Iaret

Iaret
Image illustrative de l’article Iaret
Iaret et Thoutmôsis IV sur la stèle de l'île de Konosso
Nom en hiéroglyphe
<
I12B7
>
Transcription Jˁr.t
Période Nouvel Empire
Dynastie XVIIIe dynastie
Fonction principale Grande épouse royale
Famille
Grand-père paternel Thoutmôsis III
Grand-mère paternelle Mérytrê-Hatchepsout
Père Amenhotep II
Mère Tiâa ?
Conjoint Thoutmôsis IV
Fratrie Thoutmôsis IV
Amenhotep
Amenemopet
Khâemouaset
Nedjem
Oubensénou
Âakheperourê
♂ Âakheper...rê

La reine Iaret ou Ouadjet[Note 1] est l'une des deux grandes épouses royales de Thoutmôsis IV (XVIIIe dynastie)[1].

Attestations

La reine est mentionnée sur trois documents, avec les titres de « fille du roi », « sœur du roi » et « grande épouse royale[2],[1],[3],[4],[5]. »

Nom et titres d'Iaret sur la stèle de Konosso de Thoutmôsis IV : Grande épouse royale, fille royale, sœur royale, Iaret

Les deux premiers documents, datés de l'an 7 du roi Thoutmôsis IV, sont les suivants[6],[2],[1],[4] :

  • une stèle de Konosso près d'Éléphantine (première cataracte du Nil) représentant Thoutmôsis terrassant ses ennemis devant les dieux nubiens Dédoun et Ha ; la « grande épouse royale, fille royale, sœur royale » Iaret est représentée debout derrière lui avec une massue dans la main droite,
  • une stèle de Sarabit al-Khadim, dans le Sinaï, où se trouvent des mines de turquoise ; elle y est mentionnée simplement en tant que « fille du roi ».

Le troisième est un sceau-scarabée en stéatite sans provenance connue et conservé au musée de Bâle, sur lequel elle est simplement mentionnée comme « fille aînée du roi »[4],[7].

Généalogie

Ses titres permettent de supposer qu'elle était la fille du roi Amenhotep II et l'une des deux épouses principales de son frère Thoutmôsis IV[8]. Le nom de sa mère n'est cependant pas connu, même si son titre de « fille aînée du roi » pourrait indiquer qu'elle était la fille de Tiâa. Aucun enfant ne lui est connu. Cependant, plusieurs enfants de Thoutmôsis IV sont connus, mais le nom de leur mère respective, à l’exception de celle d’Amenhotep III, demeure inconnu[9].

Biographie

Thoutmôsis IV avait une autre grande épouse royale, nommée Néfertari, mais cette dernière n'est pas une fille royale[2],[1]. Il semblerait que la première des deux était Néfertari[2]. Il a été suggéré que Néfertari soit décédée ou qu'elle ait été reléguée au second plan lorsqu'Iaret fut en âge de devenir l'épouse de Thoutmôsis[10].

Cependant, certains souverains ont eu simultanément plusieurs grandes épouses royales — on peut citer notamment Satamon et Iset, filles d'Amenhotep III, qui ont été désignées comme grandes épouses royales de leur père du vivant de Tiyi —, mais il s'agit en général d'une fille royale qui épouse son père dans un contexte particulier et de mannière plus symbolique[Note 2]. Iaret était une princesse, son apparition soudaine pourrait avoir eu lieu à la suite au décès de la reine-mère Tiâa. De par sa lignée, elle aurait assumé le rôle auparavant dévolu à cette dernière. Néfertari et Iaret auraient donc différées dans leurs fonctions de reines : Néfertari aurait été choisie comme épouse par Thoutmôsis, tandis qu’Iaret, de par son rang, succéda à Tiâa et n’était considérée comme une épouse qu’au sens rituel du terme. Si Néfertari avait vécu jusqu’à la fin du règne de Thoutmôsis IV, elles auraient pu coexister en tant que grandes épouses royales[11].

Tout ceci reste cependant conjectural : les seules certitudes sont que Néfertari a été une grande épouse royale de Thoutmôsis IV à une période où la reine-mère Tiâa était toujours vivante et que Iaret était grande épouse royale en l'an 7 du règne de Thoutmôsis IV.

Toutefois, si l'identification de Moutemouia à Néfertarti[12],[13] est fausse, alors aucune des deux n'est la mère du successeur de Thoutmôsis IV, le roi Amenhotep III : il s'agit du fils de la reine Moutemouia, citée uniquement à partir du règne de son fils[2],[14].

On ignore la date de la mort d'Iaret et le lieu de sa sépulture.

Notes et références

Notes

  1. La transcription de son nom n'est pas certaine ; il est représenté par un unique cobra, qui a plusieurs transcriptions possibles.
  2. Satamon a par exemple épousé son père lors de la première fête-Sed, alors que Tiyi avait acquis un statut particulier d'officiante ritualiste et d'incarnation divine auprès du roi lui-même divinisé (Cabrol 2000, p. 145 ; Duhard 2016, p. 204-205). Il en va de même avec Iset, qui a obtenu ce même titre, peut-être après le décès de Satamon, ces deux princesses n'étant jamais citées en tant qu'épouses royales en même temps (Duhard 2016, p. 143-144).

Références

  1. Dodson et Hilton 2004, p. 135 et 138.
  2. Vandersleyen 1995, p. 348.
  3. Grajetzki 2005.
  4. Cabrol 2000, p. 45.
  5. (en) « Attestations d'Iaret » (consulté le )
  6. Bryan 1991, p. 335-336.
  7. (en) « Sceau-scarabée d'Iaret » (consulté le )
  8. Dodson et Hilton 2004, p. 138.
  9. Dodson et Hilton 2004, p. 135-141.
  10. Bryan 2000, p. 241.
  11. Bryan 1991, p. 109-113.
  12. Cabrol 2000, p. 53-54.
  13. Duhard 2016, p. 110.
  14. Dodson et Hilton 2004, p. 135 et 137-139.

Bibliographie

  • (en) Betsy Morrell Bryan, The reign of Thutmose IV, Baltimore (Md.), Johns Hopkins University Press, (ISBN 978-0-8018-4202-3) ;
  • Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
  • (en) Betsy Morrell Bryan, « The 18th Dynasty before the Amarna Period », dans Ian Shaw (dir.), The Oxford History of Ancient Egypt, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 0-19-280458-8) ;
  • Agnès Cabrol, Amenhotep III : Le Magnifique, Éditions du Rocher, , 480 p. (ISBN 978-2-2680-3583-3) ;
  • (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, [détail des éditions] (ISBN 0-500-05128-3) ;
  • (en) Wolfram Grajetzki, Ancient Egyptian Queens: a hieroglyphic dictionary, Golden House Publications, , 121 p. (ISBN 978-0954721893) ;
  • Arnault Duhard, La reine Tiyi de la XVIIIeme dynastie : catalogue des documents-commentaires et étude critique (thèse de doctorat en égyptologie), Montpellier, , 670 p. (HAL tel-01508510, lire en ligne).

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’Égypte antique