Nationalisme corse

Nationalisme corse
Image illustrative de l’article Nationalisme corse
Plaque commémorative en hommage aux pendus de Niolo.

Définition Mouvement nationaliste ethno-culturel soutenant la protection de la culture corse, de la spécificité du peuple corse et partisan de l'autonomie et/ou l'indépendance politique de la Corse.
Date d'apparition 1729 (de facto)
1755 (de jure)
Pays Drapeau de la Corse Corse

Le nationalisme corse est un mouvement politique, culturel et social qui proclame que la Corse constitue une nation et revendique son autonomie voir son indépendance.

Ce mouvement apparaît durant la guerre d'indépendance corse et connaît un regain d'intérêt au XXe siècle.

Histoire

Premier nationalisme corse

En 1729, la guerre d'indépendance corse éclate. Le , la constitution d'Orezza organise un gouvernement corse faisant sécession avec Gênes, six ans après la révolte fiscale de Bustanicu. L'année suivante, la Corse récusant la tutelle de la République devient le royaume de Corse[1].

Le , Pascal Paoli est proclamé général en chef de la Nation Corse au couvent Saint-Antoine de Casabianca[2].

La Constitution corse est adoptée par des représentants corses le à la Consulta generale di Corti, et est considérée par certains auteurs comme étant la première constitution démocratique de l'histoire moderne[3],[4]. La Corse adopte un hymne national : le Dio vi salvi Regina[5].

La conquête française de 1768 et la bataille de Ponte-Novo en 1769 met fin à la République corse et l'île est incorporée au royaume de France[6],[7].

Révolution française et période impériale (1789-1815)

Le , l'Assemblée constituante décide de voter la réunion de la Corse à la France à la demande des députés corses, malgré les protestations de la république de Gênes[8],[9],[10],[11]. Les citoyens de l'île bénéficient enfin des mêmes droits que les citoyens de métropole[12].

Pascal Paoli revient en Corse débarquant le [9]. Il adhère aux idéaux révolutionnaires, jure obéissance et fidélité au peuple et est nommé par Louis XVI commandant de l'île avec le grade de lieutenant-général[9],[13] de la 23e Région militaire française[14]. Il souhaite la reconnaissance d'un statut spécifique à la Corse[11]. Cependant, la situation se tend dans l'île lorsque la Constitution civile du clergé entre en application[15]. Les partisans du clergé se battent contre les laïcs, ce qui entraîne l'île dans une quasi guerre civile[16],[15].

Paoli s'éloigne progressivement des Jacobins, dont il critique la radicalité, et craint pour l'avenir de l'île[17],[18]. Il parvient à écarter ses principaux opposants, en l’occurrence la famille Bonaparte et Christophe Saliceti, pour prendre le contrôle de l'île[19],[20]. L'exécution de Louis XVI et l'échec de l'expédition de Sardaigne provoque la rupture avec les Jacobins[21],[22]. Le , il est déclaré « ennemi du peuple » par la Convention nationale sur dénonciation de Lucien Bonaparte[23]. Il réunit ses partisans à Corte et entre en contact avec la Grande-Bretagne, qui a rejoint la Première coalition après l'exécution de Louis XVI[24]. Les envoyés de la Convention sont chassés de l'île, qui perd les subventions du gouvernement[23]. Napoléon Bonaparte est pourchassé par les partisans de Paoli, qui brûlent sa maison, mais parvient à s'enfuir et à rejoindre la métropole[21]. Le , Pascal Paoli est déclaré hors-la-loi et « traître à la République »[18],[25]. Il met sur pied une armée et envoie des délégués auprès des représentants britanniques présents en Italie[26],[27].

Par le traité de Paris, les puissances étrangères reconnaissent officiellement la réunion de la Corse à la France[28].

En , la Corse voit un événement statuaire d’importance avec le retour en Corse des cendres de Paoli. L’un de ses enjeux idéologiques sera la reconstruction historiographique du personnage, Paoli devenant de façon téléologique et raccourcie le précurseur de la Révolution française[29].

Fin de siècle et entre-deux-guerres (1890-1940)

Après la Première Guerre mondiale se développe l'idée que la Corse aurait enduré des sacrifices supérieurs aux autres régions, certitude qui s’est traduite en chiffres gravés dans le marbre et plus durablement encore dans les consciences. Plusieurs travaux historiques remettent en cause cette idéologie : il est admis que 10000 à 12000 insulaires ont trouvé la mort du fait du conflit[30].

Ces différentes idées étaient centrées sur le journal nationaliste corse A Muvra (Le Moufflon). L'hostilité envers l'État français s'est accrue à la suite des opérations militaires menées sur l'île en 1930 pour éradiquer le bandit populaire, Spada[31].

Pour le XXe siècle, des initiatives corsistes et autonomistes apparaissent dès , par exemple avec la création par de la revue A Cispra[32] — dont un seul numéro paraît — par Xavier Paoli et Jacques Toussaint Versini[a]. Toutefois, l'initiative la plus notoire et notable est le journal A Muvra, fondé par Petru Rocca en . Ce journal donne naissance à un véritable mouvement politique et culturel — les muvristes — et devient dès l'organe de presse officiel du Partitu Corsu d'Azione (PCA)[b], lui aussi fondé par Petru Rocca sur le modèle du Partito Sardo d'Azione[33].

Le mouvement muvriste est principalement issu de la petite bourgeoisie avec une forte proportion d'italophiles et de réactionnaires. Une partie du mouvement se tourne rapidement vers l'irrédentisme et reçoit des subsides de l'Italie fasciste ce qui conduit à une marginalisation progressive du journal en Corse et à son interdiction dès le lorsque la Seconde Guerre mondiale débute[34]. Son impact s'avère assez limité sur le plan politique, notamment en raison de son tournant irrédentiste rejeté par la société corse qui adhère alors massivement au patriotisme français de la Première Guerre mondiale[33],[33]. Néanmoins, sur le plan culturel, Petru Rocca et le mouvement muvriste posent aussi les bases du Riacquistu des années [35].

Le nationalisme corse était un mouvement minoritaire durant ces décennies, et de nombreux Corses participèrent à la vie de l'État français en tant qu'administrateurs, soldats, policiers et plusieurs ministres ; en effet, durant l'entre-deux-guerres, certaines des figures politiques les plus importantes au sein des organisations politiques nationales françaises étaient des Corses (tels que Jean Chiappe, Horace Carbuccia, François Piétri, Cesar Campinchi, Gabriel Péri). Cependant, le travail des groupes intellectuels, culturels et politiques plus petits constitua la préhistoire du mouvement nationaliste moderne qui allait trouver un large public après la crise politique de 1958 .

La Corse des années 1960

À la fin des années 1950, la démographie et l'économie insulaires atteignent leurs plus bas niveaux. Depuis la fin du XIXe siècle, la Corse continue de se dépeupler en cumulant une situation démographique inquiétante ainsi qu'un retard immense en termes d'industrie et d'infrastructure.

C'est alors que surviennent deux chocs qui vont profondément bouleverser la société corse.

Le premier est l'effondrement de l'Empire colonial français. La Coloniale est en effet devenue l'un des principaux débouchés pour les Corses qui représentent, au début des années 1920, 20 % de l'administration coloniale, alors qu'ils ne représentent qu'1 % de la population métropolitaine[réf. nécessaire]. La fin de l'Empire prive la jeunesse corse des perspectives de ses aînés et entraîne le retour forcé d'un certain nombre d'entre eux sur l'île. Cette situation entraîne l'apparition de mouvements régionalistes[réf. nécessaire], tentant de redonner des perspectives à un peuple en manque de repères. Lors des soulèvements en Algérie en 1958 et 1961, la Corse est le seul département métropolitain à avoir « fait sécession », au niveau d'une partie de ses autorités, pour rejoindre les colons insurgés[réf. nécessaire].

Le second choc est l'arrivée des Français rapatriés des anciennes possessions africaines, auxquels l'État octroie majoritairement des terres dans la Plaine orientale. Au début des années 1960, avant l'arrivée des rapatriés d'Algérie, ils représentent environ 10 % de la population insulaire[réf. nécessaire].

Les premiers mouvements régionalistes

En 1959 est fondé le Mouvement du 29 novembre, qui organise des mobilisations très suivies pour un aménagement de fiscalité, contre la vie chère et contre l'abandon des réseaux de transports.

Nombreux sont alors les Corses à prendre conscience du déclin démographique et du délabrement économique de l'île. Ces mouvements sont à l'origine d'un important renouveau de la langue corse et d'un travail de promotion des anciennes traditions culturelles corses.

Au début des années 1960, plusieurs étudiants corses à Paris faisant partie de l'équipe dite du Panthéon, café de la rue Soufflot, décident de créer un mouvement appelé le FRC dont une des revendications sera la réouverture de l'université de Corte[36].

Mai 1962 est une date cruciale pour l'histoire de l'île et pour les nationalistes corses. La France négocie la paix (accords d'Évian) avec le FLN algérien, mettant fin à la guerre d'Algérie après huit ans de guérilla sanglante. Plus d'un million de Français implantés en Algérie coloniale depuis des générations sont contraints à l'exil, dont 17 000 viennent s'installer en Corse. Parmi eux se trouvaient des vignerons ayant perdu leurs terres et qui ont reçu des subventions de l'État pour acquérir une superficie nécessaire à la culture de la vigne[37].

Après le Front régionaliste corse (FRC) surtout de racines parisiennes, se créa à Vizzavona l'Action régionaliste corse (ARC) en 1970, qui demande à l'État français la prise en compte des difficultés économiques de l'île ainsi que de ses spécificités culturelles, notamment linguistiques, grandement menacées par l'absence de la langue corse dans l'administration et l'éducation, et l'exode rural. Ces mouvements demandent donc aussi la protection, la diffusion et l'enseignement de la langue corse.

La situation économique et démographique de l'île est exposée dans un essai, Main basse sur une île, paru en 1971, dans laquelle les auteurs, membres du FRC, comparent la Corse à une colonie.

Mais ces mouvements estiment que leurs revendications sont ignorées et voient dans le traitement que l'État réserve aux rapatriés des colonies un signe de mépris. Ils soulignent que la Corse est traitée comme une « terre vierge » où il n'est pas besoin de consulter la population locale sur les rapatriements et critiquent les soutiens financiers accordés aux nouveaux arrivants (ainsi par exemple que la création de la Société de mise en valeur agricole de la Corse (SOMIVAC), chargée de la mise en valeur de la plaine agricole).

L'affaire d'Aléria et la naissance du FLNC

Dans une situation qu'elle estime fermée, l'Action régionaliste corse (ARC) décide de choisir des moyens d'actions plus radicaux.

Le , une vingtaine de ses membres, emmenés par Edmond Simeoni, dirigeant de l'Azzione per a rinascita di a Corsica (ARC), occupent la cave Depeille, du nom d'un exploitant d'origine pied-noir installé dans la plaine orientale, près d'Aléria. Équipés de fusils et d'une mitrailleuse, ils veulent enfin attirer l'attention du public sur la situation de l'île et notamment sa situation agricole. Ils dénoncent la mainmise sur une partie des terres de la plaine orientale de quelques familles « pieds-noirs ». Le ministre de l'Intérieur Michel Poniatowski envoie 2 000 CRS et des gendarmes mobiles épaulés de véhicules blindés légers, et ordonne l'assaut le mercredi vers 16 h. Deux gendarmes sont tués au cours de l'affrontement. Le conseil des ministres suivant, le mercredi , ordonne la dissolution de l'ARC. La tension monte rapidement dans Bastia et des échauffourées éclatent en fin d'après-midi. Elles se transforment en émeutes à la nuit tombée et de nombreuses fusillades ont lieu : un CRS sera tué et de très nombreux blessés.

Cette affaire marque le début de la radicalisation des mouvements nationalistes, dont les revendications évoluent pour exiger l'indépendance de l'île, et forcent les gouvernements successifs à prendre en compte la « question corse ».

Quelques mois plus tard, dans la nuit du 4 au , des militants nationalistes créent le Front de libération nationale de la Corse, marquant le début d'une série d'attentats en Corse et sur le continent[38]. Ils tiennent une conférence de presse au couvent Saint-Antoine de Casabianca, lieu hautement symbolique puisque c'est là qu'avait été votée la Constitution corse et que Pascal Paoli avait proclamé l'indépendance en 1755.

Des années 1970 à 2000, une histoire marquée par la violence

De 1975 à la fin des années 2000, les attentats (plasticages ou mitraillages) sont quasi quotidiens en Corse, majoritairement la nuit. Ils sont revendiqués par le FLNC et divers groupes dissidents, certains ont cependant des motivations crapuleuses éloignées de la politique. Les nuits bleues caractérisées par de multiples attentats simultanés et localisés sur l'ensemble de l'île attirent l'attention des médias.

L'assassinat de Claude Érignac, préfet de Corse et de Corse-du-Sud, survenu le , est la plus grave atteinte à l'autorité de l’État en Corse.

À partir de la fin des années 2000, les attentats deviennent plus rares sans disparaître totalement.

Depuis les années 2000, un poids politique grandissant

La coalition Unione Naziunale a remporté 17,34 % des suffrages aux élections territoriales de 2004. Aux élections territoriales de 2010, les listes nationalistes corses totalisent 35,74 % des voix au second tour : les autonomistes de Femu a Corsica conduits par Gilles Simeoni et Jean-Christophe Angelini récoltant 25,89 % des suffrages et les indépendantistes de Corsica Libera menés par Jean-Guy Talamoni recevant 9,85 % des voix.

Le , Gilles Simeoni remporte la mairie de Bastia devenant le premier nationaliste à diriger une grande ville. Les nationalistes conservent la mairie aux élections municipales de 2020, et conquièrent Porto-Vecchio (3e ville de l'île) ainsi que plusieurs autres communes.

Aux élections territoriales de 2015, la coalition « Pè a Corsica » (fusion des autonomistes de Femu a Corsica et des indépendantistes de Corsica Libera) remporte le second tour en totalisant 35,34 % des voix. Cette victoire historique porte pour la première fois les nationalistes à la tête Collectivité territoriale de Corse. Ils sont désormais la première force politique de l'île. Cette situation est de nouveau confirmée lors des élections territoriales de 2017 et de 2021.

Lors des élections législatives françaises de 2017, trois députés issus des rangs de Pè a Corsica sont élus à l'Assemblée nationale sur les quatre que compte la Corse : Paul-André Colombani en Corse-du-Sud, Michel Castellani et Jean-Félix Acquaviva en Haute-Corse.

Le , le conseil des ministres adopte, le projet de loi constitutionnelle portant sur le statut d’autonomie de la Corse au sein de la République française. Pour être adoptée, cette réforme constitutionnelle doit être votée, par l’Assemblée nationale, et puis le Sénat, puis, lors de leur réunion en Congrès[39].

Tendances du nationalisme corse

Le nationalisme corse, dans son histoire, s'est retrouvé avec plusieurs tendances et des positionnement politiques différents. Également la stratégie n'est également pas la même.

  • Un nationalisme autonomiste, défendant une plus grande autonomie de la Corse vis-à-vis du pouvoir central, tout en restant membre de la République française.
  • Un nationalisme indépendantiste, prônant une indépendance totale de la Corse vis-à-vis des autres nations, mettant l'accent sur la singularité de l'histoire de la Corse.

Factions

XXe et XXIe siècle

Les thématiques du nationalisme corse

Un panneau directionnel criblé de balles.
  • la souveraineté politique de la Corse : l'autonomie ou l'indépendance par rapport à l'État français. La levée d'un impôt révolutionnaire parallèle a été pratiquée par le mouvement dès les années 1980, et continue d'être pratiquée par le FLNC Union des combattants. Les attentats contre les structures de l'État ont été constants : attaques contre les préfectures, les prisons, les perceptions, la présence des camps militaires, assassinat du préfet Érignac, etc. Mais plus nombreux sont les plasticages de demeures particulières appartenant essentiellement à des continentaux ;
  • la promotion de la langue corse et son apprentissage obligatoire en Corse ; ce concept est largement étendu au-delà des simples nationalistes ;
  • la limitation des infrastructures touristiques, et des politiques promouvant le tourisme, et leur substitution par un développement économique durable ;
  • le respect des permis de construire ;
  • le respect du littoral (loi littoral) ;
  • la reconnaissance du statut de prisonnier politique pour les personnes du mouvement nationaliste corse incarcérées y compris pour celles ayant commis des actes pouvant être assimilés à des délits de droit commun.
  • Opposition à l'anticorsisme supposé de la classe politique française.

Positionnement idéologique

Bien que de nombreux courants idéologiques soient présents au sein des différents mouvements, groupes et partis se réclamant du nationalisme corse à travers les périodes (communisme, socialisme à nationalisme de droite), les mouvements peuvent être positionnés au centre, à l'extrême droite, à l'extrême gauche ou à gauche[40],[41],[42],[43],[44],[45],[46]

Le nationalisme corse et l'investissement international

La côte corse est moins urbanisée que le littoral méditerranéen de la France continentale, notamment du fait d'attentats attribués au mouvement nationaliste contre de nombreuses habitations des non-autochtones[47],[48].

U Rinnovu, un mouvement nationaliste corse généralement désigné comme proche du FLNC du 22 octobre, qualifie d'« hérésie » et de « contresens économique » la construction de villas au profit de non-résidents[49]. Le slogan Vergogna à tè chì vendi a terra (« Honte à toi qui vends la terre ») est également le titre d'une chanson, et un hymne de ralliement aux nationalistes.

Lors du processus de Matignon sous l'égide du gouvernement Jospin, l'article 12 des accords de Matignon prévoyait une adaptation de la loi littoral pour rendre plus facile la délivrance de permis de construire sur le littoral corse. Le jour de l'examen de cet article à l'Assemblée Nationale, les militants de l'organisation A Manca Naziunale ont encerclé la villa d'André Tarallo, le monsieur Afrique d'Elf, située à Piantaredda, en protestation contre l'octroi de permis de construire contestés[50]. L'article a cependant été rejeté par la suite.

Un exemple de tract

Tract du FLNC contre la vente de villas à la clientèle internationale, laissé sur les lieux de la régie publicitaire du journal Nice-Matin[51] :

ACHETEURS Allemands, Anglais, Français, Néerlandais… recherchent entre particuliers, maisons, appartements, terrains. […] Villas, maisons de village (achat) Recherche entre particuliers : villa, propriété, appartement, terrain, commerce, (…) pour clientèle internationale. Vendeurs : […]. Acheteurs internet […]
Par ces annonces vous participez à la spoliation de notre terre. Nous ne l'accepterons plus.

Cela étant la dénonciation d'un mouvement qui loin de se cantonner à la Corse, touche l'Europe tout entière, apparaît comme inefficace puisque ce sont des Corses qui vendent des terres et qui espèrent en tirer un bénéfice maximum quitte à protester lorsque voulant acheter un nouveau bien ils se heurtent à une hausse de l'immobilier à laquelle ils ont peu ou prou contribué. Une étude plus fine des prix, de l'offre et de la demande démontre qu'aujourd'hui c'est la génération du baby boom qui, prenant sa retraite, cherche des lieux de retraite les plus ensoleillés possible. Ce sont bien souvent les Corses du continent qui achètent des biens sur leur terre d'origine. Appartenant pour beaucoup à la moyenne bourgeoisie et à cette génération qui a profité de l'expansion d'après guerre, elle est capable d'offrir des sommes qui font flamber le marché. La véritable question qui concerne le foncier en Corse est celle de la disparition des arrêtés Miot promulgués sous le premier Empire et qui, entre autres mesures, exonèrent les successions immobilières de tous droits et acceptent l'indivision. La fin des arrêtés Miot pourrait bien ouvrir la voie à une spéculation effrénée.

Visions différentes de la corsité

Slogans

Global

  • Terra corsa a i corsi – (La terre corse aux Corses/La Corse aux Corses)
  • Libertà Ghjè Ora - (la liberté c'est maintenant !)
  • Basta A Ripressione – (A bas la répression !)
  • Evviva U populu corsu - (Vive le peuple corse !)
  • Evviva U Fronte - (Vive le Front !)
  • À populu fattu, bisogna à marchja - (Pour faire le peuple, il faut marcher.)
  • Simu in casa nostra – (Nous sommes chez nous.)
  • Demucrazia è rispettu pè u populu Corsu – (Démocratie et respect pour le peuple corse.)
  • Vergogna à tè chì vendi a terra - (Honte à toi qui vend la terre.)

Séparatistes

  • A Francia Fora ! – (La France dehors !)
  • I Francesi Fora ! – (Les français dehors !)

Autres

  • A Droga Fora – (La drogue dehors !)
  • Gloria à tè [prénom] – (Gloire à toi [...] !)

Partis politiques nationalistes

Actuelles

Anciennement

Autres organisations nationalistes actuelles

Syndicats

Associations culturelles

  • Associazione italo-corsa Pasquale Paoli (Groupe italo-corse établi en Italie)

Les personnalités du mouvement

1729-1804

Début du XXe siècle

Depuis 1975

Chronologie

Notes et références

Notes

Références

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  65. Entretien avec Edmond Simeoni pour Alternatives non violentes [5]
  66. Paul Silvani, Corse des années ardentes (1939-1976), Éditions Albatros, , p. 231.
  67. Thierry Vareilles, Encyclopédie du terrorisme international, Harmattan, , p. 81.

Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Front Régionaliste Corse, Main basse sur une île, Jérôme Martineau édition, 1971.
  • Pierre Dottelonde, Corse : la métamorphose, Albiana, 1987.
  • Bonardi Fabrice, Corse, la croisée des chemins, L'Harmattan, 1989.
  • Gabriel Xavier Culioli, Le complexe corse, Gallimard, 1990.
  • Pierre Poggioli, Journal de bord d'un nationaliste corse, Éditions de l'Aube, 1996 (ISBN 2876782855).
  • Emmanuel Bernabeu-Casanova, Le nationalisme corse : genèse, succès et échec, L'Harmattan, 1997 (ISBN 2-7384-5943-9).
  • Pierre Poggioli, Corse : chroniques d'une île déchirée 1996-1999, L'Harmattan, 1999.
  • Pascal Irastorza, Le guêpier corse. De L'assassinat du Préfet Erignac à l'arrestation du Préfet Bonnet, Fayard, 1999 (ISBN 2-213-60458-4).
  • Xavier Crettiez, La question corse, Complexe, 1999.
  • Marianne Lefèvre, Géopolitique de la Corse. Le modèle républicain en question, L'Harmattan, 2000 (ISBN 2738490751).
  • Jean-Michel Rossi / François Santoni, Pour solde de tout compte, les nationalistes corses parlent, Denoël 2000 (ISBN 2207251306).
  • Ange-Laurent Bindi, Autonomisme. Luttes d'émancipation en Corse et ailleurs 1984-1989, L'Harmattan, 2000 (ISBN 2-7384-0482-0).
  • Edmond Simeoni, Corse, la volonté d'être. Vingt ans après Aléria, Albiana, 2001.
  • Pierre Poggioli, Derrière les cagoules : le FLNC des années 80, DCL Editions, 2004 (ISBN 2911797779).
  • Jean-Louis Andreani, Comprendre la Corse, Gallimard, 2005 (ISBN 2-07-031325-5)
  • Daniel Arnaud, La Corse et l'idée républicaine, L'Harmattan, 2006 (ISBN 2-296-00525-X).
  • Marek Corbel, Le Sanctuaire de Cargèse, polar, 2013.
  • [Serpentini et al. 2006] Antoine-Laurent Serpentini (dir.), Dictionnaire historique de la Corse, Ajaccio, Albiana, , 1 013 p. (ISBN 2-84698-068-3). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (en) Desmond Gregory, The Ungovernable Rock : A History of the Anglo-Corsican Kingdom and its role in Britain's Mediterranean Strategy During the Revolutionary War (1793–1797), Londres/Toronto, Associated University Presses, , 211 p. (ISBN 0838632254). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Bernard Ireland, The Fall of Toulon : The Last Opportunity To Defeat The French Revolution, Londres, Weidenfeld & Nicolson, , 320 p. (ISBN 978-0297846123). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Clément Martin, Nouvelle histoire de la Révolution française, Paris, Perrin, coll. « Pour l'histoire », , 648 p. (ISBN 978-2262025960, lire en ligne Accès payant). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Robert Colonna d'Istria, Histoire de la Corse : Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », , 2e éd. (1re éd. 1995), 320 p. (ISBN 979-10-210-3854-7, présentation en ligne, lire en ligne Accès payant). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Filmographie

  • Génération FLNC : les années romantiques (film), .
  • Génération FLNC : les années de plomb (film), .
  • Une vie violente de Thierry de Peretti, 2017.

Articles connexes

Événements historiques

Organisations clandestines

  • Armata di U Populu Corsu, groupe armé nationaliste corse
  • Clandestini Corsi organisation clandestine à caractère xénophobe responsable d'attentats ayant pour but de semer la terreur parmi la population maghrébine et plus largement les populations étiquetées comme « non corses » et racailles (trafiquants, agresseurs, voleurs…).
  • Front de libération nationale de la Corse
  • FLNC UC, organisation armée née de la fusion du FLNC du et du FLNC Canal historique dont se réclame Indipendenza
  • FLNC du 5 mai, descendante du FLNC Canal habituel
  • FLNC du 22 octobre, organisation armée née d'une scission du FLNC Union des combattants
  • FLNC-Canal Habituel, organisation armée dont la vitrine légale était le MPA
  • FLNC Canal Historique, organisation armée dont la vitrine légale était la Cuncolta
  • Resistenza, organisation armée de l'ANC
  • Resistenza Corsa, organisation armée qui entendait « combattre contre le trafic de drogue en Corse et l'immigration clandestine »

Formations politiques

  • Corsica Nazione, rassemblement dépendant d'Indipendenza
  • Parti de la nation corse, nationalistes modérés rejetant la violence
  • A Manca Naziunale, la gauche nationale, fondée en 1997, organisation patriotique et révolutionnaire
  • Accolta naziuzianli corsa, organisation née en 1989 d'une scission de la Cuncolta dirigée par Pierre Poggioli
  • A Cuncolta Naziunalista a été remplacée par a Cunculta indipendista puis par Indipendenza
  • Unione di u Populu Corsu, ancêtre du PNC
  • Presenza Naziunale, organisation fondée par ceux qui se réclamaient de Jean-Michel Rossi et de François Santoni, dirigeants de la Cuncolta puis assassinés au prétexte qu'ils dirigeaient le groupe clandestin Armata corsa

Formations syndicales

Analyses thématiques

Liens externes

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