Henriette Marguerite

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(à 21 ans) Ouroux-en-Morvan (Nièvre) |
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Henriette Marguerite |
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Henriette Marguerite, née le dans le 14e arrondissement de Paris et morte le à Ouroux-en-Morvan est une infirmière et résistante française, membre du maquis Socrate.
Biographie
Jeunesse
Henriette Marguerite est née le dans le 14e arrondissement de Paris, enfant de l’assistance publique de la Seine. Elle est placée dans le Morvan, confiée à la famille Bobin, au hameau de Frétoy (commune de Lavault-de-Frétoy). Au moment de l’entrée en guerre de la France contre l’Allemagne, elle étudie au cours complémentaire d'enseignement primaire supérieur de Château-Chinon[1]. Puis on la retrouve élève de l’école d’infirmières de l’Assistance publique de la Salpêtrière. D’après la plaque commémorative qui lui rend hommage (ainsi qu'à Marie Brisse, une autre élève-infirmière morte le lors de l'insurrection parisienne) sur la façade de l’IFSI-IFAS de la Pitié-Salpêtrière (Paris XIIIe), elle a fait partie de la promotion 1942-1944.
Engagement dans la Résistance et mort

C’est le , suite à une visite à Lavault-de-Frétoy, que Georges Leyton, dit Socrate, le fondateur du maquis du même nom, sollicite Henriette Marguerite pour incorporer le maquis en qualité d’infirmière[2] (le registre du maquis, tel que retranscrit par Les Amis du Maquis Socrate, mentionne la date du 3 ou pour son entrée au maquis[3]). L’infirmerie est installée à Anost « juste en dessous de l’hôtel Guyard[4] » (actuel hôtel Fortin).
Dans l'après-midi du , Socrate, son chauffeur Joseph Neel (alias Roland), Henriette Marguerite et Louis Letourneur sont à bord d’une traction faisant route entre Anost et Château-Chinon, sur la N78 (actuelle D978), dans le double but d’inspecter les groupes placés en embuscade dans le secteur (au niveau du lieu-dit Le Pommoy) et de récupérer un blessé (un dénommé Matrot, de Roussillon-en-Morvan) afin de l’évacuer sur l’hôpital du maquis Bernard. À la sortie de La Celle-en-Morvan, ils tombent sur un convoi allemand faisant route vers Autun. Les Allemands ouvrent le feu immédiatement. Conformément à la consigne de dispersion qui est la règle dans de tels cas, les occupants de la voiture sautent dans les fossés, Joseph Neel et Henriette Marguerite s'enfuient en escaladant le talus tout proche. Socrate est touché par plusieurs balles (dont une à la jambe qui lui déchire l’artère fémorale); Henriette Marguerite, quant à elle, reçoit une balle (vraisemblablement explosive) dans le genou gauche qui lui brise la rotule. Tous deux sont évacués dans une maison voisine où Socrate rend le dernier soupir après avoir reçu l’extrême-onction de l’abbé Bernardet, curé de La Celle-en-Morvan, tandis qu’un garrot est posé au-dessus du genou d’Henriette[5],[6].
Ce n’est que tard dans la soirée que Joseph Neel réussit à se procurer une voiture afin de transporter en urgence Henriette Marguerite à l’hôpital du maquis Bernard situé dans les bois de Cœuzon (commune d’Ouroux-en-Morvan), à une trentaine de kilomètres de La Celle-en-Morvan. Malheureusement, le chirurgien Alec Prochiantz (alias Martel) n’y était pas. Lorsqu’il la vit enfin, son état était désespéré et elle mourut avant toute intervention, aussitôt après l’ablation du garrot[Note 1][6].
Henriette est enterrée le dans le cimetière franco-britannique du maquis Bernard situé près de l’étang de la Passée, dans les bois de Cœuzon (son nom figure toujours sur une plaque située dans l’enceinte du cimetière et listant les 21 résistants qui y ont été enterrés en 1944). En , après le départ des Allemands de la région, et à la demande de ses parents nourriciers, son corps sera réinhumé au cimetière de Lavault-de-Frétoy, où sa tombe se trouve encore aujourd’hui.
Distinctions et hommages posthumes
Décorations
Henriette Marguerite est récipiendaire, à titre posthume, des décorations suivantes[Note 2] :
Médaille militaire (1951)
Croix de guerre -, palme de bronze (1951)
La mention « Mort pour la France » a été apposée sur son acte de décès le [9].
Hommages
Son nom figure notamment sur le monument aux morts de Lavault-de-Frétoy, sur la stèle de l’hôpital de la Salpêtrière (Paris XIIIe), ainsi que sur le monument aux morts du maquis Socrate à La Celle-en-Morvan.
Le , l’Institut de Formation en Soins Infirmiers de la Pitié-Salpêtrière (Paris XIIIe) prend le nom d’« IFSI Marguerite Henriette » en son honneur[10],[11].
Le , une plaque commémorative retraçant son parcours est dévoilée par Mme Christine Bonte, maire de Lavault-de-Frétoy, au coin de la rue Henriette Marguerite du hameau de Frétoy, au cours d'une cérémonie organisée par Les amis du Maquis Socrate[12],[13].
Enfin, une plaque a été apposée dans le hall de l'hôpital d'Autun qui porte désormais le nom d'« espace Henriette Marguerite ».
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La tombe d'Henriette Marguerite au cimetière de Lavault-de-Frétoy -
Détail de la tombe d'Henriette Marguerite au cimetière de Lavault-de-Frétoy -
Le monument aux morts du maquis Socrate à La Celle-en-Morvan -
La plaque sur la façade de l'IFSI Marguerite Henriette de la Pitié-Salpêtrière -
La stèle de l'hôpital de la Salpêtrière (Paris XIII)
Notes et références
Notes
- ↑ L'entrée n°42 du cahier du docteur Prochiantz porte sur Henriette Marguerite (les blessés y figurent dans leur ordre d'arrivée, sans mention de date). Il y est précisé : « Circonstances : Blessée sur la route, par balle. Porteuse d'un garrot depuis plus de 6 heures. Très schokée [sic]. Diagnostic : Plaie délabrante du membre inférieur gauche. Gros dégâts osthéoarticulaires du genou. Meurt schokée [sic] avant toute intervention, peu de temps après l'ablation du garrot »[7].
- ↑ Sa citation, telle que retranscrite en annexe du livre de Pierre Ducroc[8], précise : « Jeune infirmière diplômée ayant rejoint le maquis où elle se dévoua pour soigner les malades et blessés. Volontaire pour une inspection des postes stationnés en dehors du camp, est tombée mortellement blessée le 10 août 1944 au cours d’une rencontre avec un détachement allemand. Cette concession à la médaille militaire comporte l’attribution de la croix de guerre avec palme et annule la citation accordée pour les mêmes faits. (Décret du 07/11/1051 [sic] signé PLEVEN-BIDAULT) .».
Références
- ↑ D'après son dossier (N°229 351) conservé aux Archives de Paris.
- ↑ Prochiantz 2011, p. 153.
- ↑ Les Amis du Maquis Socrate, « Liste des maquisards du Maquis Socrate » (consulté le )
- ↑ Ducroc 2022, p. 183.
- ↑ Ducroc 2022, p. 201.
- Prochiantz 2011, p. 169.
- ↑ Collectif 2024, p. 41.
- ↑ Ducroc 2022, p. 251.
- ↑
- ↑ « La Lettre de la Fondation de la Résistance n°35 »
, (consulté le )
- ↑ Chevandier 2011, p. 40.
- ↑ Louis Basdevant (rédateur en chef), « Bulletin municipal d’Anost N°48, septembre 2024 » (consulté le )
- ↑ « Lavault-de-Frétoy. Faire perdurer la mémoire », Le Journal du Centre, (lire en ligne)
Annexes
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Bibliographie
- Jacques Canaud, Les maquis du Morvan (1943-1944) : La vie dans les maquis, Château-Chinon, Académie du Morvan, , 3e éd., 432 p. (ISBN 9782950927101)
- Christian Chevandier, Infirmières parisiennes : 1900-1950. Émergence d'une profession, Paris, Éditions de la Sorbonne, coll. « Histoire contemporaine » (no 2), , 314 p. (ISBN 978-2-85944-861-5, lire en ligne).

- Collectif, Les cahiers du Maquis Socrate N°1, Les amis du Maquis Socrate, , 46 p. (ISBN 978-2-9592956-0-7).

- Pierre Ducroc, Maquis Socrate : 3e édition de "Georges Leyton dit Socrate", Prix littéraire du Morvan 1984, Les amis du Maquis Socrate, , 260 p. (ISBN 978-2-36851-808-3).

- Bertrand Lachambre, Morvan, « terre de résistance » : le maquis Socrate en 1944 (mémoire d'histoire), Université Lumière Lyon 2, Institut d'Études Politiques de Lyon, , 101 p. (lire en ligne)
- Alec Prochiantz, Promenons-nous dans les bois, Paris, Société des Écrivains, , 204 p. (ISBN 9782748363616).

- Journal du Centre, Inauguration du monument dédié à la Résistance de la Nièvre à la mémoire de ses morts, , Nevers, Havas Editions, p.55. (Archives Morvan terre de Résistance - ARORM).
Articles connexes
- Résistance intérieure française
- Femmes dans la Résistance intérieure française
- Musée de la Résistance en Morvan
- Maquis Bernard
Liens externes
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