Inscriptions néopuniques de Guelaât Bou Sbaâ

Inscriptions néopuniques de Guelaât Bou Sbaâ
Image illustrative de l’article Inscriptions néopuniques de Guelaât Bou Sbaâ
L’inscription bilingue (néopunique et latin), découverte en 1884.
Type Inscription lapidaire
Matériau Pierre calcaire
Méthode de fabrication Gravure
Fonction Funéraire et votive
Période Ier siècle av. J.-C. – Ier siècle
Culture Civilisation carthaginoise
Numide
Empire romain
Date de découverte 1882 (inscription de Reboud)
1884 (inscription bilingue)
Lieu de découverte Guelaat Bou Sbaa, près de Guelma, Algérie
Coordonnées 36° 29′ 00″ nord, 7° 19′ 00″ est
Conservation In situ (1880s) ; copies et estampages au Musée d'Hippone et dans le Corpus Inscriptionum Latinarum
Signe particulier Deux inscriptions :
  • Inscription bilingue néopunique-latine (KAI 165, CIL 17467)
  • Inscription signalée par le Dr Reboud (1882)
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
localisation

Les inscriptions néopuniques de Guelaât Bou Sbaâ sont deux inscriptions néopuniques – dont l’une bilingue avec du latin – découvertes entre 1882 et 1884 à Guelaat Bou Sbaa, à environ 10 km de Guelma en Algérie[1],[2].

L’inscription bilingue est répertoriée dans la source de référence pour le texte original des Inscriptions cananéennes et araméennes (en) (KAI) sous le numéro 165, avec la partie latine recensée dans le Corpus Inscriptionum Latinarum (CIL) 17467. Elles ont été rapprochées des Inscriptions d'Aïn Nechma découvertes à proximité.

Inscription bilingue

L’inscription bilingue

Les inscriptions bilingues ont été découvertes à la fin de l’année 1884 par des ouvriers qui défrichaient une vigne sur la propriété d’un certain M. Boivin, notaire résidant à Guelma. La bilingue est de forme oblongue et mesure 89 × 28 × 26 cm. Elle fut publiée pour la première fois en 1886 par Alexandre Papier, alors conservateur du musée de Bône (ancêtre du Musée d'Hippone)[3].

Elle fut publiée à nouveau en 1916 par Jean-Baptiste Chabot après qu’il eut reçu un estampage de Stéphane Gsell. En 1916, l’inscription bilingue était encore encastrée dans le mur d’une maison, près de l’endroit de sa découverte[4].

« La pierre fut découverte à la fin de 1884, par des ouvriers occupés à défoncer une vigne dans la propriété de M. Boivin, notaire à Guelma. Elle est de forme oblongue et mesure 0m.89 de hauteur, 0m.28 de largeur et 0m.26 d’épaisseur. Elle est maintenant encastrée dans le mur d’une maison, près de l’endroit où elle fut découverte. C’est là que M. St. Gsell a eu l’obligeance d’en prendre pour moi un excellent estampage, sur lequel est calquée la reproduction donnée ici. Si, grâce à lui, la lecture du texte est devenue facile, il n’en va pas de même de l’interprétation[4]. »

Le texte punique, qui compte huit lignes, se révèle plus riche et plus développé que la version latine, limitée à cinq lignes. Dans la bilingue, la partie punique s’ouvre sur une formule d’un grand intérêt, absente du texte latin : « Ô passant, arrête-toi et lis cette inscription gravée sur ce tombeau ». Par ailleurs, seul le texte punique précise que le monument funéraire a été construit par les fils du défunt. Bien que ce dernier porte un nom latin, Rufus, il ne fait guère de doute qu’il s’agit d’un autochtone de culture punique, soucieux néanmoins de faire inscrire également une version latine[5].

Inscription de Reboud

La deuxième inscription

L’autre inscription, mesurant 32 x 24 cm, fut découverte en 1882 et signalée par Victor Constant Reboud dans le Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province de Constantine ; elle était alors conservée au presbytère local[6].

« À ces textes latins, il faut ajouter un bel ex-voto punique dont nous avons pris un estampage ; il doit se trouver à la cure avec deux pierres inédites[6]. »

Elle fut publiée en 1886 par Alexandre Papier en même temps que la bilingue mentionnée plus haut[7].

« Il existe au cabinet du Corpus un estampage, adressé jadis à Renan, qui porte cette mention : “Guelaat bou Seba près Guelma. 21 avril 1882. Dr Joseph Reboud.” Cette inscription a été signalée par le Dr V. Reboud dans le Recueil des Notices et Mém. de la Soc. arch. de Constantine ; elle était alors conservée au presbytère de la localité. Elle fut publiée en 1886 par M. Papier avec l’interprétation du cap. Mélix. L’inscription n’est pas complète. La pierre est mutilée en haut et en bas. Le fragment estampé mesure 0m.32 de large sur 0m24 de haut. Les mots sont espacés sur la pierre[7]. »

Inscription de Reboud (ligne par ligne)[7]
Ligne Néo-punique Latin (translittération) Traduction française
1 𐤀𐤔 𐤒𐤁𐤓 […] Erexerunt ei filii Ceci est le tombeau de […] / Ses fils lui ont élevé (ce monument).
2 𐤁𐤍 𐤏𐤁𐤃𐤌𐤋𐤒𐤓𐤕 Vixit annos sexaginta et quinque Il vécut soixante-cinq ans.
3 𐤁𐤍 […] … memoria … fils de […] / … mémoire …
4 […] … eius in aeternum [illisible / fragmentaire] / … sa mémoire pour l’éternité.

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Guelaât Bou Sbaâ Neopunic inscriptions » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, Bibliothèque nationale, , 38–42 p. (lire en ligne)
  2. ↑ Alexandre Papier, « Sur dix-huit inscriptions nouvelles communiquées à l’Académie d’Hippone pour le 2e trim. 1885 », Bulletin de l'Académie d'Hippone, vol. 21,‎ , p. 81–112 (lire en ligne)
  3. ↑ Olivier Drut, « PAPIER Alexandre », sur CTHS
  4. Jean-Baptiste Chabot, Punica XVI, Journal asiatique, 1917, p. 23 et suiv.
  5. ↑ Maurice Sznycer, « Nouvelles observations et nouvelles réflexions sur le bilinguisme punico-latin : langue de culture et langue d'usage », Antiquités africaines, nos 38-39,‎ , p. 275-280 (lire en ligne)
  6. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province de Constantine, 1884, p. 20
  7. Jean-Baptiste Chabot, Punica XVI, Journal asiatique, 1917, p. 23 et suiv

Articles connexes

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