Insurrection de l'État islamique aux Philippines

Insurrection de l'État islamique aux Philippines
Description de cette image, également commentée ci-après
Bâtiment de Marawi en flamme à la suite de frappes aériennes menées par l'armée de l'air philippine pendant la bataille de Marawi, 15 juin 2017.
Informations générales
Date Depuis le
(11 ans, 4 mois et 29 jours)
Lieu Philippines
Issue En cours
Belligérants
Drapeau des Philippines Philippines
Bangsamoro

Soutiens :
non étatiques

étrangers

Commandants
Drapeau des Philippines Bongbong Marcos
Drapeau des Philippines Gilbert Teodoro (en)
Drapeau des Philippines Romeo Brawner Jr. (en)
Drapeau des Philippines Nicolas Torre (en)
Esmail Cheikh Abdoulmalik
Isnilon Hapilon †
Omarkhayam Maute †
Abdoullah Maute †
Mohammad Jaafar Maguid †
Unités impliquées

Drapeau des États-Unis Forces d'opérations spéciales américaines (assistance technique)[9]
Armée de l'EI
Pertes
Au moins 240 morts Au moins 1 680 morts
Au moins 165 civils morts

Guerre civile aux Philippines

L'insurrection de l'État islamique aux Philippines désigne l'action de groupes djihadistes ayant prêté allégeance à l'État islamique (EI), principalement à Mindanao, menant des attaques armées et attentats contre les autorités depuis le milieu des années 2010.

L'EI maintient sa présence aux Philippines par l'intermédiaire de groupes djihadistes locaux — le groupe Maute, Abou Sayyaf, les combattants islamiques pour la liberté du Bangsamoro (BIFF) et Ansar Khalifa Philippines. Ces organisations s'inspirent du courant religieux associé à Mohammed ben Abdelwahhab, couramment désigné sous le nom de wahhabisme[10],[11],[12]. Elles prêtent allégeance à l’État islamique en 2014 ou dans les années qui suivent.

L'État islamique est associé à une recrudescence d'attentats-suicides commis par des ressortissants philippins en 2018 et 2019, une méthode jusque-là rarement utilisée dans le pays, les rares attentats précédents ayant été perpétrés par des étrangers. Le groupe est soupçonné d’être impliqué dans l'attentat de Lamitan (en) en 2018, ainsi que dans les attaques contre la cathédrale de Jolo et à Indanan (en) en 2019[13].

Soutien de l'EI

En , des manuels d’entraînement, des bandanas portant des inscriptions de l’État islamique et divers documents destinés aux combattants affiliés à l’organisation sont saisis après la prise d’un camp du groupe Maute par l’armée. Ces éléments suggèrent que le groupe cherche alors à renforcer ses liens avec l’État islamique[14].

Le , l’EI publie une vidéo intitulée « The Solid Structure » dans laquelle il reconnaît le chef d’Abou Sayyaf, Isnilon Hapilon, comme le moudjahid autorisé à diriger les djihadistes aux Philippines et le désigne comme émir pour l’Asie du Sud-Est. La vidéo incite également les aspirants combattants incapables de se rendre au Moyen-Orient à rejoindre le combat pour l’État islamique aux Philippines[15].

En , une nouvelle vidéo diffusée par l’EI appelle les aspirants combattants à se rendre aux Philippines, en particulier dans la ville de Marawi, où des militants sont alors assiégés par les forces gouvernementales[16].

Membres philippins de l'EI

La participation de citoyens philippins à l’État islamique est signalée dès 2014[17]. Selon le Daily Mail, citant des sources kurdes non divulguées, un ressortissant philippin ferait partie des membres de l’organisation apparaissant dans une vidéo montrant l’exécution de l’humanitaire américain Peter Kassig et de dix-huit soldats syriens, publiée sur YouTube. L’armée philippine indique toutefois ne pas pouvoir vérifier cette information et affirme qu’aucun recrutement de l’État islamique n’est alors identifié dans le pays. Au même moment, le ministère philippin des Affaires étrangères commence à recevoir des rapports non confirmés selon lesquels des Philippins se rendraient en Syrie pour suivre un entraînement en vue de combattre au sein de l’État islamique[18].

En , Daesh diffuse une vidéo dans laquelle trois de ses membres — un Philippin, un Indonésien et un Malaisien — appellent les aspirants combattants qui ne peuvent se rendre au Moyen-Orient à rejoindre plutôt le combat de l’organisation aux Philippines. En , le média Rappler rapporte que le membre philippin a été identifié comme Mohammad Reza Kiram, âgé de 21 ans, considéré comme le premier ressortissant philippin avéré à avoir combattu pour l’État islamique en Syrie[19].

Opposants non étatiques de l'EI aux Philippines

Outre le gouvernement philippin, l’État islamique et ses groupes affiliés aux Philippines font face à l’opposition armée d’autres organisations locales :

Opinion publique sur l'EI

Selon un sondage réalisé entre le et le par le Pew Research Center, 70 % des personnes interrogées aux Philippines considèrent l’État islamique comme une menace majeure pour le pays, devant le changement climatique mondial (65 %) et les cyberattaques (64 %)[21].

Pertes

Le tableau ci-dessous présente le nombre de victimes depuis que les groupes djihadistes concernés ont prêté allégeance à l’État islamique.

Année Forces gouvernementales Civils Abou Sayyaf Groupe Maute BIFF
2014
  • 21 morts (25 juillet)[22]
  • 11 morts (attentat à la bombe contre un bus à Bukidnon en décembre 2014)
27 morts, durant toute l'année[23]
2015 44 morts (affrontements de Mamasapano)
  • Au moins 7 morts (24 décembre)[24]
133 morts (rien qu'à Sulu) au cours de l'année[25]
  • 18 morts (affrontements de Mamasapano en janvier)
  • 139 morts (25 février – 22 mars)[26]
  • 12 morts (23 - 30 mars)[27]
2016
  • 55 morts (affrontements de Butig en février 2016)
  • 22 morts (26 – 28 mai)[31]
  • 63 morts (affrontement de Butig en novembre 2016)
  • 24 morts (fin février)[32]
  • 8 morts (16 juillet)[33]
2017
  • 8 morts (10 janvier)[34]
  • 7 morts (30 juillet)[35]
  • 9 morts (21 août)[36]
  • 149 morts ? (avant le 17 mai)[37]
  • 94 morts ? (au cours du premier semestre)[38]
Bataille de Marawi 168 morts 87 morts 978 morts
Total Au moins 240 morts Au moins 165 morts 1 681 à +1 740 morts

Note : Certains décès liés à des conflits de petite ampleur ou à des actes terroristes ne sont pas comptabilisés.

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Philippines and the Islamic State » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ Pia Gutierrez, « Duterte, MILF create 'peace corridor' in Marawi », ABS-CBN News,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  2. ↑ « Philippine army and armed groups join forces in Marawi » [archive du ] (consulté le )
  3. ↑ « U.S. provides 'technical assistance' to troops in Marawi - AFP », Rappler,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  4. ↑ Reuters, « US Special Forces Helping Philippines Fight Militants in Marawi » [archive du ], sur VOA, (consulté le )
  5. ↑ « Australia to send spy planes to help Philippines fight militants », Reuters,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  6. ↑ « Duterte thanks China for firearms, ammo vs Mautes » [archive du ] (consulté le )
  7. ↑ Rommel C. Banaloi, « The Maute Group and rise of family terrorism », Rappler,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  8. ↑ Caleb Weiss, « Islamic State video shows destruction of church in Marawi » [archive du ], sur Long War Journal, (consulté le )
  9. ↑ Reuters, « Philippine military confirms US forces providing support against militants allied to Islamic State », CNBC,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  10. ↑ Rommel Banlaoi, Al-Harakatul AL-Islamiyyah: Essays on the Abu Sayyaf Group, Terrorism in the Philippines from Al-Qaeda to ISIS, Academia.edu, (lire en ligne [archive du ])
  11. ↑ A. F. A. H. (2016).
  12. ↑ Ward, T. (2018).
  13. ↑ Agence France-Presse, « Suicide attacks emerge in Philippines under ISIS influence », Rappler,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  14. ↑ Roel Pareño, « IS training manuals found at militants' camp », philstar.com,‎ (lire en ligne [archive du ])
  15. ↑ (en) « Calida: Military knew Marawi terror plot as early as April », Rappler,‎ (lire en ligne [archive du ])
  16. ↑ (en) « A new ISIS video recruits fighters for the Philippines, not Syria », NBC News,‎ (lire en ligne [archive du ])
  17. ↑ Banlaoi, « ISIS Threat to Philippine Security » [archive du ], Rappler, (consulté le )
  18. ↑ « Filipino man suspected to be first Asian involved in ISIS beheadings: report », The Star, Asia News Network,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  19. ↑ Maria Ressa, « Filipino millennial joins ISIS in Syria », Rappler,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  20. ↑ Agence France-Presse, « 10 MILF fighters dead in clashes with ISIS-linked groups », Rappler,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  21. ↑ Patricia Lourdes Viray, « Poll: 7 in 10 Filipinos see ISIS as leading security threat », The Philippine Star,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  22. ↑ Roel Pareño, « Abu Sayyaf bandits massacre 21 civilians in Sulu », philstar.com,‎ (lire en ligne [archive du ])
  23. ↑ (en-US) « Abu Sayyaf killed in 2015 surpasses 2014 total - AFP », ABS-CBN News,‎ (lire en ligne [archive du ])
  24. ↑ (en) « Philippine Muslim guerrillas murder seven in Christmas eve raids », ABC News,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  25. ↑ (en) Frances Mangosing, « 133 Abu Sayyaf killed, 164 wounded in Sulu in 2015, says AFP » [archive du ] (consulté le )
  26. ↑ (en) AP, « Philippine troops claim killing 139 rebels », DAWN.COM,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  27. ↑ (en) John Pike, « Bangsamoro Islamic Freedom Fighters [BIFF] » [archive du ] (consulté le )
  28. ↑ « Abu Sayyaf rebels kill 15 Philippine troops - The Boston Globe », BostonGlobe.com,‎ (lire en ligne [archive du ])
  29. ↑ (en) « Basilan clash: What we know so far », cnn,‎ (lire en ligne [archive du ])
  30. ↑ Roel Pareño, « 157 Sayyaf men killed, 159 hurt in Sulu, Basilan », philstar.com,‎ (lire en ligne [archive du ])
  31. ↑ « Philippines: 22 dead in 3 days of clashes with military » [archive du ], Anadolu Agency (consulté le )
  32. ↑ (en) « China Post » [archive du ], www.chinapost.com.tw (consulté le )
  33. ↑ John Unson, « 8 BIFF members killed in Maguindanao clash », philstar.com,‎ (lire en ligne [archive], consulté le )
  34. ↑ « Suspected pirates kill 8 fisherman in Philippines south » [archive du ], Anadolu Agency (consulté le )
  35. ↑ « Bodies of 7 loggers killed by Abu Sayyaf found in S. Philippines - Xinhua | English.news.cn » [archive du ], news.xinhuanet.com (consulté le )
  36. ↑ (en) Philippine Daily Inquirer, « 9 dead in Abu Sayyaf raid in Basilan village » [archive du ] (consulté le )
  37. ↑ « Philippine troops kill 149 ASG militants | Maritime Security Review » [archive du ], www.marsecreview.com (consulté le )
  38. ↑ (en) Julie Alipala, « 94 Abu Sayyaf rebels killed in first 6 months of 2017—military » [archive du ] (consulté le )
  39. ↑ « 15 terrorists killed, 7 others wounded in renewed AFP anti-terror campaign in Lanao Del Sur | Philippine Canadian Inquirer » [archive du ] (consulté le )
  40. ↑ (en-US) « Philippine forces kill 36 members of IS affiliate in Mindanao - Dubai Eye », Dubai Eye,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  41. ↑ (en) Frances Mangosing, « 36 members of Maute killed, 3 soldiers hurt in Lanao clashes » [archive du ] (consulté le )
  42. ↑ « 36 Maute men killed; Lanao camp overrun » [archive du ], www.malaya.com.ph (consulté le )
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