Hélène Miropolsky
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| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 89 ans) 16e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance |
Hélène Julia Miropolsky |
| Surnom |
« La Belle Hélène », « Le sourire du barreau parisien » |
| Nationalité |
Française (par naturalisation) |
| Formation | |
| Activité | |
| Conjoint |
Gaston Strauss (1913-1926) |
| Enfant |
Anne-Marie Strauss |
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Hélène Miropolsky (en russe : Елена Миропольская, Yelena Miropolskaya), née le dans le 14e arrondissement de Paris et morte le dans le 16e arrondissement de Paris, est une avocate française d'origine russe. Elle est la cinquième femme à prêter serment au barreau de Paris en 1907 et la première à plaider à la cour d'assises de Paris en 1908, après Marguerite Dilhan, qui a plaidé à la cour d'assises de Toulouse en 1903. Elle est aussi connue pour soutenir les droits des femmes.
Durant son mariage avec son confrère Gaston Strauss, en , elle est parfois appelée Hélène Miropolsky-Strauss. Le couple a une fille en 1914, Anne-Marie, avant de divorcer en . La famille est victime des lois antisémites durant le régime de Vichy.
Biographie
Famille
La famille Miropolsky[n 2] est originaire de l'Empire russe. Georges Mïropolsky, né le à Bielaya-Czerkow (aujourd'hui Bila Tserkva en Ukraine), et son épouse polonaise Sophie-Louise de Korab-Brozozwski, née à Antonowka, demeurent à Paris dans les années 1880[1]. Du couple naît une première fille, Marie-Louise, le dans le 13e arrondissement de Paris, puis une seconde, Hélène-Julia, le dans le 14e arrondissement de Paris. La famille est naturalisée française par le décret présidentiel no 37 518, du [1].
En 1894, le docteur Miropolsky est président de la Société vélocipédique parisienne[2]. En 1895, le couple de médecins vit encore au no 133, rue de la Glacière, dans le 13e arrondissement de Paris[3],[4]. Sophie-Louise de Korab-Brozozwski meurt le à leur domicile, le no 60, rue Ordener, et est incinérée le [5]. Le , Le Journal annonce la mort de Georges Miropolsky[6],[n 3].
Le , Marie Miropolsky, alors étudiante en médecine, est victime d'une tentative de viol par un cycliste à la lisière d'un bois près de Vaumoise, où elle est en villégiature. Le cycliste la menace de mort si elle continue de hurler. Ses cris alertent un passant, l'abbé Nicolas, mettant en fuite l'agresseur[7],[8].
Jeunesse et études
Hélène Miropolsky passe son enfance à Paris et est élève au collège Sévigné[9]. Elle est admise en 1903 au baccalauréat de rhétorique[10] et à la Sorbonne en 1904 avec huit autres bachelières[11].
En , alors étudiante en droit, Miropolsky fait une conférence saluée, à l'Amicale Causerie des étudiants, pour montrer que « la femme russe vit, pense et agit en égale de l'homme, avec la même liberté et la même indépendance[12]. »
Carrière d'avocate
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Me Miropolsky prête serment au barreau de Paris le à dix-neuf ans, confiant à la presse que c'est un « rêve longtemps chéri », voulant sauver « la veuve et l'orphelin »[13]. Elle est consciente du scepticisme des hommes sur les capacités d'un femme à être avocate, mais elle estime que celles victimes ou coupables se confient plus facilement aux personnes du même genre[9]. Le lendemain, elle plaide pour la première fois, défendant une femme ayant volé dans un grand magasin. Faisant valoir que l'étalage de luxe est une « terrible séduction » pour les plus pauvres, l'accusée est condamnée à un mois de prison[14].
Elle devient la première femme ayant plaidé à la cour d'assises de Paris, le . Elle est chargée de défendre Hélène Jean, accusée d'avoir tué son enfant d'un an car elle était trop pauvre. Miropolsky obtient l'acquittement de sa cliente[15].
Me Miropolsky est la vice-présidente de la Fédération nationale des avocates dès sa fondation en 1912[16].
Le , elle plaide à la première chambre du Palais de justice de Paris contre l'entreprise Comptoir central de France[17].
Mort
Selon l'acte de décès, Hélène Miropolsky meurt sans profession le , à son domicile du no 34, rue des Vignes, dans le 16e arrondissement de Paris.
Vie privée

Hélène Miropolsky et son collègue l'avocat Gaston Simon Strauss, ancien chef adjoint du cabinet d'avocats de Joseph Paul-Boncour, annoncent leurs fiançailles le [18], ce qui provoque une grande liesse dans le milieu de la justice parisienne[19]. Le premier mariage entre deux avocats en France, discret en raison d'un deuil récent, a lieu le dans la mairie du 16e arrondissement de Paris. Les témoins du marié sont Mes Joseph Paul-Boncour et Raoul Rousset, ancien bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris ; les témoins de la mariée sont Me Henri-Robert, bâtonnier actuel, et l'astronome Camille Flammarion[20].
Gaston Strauss, né le à Paris, est mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale et meurt en déportation à Auschwitz, le [21]. Ses parents sont Jules Strauss, mort le au no 1 de l'avenue Bugeaud, et Caroline « Lina » Forchheimer, morte le au même domicile[22]. Le Figaro du [23] annonce que Hélène Miropolsky et Gaston Strauss ont une fille, Anne-Marie Georgette Françoise Strauss, née le dans le 16e arrondissement de Paris et morte le à Saint-Germain-en-Laye[24]. Le , la première chambre du tribunal de Paris prononce leur divorce[25]. Anne-Marie Strauss épouse Pierre Marie Vincenot, décorateur, dont descendance. Selon un acte notarié du , elle demeure avec son mari au no 8, rue de la Paix, à Paris, et est sans profession[22].
Durant son mariage, le couple Miropolsky-Strauss fonde La Paternelle vie, assurances générales sur la vie humaine, dont le siège est situé au no 21, rue de Châteaudun. Le , Mes Champetier de Ribes et Barillot, notaires, vendent La Paternelle vie suite à un avis suspensif du Commissariat général aux questions juives. Ils restituent la compagnie à Anne-Marie et à Suzanne Strauss, sa tante paternelle, le , suite à une ordonnance du Tribunal civil de la Seine, le . Suzanne Strauss décède le à Paris, où elle avait épousé Lucien Émile Jean Privey le . Anne-Marie Strauss est la seule héritière de sa tante. Lucien Privey profite de l'usufruit jusqu'à son propre décès la même année[22].
Opinions sur la condition féminine
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Mariage
En , les avocats de la Cour d'appel de Paris doivent se prononcer sur la question : « Si un mari refuse à sa femme le droit d'exercer la profession d'avocat, la femme peut-elle s'y faire habiliter par justice ? » Plusieurs avocats ont soutenu l'affirmative ; mais la vision négative soutenue par Me Miropolsky, soucieuse du Code civil et la « stabilité des foyers », a été adoptée[26],[27].
Dans le magazine Femina en 1912, tout en étant consciente de l'esprit d'indépendance des jeunes filles et des femmes de son temps, Miropolsky considère que « malgré les critiques et les paradoxes, le mariage demeure toujours le but, la vraie carrière de la jeune fille. » Elle se nuance en disant que les jeunes filles « ne le conçoi[ven]t plus comme exclusif du développement de [leurs] personnalité[s][28]. »
Autres engagements
L'avocate s'est engagée pour le droit des femmes à être jurées d'assises dès 1909[29].
Elle rejoint officiellement la cause féministe en 1914[30] et participe au mouvement suffragiste dès 1918[31]. Me Miropolsky entretient une correspondance avec Marguerite Durand, directrice de La Fronde[32].
Le Parthénon du la mentionne parmi les collaborateurs du magazine d'avant la Première Guerre mondiale[33].
Notes et références
Notes
Références
- Bulletin des lois de la République française, Paris, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 1712.
- ↑ « Notes du jour », Paris-Vélo, , p. 1 (lire en ligne).
- ↑ Une partie de la rue de la Glacière devient la rue de l'Amiral-Mouchez en 1894. Le numéro 133 a été changé à cette occasion.
- ↑ Liste des docteurs en médecine, Paris, Imprimerie Chaix, (lire en ligne), p. 50.
- ↑ Archives de Paris, Faire-part de décès, cote AD75 - V7E 63 Ko Kw, 1911 (lire en ligne).
- ↑ « Mondanités », Le Journal, (lire en ligne).
- ↑ « Autour de Paris », Le Petit Parisien, , p. 4 (lire en ligne).
- ↑ « Attaquée en forêt », Le Réveil de l'Aisne, , p. 3 (lire en ligne).
- « Mademoiselle l'avocate », Le Matin, , p. 2 (lire en ligne).
- ↑ « Nouvelles universitaires », Le Journal, , p. 5 (lire en ligne).
- ↑ « A Travers Paris », Le Figaro, , p. 1 (lire en ligne).
- ↑ « Courrier féministe », Les Annales de l'Ariège, (lire en ligne).
- ↑ Amédée Blondeau, « Encore une avocate », Le Rappel, , p. 4 (lire en ligne).
- ↑ « Un début sous la toge », Gil Blas, , p. 1 (lire en ligne).
- ↑ Emmanuel Pierrat, Quand les avocats font l'Histoire, Paris, Albin Michel, (ISBN 978-2-226-48017-0).
- ↑ « Chez les avocates », Gil Blas, , p. 1 (lire en ligne).
- ↑ « Tribunaux », Le Petit Bleu de Paris, (lire en ligne).
- ↑ « Avis mondains », Le Figaro, .
- ↑ « Gai, gai ! marions-nous », Gil Blas, , p. 1 (lire en ligne).
- ↑ « Mlle Miropolsky, avocate, épouse sont confrère, Me Strauss », Le Petit Parisien, , p. 2 (lire en ligne).
- ↑ « Gaston Simon STRAUSS », sur Mémoire des hommes (consulté le ).
- Registre du commerce et des sociétés de Paris, « procès-verbal d'assemblée extraordinaire »
[PDF], sur Pappers (consulté le ).
- ↑ « Renseignements mondains », Le Figaro, , p. 3 (lire en ligne).
- ↑ « STRAUSS Anne-Marie Georgette Françoise », sur Décès en France (consulté le ).
- ↑ « Un divorce au Palais », Le Journal, , p. 2 (lire en ligne).
- ↑ « Les femmes-avocats », La Croix, , p. 2 (lire en ligne).
- ↑ « Une avocate antiféministe », L'Aurore, , p. 2 (lire en ligne).
- ↑ « À quoi rêvent les jeunes filles ? », Femina, , p. 647 (lire en ligne).
- ↑ Henri Rochefort, « La Quinzaine fantaisiste », Le Figaro, , p. 1 (lire en ligne).
- ↑ Le Miroir, (lire en ligne), p. 29.
- ↑ Louis Latzarus, « L'art de voter », Le Figaro, (lire en ligne).
- ↑ Tanguy L'Aminot, « La critique féministe de Rousseau sous la Troisième République », dans Rousseau et la critique/Rousseau and Criticism, Ottawa, Lorraine Clark et Guy Lafrance, (lire en ligne), p. 139-154.
- ↑ Baronne H.-L. Brault (dir.), Le Parthénon, éditions du Parthénon, (lire en ligne).
Articles connexes
- Olga Petit, première femme ayant prêté le serment d’avocat en France
- Jeanne Chauvin, première avocate ayant plaidé en France
- Marguerite Dilhan, première avocate ayant plaidé à une cour d'assises en France
- Maria Vérone, avocate et militante féministe
- Féminisme
- Droits civiques
- Accès des femmes à la profession de magistrat en France
- Liste des premières femmes par fonction ou titre
- Liste des premières femmes par métier ou fonction en France
Liens externes
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