José Jerí
| José Jerí | ||
Portrait officiel de José Jerí (2025). | ||
| Fonctions | ||
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| Président de la république du Pérou | ||
| – (4 mois et 7 jours) |
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| Président du Conseil | Eduardo Arana Ernesto Álvarez |
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| Gouvernement | Jerí | |
| Coalition | APP-SP-PPC | |
| Prédécesseur | Dina Boluarte | |
| Successeur | José María Balcázar | |
| Président du Congrès de la République | ||
| – (6 mois et 22 jours) |
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| Prédécesseur | Eduardo Salhuana | |
| Successeur | Fernando Rospigliosi (intérim) José María Balcázar |
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| Membre du Congrès péruvien | ||
| En fonction depuis le (4 ans, 9 mois et 26 jours) |
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| Élection | 11 avril 2021 | |
| Circonscription | Lima | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | José Enrique Jerí Oré | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Lima (Pérou) | |
| Nationalité | Péruvienne | |
| Parti politique | SP | |
| Religion | catholicisme | |
| Résidence | Palais du gouvernement (Lima) | |
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| Présidents de la république du Pérou | ||
José Enrique Jerí Oré, né le à Lima, est un homme d'État péruvien. Président du Congrès à partir de , il devient président de la République le suivant, après la destitution par le Congrès (en) de la présidente Dina Boluarte.
Il est sous le coup d’enquêtes judiciaires pour enrichissement illicite. Selon les révélations du média d’investigation Ojo Público (en), son patrimoine a été multiplié par 14 entre 2021 et 2024, lorsqu'il était chargé de la présidence de la commission du budget du Parlement. Deux enquêtes pour trafic d'influence sont par ailleurs ouvertes après la révélation fin de réunions clandestines avec des hommes d'affaires chinois en dehors de tout cadre officiel, et pour avoir reçu à la présidence des jeunes femmes, qui ont été soupçonnées d'avoir reçu des contrats d'embauche, obtenu des contrats publics et des augmentations de salaire. Il est ensuite destitué à son tour par le Congrès (en) le .
Biographie
José Jerí est né dans le quartier Jesús María de Lima le . Il est diplômé de l'université nationale Federico Villarreal en 2014 et a ensuite obtenu son diplôme de droit en 2015 à l'université Inca Garcilaso de la Vega[1].
Carrière politique
Député
José Jerí est candidat aux élections législatives de 2021 en troisième position sur la liste électorale de Somos Perú à Lima. Bien qu'il n'ait obtenu que 11 654 voix, un nombre insuffisant pour lui permettre d'occuper un siège[2], il entre au Congrès du fait de la condamnation, quelques jours après les élections, par le Congrès sortant, de l'ancien président et tête de liste de Somos Peru Martín Vizcarra à dix ans d’inéligibilité pour corruption[2],[3],[4].
Comme député, il vote en faveur de l'abandon des poursuites judiciaires visant Dina Boluarte, ou encore des lois controversées décrites par Human Rights Watch comme « pro-crime », qui entravent la poursuite du crime organisé[2].
Le , il est élu président du Congrès grâce au soutien du parti fujimoriste Fuerza Popular de Keiko Fujimori[2].
Président de la République
Entrée en fonction
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Le suivant, après la destitution de la présidente Dina Boluarte, José Jerí devient président de la République, étant le premier dans l'ordre de succession présidentiel en l'absence de vice-président en fonction[5]. Il est alors presque inconnu de la population péruvienne[2]. Le Pérou étant en proie à une forte instabilité politique, José Jeri est le septième président en moins de dix ans[2].
Le , il nomme Ernesto Álvarez comme président du Conseil des ministres[6] et forme un nouveau gouvernement de dix-huit membres, qui se retrouve immédiatement confronté à une contestation populaire, notamment de la jeunesse[7].
Exercice du pouvoir et contestation
Le , des manifestations massives (déjà prévues avant son arrivée au pouvoir) dans les grandes villes du pays dénoncent l'explosion de la criminalité et les « élites corrompues », réclamant la démission du président et du Congrès[2]. À Lima, la manifestation s’est terminée dans la violence. Un manifestant est tué par un policier en civil et une centaine de personnes sont blessées, entre manifestants et policiers[2]. Le gouvernement décrète l'état d'urgence, officiellement pour lutter contre la criminalité mais selon ses détracteurs pour empêcher les manifestations de se poursuivre[8]. Les manifestants contestent Jerí du fait de son absence de légitimité électorale ainsi que des accusations de viol dont il fait l'objet[9].
Alors que la criminalité atteint des niveaux historiquement élevés, les gangs liés au trafic de l’or et de la drogue ayant pris depuis les années 2020 un contrôle croissant dans de nombreuses régions du pays, José Jerí fait déployer des soldats dans les rues, durcit le régime carcéral et effectue de nombreuses visites dans les prisons. « Cette guerre contre la délinquance (…) j’ai trop peu de temps pour la gagner, mais je prépare le terrain à celui qui me succédera », déclare-t-il[10]. Cette politique de lutte contre la criminalité lui vaut d'accroitre sa côte de popularité[11],[10].
Accusations de trafic d'influence et destitution
Il est accusé de trafic d'influence après la révélation fin de réunions clandestines avec des hommes d'affaires chinois en dehors de tout cadre officiel[12]. En outre, les visites récurrentes d'un groupe d'au moins cinq jeunes femmes au siège de la présidence — ayant ensuite obtenu des avantages comme des augmentations de salaire, des contrats d'embauche, ou encore des contrats publics —, ont aussi été révélées. Le parquet péruvien ouvre une enquête pour trafic d'influence, favoritisme et « nominations illégales ». Enfin, des médias révèlent des liens entre José Jerí et plusieurs femmes appartenant à un réseau présumé de prostitution actif au sein du Congrès de la République pendant son mandat de député[12]. Par conséquent, son taux de popularité s'effondre à 37 %, reculant de 21 points[13].
Les accusations de trafic d'influence et de financement illégal le visant conduisent à l'ouverture d'une procédure de destitution le . Elle est soumise au vote du Congrès le . Une majorité simple est requise pour le destituer de son poste de président du Congrès et donc de son poste de président de la République[14],[15]. Seul le camp fujimoriste le soutient publiquement[12]. Il est effectivement destitué par 75 voix favorables et 24 contre et trois abstentions. Le premier vice-président du Congrès de la République, Fernando Rospigliosi, refuse de lui succéder[16].
Controverses
Propos machistes
José Jéri suscite des polémiques relatives à ses propos machistes sur les réseaux sociaux depuis 2011. Ainsi, il partage une soi-disant étude scientifique affirmant que « le sexe favorise la production de neurones », puis commente celle-ci en affirmant que « la sapiosexualité est la nouvelle tendance sexuelle ». Dans d'autres messages, il affirme en 2012 qu'« une belle femme qui fume est doublement belle », puis l'année suivante que « ce que je préfère dans les fêtes d'enfants, ce sont les pom-pom girls ! Elles sont charmantes ! ». Enfin, en 2024, il déclare que « les filles d'or italiennes de Russie sont impressionnantes ! Je ferais mieux d'aller en Italie ! »[17].
Il est aussi critiqué après la révélation de ses abonnements à des comptes pornographiques du réseau OnlyFans[12].
Non respect des règles de distanciation sociale pendant la pandémie de COVID-19
En , lors de la troisième vague de la pandémie de COVID-19 au Pérou, José Enrique Jerí Oré a été photographié entrant dans le bar Elephant, situé dans le district de Miraflores, en compagnie d’une jeune femme nommée Stephany Vega Morón, assistante dans son bureau parlementaire, pour célébrer l’anniversaire de Claudia Llanos Vidal, une fonctionnaire de la municipalité de La Molina. Selon plusieurs rapports, Jerí a été vu en train de consommer de l’alcool avec les invités sans respecter la distanciation sociale, malgré un décret de la Présidence du Conseil des ministres imposant des restrictions sanitaires[18],[19].
Accusation de viol
En , Jerí est accusé de viol à la suite d’une fête de Jour de l'an organisée à Canta. Les faits se seraient produits au Santa Rosa Casa Club de Quives (es) le , alors que Jerí se trouvait avec un groupe d’amis. Parmi les invités figurait l'homme d'affaires Marco Antonio Cardoza Hurtado, ami de Jerí, accompagné d’une femme de 31 ans (la plaignante) et d’une autre personne. La plaignante déclare avoir perdu connaissance dans l’après-midi et s’être réveillée nue avec des douleurs dans les parties intimes. La plainte désignait Jerí et Cardoza comme suspects[20],[21].
Le tribunal civil de Canta a ordonné des mesures de protection pour la victime présumée et exigé que Jerí suive un traitement psychologique pour impulsivité et comportement sexuel pathologique. Bien qu’il ait été suspendu temporairement par son parti, il n’aurait pas respecté cette décision pendant plus de cinq mois. En conséquence, la procureure générale (en) Delia Espinoza (es) a déposé une plainte distincte pour désobéissance à l’autorité[22].
Le , le Ministère public du Pérou, désormais dirigé par Tomás Gálvez – lui-même soupçonné de corruption[2] –, a classé sans suite l’affaire contre Jerí pour agression présumée, estimant qu’il n’existait pas de preuves suffisantes pour poursuivre l’enquête. Il a également été rapporté que Cardoza Hurtado, l’autre suspect, avait quitté le Pérou pour la France le sans en informer les procureurs et n’avait pas comparu pour les prélèvements biologiques demandés, destinés à vérifier s’ils correspondaient aux échantillons prélevés sur la victime[23].
En 2026, la presse divulgue un document judiciaire dévoilant des éléments probatoires concernant les accusations de viol visant José Jeri[24].
Accusations de corruption
L’émission télévisée Milagros Leiva, Entrevista a rapporté un cas présumé d’enrichissement illicite impliquant Jerí, en soulignant une forte augmentation de son patrimoine déclaré. En 2021, il avait déclaré posséder deux véhicules d’une valeur totale de S/ 97 000 soles, mais en 2024, il aurait acquis des biens immobiliers estimés à plus d’un million de soles[25].
L’émission télévisée d’investigation Panorama a rapporté que José Jerí aurait reçu un pot-de-vin de S/ 150 000 soles d’une entrepreneuse nommée Blanca Ríos. Le paiement présumé aurait eu lieu en , alors que Jerí présidait la commission du budget du Congrès du Pérou, en lien avec l’approbation de projets d’infrastructures relevant du ministère de l’Économie et des Finances. Selon le témoignage de Ríos, la somme aurait été versée pour obtenir le financement d’un projet d’irrigation dans la région de Cajamarca. L’affaire a également impliqué la députée Ana Zegarra, porte-parole du parti Somos Perú, ainsi que Nahum Hidalgo, conseiller du groupe parlementaire Somos Perú[26],[27],[28].
Vie personnelle
Catholique, il est en couple mais n'est pas marié et n'a pas d'enfants[5].
Références
- ↑ (es) Renzo Gómez Vega, « José Jerí, un presidente de transición en Perú acusado de violencia sexual », sur El País América, (consulté le )
- Amanda Chaparro, « Au Pérou, José Jeri, président depuis neuf jours et déjà contesté », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Alejandra García Arrunátegui, « Elecciones 2021: ¿Quién es José Jeri, quien entrará al Congreso tras la inhabilitación de Martín Vizcarra? », sur rpp.pe, (consulté le )
- ↑ (es) Por Diego Casimiro Ore, « Amigo de José Jerí investigado por presunta violación sexual salió del país antes de que el PJ lo impidiera », sur infobae, (consulté le )
- (es) « Un presidente sin hijos ni esposa: el perfil inusual de José Jerí, el nuevo inquilino de Palacio de Gobierno - Infobae », sur infobae, infobae, (consulté le ).
- ↑ (es) « Ernesto Álvarez Miranda es el nuevo presidente del Consejo de Ministros: este es su perfil », sur RPP, .
- ↑ « Pérou: le nouveau président par intérim José Jeri confronté à de nombreux défis », sur RFI, .
- ↑ « Au Pérou, le nouveau président José Jeri décrète l’état d’urgence pour réprimer la Gen Z sous couvert « d’endiguer la criminalité » - L'Humanité », sur https://www.humanite.fr, (consulté le )
- ↑ Diego Calmard, « Etat d’urgence au Pérou: la Gen Z à l’assaut d’une classe politique incapable de gouverner - Le Temps », sur www.letemps.ch, (consulté le ).
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- « Au Pérou, le président, José Jeri, à son tour menacé de destitution par le Congrès », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
- ↑ (es) Edgar Mandujano, « Aprobación de José Jerí cae a 37 % », sur Caretas, revistacaretas, (consulté le ).
- ↑ (es) « Pleno del Congreso sesionará el martes 17 de febrero para debatir mociones de censura contra presidente José Jerí », sur Centro de Noticias del Congreso (consulté le )
- ↑ (es) EFE, « ¿Por qué Perú va camino a tener su octavo presidente en casi 10 años de crisis política? », sur EL NACIONAL, elnacionalfb, (consulté le ).
- ↑ « Pérou-Le Congrès vote la destitution du président Jeri », sur Boursorama, (consulté le ).
- ↑ (es) Luis Aguilar, « Machismo presidencial: los cuestionables tuits del nuevo presidente del Perú, José Jerí », sur larepublica.pe (consulté le ).
- ↑ (es) El Foco, « El “after office” del congresista José Jerí », sur El Foco, (consulté le )
- ↑ (es) La República, « Captan a congresista José Jerí celebrando en bar sin respetar protocolos ante la COVID-19 », sur larepublica.pe, (consulté le )
- ↑ (es) Perú 21, « La copa rota del congresista de Somos Perú José Jerí », sur peru21.pe, (consulté le )
- ↑ (es) Edgar Mandujano, « José Jerí Oré: el presidente improbable », sur Caretas, (consulté le )
- ↑ (es) Perú 21, « Los pasivos de José Jerí en su camino a la presidencia Congreso », sur peru21.pe, (consulté le )
- ↑ (es) Diego Casimiro Ore, « Amigo de José Jerí investigado por presunta violación sexual salió del país antes de que el PJ lo impidiera », sur Infobae, (consulté le )
- ↑ « Pérou : la destitution du président José Jeri, révélatrice d’un système politique à bout de souffle », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ (es) Mariana Quilca Catacora, « José Jerí es el nuevo presidente del Congreso: perfil, antecedentes y denuncias », sur Infobae, (consulté le )
- ↑ (es) Mariana Quilca Catacora, « APP exige explicaciones a José Jerí por denuncia de coima de S/ 150 mil: “Tiene que aclarar” », sur Infobae, (consulté le )
- ↑ (es) Pamela Arroyo, « José Jerí rechaza investigación por pago de coimas en su contra: "Tengo la consciencia tranquila" », sur La República, (consulté le )
- ↑ (es) Perú 21, « Denuncian que José Jerí sabía del pago de coimas para una obra », sur peru21.pe, (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- (es) Site officiel de la présidence du Pérou
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