Jacqueline Manicom

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(à 41 ans) Massy |
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Jacqueline Manicom est une romancière et sage-femme féministe française née le en Guadeloupe et morte le à Massy, en Essonne.
Écrivaine féministe, engagée et indépendantiste, elle produit une œuvre autobiographique fondée sur la triple exploitation de classe, de race et de sexe. Elle a publié deux romans, Mon examen de blanc en 1972 et La graine : journal d'une sage-femme en 1974.
Elle est fondatrice du planning familial de Guadeloupe.
Biographie
Jacqueline Manicom naît en 1935 en Guadeloupe[1], « dans une case de la Guadeloupe ». Elle est l’aînée des vingt enfants d’une famille de paysans originaires d’Inde[2]. Elle passe les premières années de sa vie au Moule[3].
Elle devient sage-femme et travaille à l'hôpital Bichat à Paris[4]. Elle y rencontre Jacques Manicom, un interne en médecine, qu'elle épouse en 1959 et dont elle divorce un an plus tard, après la naissance de leur fils[3].
À la fin des années 1960, Jacqueline Manicom s'engage aux côtés de Simone de Beauvoir dans le Mouvement de libération des femmes (MLF) et participe à la création du mouvement de lutte pour la dépénalisation de l'avortement, Choisir la cause des femmes[5]. Elle milite pour la liberté de la contraception et de l'avortement. En 1964, elle cofonde avec son mari Yves Letourneur, Marie-Antoinette Simet-Lutin, professeure de collège et le médecin Jacques Abel, l'association du Planning familial de la Guadeloupe[6]. Elle joue un rôle actif dans la promotion de la santé des femmes[7].
De retour avec son mari à Paris en 1966, elle travaille à l'hôpital Boucicaut. Elle témoigne lors du procès de Bobigny en 1972[6].
Jacqueline Manicom se suicide le [4], à Massy. Elle est enterrée dans le caveau familial, en Guadeloupe.
Carrière littéraire
Écrivaine féministe, engagée et indépendantiste, Jacqueline Manicom produit une œuvre d'inspiration autobiographique fondée sur la triple exploitation de classe, de race et de sexe[4]. Elle est comparée à Michèle Lacrosil et Mayotte Capécia dans sa manière de réagir aux ouvrages de ses prédécesseurs masculins et notamment l'indifférence sexuelle de Frantz Fanon[7],[8].
Mon examen de blanc
Jacqueline Manicom publie son premier roman Mon examen de blanc en 1972[9],[10]. Dans ce livre, l'héroïne, une jeune femme métisse, avorte par ses propres moyens de l'enfant qu'elle a avec un européen blanc, abandonne ses études de médecine et repart en Guadeloupe pour retrouver ses racines. L'histoire de l'héroïne résonne avec l'histoire de l'île colonisée où elle vit, et son parcours de jeune femme au travers de sa relation avec un européen. Elle se rend compte de son aliénation culturelle et part à la recherche de ses propres racines culturelles[11],[12].
La Graine : journal d'une sage-femme
Deux ans plus tard, c’est avec La Graine : journal d'une sage-femme qu’elle rencontre véritablement le succès[4],[13]. L'histoire prend la forme d'un journal fictionnel où elle évoque son expérience de sage-femme, notamment la détresse des femmes qui n'ont pas souhaité l'enfant dont elles viennent d'accoucher.
Publications
- Mon Examen de blanc, Sarrazin, , 208 p. (OCLC 5388988).
- La Graine : Journal d'une sage-femme, Paris, Presses de la Cité, , 219 p. (ISBN 9782258187719).
- La Graine (préf. Cloé Korman, ill. Hina Hundt), Paris, Gallimard, coll. L'imaginaire n°773, , 240 p. (ISBN 9782073135957).
Héritage
Depuis 2025, une école du 20e arrondissement de Paris porte son nom[6].
Références
- ↑ (en) Mary Ann Gosser Esquilín, « Manicom, Jacqueline », dans Dictionary of Caribbean and Afro–Latin American Biography, Oxford University Press, (ISBN 9780199935796, lire en ligne)
- ↑ Stéphanie Bérard, « Jacqueline Manicom », sur www.dictionnaire-creatrices.com (consulté le )
- Doazan 2025.
- Cottenet-Hage, Becker et Eisinger 1996.
- ↑ Mélanie Bonvard, « Ce documentaire poignant revient sur l'histoire de cette femme méconnue qui a pourtant changé la vie de nombreuses de femmes », sur Cosmopolitan.fr, (consulté le )
- Samuel Piqueur, « Femmes d'Outre-mer : Jacqueline Manicom, la grande oubliée », sur Outre-mer La 1ère, (consulté le )
- Vincent Obidiegwu, « Histoire antillaise et évolution des écritures des femmes antillaises », Journal of Languages, Linguistics and Literary Studies (JOLLS), , p. 195 (lire en ligne [PDF])
- ↑ Sam Haigh, « L'écriture féminine aux Antilles : une tradition féministe ? », LittéRéalité, inconnue (lire en ligne [PDF])
- ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Pluie et vent sur Télumée miracle, de Simone Schwarz-Bart, Mon examen de blanc, de Jacqueline Manicom », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Betty Wilson, « Sexual, Racial, And National Politics: Jacqueline Manicom's "Mon examen de blanc" », Journal of West Indian Literature, vol. 1, no 2, , p. 50–57 (ISSN 0258-8501, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Chantal Maignan-Claverie, Le métissage dans la littérature des Antilles françaises, Karthala Editions, (ISBN 978-2-8111-4019-9, lire en ligne)
- ↑ Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel, Ne nous libérez pas, on s'en charge, La Découverte, (ISBN 978-2-348-05567-6, lire en ligne)
- ↑ Claude Sarraute, « Jacqueline ou la vraie vie », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
Ouvrages, articles
- Stéphanie Bérard, « Jacqueline Manicom », sur Dictionnaire universel des créatrices (consulté le ).
. - Madeleine Cottenet-Hage, Mary-Helen Becker et Erica Mendelson Eisinger, Dictionnaire littéraire des femmes de langue française : de Marie de France à Marie NDiaye, Karthala, (ISBN 978-2-86537-676-6, OCLC 36626988), p. 398-400.

- Blandine Doazan, « Sage femme en rage », Socialter, vol. 68, no 2, , p. 96–97 (ISSN 2270-6410, lire en ligne, consulté le ).
- Hélène Frouard, Jacqueline Manicom, la révoltée, Éditions de l'Atelier, , 200 p. (ISBN 9782708254428).
- Chantal Maignan-Claverie, Le métissage dans la littérature des Antilles françaises, Karthala Editions, (ISBN 978-2-8111-4019-9, lire en ligne).

- (en) Lizabeth Paravisini-Gebert, « Feminism, Race, and Difference in the Works of Mayotte Capécia, Michèle Lacrosil, and Jacqueline Manicom », Callaloo, vol. 15, no 1, , p. 66–74 (ISSN 0161-2492, DOI 10.2307/2931400, lire en ligne, consulté le ).
- (en) Betty Wilson, « Sexual, Racial, And National Politics: Jacqueline Manicom's "Mon examen de blanc" », Journal of West Indian Literature, vol. 1, no 2, , p. 50–57 (ISSN 0258-8501, lire en ligne, consulté le ).
Radio
- Nadine Nimier, « Les après-midi de France Culture - Naître (1ère diffusion : 16/04/1974) », 1 épisode de 55 mn [audio], sur France Culture, (consulté en )
- Marie Richeux, « La graine : le journal d’une sage-femme de Jacqueline Manicom », 1 épisode de 58 mn [audio], sur France Culture, Book Club, (consulté en )
Documentaires, télévision
- [vidéo] « Jacqueline Manicom : la révoltée », Hélène Frouard (8 mn) .
- [vidéo] « Rendez-vous avec Jacqueline Manicom », Portrait de Jacqueline Manicom, sage femme, l'une des fondatrices du mouvement Choisir et militante pour la liberté de la contraception et de l'avortement, un documentaire de produit par l'ORTF, André Fey.
- [vidéo] « Jacqueline Manicom, une voix pour les femmes », André Fey, , 59 mn, sur France Télévisions.
Liens externes
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