Jean-Baptiste Pigné-Dupuytren
| Conservateur adjoint (d) Musée Dupuytren | |
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| Décès |
(à 76 ans) San Diego |
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française (- américaine (- |
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| Parentèle |
Guillaume Dupuytren (oncle) |
| Membre de |
Société anatomique de Paris () San Francisco Medical Society (d) () Académie des sciences de Californie () |
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Jean-Baptiste Pigné, dit Jean-Baptiste Pigné-Dupuytren, né le à Limoges et mort le à San Diego, est un médecin franco-américain.
Biographie
Enfance et formation

Jean-Baptiste Pigné est né le à Limoges de Louis-Pierre Pigné (1774-1838), propriétaire, et de Marie Dupuytren (1785-1861)[1]. Neveu du célèbre anatomiste et chirurgien Guillaume Dupuytren, Jean-Baptiste entreprend des études de médecine auprès de son oncle et devient externe en 1832[2], puis interne des hôpitaux de Paris en 1834[3],[4],[5]. Aucune thèse soutenue de sa part n'a été retrouvée dans une des trois facultés de médecine de l'époque (Paris, Montpellier et Strasbourg)[note 1],[6] mais il aurait un diplôme de l'université de Heidelberg en Allemagne[5] et serait diplômé du Collège royal des chirurgiens d'Edimbourg (en) en 1848[7],[8].
Médecin spécialisé en anatomie-pathologie
Guillaume Dupuytren meurt le à Paris[9]. Pigné signe son acte de décès[9]. Dans son testament, Dupuytren lègue à son neveu sa bibliothèque médico-chirugicale accompagnée d'une soixantaine d'observations manuscrites avec la condition d'en publier rapidement les plus importantes[9].
Pigné devient membre de la Société anatomique de Paris en 1836, avant d'occuper la fonction de secrétaire de la société savante en 1838, vice-président en 1839 et trésorier de 1840 à 1844[10].
En 1840, Pigné est nommé conservateur-adjoint du musée Dupuytren, succédant à Jean-Baptiste Barth à la tête de ce musée créé en 1835. Il occupe ce poste jusqu'en 1848[11]. Il découvre notamment un nouveau procédé de conservation des sujets anatomiques à base de créosote dilué dans de l'eau qui aurait de meilleurs résultats que l'alcool ou la dessication :
« Les pièces d'anatomie pathologique conservées depuis vingt ans dans l'alcool ont perdu leur coloration morbide, leur forme, leur volume et leur élasticité [...] Les pièces conservées depuis longtemps par dessication reprennent rapidement toutes leurs propriétés anatomiques, alors qu'elles auraient été vernies un grand nombre de fois »[12]
En 1843, Pigné adresse une lettre à Cruveilhier pour l'informer de sa découverte[13]. L'année suivante, Pigné présente ses résultats à la Société anatomique de Paris[14]. La Faculté de médecine de Paris adopte la solution de Pigné ainsi que le Muséum national d'Histoire naturelle[15],[16].
- Préparations ostéologiques et humides par Pigné pour le Musée Dupuytren (Sorbonne Université)
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Fracture consolidée du fémur -
Fracture du col du condyle -
Fracture des os de la jambe -
Langue bifide
Il a également travaillé à l'inventaire des collections du musée Orfila, préservées depuis 2011 au sein des collections du Conservatoire d’anatomie de Montpellier[17].
En 1841, il prononce un discours lors des obsèques de Louis-Joseph Sanson, successeur de Guillaume Dupuytren à l'Hôtel-Dieu de Paris[18].
Ses premières publications sont des traductions d'ouvrages médicaux en anglais (L’Anatomie de la glande thymus de Astley Paston Cooper en 1832 avec W. Tobin) et des ouvrages en allemand (Traité de chirurgie de Maximilian Joseph von Chelius (en) en 1836[19], L'Histoire de l'inflammation du caecum de Johann Friedrich Hermann Albers (de) en 1839 et le Manuel d’accouchement à l’usage des sages-femmes de Franz Naegele en 1844[5],[20]). Il dirige la publication des Annales d'anatomie et de physiologie pathologiques qui paraissent entre 1842 et 1846[21],[22]. Cette publication périodique est consacrée à l'anatomie pathologique, discipline en plein développement en France dans la première moitié du XIXe siècle avec la création de la première chaire à la Faculté de médecine de Strasbourg en 1819 et par Lobstein à la Faculté de médecine de Paris en 1835[23]. Le National salue cette initiative et y voit la poursuite des travaux initiés par Guillaume Dupuytren[21]. Pour le Journal de médecine et de chirurgie pratique :
« L'étude de l'anatomie pathologique est tellement négligée de nos jours, qu'on ne peut trop applaudir à une entreprise destinée à la remettre en honneur. Sans anatomie pathologique, en effet, il n'est point de véritable médecine. L'observateur marche au hasard et se perd dans le champ des hypothèses. L'étude de nos tissus altérés peut seule lui fournir des notions positives, alors que toutes les autres investigations sont demeurées insuffisantes. Nous faisons donc des vœux pour que la publication de M. Pigné reçoive l'accueil qu'elle mérite et qu'elle entretienne le goût d'une étude que ce médecin cultive avec tant de succès. »[24]
En 1844, il est l'un rares français à faire partie des membres fondateurs de la Société médicale allemande de Paris[5] :
« à l’initiative de dix médecins de langue allemande (Stromeyer, Szokalsky, Kolb, Feldmann, Otterburg, Schlund, Sichel, Mandl, Kuhn et Schuster), une association a été fondée. Trois français se joignirent à eux (Pigné, Danyau et Blanche), ainsi que deux anglais (Macarthy et Olliffe) »
Médecin franco-américain en Californie
Pigné immigre aux États-Unis dans les années 1840. Il s'installe dans un premier temps à New York en 1845, puis va à la Nouvelle Orléans, avant de revenir à New York et partir en Californie. Il s'installe à San Francisco en 1849 puis déménage à Los Angeles en 1875[25],[26]. Pigné prend part à la deuxième expédition de Gaston de Raousset-Boulbon en Sonora. Il est brièvement arrêté par les autorités mexicaines le et Gaston de Raousset-Boulbon est exécuté le [27]. À son retour à San Francisco, Pigné publie le récit de cette expédition le [28]. En 1856, il obtient la nationalité américaine[29].
Pigné-Dupuytren, comme il est dorénavant appelé, poursuit sa carrière de médecin[30]. Il y devient un médecin réputé[31] et s'implique beaucoup dans la vie locale des Français implantés en Californie[32]. Il figure dans la liste des agents consulaires de la France à Marysville entre 1857[33] et 1869[34]. Il participe à la création de la Société médicale de San Francisco en assurant la fonction de second vice-président en 1868[35] et dans ses travaux ultérieurs[36]. Il s'implique aussi grandement au sein de la Ligue nationale française, notamment dans la collecte de livres afin de constituer le fonds pour doter la communauté francophone de San Francisco d'une bibliothèque[note 2],[37],[38]. On le retrouve aussi impliqué dans la presse locale. Il tente de relancer L'Union et lance Le Progrès en 1884[26].
Il ne délaisse pas les sciences de l'inventaire. En 1867, il expose sa collection de minéraux de Californie à l'école impériale des mines de Paris dans le cadre de l'exposition universelle[39],[40],[41]. Il donne également des squelettes humains à l'Académie des sciences de Californie en 1854[42], dont il devient membre résident en 1872[43].
Jean-Baptiste Pigné meurt le à San Diego à l'âge de 76 ans. « Un des membres les plus considérés de la colonie franco-américaine de Californie » selon sa nécrologie publiée dans L'Illustration[44]. Il laisse une femme et une fille[note 3],[45].
Le médecin et sculpteur James De Berty Trudeau l'a représenté dans un médaillon en bronze[46]. Ce travail s'inscrit dans un ensemble de représentation de médecins réalisées entre 1849 et 1858[47].
- Documents d'archives
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Couverture du récit de l'expédition signé Pigné-Dupuytren (1854) -
Naturalisation (1856) -
Annuaire de San Francisco (1864) -
Recensement de Los Angeles (1880)
Publications
- L’Anatomie de la glande thymus de W. Tobin, traduit de l'anglais par Jean-Baptiste Pigné, 1832.
- Mémoires sur les céphalæmatomes ou tumeurs sanguines des enfants nouveau-nés, Journal universel et hebdomadaire de médecine et de chirurgie pratiques et des institutions médicales, 1833.
- Traité de chirurgie, par Joseph Maximilian Chélius, traduit de l'allemand par Jean-Baptiste Pigné, 1836. [lire en ligne]
- Mémoire sur les ostéophytes, les périostiophytes, les chondrophytes et les tæniophytes, par J. Fried. Herm. Albers, traduit de l'allemand par Jean-Baptiste Pigné, L'Expérience : journal de médecine et de chirurgie, 1839. [lire en ligne]
- Manuel d’accouchement à l’usage des sages-femmes, par Naegele, traduit de l'allemand par Jean-Baptiste Pigné, 1839.
- Paroles prononcées par J.-B. Pigné sur la tombe de L.-J. Sanson, 1841. [lire en ligne]
- Annales de l’anatomie et de la physiologie pathologique, directeur de publication, 1842-1846. [lire en ligne]
- Récit de l'expédition en Sonore de M. le comte Gaston de Raousset-Boulbon, 1854. [lire en ligne]
- Successful ligation of carotid artery, Pacific medical and surgery Journal, 123-127, 1872.
- Le Progrès, directeur de publication, 1884.
Notes et références
Notes
- ↑ Un dénommé Narcisse-Edmond Pigné soutient une thèse sur les accouchements naturels le 10 janvier 1835.
- ↑ Bibliothèque dorénavant gérée par l'Alliance française de San Francisco.
- ↑ Isabella Pigné-Dupuytren née Isabella Grain (c. 1830) et Leona Wood née Pigné-Dupuytren (1860-1952).
Références
- ↑ Acte de naissance, Limoges, 29 octobre 1809, vue 144 sur 178, n°703
- ↑ Procès-verbaux des concours pour la nomination des élèves internes et externes en médecine et en chirurgie des hopitaux et hospices civils de Paris, pour l'an 1832, et distribution des prix pour l'an 1831, Madame Huzard (Née Vallat la Chapelle), Imprimeur des Hospices Civils, (lire en ligne), p. 80
- ↑ « CTHS - PIGNE Jean-Baptiste », sur cths.fr (consulté le )
- ↑ « AAIHP - Association Amicale des Anciens Internes en Médecine des Hôpitaux de Paris », sur www.aaihp.fr (consulté le )
- Jean-Marie Mouthon, Les médecins de langue allemande à Paris au XIXe siècle, t. I, , 309 p. (lire en ligne), p. 6, 15
- ↑ François Vidal, « Les "Petites écoles" de médecine au XIXe siècle », Actes de la Société française d'histoire de l'art dentaire, , p. 22-25 (lire en ligne)
- ↑ (en) California Medical Association, Transactions of the Session of the Medical Society of the State of California, J. Anthony & Co., Printers., (lire en ligne), p. 6
- ↑ « The Royal College of Surgeons of Edinburgh », sur archiveandlibrary.rcsed.ac.uk (consulté le )
- « Le testament de Dupuytren », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, no LXXVI, , p. 374-383 (lire en ligne)
- ↑ « CTHS - Société anatomique de Paris (SAP) - PARIS », sur cths.fr (consulté le )
- ↑ A. Prévost, La Faculté de médecine de Paris, ses chaires, ses annexes et son personnel enseignant de 1790 à 1900, A. Maloine, (lire en ligne), p. 198
- ↑ https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6359917g/f4.image.r=(prOx:%20%22pign%C3%A9%22%20200%20%22dupuytren%22)?rk=236052;4
- ↑ Archives nationales, cote AJ/16/6563 cité par Juliette Ferry-Danini dans Collecting human remains in nineteenth‑century Paris: the case of the Société Anatomique de Paris and the Musée Dupuytren (History and Philosophy of the Life Sciences, 2023).
- ↑ (en) Juliette Ferry-Danini, « Collecting human remains in nineteenth-century Paris: the case of the Société Anatomique de Paris and the Musée Dupuytren », History and Philosophy of the Life Sciences, vol. 45, no 4, , p. 41 (ISSN 1742-6316, DOI 10.1007/s40656-023-00592-5, lire en ligne, consulté le )
- ↑ A. Prévost, La Faculté de médecine de Paris, ses chaires, ses annexes et son personnel enseignant de 1790 à 1900, A. Maloine, (lire en ligne), p. 142
- ↑ « De l'Acide phénique », La Célébrité, no 37, , p. 300-301
- ↑ Charles-Nicolas Houel, Catalogue du musée Orfila, (lire en ligne)
- ↑ Jean-Baptiste Pigné-Dupuytren, Paroles prononcées par J.-B. Pigné sur la tombe de L.-J. Sanson, (lire en ligne)
- ↑ (en) Joseph Maximilian Chélius (trad. Jean-Baptiste Pigné), « Traité de chirurgie », sur Wellcome Collection, (consulté le )
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- ↑ « Wood, Leona Pigne-Dupuytren (1860-1952) · Jane Addams Digital Edition », sur digital.janeaddams.ramapo.edu (consulté le )
- ↑ (en) Archibald Malloch, « James de Berty Trudeau: artist, soldier, physician », Bulletin of the New York Academy of Medicine, vol. 11, no 12, , p. 681-699 (lire en ligne)
- ↑ George E. Gifford, « James De Berty Trudeau: Physician-Naturalist », Bulletin of the History of Medicine, vol. 54, no 1, , p. 78–94 (ISSN 0007-5140, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à la santé :
- Ressource relative à la recherche :
- Lettre de Dupuytren à Pigné, l’enjoignant à remplir les fonctions de prosecteur de M. Tiedmann, 1829
- Lettre de Pigné au ministre de l'instruction publique, (partie 1, partie 2)
- Préparations ostéologiques et humides de Pigné dans les collections médicales et d'anatomie pathologique de Sorbonne Université
- The Humble Surgeon
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