Jean-Nicolas-André Castella
| Naissance | |
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| Décès |
(à 67 ans) Fribourg |
| Nationalité |
suisse |
| Activité |
| Mouvement |
Républicanisme suisse |
|---|
Jean-Nicolas-André Castella (Gruyères, - Fribourg, ) est un avocat, docteur en droit et homme politique suisse. Figure intellectuelle majeure du républicanisme fribourgeois, il est le principal théoricien du soulèvement de Chenaux (1781) et l’un des animateurs du Club helvétique de Paris durant la Révolution française[1].
Biographie
Famille et formation
Issu de la notabilité gruérienne, il est le fils de Jean-Henri Castella (1697-1771), curial de Gruyères issu de la noblesse rurale, et d'Etiennette Murith (1711-1794). Sa parenté maternelle, la famille Murith, constitue une lignée d'administrateurs et d'ecclésiastiques influents en Basse-Gruyère ; il est notamment le cousin du chanoine et botaniste Laurent-Joseph Murith[2].
Il effectue des études de philosophie à Lyon et de droit à Besançon, où il obtient son doctorat en droit en 1768. Il perfectionne sa formation dans plusieurs universités allemandes avant de s'établir comme avocat et notaire à Gruyères dès 1760[1]. Il épouse Marie-Catherine Tercier, également issue d'une famille de notables locaux.
Carrière politique et soulèvement de 1781
Castella occupe diverses fonctions publiques d'importance : il est nommé banneret de Gruyères en 1770, châtelain du couvent de La Part-Dieu et secrétaire de justice en 1781. Adversaire résolu du patriciat de Fribourg, il s'allie à la bourgeoisie de la capitale pour contester l'oligarchie souveraine[1].
Lors du soulèvement de Chenaux en 1781, il s'illustre comme le « cerveau » du mouvement. Il rédige l'ouvrage majeur des insurgés : L'Exposé justificatif pour le peuple du canton de Fribourg en Suisse au sujet des troubles arrivés en 1781[3]. À la suite de l'échec de la révolte, il est condamné à mort par contumace le . Il s'exile alors dans le Jura, en Savoie et en Dauphiné[4].
Exil à Paris et retour en Suisse
Dès le début de la Révolution française, il gagne Paris et devient l'un des dirigeants du Club helvétique de Paris. Il poursuit son activité de publiciste, diffusant les idées républicaines en Suisse. En 1797, il signe la pétition de Frédéric-César de La Harpe adressée au Directoire pour réclamer la fin des régimes aristocratiques dans les cantons suisses[1].
Après la proclamation de la République helvétique, il rentre au pays mais occupe des fonctions de second plan (juge e sous-préfet de la Gruyère), étant jugé trop radical par les nouvelles autorités. Il termine sa carrière comme greffier du tribunal de district à Gruyères à partir de 1803[1].
Descendance
Sa lignée maintient une influence politique notable dans le canton au XIXe siècle. Son petit-fils, André Castella (1805-1873), sera avocat, député radical au Grand Conseil et membre du Conseil d'État fribourgeois entre 1848 et 1857[5].
Voir aussi
- Soulèvement de Chenaux
- Laurent-Joseph Murith
- Pierre-Nicolas Chenaux
Références
- Marius Michaud, « Castella, Jean Nicolas André », sur Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), (consulté le ).
- ↑ Abbé Joseph Murith, « Notices historiques de la famille Murith, de Gruyères », Jean Pharisa, (consulté le ).
- ↑ Jean-Nicolas-André Castella, Exposé justificatif pour le peuple du canton de Fribourg en Suisse au sujet des troubles arrivés en 1781, Genève, , 114 p. (lire en ligne).
- ↑ Olivier Murith, Quand la plume tombe par l'épée.. : le notaire Jean Nicolas André Castella de Gruyères entre 1771 et 1781, Fribourg, .
- ↑ Conseil d'État, « André Castella, ancien Conseiller d'Etat », sur Site officiel de l'État de Fribourg, (consulté le ).
Bibliographie
- Olivier Murith, Quand la plume tombe par l'épée.. : le notaire Jean Nicolas André Castella de Gruyères entre 1771 et 1781, Fribourg, .
- Ariane Méautis, Le Club helvétique de Paris (1790-1791) et la diffusion des idées révolutionnaires en Suisse, Lausanne, Éditions de la Baconnière, .
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