Institut médico-légal

Cases frigorifiques de l’Institut médico-légal de Paris (29 mai 1923).

Un institut médico-légal ou institut de médecine légale (IML) est un établissement spécialisé dans la médecine légale appliquée aux personnes décédées.

Il a pour mission principale de rechercher les causes de la mort dans un cadre judiciaire ou scientifique, à la demande des autorités compétentes (parquet, juge d’instruction, police ou gendarmerie)[1],[2],[3].

Missions

Les instituts médico-légaux interviennent dans les cas de morts violentes, suspectes ou inexpliquées, ainsi que dans certaines situations d’intérêt public (catastrophes collectives, identification de corps...).

Leur activité principale comprend :

Organisation

Réception et identification des corps

Lorsqu’un décès survient dans des circonstances suspectes, violentes ou indéterminées, le corps est transféré vers un institut médico-légal sur décision du procureur de la République ou d’un juge d’instruction[8].

À son arrivée, le corps est identifié par un numéro d’enregistrement, tous les effets personnels sont inventoriés et consignés. Les agents médico-légaux assurent la traçabilité du corps durant tout le séjour à l’IML[9].

Les chambres froides permettent la conservation temporaire des corps dans des conditions d’hygiène strictement contrôlées. Les corps peuvent y demeurer plusieurs jours, en attendant les examens médico-légaux, l’autorisation judiciaire ou la restitution à la famille[10].

Examens médico-légaux

Les examens sont réalisés par les médecins légistes, sur réquisition judiciaire[8].

Ils peuvent comprendre :

Les opérations sont réalisées dans des salles d’autopsie répondant à des normes d’hygiène, de ventilation et de sécurité spécifiques[12]. Après les examens, le corps est restauré et préparé afin d’être restitué dans un état digne[13].

Relations avec les autorités judiciaires

Les IML interviennent exclusivement sur réquisition de la justice ou des forces de l’ordre[8].

Le médecin légiste agit en qualité d’expert près les tribunaux : il établit un rapport médico-légal qui est transmis au parquet ou au juge d’instruction.

Pendant la durée de la procédure, le corps reste sous « main de justice » et ne peut être remis à la famille qu’après autorisation du magistrat compétent[14].

Les résultats des examens et des autopsies ne sont jamais communiqués directement aux familles, mais transmis aux autorités judiciaires[12].

Restitution du corps et accueil des familles

Une fois les opérations médico-légales terminées et le permis d’inhumer délivré, le corps peut être remis à la famille ou à une entreprise de pompes funèbres[15].

Les familles sont informées des démarches à effectuer et peuvent, dans la plupart des IML, venir se recueillir dans un espace d’accueil dédié[16].

Lorsque l’état du corps le permet, elles peuvent fournir des vêtements pour l’habillage avant la mise en bière[13].

L’ensemble de ces procédures vise à garantir le respect dû au défunt tout en permettant le déroulement de l’enquête judiciaire[17].

Personnel et fonctionnement

Chaque institut médico-légal est placé sous la responsabilité d’un médecin légiste chef de service, souvent professeur des universités – praticien hospitalier (PU-PH).

Les équipes comprennent :

  • des médecins légistes ;
  • des techniciens médico-légaux chargés des manipulations, du nettoyage et de la conservation des corps ;
  • des secrétaires médico-administratifs assurant la gestion des réquisitions et des dossiers ;
  • des agents de service hospitalier et du personnel de sécurité.

Certains IML disposent également d’unités spécialisées (toxicologie, anthropologie, identification, odontologie).

Les services médico-légaux fonctionnent en continu, 24 heures sur 24, afin de répondre aux réquisitions judiciaires à tout moment[13].

Cas particuliers

En cas de décès contagieux, la mise en bière immédiate peut être ordonnée, avec application de protocoles d’hygiène renforcés[15].

Lors de catastrophes collectives ou d’attentats, les IML, disposant souvent d’une salle catastrophe, servent de centres de coordination pour l’identification des victimes, en lien avec la police scientifique et les équipes d’identification (gendarmerie, IRCGN)[18],[19].

Ces situations exceptionnelles mobilisent des moyens humains et techniques considérables, souvent sous la supervision du ministère de la Justice et du ministère de la Santé[20],[21].

Statut en France

En France, les instituts médico-légaux sont placés sous la tutelle conjointe :

Institut médico-légal de Paris

Institut médico-légal de Paris.

À Paris, l’institut médico-légal possède un statut unique en France ; étant rattaché à la préfecture de police, il dépend du ministère de l’Intérieur et non du ministère de la Santé.

Son activité est la plus importante de France, accueillant en moyenne 3 000 corps par an, sur lesquels sont pratiqués 2 000 autopsies et 1 000 examens externes (examen sans incision)[23].

Les agents de chambre mortuaire y travaillant sont appelés « identificateurs ».

Autres instituts médico-légaux

Auvergne-Rhône-Alpes

Bourgogne-Franche-Comté

Bretagne

Centre-Val de Loire

Champagne-Ardenne

Corse

  • Institut médico-légal du CH de Bastia[34].

Grand Est

Hauts-de-France

Île-de-France

La Réunion

Mayotte

Normandie

Nouvelle-Aquitaine

Occitanie

Pays de la Loire

Provence-Alpes-Côte d’Azur

Références

  1. DGOS, « La médecine légale », sur sante.gouv.fr (consulté le )
  2. ↑ « Chapitre IV : Des autopsies judiciaires (Articles 230-28 à 230-31) - Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  3. ↑ « La médecine légale thanatologique au coeur d'un laboratoire de criminalistique », sur www.gendarmerie.interieur.gouv.fr (consulté le )
  4. ↑ « Chapitre IV : Des autopsies judiciaires | Articles 230-28 à 230-31 | La base Lextenso », sur www.labase-lextenso.fr (consulté le )
  5. ↑ « Institut médico-légal | Comitam », sur www.comitam-obseques.com (consulté le )
  6. ↑ « L’identification de personnes décédées par les empreintes digitales », sur www.gendarmerie.interieur.gouv.fr (consulté le )
  7. ↑ « Collège National des Enseignants de Médecine Légale », sur Société française de médecine légale et d'expertises médicales (consulté le )
  8. « Article 230-28 - Code de procédure pénale - Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  9. ↑ « Registres de la morgue et de l'Institut médico-légal », sur FranceArchives (consulté le )
  10. ↑ « Funeraire Info : Le portail qui vous aide à travers les obsèques », sur Funeraire Info (consulté le )
  11. ↑ « Autopsies judiciaires pratiquées au service de médecine légale de Lens », sur Sénat, (consulté le )
  12. « Article 230-29 - Code de procédure pénale - Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  13. « L’institut médico légal : de quoi s'agit-il et pourquoi y avoir recours ? », sur Funeraire Info (consulté le )
  14. ↑ « Chapitre IV : Des autopsies judiciaires (Articles 230-28 à 230-31) - Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  15. « Sous-section 2 : Opérations consécutives au décès (R) (Articles R2213-2 à R2213-43) - Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  16. ↑ « IML (morgue) de Paris : délai d'enterrement après autopsie - L'autre rive », sur www.autrerive.fr (consulté le )
  17. ↑ « Vide juridique autour des autopsies judiciaires », sur Resonance Funéraire, (consulté le )
  18. ↑ « L'Unité Gendarmerie d'Identification des Victimes de Catastrophe (UGIVC) », sur www.gendarmerie.interieur.gouv.fr (consulté le )
  19. ↑ Ministère de l'Intérieur, « L’identifiation des victimes et l’accueil de leur famille à l’Institut médico-légal de Paris », sur https://mobile.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-des-dossiers/2016-Dossiers/Les-attentats-du-13-novembre-2015/L-identifiation-des-victimes-et-l-accueil-de-leur-famille-a-l-Institut-medico-legal-de-Paris (consulté le )
  20. ↑ « Gestion de situations sanitaires exceptionnelles », sur www.hauts-de-france.ars.sante.fr, (consulté le )
  21. ↑ « Le dispositif ORSAN : cadre intégré de préparation et de réponse du système de santé aux situations sanitaires exceptionnelles - Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées », sur sante.gouv.fr (consulté le )
  22. ↑ « Wayback Machine » [archive du ], sur www.justice.gouv.fr (consulté le )
  23. ↑ « L'institut médico-légal de paris - La préfecture de Police » [archive du ], sur www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr (consulté le )
  24. ↑ « Unité de thanatologie | CHU clermont-ferrand », sur www.chu-clermontferrand.fr (consulté le )
  25. ↑ « CHU Centre Hospitalier Universitaire de Saint-Étienne - Loire - Offre de Soins - Médecine légale », sur www.chu-st-etienne.fr (consulté le )
  26. ↑ « Médecine légale et médecine sociale - CHU Grenoble Alpes », sur www.chu-grenoble.fr (consulté le )
  27. ↑ « Service de médecine légale | Hôpital Edouard Herriot * HCL », sur www.chu-lyon.fr (consulté le )
  28. ↑ « CHU - Médecine légale et victimologie » [archive du ], sur www.chu-besancon.fr (consulté le )
  29. ↑ « Institut Médico-légal (IML) | CHU Dijon » [archive du ], sur www.chu-dijon.fr (consulté le )
  30. ↑ « Service de médecine légale | Centre Hospitalier Universitaire de Brest », sur www.chu-brest.fr (consulté le )
  31. ↑ CHU DE RENNES, « Services du CHU de Rennes », sur CHU DE RENNES : Site Internet (consulté le )
  32. ↑ « Médecine Légale », sur CHRU de Tours (consulté le )
  33. ↑ Sophie Bracquemart, « Au cœur d’une autopsie avec les médecins légistes du CHU de Reims », sur www.lunion.fr, (consulté le )
  34. ↑ « Unité Médico-Judiciaire (UMJ) », sur Centre Hospitalier de Bastia (consulté le )
  35. ↑ CHRU Nancy, « Un site unique pour la médecine légale • CHU Média », sur CHU Média, (consulté le )
  36. ↑ « Accueil », sur Institut de Médecine Légale de Strasbourg (consulté le )
  37. ↑ « Unité médico-judiciaire - CHU Amiens-Picardie », sur CHU D'Amiens (consulté le )
  38. ↑ « Découvrez l'histoire de l'Institut médecine légale du CHU de Lille », sur CHU Lille (consulté le )
  39. ↑ « Fiche d'un service », sur FR, (consulté le )
  40. ↑ « Institut médico-légal et unité médico-judiciaire », sur Hôpital Raymond-Poincaré, (consulté le )
  41. ↑ « Institut de Médecine Légale - SAINT-DENIS », sur Centre Hospitalier Universitaire de La Réunion (consulté le )
  42. ↑ « Institut médico-légal », sur Centre Hospitalier de Mayotte, (consulté le )
  43. ↑ « Médecine légale & droit de la santé », sur CHU Caen Normandie (consulté le )
  44. ↑ « Unité Médico-Judiciaire », sur Centre Hospitalier Mémorial France États-unis de Saint-Lô (consulté le )
  45. ↑ « Institut médico-légal et chambre mortuaire », sur Institut médico-légal et chambre mortuaire (consulté le )
  46. ↑ « Médecine légale », sur Limoges – CHU, (consulté le )
  47. ↑ « UMJ - Unité Médico-Judiciaire - Médecine légale », sur Centre Hospitalier de Pau (consulté le )
  48. ↑ (en-US) « Institut médico-légal (IML) - Médecine légale » [archive du ], sur Médecine légale (consulté le )
  49. ↑ Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, « Médecine légale », sur CHU de Montpellier : Site Internet (consulté le )
  50. ↑ chu_nimes, « Institut Médico-légal (IML) », sur CHU de Nîmes, (consulté le )
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  53. ↑ « Médecine légale adulte - CHD Vendée - GHT85 » [archive du ], sur CHD Vendée (consulté le )
  54. ↑ « Institut médico-légal (IML) », sur CHU de Nantes (consulté le )
  55. ↑ « Médecine légale - Hôpital de la Timone | AP-HM », sur fr.ap-hm.fr (consulté le )
  56. ↑ Marion Cocquet, « Procès de l’attentat de Nice : l’Institut médico-légal face au « chaos » », sur Le Point, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

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