes, il se met à la peinture. Mal à l'aise dans l'Espagne de l'époque, il abandonne les études et émigre en France, à Paris et La Seyne-sur-Mer, où il fait différents travaux.
En 1958, il arrive avec sa femme, Hélène Girard, à Barcelone, où il se consacre au journalisme sous le pseudonyme de Martin Girard[3]. Puis malgré son succès croissant, il arrête le journalisme et publie ses premiers livres, qui sont en rupture avec le naturalisme en vogue. Certains de ses récits sont adaptés au cinéma et c'est ainsi que commence, en 1966, son oeuvre cinématographique. A partir de ce moment, il se partagera entre les livres et les films.
Famille
Il a quatre enfants, Anne-Hélène Suárez, Sylvia Suárez, Gonzo Suárez et Elsa Suárez. Son frère est le directeur de photographie Carlos Suárez.
Gonzalo Suárez vu par Julio Cortázar
Julio Cortázar a dit de lui: "Pour quelqu'un qui apprécie les jeux discrets d'une intelligence ironique, et la marginalité délibérée alors que la grande majorité travaille à plein temps, l'oeuvre glissante et quasi insaisissable de Suárez dessine dans le panorama espagnol contemporain quelque chose d'analogue à ce qu'a pu dessiner en France l'oeuvre de Boris Vian. Lorsqu'on les attend sur un écran de cinéma ou sur une scène, ils disparaissent brusquement pour se montrer derrière les couvertures d'un livre ou d'un solo de trompette; ceux qui leur avaient donné rendez-vous à une table ronde observeront consternés le vide de leur absence au moment où une maîtresse de maison stupéfaite découvrira qu'un hôte au sourire aimable occupe une chaise à laquelle personne ne l'avait invité. D'une certaine manière que lui seul connaît, Gonzalo Suárez transite depuis des années dans les registres les plus variés de la vie intellectuelle espagnole, mais cette attitude transfuge et presque de fantôme inquiète et même fâche les critiques aimant l'ordre, les genres et les étiquettes[4]."
"Ecrivain qui fait du cinéma, cinéaste qui revient à la Littérature? De temps en temps il y a des papillons qui refusent de se laisser clouer sur le carton des bibliographies et des catalogues, de temps en temps, aussi, il y a des lecteurs ou des spectateurs qui continuent à préférer les papillons vivants à ceux qui dorment de leur triste sommeil dans les écrins de verre."
Filmographie
- 1966 : El horrible ser nunca visto
- 1967 : Ditirambo vela por nosotros
- 1969 : Ditirambo
- 1969 : El extraño caso del doctor Fausto
- 1970 : Aoom
- 1972 : Morbo
- 1973 : Al diablo, con amor
- 1974 : La loba y la paloma
- 1975 : La regenta (Prix Luis Buñuel)
- 1976 : Beatriz
- 1977 : Parranda
- 1977 : Reina Zanahoria
- 1980 : Una leyenda asturiana
- 1981 : Cuentos para una escapada
- 1984 : Epílogo (Prix de la Jeunesse au Festival de Cannes)
- 1988 : Remando al viento (Coquille d'Argent de la Meilleure Réalisation au Festival de Saint-Sébastien, Prix Goya)[5]
- 1991 : Don Juan en los infiernos
- 1991 : El lado oscuro
- 1992 : La reina anónima
- 1994 : El detective y la muerte
- 1996 : Mi nombre es sombra
- 2000 : El portero
- 2002 : El candidato
- 2006 : El genio tranquilo
- 2007 : Oviedo Express
- 2019 : El sueño de Malinche
- 2021 : Alas de Tiniebla
Littérature
L'oeuvre littéraire de Gonzalo Suárez est abondante, multiforme, inclassable. Il emprunte à la littérature populaire, au policier, au roman d'espionnage, au fantastique. Il a ainsi été qualifié d'avant-gardiste et d'"écrivain pop"[6]. Il a publié notamment:
- De cuerpo presente, 1ère édition : Luis de Caralt, Barcelona,1963.
- Los once y uno, 1ère édition : Rondas, Barcelona, 1964.
- Trece veces trece, 1ère édition : Ediciones Ferré, Barcelona, 1964.
- El roedor de Fortimbrás, 1ère édition : Ediciones Ferré, Barcelona,1965.
- Rocabruno bate a Ditirambo, 1ère édition : Ediciones Ferré, Barcelona, 1966.
- La zancada del cangrejo, 1ère édition : Los Papeles de Son Armadans, Palma de Mallorca, 1969.
- Operación Doble Dos, 1ère édition : Planeta, Barcelona,1974.
- Gorila en Hollywood, 1ère édition : Planeta, Barcelona, 1980.
- La reina roja, 1ère édition : Cátedra, Madrid, 1981.
- El asesino triste, 1ère édition : Alfaguara, Madrid, 1994.
- La literatura, 1ère édition : Alfaguara, Madrid, 1997.
- Ciudadano Sade, 1ère édition : Areté, Madrid, 1999.
- Yo, ellas y el otro, 1ère édition : Areté, Madrid, 2000.
- El cine: de las cavernas a la pantalla, Universidad de León, León, 2001.
- El hombre que soñaba demasiado, Areté, Madrid, 2005.
- La suela de mis zapatos, Seix Barral, Barcelona, 2006.
- Dos pasos en el tiempo. De Aoom a El Genio tranquilo, Asturias 1969-2006. Ocho y medio, Madrid, 2006.
- El secreto del cristal. Aforismos y desafueros de Gonzalo Suárez., Fernando Villaverde, Madrid, 2008.
- Las fuentes del Nilo, Alfaguara, Madrid, 2011.
- El síndrome de Albatros, Seix Barral, Barcelona, 2011.
Adaptations de l'oeuvre de Gonzalo Suárez
Théâtre
2001: Palabras en penumbra, adaptation théâtrale de textes de Gonzalo Suárez réalisée par Carles Alberola, Albena Teatre. Prix des Arts Scéniques de la Generalité Valencienne à la meilleure réalisation et prix de la critique de Valencia à la meilleure direction scénique.
Opéra
2004: La noche y la palabra sur une musique de José Manuel López, livret de Gonzalo Suárez et images scéniques de José Manuel Broto. Première à Madrid, 2004, Teatro de la Abadía. Il a été représenté aussi à la Biennale de Venise (2005).
Bibliographie
- 1978: Juegos secretos de Gonzalo Suárez. Julio Cortázar. Les Nouvelles Literaires n.º 2644.
- 1991: Gonzalo Suárez: un combate ganado con la ficción. Javier Hernández Ruiz. Universidad de Alcalá de Henares.
- 1992: Aspectos fantásticos en la narrativa de Gonzalo Suárez: La resurrección. J. Mena. Universidad de Barcelona.
- 1993: La obra literaria de Gonzalo Suárez. Javier Cercas. Quaderns Crema.
- 1994: La trayectoria artística de Gonzalo Suárez. Javier Cercas. Instituto Grande Covián.
- 2000: A Esmorga de Blanco Amor e Parranda de Gonzalo Suárez. Ana Belén Martínez Delgado. Ed. Do Castro
- 2004: El cine de Gonzalo Suárez. Carmen Becerra, (ed.). Mirabel editora.
- 2004: Gonzalo Suárez: entre la literatura y el cine. Ana Alonso (ed.). Universidad de Oviedo - Kassel - Edition Reichenberger.
- 2007: Guía para ver y analizar "Remando al viento". Rafael Cherta, Teresa Garrido. Nau Llibres.
- 2008: Gonzalo Suárez, 40 años de cine y literatura. Juan Cruz y otros. Semana Internacional de Cine de Valladolid.
Références
- (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Gonzalo Suárez » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (es) « Gonzalo Suárez » (consulté le )
- ↑ « Gonzalo Suarez », sur Quinzaine des cinéastes (consulté le )
- ↑ « Gonzalo Suarez » (consulté le )
- ↑ (es) « Los juegos secretos de Gonzalo Suárez / Julio Cortázar » (consulté le )
- ↑ (es) « Premios 36 edición. 1988 » (consulté le )
- ↑ « Littérature de genre et écriture spéculaire chez Gonzalo Suárez » (consulté le )
Articles connexes
- Javier Cercas, La obra literaria de Gonzalo Suárez (1994)
Liens externes
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