Guanás
Les Guanás (aussi appelés enlhet, kaskihá ou cashquiha), sont un peuple indigène du Chaco Boreal au Paraguay. L'ethnonyme guaná vient des Mbaya, qui les avaient soumis et les appelaient guaná-niyolola. Ils s'appellent eux-mêmes Enlhet, nom également utilisé par les Lenguas du sud.
Ils ne doivent pas être confondus avec un autre peuple homonyme, également appelé kinikinao, chuala ou equinao, originaire du Mato Grosso do Sul, au Brésil, apparenté aux Terena.
Histoire et description
La langue des Guanás, appelée vana peema[1], appartient à la famille linguistique lengua-maskoy. Cette famille comprend six langues : angaité (enenlhet), guaná (vana, enlhet o kaskiha), enlhet, enxet, sanapaná (nenlhet), et toba-maskoy (enenlhet).
La langue guaná se divise traditionnellement entre les dialectes layana (ou niguecactemigi) et echoaldi (echonoana ou chararana). Les Guanás adoptent le guarani paraguayen au contact d'autres groupes ethniques. Leur langue est menacée d'extinction, car les jeunes ne la connaissent pas. C'est pourquoi des efforts sont déployés pour l'enseigner aux élèves guanás.
Reductions guanás
En 1760, le jésuite Manuel Durán fonde la réduction de San Juan Nepomuceno à l'ouest du río Paraguay, accueillant des Guanas sous la domination des Mbaya. Lors de l'expulsion des jésuites en 1768, elle abrite 600 autochtones[2]. Une autre réduction, également appelée San Juan Nepomuceno, est fondée par le gouverneur du Paraguay, Lázaro de Rivera, le à Caazapá. Les colons étaient des Guanás du groupe Charavaná de l'Alto Paraguay, qui s'étaient installés dans la région des ríos Ipané et Aquidaban pour travailler temporairement à Asunción et échapper aux Mbaya. Leur premier prêtre est Antonio Bogarín. Ils deviennent Guaranis peu après par le biais de mariages mixtes avec des femmes guaranis[3].
Recensement
Le recensement des populations autochtones de 1995[4] compte 1 645 personnes réparties dans les villes de Puerto Sastre, María Casilda et Puerto Casado, sur les rives du río Paraguay, où elles travaillaient dans des usines de tanin[5]
Selon les résultats du troisième recensement national de la population et du logement des peuples autochtones de 2012, seuls 86 Guanás vivent au Paraguay, dans le département de Concepción[6].
Notes et références
- ↑ (es) « Glosario de lenguas indígenas sudamericanas, Edgardo Civallero, Universidad Nacional de Córdoba » [PDF] (consulté le ).
- ↑ (es) « Catholic Encyclopedia » (consulté le ).
- ↑ (es) « Pueblos Originarios. Reducciones Jesuitas y Franciscanas. Gran Chaco y regiones fronterizas », sur pueblosoriginarios.com (consulté le ).
- ↑ (es) « Paraguay: Informe: Parte II: Sección Analítica: cont. 9 », sur unesco.org.
- ↑ (es) « Lengua Guaná », sur proel.org (consulté le ).
- ↑ (es) « Resultados preliminares del censo 2012. Población por departamento según pueblo indígena » [PDF], sur dgeec.gov.py (consulté le ).
- Portail de l’anthropologie
- Portail du Paraguay