Jean-Baptiste Nouvion

| Préfet d'Oran | |
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| Sous-préfet de Saint-Nazaire | |
| Sous-préfet de Philippeville (d) | |
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| Chef de cabinet avec Gustave Mercier-Lacombe | |
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 64 ans) Vars-sur-Roseix |
| Nationalité | |
| Domicile | |
| Activités | |
| Famille | |
| Père |
Gabriel-Félix Nouvion, propriétaire |
| Mère |
Marie Mercier (de) Lacombe, petite-fille de François de Lansade de Plagne (1750-1800), gendarme de la garde du roi et issu des maîtres de forges de
Gandumas[1] |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Claire Chassériau du Chiron, fille du baron Charles-Frédéric Chassériau du Chiron, architecte en chef d'Alger |
| Distinctions |
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Jean-Baptiste Nouvion, né le à Vars-sur-Roseix et mort le dans la même commune, est un préfet français du Second Empire et propriétaire foncier en Algérie. Il est notamment associé à la diffusion de l’apéritif Picon, primé lors de l’Exposition universelle de Londres.
Carrière
Entré dans la carrière préfectorale, il débute comme chef de cabinet des préfets du Var et de la Vienne, puis de son oncle Gustave Mercier-Lacombe, directeur-général des Services civils de l'Algérie et conseiller d'État. De 1859 à 1861, Jean-Baptiste Nouvion est le plus proche collaborateur de Gustave Mercier-Lacombe qui a la responsabilité des affaires civiles de l'Algérie au côté du gouverneur général. Bien que plus jeune, Nouvion entretient des relations très amicales avec le maréchal Aimable Pélissier, duc de Malakoff et travaille à ses côtés pour la préparation du budget de l'Algérie qui est présenté au Conseil d'État. À la mort du maréchal Pélissier en 1864, la direction générale des affaires civiles est supprimée et l'établissement du budget revient au Ministère de la Guerre. Jean-Baptiste Nouvion est nommé sous-préfet de Saint-Nazaire en 1871. Six ans plus tard son cousin René Millet (1849-1919), qui fut Résident général de France en Tunisie lui succèdera comme sous-préfet.
Le sous-préfet de Philippeville et la médaille de l'amer Picon (1862)
Jean-Baptiste Nouvion est sous-préfet de Philippeville (Algérie) de 1862 à 1870. Il accueille l'empereur Napoléon III lors de son escale le (c'est le second voyage de l’Empereur en Algérie) et l'accompagne tout au long de sa visite dans la province[2]. Le journal L'Illustration () raconte comment, grâce à l’entêtement du sous-préfet Nouvion, l'apéritif Picon obtient une médaille de bronze à l’Exposition Universelle de Londres en 1862. En prévision de cette exposition, le gouvernement de l’Algérie invite les industriels français à participer et Jean-Baptiste Nouvion, alors sous-préfet de Philippeville, ne manque pas d'insister auprès de Gaétan Picon pour qu'il y présente sa boisson. Mais l'importance de ces manifestations n'étant pas encore perçue de tous, Gaétan Picon fait la sourde oreille. Le sous-préfet, entêté, prend alors sur lui d'expédier une caisse d'Amer algérien à Londres à l'insu du fabricant.
À la grande surprise du sous-préfet et de Gaétan Picon, cette présentation est couronnée de succès, puisqu'elle obtient une médaille de bronze, récompense considérable pour l'époque qui fera la fortune de Gaétan Picon[3],[4]
Révocation à la chute de l'Empire et retour en métropole
La proclamation de la République et la chute de l'Empire provoquent la cessation des fonctions de Jean-Baptiste Nouvion comme représentant du gouvernement impérial. Philippeville connait une brève période de troubles au cours de laquelle Jean-Baptiste Nouvion doit réaffirmer qu'il n'a d'ordre à recevoir que du gouvernement légal. L'ouvrage consacré à Gustave Mercier-Lacombe relate comment le sous-préfet Nouvion, au cours d'une de ces journées de troubles saisit un excité sur le perron de la préfecture et lui en fit rouler toutes les marches au milieu des applaudissements de la foule gagnée par son attitude courageuse. Rentré en France, il est nommé intendant militaire de à puis sous-préfet de Saint-Nazaire.
Préfet d'Oran de 1873 à 1879
Il retourne en Algérie comme préfet d'Oran, poste qu'il occupe de 1873 à 1879. À ce poste, il fait partie des rares préfets d'Empire reconduits sous la République. Dans ce département, il encourage vivement la viticulture, préconise la création de comptoirs d’escompte pour faciliter le crédit aux colons et enfin propose la création de sociétés de colonisation par l’initiative privée. Ces différentes actions font l'objet de plusieurs circulaires qui reçoivent une grande publicité et l'approbation unanime, à une exception près, de la presse algérienne. Mis en indisponibilité, il est rappelé à l'activité comme commissaire enquêteur du service de la propriété indigène en Algérie, puis de nouveau admis à faire valoir ses droits à la retraite[5]., Il meurt en 1898 des suites d'une crise de paludisme qu'il avait contracté en Algérie.
Théogène Monbrun, à la séance du Conseil général d'Oran, le , déclare «qu'en aucune période depuis la conquête, et dans un espace de six ans, il n'a été fait en Oranie un effort plus considérable» : création de villages, ouverture de routes, construction de barrages, plantations d'arbres, aménagement des eaux.
Les volumes du conseil général et des rapports annuels du département d’Oran de 1873 à 1879 outre le centre de Nouvion, témoignent de :
- l’agrandissement des centres de Ouillis, Inkermann, Tiffilès, Sidi-Lhassen, Saint-Aimé, Habra, Oued Taria, Aïn Feka Zarauela, et Terny,
- et la création des centres de Chabat el Leham, Hammam Bou Hadjar, Arlal, Bou-Henni, l’Ouggaz, Saint-Lucien, Mocta Douz, Blad Touaria, Sirat, Sahouria, Cassaigne, Bosquet, Renault, Hamodéna, El Romri, Oued Djemâa, les Silos, Froha, Palikao, Maoussa, Oued-aria, Franchessi, Aïn Farès, Thiersville, Mercier-Lacombe, El Keçar, Lamtar, Aïn el Hadhar, Tabia, Oued Imbert, Aïn Fezza et Tekbalet.
Activités économiques
En 1864, alors sous-préfet de Philippeville, il fit l’acquisition de 2.425 hectares de forêt de chênes lièges situés à quelques kilomètres de Philippeville sur la presqu'île de Collo. La qualité des récoltes assura la fortune du préfet qui fournit en liège les caves de champagne de Louis Roederer et des grands magasins parisiens. La Société forestière de l'Oued Oudina obtint une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889 de Paris. Jean-Baptiste Nouvion fut tenté en 1875 de céder les forêts et la mine au baron Simon Philippart, propriétaire de la banque Franco-Hollandaise. Le gain était susceptible d’être doublé voire même triplé, s’il était investi dans l’acquisition de villas et de terrains à Cannes où la spéculation fleurissait sous l’œil intéressé des notaires cannois. Ses enfants exploiteront les forêts de chênes-lièges et les mines via les Société forestière de l'Oued Oudina et Société des mines de l'Oued Oudina jusqu'en 1965.
Distinctions
- Pour perpétuer son souvenir, un village d'Oranie porta le nom de Nouvion, rebaptisé après l'indépendance El Ghomri[6].,
Officier de la Légion d'honneur, décoré par l'Empereur Napoléon III le pour services exceptionnels rendus à la colonisation- Médaille d'Honneur de 1re classe pour actes de dévouement au cours d'une épidémie à Draguignan, 1862
Officier de l'Instruction publique
Commandeur de l'ordre d'Isabelle la Catholique- Grand officier de l'Ordre de Charles III d'Espagne
- Grand officier du Nichan Iftikhar (Tunisie)
Publication
Situation au du département d'Oran au point de vue de la colonisation, des nouveaux villages et de la constitution de la propriété présentée par M. Nouvion. Oran, impr. de Heintz, Artus et Cie, 1879
Famille
Jean-Baptiste Nouvion appartient à une famille originaire de Champagne[7],[8]. Installée à partir de la deuxième moitié du 18e siècle dans le Limousin, elle développe des activités en Algérie à partir du milieu du 19e siècle.

Jean-Baptiste Nouvion épousa Claire Chassériau, fille du baron Charles-Frédéric Chassériau du Chiron et petite-fille d'Alexandre Warrain, armateur et maire de Marseille.
Plusieurs de leurs descendants jouent un rôle dans le développement économique de l’Algérie[9] dont :
- Henri Nouvion, président-directeur général de la Banque de l’Afrique Occidentale et proche du prince Victor Napoléon
- Georges Nouvion, président-directeur général de la Société Agricole Algérienne et administrateur du Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie.
Le dernier représentant en Algérie de cette famille, l'une des plus riches d'Alger, est Pierre Nouvion, assassiné en 1960 et cité à l'ordre de la Nation par le Premier ministre Michel Debré. Lui et son épouse Simone Nouvion, présidente de la Croix-Rouge d'Alger, animèrent dans leur villa d’El Biar un salon politique influent[10],[11],[12].
La devise familiale est "Nous Vions et ne Dévions pas".
Notes et références
- ↑ Pierre Lansade (décédé en 1666), maître de forge, écuyer, sieur de la forge basse de Gandumas, fut anobli par lettres patentes royales en avril 1654. Cette famille qui donna plusieurs officiers au service du roi (dont deux gendarmes de la Garde du roi) prit part à l'assemblée de la noblesse du Périgord en 1789.(Fonds du Château de Jonquières - Archives départementales de l'Hérault = https://archives-pierresvives.herault.fr/archive/fonds/FRAD034_M_000448/view:323069)
- ↑ "Napoléon III en Algérie" d'Octave Teissier, Challamel ainé Libraires - Paris - 1865
- ↑ Journal "L'Illustration" du 24 mai 1930 – histoire de l’apéritif amer Picon ou amer algérien
- ↑ article La Provence du 3 janvier 2021 Histoire du Picon[1]
- ↑ "Le livre d’or de l’Algérie – biographie des hommes ayant marqué dans l’armée, les sciences, les lettres, etc. de 1830 à 1889" de Narcisse Faucon - Challamel & Cie Ed. - Paris - 1889
- ↑ "Histoire des préfets, Cent cinquante ans d'administration provinciale, 1800-1950" de Pierre Henry - Nouvelles Éditions latines - 1950
- ↑ Branche issue d’Ignace de Novion, marié en secondes noces le 6 juin 1645, avec Jeanne de la Vallée (veuve de François de Bras). “Ignasse de Nouvyon”, “Noble homme” et “écuyer” tel que nommé dans l’acte passé devant notaire à Auvillers près de Foulzy en 1641
- ↑ Mathieu de Nouvion, né au domaine de Novion à Tarzy le 26 mai 1726 épousa à La Jalézie (Corrèze) Marie Dumas, fille de François Dumas, seigneur de la Vareille le 21 août 1764. Il est le fils de Nicolas de Nouvion (1697-1726), fermier du Roy au domaine de Tarzy près de Foulzy et de Charlotte Savart d’une famille des Flandres établie en Champagne. Il est mentionné dans les archives des Ardennes à l’occasion d’une demande en paiement de droits de terrage faite par Nicolas de Nouvion, fermier au domaine de Tarzy (archives du bailliage de Rumigny liasse B. 824, f°213). Il est probable qu'étant fermier, Nicolas de Nouvion a dérogé et perdu sa noblesse pour lui et sa descendance. Ce qui n'a pas été le cas de son frère, Antoine de Nouvion (1715-1802), capitaine des grenadiers au Régiment du Roi et chevalier de l’ordre de Saint Louis. (cf. "Etat militaire de France" des années 1775, p.202 à 1782, p.176 “Commandans. Capitaine en seconds, Mrs. [...] de Nouvion, grenadier. croix de St Louis” et "L'Impôt du sang, ou la Noblesse de France sur les champs de bataille", tome 3, p.29 par Jean-François-Louis d' Hozier, 1878)
- ↑ 'Trois familles en Périgord-Limousin dans la tourmente de la Révolution et de L'Empire : Nouvion, Besse-Soutet-Dupuy et Chassériau' par André-Pierre Nouvion, Paris, 2007 – (ISBN 9782914741460)
- ↑ ‘L'heure des colonels par Yves Courrière, Éditions Fayard, 1970 et dans 'Jacques Chevallier, l'homme qui voulait empêcher la guerre d'Algérie’ par José-Alain Fralon, Éditions Fayard, 2012
- ↑ ‘Le retour du général de Gaulle, 1946-1958', par Georges Ayache, Perrin, 2015 - page 211 "Delbecque compta aussi beaucoup sur les Nouvion pour lui organiser des diners mondains… ce ne fut pas difficile tant cette vieille famille issue du Périgord était une institution à Alger"
- ↑ 'La bicyclette bleue: Cuba libre! 1955-1959’ par Régine Deforges, Éditions Ramsay, 1999 - qui décrit la villa d'EL Biar
Liens externes
- Notice biographique de l'Ecole nationale des chartes (Comité des travaux historiques et scientifiques)
- Famille Chasseriau-Nouvion, Généalogie d’Haïti et de Saint-Domingue
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