James Sibley Watson

James Sibley Watson
Biographie
Naissance
Décès
(à 87 ans)
Rochester
Nationalité
Formation
Activités
Père
James Sibley Watson (d)
Mère
Emily Sibley Watson (en)
Conjoint
Hildegarde Lasell Watson (en)

James Sibley Watson, né le à Rochester (New York) où il est mort le , est un médecin américain, qui fut éditeur, philanthrope et réalisateur-producteur de films expérimentaux.

Biographie

James Sibley Watson est le fils de James Sibley Watson Sr (1860-1951) et d'Emily Sibley (1855-1945), qu'elle épouse en 1891 en secondes noces[1]. Le père de James est le fils de Don Alonzo Watson (en) (1807-1892) et sa mère, est la fille de Hiram Sibley : ses grands-parents sont les fondateurs de la Western Union[2].

James grandit à Rochester dans un milieu très aisé et cultivé. Il sort diplômé de l'université Harvard le 22 juin 1916. Durant ses années universitaires au cours desquelles il collabore au Harvard Monthly[3], il se lie d'amitié avec Scofield Thayer et E. E. Cummings, qui resteront ses plus fidèles proches. Thayer est l'héritier d'une importante fortune lainière de la Nouvelle Angleterre. Quelques mois après l'obtention de son diplôme, Watson épouse Hildegarde Lasell[4], qui partage son enthousiasme pour les arts et qui, avec lui, va soutenir généreusement de nombreux artistes au cours des décennies suivantes. En 1918, le couple a un fils, Michael, puis, en 1921, une fille, Jeanne[5].

Malgré sa timidité et sa réserve naturelle, Watson va devenir au cours de sa vie un homme aux multiples talents et intérêts, et il va mener plusieurs carrières brillantes. Il devient non seulement médecin, mais contribue également de manière significative aux industries de l'édition et du cinéma. Durant son temps libre, il est également peintre, pilote d'avions, tireur d'élite et inventeur[6].

The Dial (1918-1929)

Watson entre en relation avec le magazine littéraire et politique The Dial, alors dirigé par la famille de Francis Fisher Browne[7] : il y débute comme lecteur, encore étudiant. En 1918, le magazine connaît de graves difficultés financières : Scofield Thayer, ami intime de Watson, décide de sauver le périodique, en le rachetant. Watson contribue largement à recapitaliser The Dial. En janvier 1920, Watson, nommé directeur de publication, et Thayer, rédacteur-en-chef, deviennent officiellement les nouveaux propriétaires de The Dial. Ils s'investissent également dans la rédaction, permettant à E. E. Cummings et Gaston Lachaise d'y publier. Watson y publie des textes parfois sous le pseudonyme de « W. C. Blum », en hommage à William Carlos Williams, qu'il admirait également. Watson a également traduit pour The Dial des œuvres d'auteurs non-anglophones, notamment Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud. En 1926, Thayer fait une grave dépression, et c'est Marianne Moore qui est nommée rédactrice-en-chef ; elle est secondée par Watson jusqu'à l'arrêt de The Dial, en juillet 1929. Le magazine était devenu en dix ans, le périodique le plus influent du modernisme américain[8].

Réalisateur et producteur de films

Quatre ans avant la fin de The Dial, Watson s'intéresse aux courts métrages expérimentaux[3]. En 1926, Watson retrouve Melville Folsom Webber (1896-1947)[9], un autre diplômé de Harvard, et les deux amis s'associent pour produire des films. Watson réalise Nass River Indians en 1928, c'est un film ethnographique d'une durée de 17 minutes, initialement distribué au Canada et récemment restauré[3]. Watson et Webber produisent la même année La Chute de la maison Usher, qui connait un certain succès, contemporain du film éponyme de Jean Epstein[10].

Après le moins connu Tomatoes Another Day (1930)[11], une parodie de mélodrame sonore, le duo produit Lot in Sodom (1932), considéré comme un film d'avant-garde. Bien que Watson ait toujours affirmé que ses films étaient « des productions d'amateurs », ils ont valu à Watson et Webber le statut de pionniers du cinéma d'avant-garde. Le musicien Alec Wilder, ami proche de Watson, a également contribué à la production de Lot in Sodom en recrutant des acteurs et en officiant comme assistant réalisateur, et en composant la musique originale de La Chute de la maison Usher. Watson est devenu l'ami de toujours de Wilder, qui le décrivait dans une lettre datée de 1975 comme « mon mentor, mon pilier spirituel et créatif », et lui dédia même son autobiographie.

En 1930, Watson et Webber entrent en relation avec l'industrie en proposant un format original de film d'entreprise : pour la société Bausch & Lomb, ils produisent The Eyes of Science, un court métrage documentaire mettant en valeur cette entreprise. En 1938, Watson produit, seul cette fois, un autre film, Highlights and Shadows, destiné à aux laboratoires de l'entreprise Kodak[12].

Films et radiologie

Dans les années 1940, 1950 et 1950, Watson, devenu radiologue, s'intéresse durant toute sa carrière médicale à de nouvelles formes de productions audiovisuelles : il appelle cette nouvelle technologie x-ray / cinefluorographic motion pictures. En 1953, il met au point avec ses associés un procédé filmique d'images animées en 3D à partir du processus photographique intégrant le rayon X. Plus de 10 000 séquences ont été produites par Watson au cours de séances médicales, intégrant le procédé « cinéfluorographique »[12].

Tournant de carrière et fin de vie

C'est durant la la Seconde Guerre mondiale, que Watson reprit en main sa carrière médicale, se spécialisant d'abord en gastro-entérologie. On lui attribue les premières photographies en couleur de l'intérieur de l'estomac. Dans les années 1940, il rejoint l'équipe de radiologues de Rochester, ce qui déclencha son désir de produire des films radiographiques.

Durant toutes ces années, Watson maintient également une correspondance avec de nombreuses personnalités rencontrées à The Dial et au cours de sa carrière cinématographique, notamment E. E. Cummings, Kenneth Burke et Alec Wilder. En 1978, il fait don de la « Collection Hildegarde Lasell Watson d'œuvres d'E. E. Cummings » à l'université d'État de New York à Brockport. Au début des années 1980, Watson fonde avec la poétesse et pédagogue militante Dale Tristany Davis une maison d'édition, la Sigma Foundation, pour publier plusieurs auteurs ayant collaboré à The Dial, dont Mina Loy, Djuna Barnes et Margaret Anderson[13].

Après le décès de Hildegarde Lasell Watson en 1976, Watson épouse en secondes noces Nancy Dean, qui perpétua l'engagement de son mari envers la communauté : après le décès de Watson, elle nomme Dale Tristany Davis exécutrice testamentaire littéraire et vend les archives de Watson, rassemblées par Davis, à la New York Public Library[14].

Notes et références

  1. (en) [PDF] The New York Times, 8 avril 1891.
  2. (en) Scientific American: Supplemen., Munn and Company, 1886, p. 8455 — sur Google Livres.
  3. (en) Bruce Posner (éd.), Unseen Cinema: Early American Avant-garde Film 1893–1941: A Retrospective of Restored and Preserved Films Detailing the Unknown Accomplishments of American Pioneer Filmmakers, New York, Black Thistle Press, 2001, p. 116, 121–122.
  4. (en) [PDF] The New York Times, 15 octobre 1916.
  5. (en) « Jeanne Quackenbush, nécrologie », in: The News-Journal, 15 mars 1991.
  6. (en) Frederick Hoffman, Charles Allen, et Carolyn Ulrich, The Little Magazine: A History and a Bibliography, Princeton, Princeton University Press, 1946, p. 196–206.
  7. (en) Lorraine Janzen Kooistra, General Introduction. The Dial: An Occasional Publication (1889-1897) (2019), sur Yellow Nineties 2.0.
  8. (en) Nicholas Joost, The Dial (1912-1920). Years of Transition, Barre (Mass.), Barre Publishers, 1967, p. 4-15.
  9. « Melville Webber », notice sur la base Imdb.
  10. (en) Christopher Workman et Troy Howarth, Tome of Terror: Horror Films of the Silent Era, Baltimore (Maryland), Midnight Marquee Press, 2016, p. 323.
  11. « Tomatoes Another Day », notice de la base Imdb.
  12. (en) Jan-Christopher Horak, « A neglected genre: James Sibley Watson's avant-garde industrial films », in: Film History: An International Journal, 20.1 (2008), p. 35–48.
  13. (en) Dale Davis, « This and That: Sifting Through New York State Poets In The Schools », The Bakery Poetry, octobre 2012.
  14. (en) « James Sibley Watson/The Dial Papers », Archives de la New York Public Library.

Liens externes

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