Frans Walschartz

François Walschartz
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Frans Walschartz, ou François Walschartz, né vers - à Liège où il meurt vers -, est un artiste peintre de la principauté de Liège.

Biographie

François Walschartz est le fils de Marie Rommel et de Frans Walschartz[1], orfèvre dont la famille est originaire d'Anvers[2]. Jules Helbig relate sa jeunesse et ses premières années de formation en ces termes : « Destiné à suivre la profession paternelle, François débuta pour l'étude de l'art comme plusieurs des grands artistes florentins, — dans la boutique d'un orfèvre. C'est son père qui lui donna les premières notions de dessin et de gravure. Cependant, la vocation du jeune homme pour la peinture s'étant manifestée de bonne heure, ses parents prirent la décision de l'envoyer en apprentissage à Anvers, chez un maître de réputation dont le nom n'est pas connu. Mais c'est la vue des œuvres de Rubens qui, à ce qu'il semble, fit surtout impression sur le jeune artiste »[3]. Selon Jean Yernaux, il y aurait même fréquenté l'atelier de Rubens[4], avant de revenir à Liège de 1618 à 1620[5],[6].

Il se rend à Rome vers 1620 où il est l'élève du peintre caravagesque Carlo Saraceni[6],[2],[N 1] et, après la mort de celui-ci, il y aurait fréquenté l'école de Guido Reni, selon le chanoine Henri Hamal[4]. D'après Joseph Philippe, il y aurait également subi l'influence d'Antiveduto Grammatica[2]. Bien qu'il s'imprègne du caravagisme durant son voyage en Italie, tout comme son contemporain Gérard Douffet, il va développer un « style bien caractérisé, différent, en tout cas, de celui de son collègue liégeois »[2].

De retour à Liège en 1626, il y travaille jusqu'en 1646 ; il s'installe à Maastricht de 1646 à 1670[6]. Il revient ensuite à Liège où il meurt vers 1678-1679[6],[2].

Œuvre

Style et techniques artistiques

Walschartz peint principalement des thèmes religieux et c'est « l’un des représentants majeurs de l’école liégeoise de peinture au xviie siècle »[7]. Son style, que Jacques Hendrick défini comme le « réalisme populaire de Walschartz »[8], se caractérise par « une tendance à la représentation fort réaliste des personnages, saisis dans leur spontanéité et leur humanité »[7].

Catalogue et musées

Il est l'auteur d'une Adoration des mages (cathédrale Saint-Paul de Liège)[9], exécutée vers 1620 et provenant de l'hospice du Valdor[10], qui est largement inspirée d'une gravure de Lucas Vorsterman d'après le tableau central du triptyque de Pierre Paul Rubens conservé dans l'église Saint-Jean de Malines[11] (une autre copie du même tableau attribuée à l'artiste est conservée dans l'église Saint-Monulphe de Mechelen-aan-de-Maas[12]) ; une Adoration des bergers de 1626 ornant le maître-autel de l'église Notre-Dame de Foy à Foy-Notre-Dame près de Dinant[13],[14] (composition dont il existe une autre version, de moindre dimension, dans une collection privée)[2] ; une Cène (1626-1650) conservée dans l'église Sainte-Geneviève de Zepperen[15] ; une Nativité (vers 1630) décorant l'autel de l'église Saint-Pierre de Fouron-Saint-Pierre[16] ; une Sainte Famille (1641-1660) visible dans l'église des Capucins à Malmedy[17] et deux Flagellations du Christ conservées dans les musées des Beaux-Arts de Charleroi (de 1650)[18] et de Liège (non datée)[19].

Deux peintures représentant l'Adoration des Mages et l'Adoration des bergers, inspirées de Rubens et provenant de l'église Saint-Antoine de Liège[20],[21], lui ont longtemps été attribuées, bien qu'une étude de 2024-2025 publiée dans le Bulletin du Trésor de Liège conclut que cette attribution « n’est pas recevable » et propose le peintre Jean Taulier comme auteur de ces deux tableaux, actuellement conservés dans les collections du Trésor de la cathédrale de Liège[22].

Galerie

Notes et références

Notes

  1. Anna Ottani Cavina a proposé de l'identifier au Pensionnaire de Saraceni, nom de convention d'un peintre caravagesque anonyme actif à Rome dans les années 1610-1620 : Anna Ottani Cavina, « Les peintres de la réalité et le cercle caravagesque de Rome », dans L'Art en Lorraine au temps de Jacques Callot, Nancy, 1992, p. 61.

Références

  1. Helbig 1903, p. 347.
  2. Hendrick 1987, p. 119.
  3. Helbig 1903, p. 347-348.
  4. Yernaux 1961, p. 726.
  5. Helbig 1903, p. 348.
  6. « RKDartists : François Walschartz » Accès libre, sur Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie
  7. Delforge 2012.
  8. Hendrick 1987, p. 121.
  9. François Walschartz, « Adoration des Mages » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools
  10. François Walschartz, « L'adoration des Mages » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools
  11. Maquet 2024, p. 3.
  12. (nl) François Walschartz, « Aanbidding der Wijzen » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  13. Pierre-Yves Kairis 2009.
  14. François Walschartz, « Adoration des Bergers » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  15. (nl) François Walschartz, « Laatste Avondmaal » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  16. (nl) François Walschartz, « Geboorte van Jezus » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  17. François Walschartz, « Sainte Famille » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  18. François Walschartz, « Flagellation du Christ » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  19. François Walschartz, « Flagellation du Christ » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  20. François Walschartz (ancienne attribution), « Adoration des bergers » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  21. François Walschartz (ancienne attribution), « Adoration des Mages » Accès libre, sur Belgian Art Links and Tools (consulté le )
  22. Maquet 2024, p. 4-5.

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Biographie nationale de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, t. 31, Bruxelles, Établissements Émile Bruylant, S.A., , 796 p. (ISSN 0770-7150, OCLC 459342007, lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    • Jean Yernaux (rédaction de l'article), « Walschartz (Frans, Lambert et Guillaume), artistes », Biographie nationale,‎ , p. 723-730 (lire en ligne Accès libre [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Paul Delforge, « Walschartz François » Accès libre, sur Dictionnaire des Wallons, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jules Helbig, Histoire de la peinture au pays de Liège depuis l'introduction du christianisme jusqu'à la révolution liégeoise et la réunion de la principauté à la France, Liège, Imprimerie de Léon de Thier, , 385 p. (OCLC 921585155, lire en ligne sur Gallica Accès libre), p. 246-247. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jules Helbig, La peinture au pays de Liége et sur les bords de la Meuse, Liège, Henri Poncelet, (1re éd. 1873), 509 p. (lire en ligne Accès libre), p. 347-352. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jacques Hendrick, La Peinture au pays de Liège : XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Liège, Perron-Wahle, , 287 p. (ISBN 9782871140269, OCLC 462795279), p. 117-123. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre-Yves Kairis, « Le peintre François Walschartz et l'Adoration des bergers du maître-autel », Annales de la Société archéologique de Namur (édition des actes du colloque "Foy Notre-Dame : art, politique et religion", Dinant, 26 mai 2009), vol. 83,‎ , p. 119-129.
  • Pierre-Yves Kairis, « La Flagellation du Christ de François Walschartz : pièce majeure des collections de la Société royale d'Archéologie, d'Histoire et de Paléontologie de Charleroi », Documents et Rapports de la Société royale d'archéologie, d'histoire et de paléontologie de Charleroi, vol. t. LXVI,‎ , p. 146-155 (lire en ligne Accès libre [PDF])
  • Rita Lejeune (direction) et Jacques Stiennon (direction), La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres-arts-culture, t. II : du XVIe siècle au lendemain de la Première Guerre mondiale, Bruxelles, La Renaissance du livre, , 600 p. (OCLC 70306409, lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    • Jacques Hendrick (rédaction de l'article), « Livre premier. Du XVIe siècle à 1815 ; Deuxième partie : Les arts : II Baroque et classicisme : Les principaux peintres liégeois du XVIIe siècle », La Wallonie. Le Pays et les Hommes,‎ , p. 233-242 (lire en ligne Accès libre [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Julien Maquet, « Cinq années d'acquisitions au Trésor de Liège », Bulletin semestriel du Trésor de Liège, Liège, Trésor de la cathédrale de Liège, no 71,‎ , p. 1-27 (ISSN 2295-6751, lire en ligne Accès libre [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Liliane Sabatini (coordination), Martine Ferrante-Hollenfeltz (secrétariat général), Françoise Lhoest (secrétariat) et Isabelle Gérard (direction), Un double regard sur 2000 ans d'art wallon (Ouvrage accompagnant l'exposition présentée dans différentes institutions liégeoises du au ), Tournai, La Renaissance du Livre ; Crédit Communal, , 568 p. (ISBN 978-2-8046-0376-2 et 2-8046-0376-8, OCLC 249111529, lire en ligne Accès limité). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    • Pierre-Yves Kairis (rédaction de l'article), « Foisonnement et diversité : les peintres du XVIIe siècle », Un double regard sur 2000 ans d'art wallon,‎ , p. 321-341. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Article connexe

Liens externes

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