Jean Taulier

Jean Taulier
Biographie
Naissance
Décès
Noms de naissance
Jean Taulier, Johannes Taulier
Domicile
Activités
Conjoint
Catherine Damery (d)
Enfant
Catherine Taulier (d)
Autres informations
Genre artistique

Jean Taulier ou Johannes Taulier (parfois écrit Thauler ou Tauler), né vers à Bruxelles et mort vers à Liège, est un dessinateur, graveur et artiste peintre des pays-bas espagnols.

Dès le début du xviie siècle, il part s'installer à Liège où il effectue des travaux décoratifs et peint de nombreux tableaux pour les églises et chapelles locales. Au cours de sa carrière, il forme dans son atelier liégeois les peintres Simon Damery I, Renier de Lairesse et Gérard Douffet.

Biographie

Né vers 1580 à Bruxelles[1],[2], le jeune homme vient s'installer à Liège vers 1600[1]« il rencontre un certain succès »[3] et où il épouse Catherine Damery, parente[Note 1] du peintre Simon Damery I (d) (1590-1630)[1],[7],[9] qui est également son élève[3],[7],[8]. En effet, comme le détaille Jules Helbig, « Taulier jouissait d'une certaine estime dans la ville où il s'était établi, où plusieurs artistes de renom, et comme nous venons de le rappeler, Gérard Douffet qui bientôt devait former école, ont fréquenté son atelier. Parmi les élèves de Taulier on cite encore Renier Lairesse, le chef d'une famille de peintres trop connus pour ne pas occuper une place importante dans cette étude. Renier Lairesse ne fut pas seulement disciple de Taulier, il s'éprit de sa fille et devint son gendre »[5],[7],[6].

Jean Taulier (attribué à), Adoration des bergers, vers 1624 (huile sur panneau ; 183 × 197 cm), Liège, Trésor de la cathédrale[10].

Artiste pluridisciplinaire, il se distingue en tant que peintre, peintre décorateur et graveur[3],[11],[12],[6]. Selon Louis Abry, il travaille « franc et de grande manière, approchant de Martin de Vos et autres flamands », et il est « le premier qui entreprend de dorer les autels de toutes sortes de mauresques et filigranes, sur des fonds d’ocre brun »[4]. « Habile et fécond », c'est surtout en tant que peintre décorateur qu'il « obtient des succès et s'assure de nombreuses commandes »[5]. Bien que de confession protestante, il dissimule sa foi et se centre sur la production de scènes religieuses comme le rappelle Jules Helbig : « Avant de s'établir à Liège, Taulier appartenait à la religion réformée, mais n'ayant aucune vocation pour le martyre, il eut soin de laisser ignorer sa confession qui ne fut révélée que par ses enfants après sa mort. Il avait au surplus d'excellentes raisons pour dissimuler ses convictions, si toutefois celles-ci existaient encore — Taulier ne cessait de travailler pour les églises, les chapelles et les couvents ; pour lui, comme pour ses confrères, les Ordres religieux étaient les meilleurs clients »[11].

Jean Taulier (attribué à), Adoration des mages, vers 1624 (huile sur panneau ; 183 × 197 cm), Liège, Trésor de la cathédrale[13].

De fait, il effectue des travaux décoratifs et peint de nombreux tableaux (disparus pour la plupart) pour les églises et les chapelles liégeoises[3],[7]. Il est l'auteur du grand autel de la collégiale Saint-Martin[14], « l’une de ses pièces qui a été considérée pour un morceau de réputation »[4],[15], où « il joignit également plusieurs tableaux servant d'épitaphes comme c'était encore l'usage de son temps »[16]. Il décore les réfectoires de l'abbaye Saint-Laurent et du couvent de Saint-Jacques[4],[3],[12], et réalise, vers 1610, les peintures et dorures du buffet d'orgue de la collégiale Sainte-Croix[3],[14],[17],[6]. Pour ces derniers travaux, il est payé 680 florins[16] et reçoit un dernier paiement de 36 florins en 1613 qui correspond probablement au crucifix placé au dessus du jubé de la même église[18]. Deux tableaux de L’Adoration des Bergers[19] et L’Adoration des Mages[20], inspirés de deux gravures d'après Pierre Paul Rubens et ornant à l’origine le buffet de l’orgue de l'église Saint-Antoine de Liège, lui sont attribués en 2024-2025 sur base d'une étude publiée dans le Bulletin du Trésor de Liège qui conclut que l'ancienne attribution à Frans Walschartz « n’est pas recevable »[21].

En tant que graveur, il travaille « sur le cuivre et sur le bois »[14] et il est l'auteur d'une Sainte Famille, signée et datée de 1635, ainsi que d'une « composition xylographique commémorant les obsèques solennelles à Saint-Lambert de Marie de Médicis, en 1642, lieu du transfert du corps de la reine, de Cologne à Paris »[14],[16],[22]. Il exécute d'autres estampes[16], dont « une Tête de fou, qui étant retournée, donnait une autre figure de fou » dans un ovale[14],[22].

Jean Taulier meurt à Liège vers 1642[1],[2].

Expositions

  • 2024 : Quaestus : Les acquisitions d’œuvres d’art au Trésor de Liège, du au , Trésor de la cathédrale, Liège (les deux tableaux de L’Adoration des Bergers et L’Adoration des Mages qui lui sont attribués sont exposés)[23],[21].

Notes et références

Notes

  1. Bien que le lien de parenté entre Catherine Damery et le peintre Simon Damery soit confirmé par la majorité des sources, elles fournissent des informations contradictoires à ce sujet car si certaines mentionnent qu'il s'agirait de sa fille[4],[5],[6], d'autres indiquent qu'elle serait sa tante[3],[7],[8] ou bien sa sœur[9].

Références

  1. (nl) « RKDartists : Johannes Taulier » Accès libre, sur Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie
  2. (nl) « Jean Thauler » Accès libre, sur Biografisch portaal van Nederland
  3. Bodson 1995, p. 947.
  4. Abry, Helbig et Bormans 1867, p. 179.
  5. Helbig 1903, p. 220.
  6. Wurzbach 1910, p. 690.
  7. Bergmans 1929, p. 620.
  8. Michiels 1876, p. 246.
  9. (en) « Lambert Damery » Accès libre, sur Ecartico,
  10. Maquet 2024, p. 4.
  11. Helbig 1903, p. 220-221.
  12. Bergmans 1929, p. 620-621.
  13. Maquet 2024, p. 5.
  14. Bergmans 1929, p. 621.
  15. Hendrick 1987, p. 107.
  16. Helbig 1903, p. 221.
  17. Helbig 1903, p. 221-222.
  18. Helbig 1903, p. 222.
  19. François Walschartz (ancienne attribution), « Adoration des bergers » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  20. François Walschartz (ancienne attribution), « Adoration des Mages » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  21. Maquet 2024, p. 4-5.
  22. Abry, Helbig et Bormans 1867, p. 180.
  23. Alexandre Alvarez, « Quaestus : Les acquisitions d’œuvres d’art au Trésor de Liège » Accès libre, sur Trésor de la cathédrale de Liège,

Annexes

Bibliographie

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Liens externes

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