Jean-Jacques Bréard

Jean-Jacques Bréard, dit Jean-Jacques de Bréard-Duplessys, né le à Québec (Nouvelle-France, actuel Canada), mort le à Paris (ancien 5e arrondissement)[1], est un homme politique de la Révolution française.

Biographie

Jean-Jacques Bréard est le fils de Jacques-Michel Bréard, un contrôleur de la marine, qui avait pris part à la désastreuse administration (voir : Affaire du Canada) avec le dernier intendant de la colonie, François Bigot. Jean-Jacques Bréard quitta le Canada avec son père et arriva en France vers 1758.

Mandat à la Législative

La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Jean-Jacques Bréard, alors vice-président du directoire de Charente-Inférieure, est élu député du département, le premier sur onze, à l'Assemblée nationale législative[2].

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. Le , il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. Le , il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette.

Mandat à la Convention

La monarchie prend fin de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Jean-Jacques Bréard est réélu député de la Charente-Inférieure, le deuxième sur onze, à la Convention nationale[3].

Bréard occupe des fonctions dirigeantes au sein de la Convention montagnarde :

Bréard siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine. Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[9]. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[10].

Le , aux côtés de Bernard Tréhouart (député d'Ille-et-Vilaine), Bréard est envoyé en mission à Brest et à Lorient « pour y rétablir l'ordre dans toutes les parties du service de la marine »[11].

Le 26 germinal an II (), il adhère au décret proposé par Louis-Antoine de Saint-Just (député de l'Aisne) et demande que le délai accordé aux anciens nobles soit réduit à huit jours[12]. Il participe à la chute de Robespierre en s'opposant, le 8 thermidor (le ), à l'impression du discours de Maximilien de Robespierre[13].

Mandat aux Anciens

Sous le Directoire, Jean-Jacques Bréard est réélu député et siège au Conseil des Anciens. Le 1er frimaire an V (le ), il est élu président du Conseil et ses secrétaires sont Antoine-François Fourcroy (député de la Sarthe), Jean-Louis Girod (député de l'Ain), Jean Rousseau (député de la Seine) et Claude-Bonaventure Vigneron (député de Haute-Saône)[14]. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le )[15].

À l'issue du coup d’État du 18 brumaire (), Jean-Jacques Bréard est nommé membre du Corps législatif. Le 16 nivôse an IX (le ), il en est élu président[16].

Durant les Cent-Jours, il signe l'Acte additionnel aux constitutions de l'Empire[17]. Lors de la Restauration, il est frappé par la loi du 12 janvier 1816 qui bannit hors de France les régicides qui ont soutenu le retour de Napoléon Bonaparte. Bréard se réfugie en Belgique et rentre en France à l'issue de la Révolution de 1830.

Sources

  • « Jean-Jacques Bréard », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Bernard Gainot, Dictionnaire des membres du comité de Salut Public : Dictionnaire analytique biographique et comparé des 62 membres du Comité de Salut Public, Paris, Tallandier, , 163 p. (ISBN 9782235018524), p. 89-90.

Références

  1. Archives de Paris, « État civil reconstitué, registre des décès, vue 7 / 51, V3E/D 193 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  2. Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, Liste des députés » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  3. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  4. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 1 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 58, séance du soir du 7 février 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 2 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 3 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 4 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  11. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 6 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  12. Bouloiseau, Marc (1907-1999) et Reinhard, Marcel (1899-1973), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 88, séance du 26 germinal an II (15 avril 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  13. Alquier, Aline et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 93, séance du 8 thermidor an II (26 juillet 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  14. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°64, « Conseil des Anciens, séance du soir du 1er frimaire (21 novembre) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 4 frimaire an 5 (24 novembre 1796) (consulté le )
  15. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
  16. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°107, « Corps législatif, séance du 16 nivôse (6 janvier) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 nivôse an 9 (7 janvier 1801) (consulté le )
  17. Joyal, Serge (2013). Le mythe de Napoléon au Canada français, Montréal : Del Busso Éditeur.

Liens externes

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