Institut de médecine légale de Strasbourg

Institut de médecine légale de Strasbourg
Bâtiment 3 de la Faculté de médecine en 2004.
L'IMLS occupe les 3 premiers niveaux.

Présentation
Type
Institut médico-légal hospitalo-universitaire
Rattachement
Site web
Localisation
Pays
Commune
Adresse
11, rue Humann, 67000 Strasbourg

L’Institut de médecine légale de Strasbourg (IMLS) est le service de médecine légale rattaché à la Faculté de médecine de Strasbourg et aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Il assure des missions d’expertise médico-légale, d’autopsie judiciaire, de toxicologie, d’enseignement et de recherche[1],[2].

Historique

Héritier d’une tradition bi-séculaire de médecine légale à Strasbourg, l’institut s’inscrit dans la continuité des chaires et services de médecine légale associés à la faculté de médecine depuis le 19e siècle[1].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’université de Strasbourg transférée à la Reichsuniversität Straßburg est le théâtre de graves crimes médicaux. Des travaux récents ont mis en évidence la présence, dans les collections de médecine légale et anatomique de l’université, de prélèvements issus du groupe de victimes juives, assassinées au camp du Struthof et destinées aux collections du professeur August Hirt[3],[4].

En 2015, la découverte de restes humains dans le musée de l'IMLS relance la question de ces héritages. L’Université de Strasbourg met en place une commission historico-éthique, qui remet en 2022 un rapport recommandant des mesures mémorielles et une prise en charge adaptée des prélèvements conservés[3],[4].

À l’époque contemporaine, l’Institut de médecine légale de Strasbourg se structure comme un service hospitalo-universitaire complet : il se dote de laboratoires spécialisés, participe aux formations diplômantes de la faculté et développe une activité de recherche associée à différents laboratoires strasbourgeois[1],[5].

Structure actuelle et laboratoires

L’institut est rattaché à la Faculté de médecine de Strasbourg et aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Il regroupe des enseignants-chercheurs universitaires, des praticiens hospitaliers, des techniciens et du personnel médico-administratif[1],[6].

Une des salles d'autopsie de l'IMLS en 2003.

Les principales composantes sont :

  • un pôle d’expertise médico-légale (pénale et civile), chargé des examens et certificats sur les personnes vivantes (victimes de violences, agressions, etc.), sur réquisition des autorités judiciaires[2]
  • un secteur de thanatologie médico-légale assurant les autopsies judiciaires et les examens post-mortem, ainsi que l’accueil des familles et l’accompagnement du deuil par une psychologue clinicienne[6],[2]
  • un laboratoire de toxicologie chargé des analyses toxicologiques médico-légales sur différents types de prélèvements (sang, urines, tissus, cheveux, etc.)[7]
  • un laboratoire de biologie moléculaire dédié à l’identification ADN (empreintes génétiques)[1],[8]
  • un laboratoire de limnologie médico-légale, intervenant dans l’analyse des milieux aquatiques lors de décès en milieu hydrique (noyades, immersions prolongées) ;
  • un volet enseignement et formation (cours de médecine légale dans le cursus médical, capacités et diplômes d’université en pratiques médico-judiciaires, accueil d’externes, d’internes et de stagiaires)[5],[9].

L’institut est également impliqué dans des projets de recherche en collaboration avec des unités de l’Université de Strasbourg, et publie régulièrement dans des revues internationales de médecine légale et de sciences médico-légales[10],[11].

Personnalités liées

Plusieurs personnalités médicales et scientifiques sont étroitement liées à l’institut :

  • Bertrand Ludes, professeur de médecine légale, ancien doyen de la Faculté de médecine de Strasbourg et ancien directeur de l'IMLS, actuel directeur de l'Institut médico-légal de Paris, récipiendaire en 2011 de la médaille d’or de la Renaissance française pour son action à la tête de la faculté et de l’institut[12].
  • Antoine Tracqui, professeur de médecine légale, ancien directeur du service de médecine légale du CHU de Besançon, également en fonction à l’Institut médico-légal de Paris, spécialiste en thanatologie et toxicologie médico-légale.
  • Jean-Sébastien Raul, professeur de médecine légale, actuel directeur de l'IMLS, co-responsable de projets de recherche en imagerie et biomécanique du cerveau en collaboration avec ICube et le CNRS[10] .
  • Audrey Farrugia, médecin légiste et chercheuse, rattachée à l’Institut de médecine légale et à l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC), auteure de publications sur la méthodologie de la recherche en médecine légale[11].

Dans la culture

Depuis 2020, l'IMLS est l'un des sites de tournage récurrents de la série télévisée César Wagner[13].

Notes et références

  1. « L’Institut de Médecine Légale de Strasbourg », sur iml-strasbourg.fr (consulté le )
  2. « Informations pratiques – Institut de Médecine Légale », sur iml-strasbourg.fr (consulté le )
  3. (en) « University of Strasbourg investigates history of medicine during Nazi era », sur Arolsen Archives, (consulté le )
  4. (en) « For 30 years the University of Strasbourg claimed that it no longer held the remains of Nazi victims. But this was not true », Le Monde, (consulté le )
  5. « Capacité – Pratiques médico-judiciaires », sur Faculté de médecine, maïeutique et sciences de la santé – Université de Strasbourg (consulté le )
  6. « Institut de Médecine Légale (médecine légale) », sur Hôpitaux universitaires de Strasbourg (consulté le )
  7. ↑ « Laboratoire de toxicologie – Institut de Médecine Légale », sur iml-strasbourg.fr (consulté le )
  8. ↑ « Institut de médecine légale de Strasbourg / Si les morts pouvaient parler… », sur Or Norme, (consulté le )
  9. ↑ « Départements de formation – Faculté de médecine », sur Université de Strasbourg (consulté le )
  10. « Strasbourg – Médecine légale : entrer dans le cerveau des morts », sur Dernières Nouvelles d’Alsace, (consulté le )
  11. (en) S. Gaertner et al., « How to avoid conflicts of interest and minimize data loss? », sur PubMed, (consulté le )
  12. ↑ (en) « Professor Jacques Marescaux is awarded the Gold Medal of the French Renaissance », sur IRCAD, (consulté le )
  13. ↑ « Série César Wagner : ça tourne à l'Institut de médecine légale ! », sur med.unistra.fr, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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