Henri Nouvion (médecin)

Henri Nouvion
Portrait de Henri Nouvion
Henri Nouvion, médecin et chef de service de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP)
Biographie
Naissance
Ayen
Décès
Brive-la-Gaillarde
Nationalité Française
Père Albert Nouvion, propriétaire
Enfants André-Pierre Nouvion, historien du droit
Thématique
Formation Université de Paris
Profession Médecin
Employeur Assistance publique - Hôpitaux de Paris
Œuvres principales Invention du spiromètre compensateur et Direction scientifique des travaux sur le traitement de la tuberculose par iodure de potassium-antigène-méthylique

Henri Nouvion (, Ayen - , Brive-la-Gaillarde) est un médecin phtisiologue français. Dans l'histoire de la médecine, on lui doit une étude sur l'association iodure de potassium - antigène-méthylique dans le traitement de la tuberculose et l'invention du « spiroscope compensateur », un modèle de spiromètre hydraulique. Il est aussi connu pour avoir participé à la résistance intérieure française.

Biographie

Formation

Interne des Hôpitaux de l'Assistance publique à Paris, Henri Nouvion est élève du professeur Émile Sergent à la Faculté de médecine de Paris[1].

Carrière hospitalière

Buste du docteur Henri Nouvion par Ragris, 1947

Sa carrière débute dans les hôpitaux de l'Assistance publique comme médecin adjoint au médecin-chef du sanatorium de Plougonven (Finistère) de juillet 1929 à . Puis il occupera le poste de chef de Service de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) de à au sanatorium Joffre destiné à l'hospitalisation des malades tuberculeux parisiens (aujourd'hui hôpital Joffre-Dupuytren de Draveil)[2].

Travaux scientifiques

Le spiroscope compensateur

Plusieurs médecins du XIXe siècle avaient imaginé le principe du spiromètre sans réussir à le mettre au point. C'est en 1927 que le premier spiromètre moderne voit le jour avec le brevet du spiroscope compensateur d'Henri Nouvion[3],[4],[5]. Ce spiromètre à eau fut construit et commercialisé par les établissements E. Spengler (Paris)[6],

Spiroscope du Dr Henri Nouvion (plaque metallique figurant sur le boitier)

Recherches sur la tuberculose

Membre de la Société française de la tuberculose jusqu'en 1965, Nouvion y expose de 1952 à 1960 ses travaux de recherche notamment sur « la conduite pratique du traitement par iodure de potassium-antigène-méthylique ». L'antigène méthylique est un extrait bacillaire obtenu à partir du bacille de Koch par Léopold Nègre et Alfred Bocquet. Nègre avait précédemment démontré, par ses expériences sur le cobaye et le lapin, que l'action thérapeutique de la streptomycine était nettement renforcée lorsque l'antigène méthylique lui était associé[réf. souhaitée].

Durant 10 années, de 1949 à 1959, Henri Nouvion et ses collaborateurs adaptent cette méthode au traitement de la tuberculose humaine[7]; leurs résultats confirment les recherches de Nègre sur les animaux de laboratoire. Henri Nouvion et ses collaborateurs appliquent ce traitement avec succès aux formes graves de tuberculose pulmonaire chronique chez plusieurs centaines de malades. L'antigène était injecté par voie intramusculaire (dans la même seringue que la streptomycine) et à doses fortes huit jours consécutifs chaque mois. Ces bons résultats sont confirmés au Japon dès 1954 et en particulier par le Pr Yuso Kawamori de la Faculté de Médecine d'Osaka (33e Congrès de la Société Japonaise de la Tuberculose - 24 à )[8].

Comportement pendant la seconde Guerre mondiale

Au début de l'année 1945, sur une dénonciation, Henri Nouvion est arrêté et pris comme otage à la sortie de l'hôpital avec les médecins Paul Guilbaud, Arthur Place-Verghnes et Robert Chovelon pour avoir caché pendant une grande partie de l'occupation allemande des parachutistes anglais[N 1], des familles juives et des résistants dont Marcelle Auclair, épouse de l'homme de lettres et héros de la résistance Jean Prévost[N 2].

Après la guerre, Henri Nouvion est, de 1946 à 1952 maire adjoint RPF de Draveil aux côtés du maire SFIO, Henri Boissier[réf. nécessaire].

Distinctions

  • Lauréat de la Faculté de Médecine de Paris - Prix de Thèse (Médaille bronze) - 1926

Travaux et publications

Ouvrages
  • Henri Nouvion, Capacité vitale et force respiratoire. Y a-t-il automatisme pulmonaire ?, Paris, Thèse de médecine, Paris. 1926. no 273 - Librairie Marcel Vigné, (OCLC 197054544)
  • Henri Nouvion, H. Rotenstein, Elise Pauc, Aurothérapie et cure sanatoriale. Les sels d'or ont-ils le pouvoir de provoquer des nettoyages radiologiques pulmonaires chez les tuberculeux en cure sanatoriale ?, Paris, Éditions Masson,
  • Henri Nouvion, Conseils à l'entrée au Sanatorium : Édité sous le patronage du Comité National de Défense contre la Tuberculose, Paris, Polydor (édition sonore), (BNF 37992921)
  • Henri Nouvion, Le Moi et l'autre : Propos sur la vie et la mort, le monde des images, Paris, La Pensée universelle, (OCLC 1230161)
Articles
  • Un sanatorium russe - H. Nouvion, P. Gilhem, A. Mouret (Revue de la tuberculose 1947 p.93)
  • Pour interpréter l'action de la chimiothérapie dans la tuberculose pulmonaire; sels d'or et selz de bismuth - H. Nouvion, A. Place-Verghnes, R. Chovelon (Revue de la tuberculose 1947 - 11(9-10):739-41)
  • Essai de traitement de la Tuberculose pulmonaire chronique par la streptomycine associée à l’iodure de potassium et à l’antigène méthylique - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 10-11 1952).
  • Action de la streptomycine ou d’Isoniazide associée à l’Iodure de K. et à l’antigène méthylique sur les foyers pulmonaires de la tuberculose chronique - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 6 1953).
  • Iodure de K et l’antigène méthylique dans la Tuberculose pulmonaire chronique (variation du nombre des améliorations radiologiques et bacilloscopiques suivant les modalités du traitement par streptomycine et Isoniazide - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 10 11 1953).
  • Iodure de K et l’antigène méthylique dans la Tuberculose pulmonaire chronique traitée par streptomycine et Isoniazide (étude comparative contre épreuve) - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 7 / 8 1954).
  • Réactions focales provoquées par l’iodure de potassium et essai d’immunisation par l’antigène méthylique dans la Tuberculose pulmonaire chronique - H. Nouvion et Coll. (Le Poumon N° ).
  • L’antigène méthylique par voie orale - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 3 1955).
  • Sensibilité et résistance au Bacille de Kock aux antibactériens (seuil de résistance) - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 5 1956).
  • L’antigène méthylique dans la Tuberculose Pulmonaire (application clinique) - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose N° 7/8 1956).
  • Action de l’antigène méthylique dans la Tuberculose Pulmonaire (rôle du temps physiologique) - H. Nouvion et Coll. (Le Poumon et le Cœur N° 8 1956).
  • Comment augmenter le taux d’INH dans les foyers de tuberculose pulmonaire - H. Nouvion et Coll. (Revue de la Tuberculose et de pneumologie N° 8/9 1959).

Famille

Petit-fils du préfet de l'Empire, Jean-Baptiste Nouvion, Henri Nouvion était marié à la fille d'un industriel et propriétaire de mines en Turquie, Léon Faure qui fut aussi conseiller scientifique de Mustafa Kemal Atatürk[réf. nécessaire].

Bibliographie

  • André-Pierre Nouvion, Trois familles en Périgord-Limousin dans la tourmente de la Révolution et de L'Empire : Nouvion, Besse-Soutet-Dupuy et Chassériau, , 222 p. (ISBN 9782914741460, présentation en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • André-Pierre Nouvion, L’Assistance-Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’action de ses agents pendant les années d’occupation – Le cas de l’hôpital Joffre-Dupuytren (communication à la Direction des archives de l'AP-HP, Avril 2025), (présentation en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Notes et références

Notes

  1. ↑ (cf. Notice sur les médecins et le sanatorium Joffre pendant les années d'occupation par André-Pierre Nouvion conservée aux archives de l'AP-HP) - Il s'agissait d'un groupe d'une dizaine de parachutistes anglais ayant pris la fuite après l'échec de leur commandos. Dans les souvenirs du fils du docteur Henri Nouvion, André-Pierre Nouvion, un des parachutistes se nommait Bauer et un autre très bon musicien, jouait secrètement du piano chez l'un des médecins de l'hôpital[9].
  2. ↑ Il s'agissait de pseudo-malades résistants, juifs ou enfants de résistants, cachés au milieu des quelque 600 malades de la tuberculose et au sein même des familles des médecins du Sanatorium Joffre. Marcelle Auclair, épouse de l'homme de lettres et héros de la résistance Jean Prévost, était hébergée par la famille d'Henri Nouvion. Au début de l'année 1945 et à la suite d'une dénonciation d'une fille de salle, Henri Nouvion et les médecins Paul Guilbaud, Arthur Place-Verghnes et Robert Chovelon furent arrêtés et pris comme otages à leur sortie de l'hôpital, en représailles d'actes terroristes. Ils furent internés puis relâchés pendant la débâcle quelques semaines après. Seul le docteur Maurice Blondeau, médecin de la Résistance échappa à la rafle. Doté par le Maquis d'une motocyclette, il était parti ce matin-là soigner des résistants cachés dans la forêt de Sénart. Pendant les années d'occupation, ni l'armée, ni la police allemande n'entrèrent dans l'enceinte de l'hôpital par peur de la tuberculose. Une fois seulement, lors de la débâcle, un officier supérieur allemand ordonna au médecin-chef Nouvion de lui faire visiter l'hopital afin d'y établir sur son point le plus élevé une DCA. Henri Nouvion l'en dissuada avec force sur le motif que son hopital deviendrait une cible militaire. Dès lors, le risque de voir les malades s'en échapper et propager la tuberculose dans la capitale ne serait plus contrôlable. L'exposition organisée par la Direction des archives de l'AP-HP en mai-juin 2025 à l’hôpital Emile-Roux (Limeil-Brévannes) sur la thématique de la Seconde Guerre mondiale à l’Assistance publique fait mention de l'action du Dr Henri Nouvion : "Le sanatorium Joffre, à Champrosay (Draveil, Essonne), abrite aussi son lot d’agents résistants. En septembre 1941 a lieu dans l’établissement l’arrestation de personnels communistes, dont Louis Camatte, garçon de service au sanatorium, fusillé le 15 février 1943 au Mont-Valérien, payant de sa vie le prix de son engagement. Le sanatorium est aussi le lieu où se cachent parmi les malades et jusque dans les logements du personnel, des personnes recherchées par les Allemands : aviateurs anglais, résistants... Ce réseau de protection est notamment le fait du médecin-chef de l’établissement, Henri Nouvion."[9].

Références

  1. ↑ Cf. Biologie médicale, Specia, Paris, 1972 - page 287 « Dr. H. NOUVION . Travail du Laboratoire de la Clinique médicale propédeutique de la Faculté de Médecine de Paris (Professeur Emile SERGENT) (Volume 18, 1928)»
  2. ↑ Cf. source Revue de la tuberculose - Volume 18 - Page 1245 « Sanatorium Joffre à Champrosay (A. P. P.), sanatorium public géré par l'Assistance publique de Paris , 532 lits pour hommes à partir de quinze ans. Médecin-Directeur  : Dr Nouvion. » - Revue de la tuberculose - Volume 18 - Page 1245
  3. ↑ Centre national de la recherche scientifique, Bulletin analytique, Publié par Centre de documentation du C.N.R.S., 1947, vol. 8, p. 1341
  4. ↑ Biologie médicale: revue bimestrielle des sciences biologique considérée dans leur rapport avec la médecine, publié par Specia, 1932, vol. 22-23, p. xii
  5. ↑ Centre national de la recherche scientifique, Bulletin de la société de biotypologie, Publié par Laboratoire de biométrie humaine du C.N.R.S., 1949, vol. 10-14, p. 67
  6. ↑ Faculté de Médecine de Nice - Thèse de médecine soutenue le 10/04/2014 par M. Dadyou Hichem, pages 28-29 «Evaluation du dépistage précoce de la BPCO par le spiromètre informatisé au sein d'un groupe de 23 médecins ayant participé à une formation spécifique dans le cadre de la formation médicale continue, MG PACA » - https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01168645/document
  7. ↑ Histoire du traitement de la tuberculose pulmonaire sur le site de la Société Française d’Histoire des Hôpitaux - http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhh/lieux.htm
  8. ↑ Therapy with Antigène Méthylique,Combined with Potassium Iodide and Antitubercular Agents - Senichiro Hashimoto, Tooru Matsumoto, Ichiteru Shishioka, Seiji Imabayashi, Dentaro Kurokawa, Hiroko Maeda, Tatsuko Yamamoto, Hisako Takano, Tomie Kawahara - Makino Hospital, Kansai Medical School (Japan) – 1958 https://www.jstage.jst.go.jp/article/jkmu1956/10/2/10_65/_pdf
  9. Nouvion 2007.

Liens externes

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