Khénémet
| Khénémet | |
Couronne de la princesse découverte dans sa tombe | |
| Transcription | Ḫnm(w).t |
|---|---|
| Période | Moyen Empire |
| Dynastie | XIIe dynastie |
| Fonction principale | Princesse d'Égypte |
| Prédécesseur | Inconnu |
| Famille | |
| Père | Amenemhat II |
| Conjoint | Sésostris II ? |
| Fratrie | ♂ Sésostris II ♂ Amenemhat-Ânkh ♀ Khénémet-néfer-hedjet Ire ♀ Itakaÿt II ♀ Itaouéret ♀ Sathathorméryt ♀ Néféret II ♀ Ita ♀ Sat... |
| Sépulture | |
| Emplacement | Dahchour |
| Fouilles | 1894-1895 : Jacques de Morgan |
Khénémet est une princesse et reine de la XIIe dynastie, peut-être fille d'Amenemhat II et épouse de Sésostris II[1].
Attestations
La princesse, qui porte les titres de « fille du roi » et de « Celle qui s'unit à la couronne blanche », n'est connue que par sa sépulture, qu'elle partage avec sa probable sœur la princesse Ita, située dans le complexe pyramidal d'Amenemhat II à Dahchour, plus précisément à l'ouest de la pyramide du roi[1].
Biographie
Le père de Khénémet est incertain, mais puisqu'elle fut enterrée dans le complexe pyramidal du roi Amenemhat II, il semble probable qu'elle soit sa fille[1]. Certains chercheurs soulignent que l'équipement funéraire et la poterie de la défunte, comme ceux des princesses Ita, Itaouéret et Sathathorméryt, sont plus typiques de la fin de la XIIe dynastie[2],[3], même si cela n'empêche pas le fait que ces princesses soient des filles d'Amenemhat II (elles auraient pu naître tardivement et mourir au début du règne d'Amenemhat III, seulement trois décennies séparent la fin du règne d'Amenemhat II et le début de celui d'Amenemhat III)[2]. Le titre « Celle qui s'unit à la couronne blanche » semble indiquer qu'elle fut l'épouse d'un roi, qui pourrait être Sésostris II s'il s'agit bien d'une fille d'Amenemhat II[1].
Sépulture
La sépulture double, située à l'ouest de la pyramide du roi, se trouve dans une vaste cavité rectangulaire, orientée nord-sud, avec une prolongement de la cavité vers le sud mais sous terre, l'ensemble ayant été creusé dans le grès tendre du plateau. La porte de la tombe, située au nord, mesurait 1,19 mètre de large pour 1,16 mètre de haut ; elle était recouverte d'une énorme dalle de calcaire et était fermée d'un bloc de pierre occupant tout le passage de la porte. La tombe était recouverte de dalles, recouvrant ainsi les chambres funéraires et le long couloir incliné (de mêmes dimensions que la porte) qui était rempli d'énormes blocs de pierre. Les deux chambres funéraires étaient situées à l'ouest du couloir. Au dessus de chaque chambre se trouvait une trappe qui formait tout le plafond de ces chambres. Les sarcophages, en grès, occupaient tout l'espace des chambres funéraires et se trouvaient ainsi sous le niveau du couloir ; à l'ouest de chacun de ces sarcophages, sous le couloir donc, se trouvait une petite salle enfermant du matériel funéraire déposé là en offrandes lors des funérailles. Lorsque les sarcophages étaient en place (c'est-à-dire pendant la construction même de la tombe), ces petites pièces étant devenues inaccessibles, des ouvertures (une par chambre) depuis le couloir situé au-dessus avaient été conçues pour permettre la dépose de ces offrandes[4].
Le tombeau de Khénémet, situé le plus au sud des deux, a été retrouvé intact. À l'intérieur du sarcophage en grès, bien taillé et poli mais dépourvu d'inscription, se trouvait un cercueil en bois en mauvais état de conservation, aux arêtes garnies d'une bordure d'or et dont la face orientale portait deux oudjas peints et dorés. Sur les faces intérieures du cercueil se trouvaient le nom et les titres de la princesse ainsi que des prières. La momie était recouverte d'un enduit en bitume, autrefois peint. Le masque doré était orné de dessins bleus et or et de deux yeux montés en argent. Près de la momie, à droite, se trouvait un double bâton plat, tandis qu'à gauche, sous un paquet allongé de matières enduites de bitume, se trouvaient des sceptres et une massue. La tête reposait sur une rondelle de terre battue. Au cou se trouvait un collier formé des signes djed, ânkh et ouas en or incrusté de pierres, de perles d'or, de cornaline, d'émeraude et de lapis lazuli. Les deux extrémités de ce bijou étaient formées par des têtes d'épervier en or massif incrustées de lapis et de cornaline. Chaque bras était orné de trois bracelets semblables au collier décrit précédemment ; les deux placés près des poignets étaient munis de fermoirs portant le signe ânkh incrusté en lapis lazuli. Entre le sarcophage et la paroi sud ont été découverts un poignard doré et un bâton court. À la pliure du bras gauche se trouvaient deux bracelets, l'un en or massif et sans ornement, l'autre en perles d'or, de lapis, d'émeraude et de cornaline[5].
La chambre des offrandes contenaient quant à elle un grand nombre d'éléments : des vases de terre cuite remplis des débris des offrandes couvrant le dallage, un amas d'ossements de bœufs et d'oies, un coffret à parfums comportant neuf vases avec gravé sur le couvercle le nom de la substance conservée à l'intérieur de chacun d'entre eux, une planchette carrée, un brûle-parfum en bronze, une caisse à vases canopes contenant en plus des étoffes, plusieurs bijoux (colliers, agrafes, couronnes, cercles d'or). Il devait également y avoir des tissus dont il ne restait rien lors de la découverte de la tombe[6].
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Plan du dessus de la tombe d'Ita et Khenemet[7] -
Vue en coupe de la tombe d'Ita et Khénémet : Le couloir bouché, l'accès bouché au sarcophage, le sarcophage lui-même et la chambre d'offrandes[8] -
Collier de la princesse -
Collier de la princesse -
Collier de la princesse
Notes et références
- Dodson et Hilton 2004, p. 96.
- Grajetzki 2014, p. 49.
- ↑ Siesse 2019, p. 148-149.
- ↑ de Morgan 1903, p. 40-45.
- ↑ de Morgan 1903, p. 55.
- ↑ de Morgan 1903, p. 56.
- ↑ de Morgan 1903, fig. 96.
- ↑ de Morgan 1903, fig. 97.
Bibliographie
- (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, [détail des éditions] (ISBN 0-500-05128-3) ;
- Jacques de Morgan, Fouilles à Dahchour 1894-1895, vol. II, Vienne, Holzhausen, (lire en ligne) ;
- (en) Wolfram Grajetzki, Tomb Treasures of the Late Middle Kingdom: The Archaeology of Female Burials, University of Pennsylvania Press, (ISBN 978-0-8122-4567-7, lire en ligne) ;
- Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674).
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