John Kay (graveur)
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(à 83 ans) Édimbourg |
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Caricaturiste, miniaturiste, graveur, artiste |
John Kay, né à Dalkeith en et mort à Édimbourg le , est un caricaturiste et graveur britannique d'origine écossaise.
Autodidacte, un temps barbier, il laisse une œuvre très singulière composée de portraits à l'eau-forte[1].
Biographie
Origines et jeunesse
John Kay est né à Gibraltar Cottage, situé au sud de Dalkeith, en Écosse, où son père, également prénommé John Kay, exerce le métier de maçon. Sa mère, Helen Alexander, issu d'un milieu relativement aisé, possède plusieurs propriétés à Édimbourg, dans le quartier de Canongate. À la mort de son père en 1748, John est envoyé vivre à Leith, le quartier portuaire d'Édimbourg, chez des membres de sa famille qui le maltraitent. À l'âge de 13 ans, il retourne à Dalkeith où il entre en apprentissage chez George Heriot, un barbier de la ville, qu'il sert pendant six ans. En 1761, il part pour Édimbourg, où il travaille sept ans comme apprenti. N'étant pas citoyen d'Édimbourg, il doit acquérir une charge l'autorisant à exercer la profession de barbier auprès de la Guilde des chirurgiens-barbiers (Society of Surgeon-Barbers'), ce qu'il fait finalement en décembre 1771, à l'âge de 29 ans, moyennant la somme de 40 livres sterling. Il ouvre ensuite son salon sur High Street, fréquenté par des clients de haut-rang, et se lie d'amitié avec plusieurs d'entre eux, notamment William Nisbet, de Dirleton, un ami qui lui resta fidèle[1].
Entre temps, en 1762, il épouse Lilly Steven ; le couple aura dix enfants, dont un seul survivra, William. Lilly meurt en 1785 et Kay épouse en secondes noces Margaret Scott.
Naissance d'un artiste
Passé la quarantaine, John Kay commence à graver sur du métal ses propres dessins. En 1784, il parvient à faire publier sa première caricature, un portrait de James Robertson de Kincraigie, légendé « le laird des Highlands un peu simplet »[2]. L'année suivante, encouragé par le succès rencontré par ses premières eaux-fortes satiriques, il abandonne son enseigne de barbier et ouvre une petite presse d'imprimerie dans le quartier de Parliament Close. Il y prospère, peignant des miniatures et publiant régulièrement ses croquis et caricatures de célébrités et de personnages excentriques locaux, très nombreux à cette époque dans la société d’Édimbourg[1]. Ce changement de vie est facilité grâce à William Nisbet qui lui fait verser une rente annuelle, et grâce à la protection du jeune avocat Henry Jardine (en) (1766-1851), futur membre fondateur du Bannatyne Club[1].
En 1792, il tente de rassembler ses portraits gravés sous la forme d'albums, mais l'opération éditoriale échoue.
De 1811 à 1816, Kay participe aux expositions annuelles de l’Association des artistes d’Édimbourg (Edinburgh Associated Artists). Il contribue également à l’exposition de la Royal Institution for the Encouragement of the Fine Arts in Scotland, qui eut lieu en 1822.
Succès aidant, il avait ouvert une nouvelle enseigne sur Royal Mile, qui devient un lieu de sociabilité pour un grand nombre de personnalités de la capitale écossaise. Sa boutique est détruite lors du « Grand Incendie d'Édimbourg » de novembre 1824.
Kay meurt deux ans plus tard au 227 High Street et est inhumé à l'angle nord-ouest du cimetière de Greyfriars.
Son épouse Margaret lui survit et meurt en 1835.
Œuvre
340 portraits gravés de Kay sont rassemblés par Hugh Paton[3] et publiés sous le titre A Series of Original Portraits and Caricature Etchings by the Late John Kay, with Biographical Sketches and Illustrative Anecdotes (Édimbourg, 2 vol. in-4°, 1838 ; éd. in-8°, 4 vol., 1842 ; nouvelle éd. in-4°, avec planches supplémentaires, 2 vol., 1877), constituant un précieux témoignage, sans doute unique, de la vie sociale et des mœurs populaires d'Édimbourg à son époque.
Son portrait en pied d'Adam Smith (1790) est à ce jour le seul connu du philosophe réalisé de son vivant.
Outre des portraits de personnalités, Kay a gravé des scènes de genre figurant la vie quotidienne des citoyens d'Édimbourg, constituant toute une galerie de types et physiologies d'une troublante modernité.
Le British Museum conserve une importantes collection de ses œuvres, dont deux albums apparemment constitués par Kay lui-même, tous deux décrits dans le Catalogue of Political and Personal Satires Preserved in the Department of Prints and Drawings in the British Museum[4].
Personnalités représentées par John Kay
Parmi toutes ces personnalité que John Kay caricatura, certaines achetèrent toutes les estampes les représentant, dans l'intention de les détruire, et Kay fut même victime, à de rares occasions, d'agressions physiques.
Le corpus avoisine 900 portraits, exécutés à l'eau-forte entre 1784 et 1822 ; dont ceux de :
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Mahomet and Abraham, the Two Turks, 1784. -
« Un combat de coqs », 1785. -
The Sleepy Congregation, gravure moquant le pasteur Alexander Webster dont les sermons endormaient les fidèles. -
A Whim - or a visit to the Mud Bridge, avec phylactères, 1786. -
Portrait d'Adam Smith The Author of the Wealth of Nations , 1790. -
The Craft in Danger, 1817.
Notes et références
- (en) Mark Bryant, Dictionary of British Cartoonists and Caricaturists, 1730-1980, Londres, Lund Humphries Publishers Ltd., 1994, p. 129.
- ↑ (en) Robert Chambers et Thomas Thomson (éd.), Biographical Dictionary of Eminent Scotsmen, Glasgow, Blackie & Son, 1874–1875, p. 415.
- ↑ (en) Hugh Paton (éd.) A Series of Original Portraits and Caricature Etchings by the Late John Kay, with Biographical Sketches and Illustrative Anecdotes, vol. 1., Édimbourg, Hugh Paton, 1838, p. 2.
- ↑ (en) Dorothy George (dir.), Catalogue of Political and Personal Satires Preserved in the Department of Prints and Drawings in the British Museum, Londres, The British Museu, 1870–1954.
Annexes
Bibliographie
- (en) Hilary et Mary Evans, John Kay of Edinburgh. Barber, Miniaturist and Social Commentator, Aberdeen, Impulse Publications, 1973 ; rééd. Édimbourg, Paul Harris, 1981 (ISBN 9780901311283).
- (en) Sandy Moffat et Glen Murray (éd.), « Review of John Kay of Edinburgh by Hilary & Mary Evans », in: Cencrastus, no 6, automne 1981, p. 43–44.
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) Œuvres de John Kay, sur nationalgalleries.org, site des Galeries nationales d'Écosse.
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