Jack Palmer

Jack Palmer est un personnage de bande dessinée créé en 1974 par René Pétillon. Palmer est un détective qui ne comprend pas grand-chose aux enquêtes qu'on lui confie mais parvient toujours à se faire embarquer dans un typhon d'imbroglios. Ses aventures satiriques touchent divers sujets de société : la politique, les médias, la mafia, la jet set.

Concept

Jack Palmer est une parodie des détectives privés qui ont fait les grandes heures de la Série noire, comme Philip Marlowe et Sam Spade. Il n'a en commun avec eux que le trench-coat mastic et le chapeau mou, mais comme Jack Palmer est un petit bonhomme insignifiant, le trench est trop grand pour lui, et son chapeau est difforme[1]. En complet décalage avec les milieux chic où se déroulent souvent ses enquêtes, il vit dans une chambre de bonne sous les toits et porte ses affaires dans un sac Tati[2]. Jack Palmer est un antihéros d'une maladresse insondable qui semble créer autour de lui les situations les plus inextricables. Dans sa première enquête, Les Disparus d'Apostrophes (1980), il est engagé pour retrouver un célèbre écrivain enlevé au cours de l'émission littéraire Apostrophes, perturbée par les vitupérations du critique « Jean-Edern Alien ». Peu après la sortie de l'album, le polémiste Jean-Edern Hallier, qui avait servi de modèle à ce personnage, est réellement victime d'un enlèvement et la police se demande s'il ne s'agit pas d'un coup monté publicitaire[3]. Au fil des enquêtes, Jack Palmer traverse d'un œil obtus les crises du nationalisme corse, de la laïcité française, des paradis fiscaux et de la viticulture[4].

Albums

  • Série régulière :
  1. Pétillon, Éditions du Fromage, 1976. Retitré Gourous, derviches et co en 1979 et Une sacrée salade en 1981[5] ;
  2. Mister Palmer et Docteur Supermarketstein, Éditions du fromage, 1977[6],[7] ;
  3. La Dent creuse, Éditions du fromage, 1978 ;
  4. Les Disparus d'Apostrophes !, Dargaud, 1982[8] ;
  5. Le chanteur de Mexico, Dargaud, 1984 ;
  6. Le Prince de la BD, Dargaud, 1985 ;
  7. Le Pékinois, Dargaud, 1987 ;
  8. Un détective dans le Yucca, Albin Michel, 1989 ;
  9. Narco-dollars, Albin Michel, 1990 ;
  10. Un privé dans la nuit, Albin Michel, 1993 ;
  11. Le Top-model, Albin Michel, 1995. Retitré L'Affaire du top-model en 2001 ;
  12. L'Enquête corse, Albin Michel, 2000[9],[10]. Alph-Art du meilleur album français du festival d'Angoulême 2001[11] (adapté en film) ;
  13. L'Affaire du voile, Albin Michel, 2006 ;
  14. Enquête au paradis, Dargaud, 2009 ;
  15. Palmer en Bretagne, Dargaud, 2013.
  16. Palmer dans le rouge - Une enquête en bord de Médoc, Dargaud 2025, dessins de Manu Larcenet
  • Hors-série :
    • Le Meilleur et le pire de Jack Palmer, Albin Michel, 1999.

Adaptations audiovisuelles

Films

Dans cette adaptation cinématographique, à laquelle Pétillon n'a pas participé, le personnage de Jack Palmer (joué par Christian Clavier) ressemble à son alter ego de papier par la taille et la finesse d'esprit, mais il est plus bavard et il semble jouir d'une certaine réussite matérielle. En effet, le personnage de la BD est continuellement fauché (il vit dans une chambre de bonne sous les toits) et ne dit presque rien ; il se contente d'être spectateur d'un univers absurde qui le dépasse complètement.

Dans cette adaptation « Jack Palmer » n'est qu'un « nom d'artiste » utilisé par « Rémi François ». Dans Les Disparus d'Apostrophe (1982), le détective disait à sa cliente : « En réalité, Palmer, ça n'est pas mon vrai nom »[12].

Dessins animés

Notes et références

  1. « Les 12 BD incontournables de la rentrée », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  2. « Jack Palmer (Les Aventures de) », sur www.bdtheque.com (consulté le ).
  3. Dominique Ernst, « Jack Palmer, le célèbre détective de Pétillon d’une efficacité toute relative… », sur Actua BD, (consulté le ).
  4. Romain Brethes, « Le retour inattendu de Jack Palmer, détective culte de la BD », Actua BD,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. Date, titres et rééditions selon le site Bédéthèque.com.
  6. Numa Sadoul, « Mister Palmer et Docteur Supermarketstein », Schtroumpfanzine, no 16,‎ , p. 25-26.
  7. « Pétillon : Mister Palmer et Docteur Supermarketstein », (À SUIVRE), no 2,‎ , p. 104.
  8. Brian Hester, « Les 50 Meilleurs Albums de l'année : Les Disparus d'Apostrophes ! », dans Jean-Luc Fromental (dir.), L'Année de la bande dessinée 82-83, Temps futurs, , p. 45.
  9. Pétillon (int. par Jean-Marc Vidal), « FLNC Canal déchaîné », BoDoï, no 35,‎ , p. 96-98.
  10. Olivier Maltret, « Corsica pazione », BoDoï, no 35,‎ , p. 19.
  11. Mattéo Sallaud, « BD : au festival d’Angoulême, le prix du meilleur album prend du poids chaque année », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  12. Pétillon, Les Disparus d'Apostrophe, Paris/Barcelone/Lausanne, Dargaud, , 48 p. (ISBN 2-205-02235-0), p.11

Annexes

Bibliographie

  • Patrick Gaumer, « Palmer », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 648-649.
  • Maël Rannou, « René Pétillon : Jack Palmer », Beaux-Arts Magazine, hors série : Les secrets des chefs-d'œuvre de la BD d'humour,‎ , p. 102-115
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