Jacques Antoine Creuzé-Latouche

Jacques Antoine Creuzé-Latouche
Fonctions
Membre du Sénat conservateur
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Président du Conseil des Cinq-Cents
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Président du Conseil des Anciens
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Député de la Convention nationale
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Député aux États généraux de 1789
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 51 ans)
Vaux
Nationalité
Formation
Activités
Famille
Enfant
Clémentine Creuzé (d)
Autres informations
Membre de

Jacques Antoine Creuzé de La Touche, dit Creuzé-Latouche, né le à Châtellerault (généralité de Poitiers, actuel département de la Vienne), mort le 1er brumaire an IX (le ) à Vaux-en-Vienne (département de la Vienne)[1], est un économiste et homme politique de la Révolution française et du Consulat.

En 1789, Jacques Antoine Creuzé de la Touche est élu représentant aux États généraux. Entre 1792 et 1799, il est élu député de la Vienne à la Convention nationale, où il vote la détention de Louis XVI, au Conseil des Anciens puis au Conseil des Cinq-Cents.

Sous le Consulat, il est nommé membre du Sénat conservateur. Il meurt moins d'un an après sa nomination.

Biographie

Origines familiales et jeunesse

Jacques Antoine Creuzé de La Touche est issu d'une famille de la bourgeoisie de robe.

Son père, Jacques Creuzé de la Touche, époux de Marie-Thérèse de Fremond de La Merveillère, est titulaire de la charge de « capitaine concierge du château de Châtellerault »[2].

Jacques Antoine Creuzé de La Touche effectue ses études en droit à Poitiers. En 1762, il devient titulaire de la charge de son père[3]. En 1784, il devient « lieutenant général de police au siège royal de Châtellerault »[4].

Mandat à la Constituante

En 1789, Jacques Antoine Creuzé de La Touche est élu représentant du tiers état pour la sénéchaussée de Châtellerault aux États généraux[5].

Le , il vote en faveur de l'égalité entre les hommes blancs et les hommes libres de couleur dans les colonies[6]. Le , il est élu secrétaire, aux côtés d'Étienne-Jean Augier (député de la Charente) et de Marc-Guillaume-Alexis Vadier (député de l'Ariège) sous la présidence de Charles de Lameth (député du Pas-de-Calais)[7].

Parallèlement à son mandat, il adhère au club des Jacobins[8].

Mandat à la Convention

La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Jacques Antoine Creuzé de La Touche est élu député du département de la Vienne, le sixième sur huit, à la Convention nationale. Il y est surnommé « Creuzé-Latouche » pour être différencié de son collègue homonyme Michel-Pascal Creuzé, député de la Vienne[9].

Il siège, selon l'historienne Christine Le Bozec, sur les bancs de la Gironde[10]. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la détention durant la guerre, et le bannissement à la paix », et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[11],[12] :

Il me paraît monstrueux que les mêmes hommes qui font les lois, puissent ordonner la mort d'un homme : et je ne conçois pas comment on pourrait servir la liberté, en se permettant des actes du plus terrible despotisme. Je vote pour la détention jusqu'à la paix et le bannissement à perpétuité.

Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[13]. Le , il est absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[14].

Durant la Terreur, Jacques Antoine Creuzé de La Touche n'est pas décrété d'arrestation, mais il héberge chez lui Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux (député du Maine-et-Loire)[15], girondin proscrit, et recueille chez lui Eudora Roland de la Platière[16].

Après la chute de Robespierre, Jacques Antoine Creuzé de La Touche adhère à la réaction thermidorienne. Le 15 germinal an III (le ), il est élu membre du Comité de Salut public[17]. Le 15 floréal (le ), il démissionne du Comité pour siéger à la Commission des Onze chargée de rédiger le projet constitutionnel de l'an III[18].

L'historienne Christine Le Bozec juge qu'il appartient au camp des « républicains opportuniste » au sein de la Commission, aux côtés de François-Antoine de Boissy d'Anglas (député de l’Ardèche) ou de Jean-Denis Lanjuinais (député d'Ille-et-Vilaine) pour qui la République est un « régime d'ordre et de conservation sociale »[10].

Mandat aux Anciens

Sous le Directoire, Jacques Antoine Creuzé de La Touche est réélu député et siège au Conseil des Anciens. Le 1er germinal an IV (le ), il est élu président du Conseil[19]. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le )[20].

Durant son mandat, il s'oppose au droit de successibilité revendiqué pour l'État dans les biens des parents d'émigrés et blâme la déportation des prêtres réfractaires.

Mandat aux Cinq-Cents

Lors des élections législatives de 1798, Jacques Antoine Creuzé de La Touche est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Son élection est validée par la loi du 22 floréal an VI ()[21]. Dès son admission, le 1er prairial (le ), il est élu président du Conseil[22].

Durant les débats, il s'oppose à la liberté de la presse et plaide pour rétablir l'impôt sur le sel.

Favorable au coup d'État du 18 brumaire, il fit partie, le 19 brumaire, de la Commission intermédiaire du Conseil des Cinq-Cents, et est le premier nommé des membres du Sénat conservateur dès le 3 nivôse an VIII ().

Il meurt moins d'un an après, le .

Vie familiale

Marié le avec sa cousine Jeanne Creuzé, à Antran dans la Vienne, ils ont deux filles, Laure et Thérèse, femme de lettres, qui se marient toutes deux sans avoir d'enfants.

Le , il recueille la petite orpheline Eudora Roland, fille de Madame Roland, guillotinée le , et de son mari Jean Marie Roland, vicomte de la Platière, suicidé de désespoir le 10.

Sources

  1. ↑ Archives départementales de la Vienne, « État civil de Vaux-en-Vienne de 1798 à 1803, vue 48 / 96, 9 E 336 2 4 » Accès libre, sur https://archives-deux-sevres-vienne.fr (consulté le )
  2. ↑ Archives nationales, « Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d'office : années 1739, 1740 et 1741. V/1/327, pièce 102 » Accès libre, sur https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  3. ↑ Archives nationales, « Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d'office : années 1760, 1761 et 1762. V/1/411, pièce 115 » Accès libre, sur http://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  4. ↑ Archives nationales, « Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d'office : années 1784-1785. V/1/516, pièce 473 » Accès libre, sur https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  5. ↑ Laurent, Émile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 8, Liste des noms et qualités de messieurs les députés et suppléants à l'Assemblée nationale » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  6. ↑ Laurent, Émile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 26, séance du 12 mai 1791 » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  7. ↑ Laurent, Émile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 33, Bureau de l’Assemblée nationale constituante (1789-1791) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  8. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « La Société des Jacobins : recueil de documents pour l'histoire du club des Jacobins de Paris. Tome 1 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. Christine Le Bozec, « Le républicanisme du possible : les opportunistes. (Boissy d'Anglas, Lanjuinais, Durand -Maillane. . .) », Annales historiques de la Révolution française, vol. 299, no 1,‎ , p. 67–74 (DOI 10.3406/ahrf.1995.1882, lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux . Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  12. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  13. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  14. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  15. ↑ La Révellière-Lépeaux, Louis-Marie de (1753-1824), « Mémoires de La Revéllière-Lépeaux, suivis de pièces justificatives et de correspondances inédites » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  16. ↑ La Révellière-Lépeaux, Louis-Marie de (1753-1824), « Mémoires de La Revéllière-Lépeaux, suivis de pièces justificatives et de correspondances inédites » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  17. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 21 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  18. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 22 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  19. ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°187, « Conseil des Anciens, séance du 1er germinal (21 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 7 germinal an 4 (27 mars 1796) (consulté le )
  20. ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
  21. ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°236, « Conseil des Anciens, séance du 22 floréal (11 mai) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 26 floréal an 6 (15 mai 1798) (consulté le )
  22. ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°243, « Conseil des Cinq-Cents, séance du 1er prairial (20 mai) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 3 prairial an 6 (22 mai 1798) (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Notes et références