Kahouanne (navire)
| Kahouanne | |
| Type | baliseur côtier |
|---|---|
| Histoire | |
| A servi dans | Armement des Phares et Balises |
| Chantier naval | Ocea[1],Les Sables-d'Olonne |
| Commission | Avril 2001[2] |
| Statut | en service |
| Équipage | |
| Équipage | 10[2] |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 27,30 m[2],[1] |
| Maître-bau | 7,70 m[2],[1] |
| Déplacement | 73 tonnes[2] |
| Propulsion | 2 moteurs diesel de 297 kW[1] |
| Puissance | 594 kW[2] |
| Vitesse | 12,0 noeuds[1] |
| Carrière | |
| Pavillon | |
| Port d'attache | Pointe-à-Pitre, Guadeloupe |
| IMO | 9234745[1] |
Le Kahouanne est un navire baliseur côtier français, en service depuis 2001 au sein de l'Armement des Phares et Balises (APB). Il est basé à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Il porte le nom de l’îlet à Kahouanne, un îlet de Guadeloupe situé au Nord de la Basse-Terre.
Conception
Le Kahouanne a une longueur hors tout de 27,30 mètres, une largeur de 7,70 m[1],[2], un déplacement de 73 tonnes[2]. Sa propulsion se compose de deux moteurs diesel de 297 kW chacun[1], lui donnant une puissance totale de 594 kW[2] et une vitesse maximale de 12 noeuds[1]. Son équipage est de 10 personnes[2].
Il fait partie des cinq baliseurs côtiers de l’Armement des Phares et Balises, avec les baliseurs Îles Sanguinaires (basé à Ajaccio), Louis Henin (à Nouméa), Paul Veillon puis P'tit Saint-Pierre (à Saint-Pierre-et-Miquelon) et Roi Gradlon (à Lorient). Ces navires sont principalement chargés de la mise en place et de la maintenance des bouées légères, ainsi que de l'entretien des établissements de signalisation maritime (ESM) sur supports fixes, tourelles ou perches[3].
Historique
Mis en service en , le Kahouanne a commencé à opérer à partir de sa base de Pointe-à-Pitre[2]. Les Phares et Balises de Guadeloupe gèrent un parc de 125 bouées sur l’archipel, en incluant les îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin. Pour entretenir ce parc, le Kahouanne est seul, avec une barge à fond plat de 12 mètres, la Caret[4].
En 2015, il a mis en place dans le Grand Cul-de-sac marin trois nouvelles bouées destinées à améliorer la sécurité de la navigation au départ et à destination de la baie Mahault. La municipalité de Baie-Mahault avait sollicité la direction de la mer (DIRM) de la Guadeloupe pour mettre en place un balisage complémentaire en prévision du développement du trafic maritime (notamment de la navigation de plaisance) à destination des pontons situés sur le littoral de la baie Mahault. La création de ce balisage a été officialisée par une décision ministérielle du à la suite de l’avis favorable formulé par la commission des phares. La mise en place et l’entretien de ce balisage, dont le financement est à la charge de la municipalité, a fait l’objet d’une convention de travaux entre la ville de Baie-Mahault et la direction de la mer[5].
En 2019, à partir du , il a mis en place six nouvelles bouées afin de créer un chenal secondaire d’accès au grand port maritime de la Guadeloupe (GPMG)[6],[7]. Ce chenal, accessible aux navires ayant un tirant d'eau jusqu’à 9,2 mètres, est destiné principalement aux navires de croisière[4].
En , il a installé une nouvelle bouée pour signaler la caye Gros Loup, au large de Sainte-Marie, entre la Pointe de la Rivière à Goyave et la Pointe de Capesterre-Belle-Eau. Ce dispositif avait pour but de prévenir les échouements accidentels, trop nombreux dans ce secteur. En deux ans, la station de la SNSM de Pointe-à-Pitre a dû intervenir à six reprises au large de Sainte-Marie et Capesterre-Belle-Eau[8].
Il participe aussi à des missions de service public sans lien avec le balisage. Ainsi, après le séisme survenu le 21 novembre 2004 dans l'archipel des Saintes, l’institut de physique du globe de Paris (IPGP) et l'institut national des sciences de l'Univers (INSU) du CNRS ont décidé la mise en place d’instruments de mesure afin de préciser la localisation des répliques et de déterminer précisément la portion de faille responsable du séisme. La Direction Départementale de l'Équipement et la Préfecture de Guadeloupe ont mis à disposition le baliseur Kahouanne pour cette opération. Les 16 et , il a déployé autour des Saintes six sismomètres de fond de mer (OBS) appartenant au Parc National de l'INSU et gérés par l'IPGP. Les OBS ont été récupérés les 24 et après plus de 35 jours d'enregistrement en continu. De nombreuses répliques du séisme ont ainsi pu être enregistrées, certaines ayant été ressenties par les habitants aux Saintes, au Sud de la Guadeloupe et au Nord de la Dominique. La qualité des données était excellente, et cette première mission scientifique du parc OBS fut un succès, bien que le Kahouanne n’ait pas été conçu pour cette mission[9].
Le Kahouanne est également intervenu après le crash d’un petit avion en mer le . L’avion de type Piper PA-32 avait tout juste décollé de l’aérodrome Les Saintes-Terre-de-Haut en direction de Marie-Galante, quand il s’est écrasé, causant la mort du pilote et de ses quatre passagers. L’épave a été retrouvée dans l’axe de la piste non loin de la côte, par 45 mètres de fond. Le Kahouanne est intervenu dès le pour acheminer sur zone une équipe de plongeurs professionnels d’Amaya, une société de travaux sous-marins basée à Saint-François, chargée de récupérer les corps des victimes. En raison des conditions de mer agitée dans cette zone très exposée à la houle, les opérations pour récupérer l’épave de l’avion ont été repoussées à plusieurs reprises durant des semaines. Elles ont pu commencer le . Le Kahouanne a remonté le Piper PA-32 à l’aide de son puissant treuil, lentement pour éviter qu’il ne se brise en morceaux. En effet, des enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) et des gendarmes de la section de recherches des transports aériens ont été envoyés de métropole pour étudier l’épave et déterminer les causes de l’accident[10],[11],[12].
Notes et références
- « LE KAHOUANNE », sur www.marine-marchande.net, le site français de la marine marchande (consulté le ).
- Capitaine Patrick, « LE KAHOUANNE (2001/....) », sur Marines de Guerre et Poste Navale (consulté le ).
- ↑ Françoise Massard, « Missions "ordinaires" à bord du baliseur océanique GASCOGNE (mai 2010) », sur www.cargos-paquebots.net (consulté le ).
- « Reportage sur le " Kahouanne" », sur Direction de la Mer de la Guadeloupe, (consulté le ).
- ↑ Service de Presse, « Un nouveau balisage maritime à la baie Mahault », sur Préfet de la région Guadeloupe, (consulté le ).
- ↑ « Avis aux Usagers – N°67-2019 – Mise en place d’un chenal secondaire », sur Grand Port Maritime de Guadeloupe, (consulté le ).
- ↑ Éric Stimpfling, « Reportage. En Guadeloupe, le « Kahouanne » dessine le nouveau chenal », sur Le marin, (consulté le ).
- ↑ « Une nouvelle bouée au large de Sainte-Marie pour prévenir les échouements », sur guadeloupe.franceantilles.fr, (consulté le ).
- ↑ « Ecoute en mer des répliques du séisme de Saintes », sur CNRS Terre & Univers, (consulté le ).
- ↑ « Crash au large des Saintes: début des opérations de renflouage de l’avion », sur French.HCNTimes.com, (consulté le ).
- ↑ André-Jean Vidal, « Guadeloupe. Crash de Terre-de-Haut : le baliseur Kahouanne et des plongeurs professionnels sur site », sur KARIBINFO, (consulté le ).
- ↑ Eric Stimpfling, « Crash de l’avion au large des Saintes : délicate opération de récupération des corps des 5 victimes », sur Guadeloupe la 1ère, (consulté le ).
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