Khénémet-néfer-hedjet Ire

Khénémet-néfer-hedjet Ire
Image illustrative de l’article Khénémet-néfer-hedjet Ire
Statue de Khénémet-néfer-hedjet, musée du Louvre
Nom en hiéroglyphe
Xnm
t
nfrHDtwr
t
Transcription H̱nm(w).t-nfr-ḥḏ.t
Période Moyen Empire
Dynastie XIIe dynastie
Fonction principale Reine d'Égypte
Famille
Père Amenemhat II
Conjoint Sésostris II
Enfant(s) Sésostris III
Fratrie ♂ Sésostris II
♂ Amenemhat-Ânkh
♀ Néféret II
♀ Itakaÿt II
♀ Sathathorméryt
♀ Ita
♀ Itaouéret
♀ Khénémet
♀ Sat...
Sépulture
Nom El-Lahoun ? Dahchour ?

Khénémet-néfer-hedjet Ire (« Celle qui est unie à la couronne blanche »), fille du roi Amenemhat II, est une reine de la XIIe dynastie, femme de Sésostris II et mère de Sésostris III[1].

Attestations

Plusieurs attestations au nom de Khénémet-néfer-hedjet ont été décuvertes :

  • un sceau-cylindre conservé à Metropolitan Museum of Art sur lequel est inscrit le nom d'Amenemhat II et le sien où elle est qualifiée de « fille du roi de son corps »[1],[2],
  • une statuette découverte à Ougarit, à nouveau qualifiée de fille d'Amenemhat II[3],
  • un sceau découvert à El-Lahoun et aujourd'hui à Tonbridge[1],
  • des papyrus découverts à El-Lahoun et aujourd'hui à Berlin (P. 10095, 10349, 10416 et 10003)[1],[4] ; elle est d'ailleurs mentionnée avec le surnom Ouéret avec Khénémet-néfer-hedjet II Khered et les rois Sésostris II et Sésostris III sur le papyrus 10003, démontrant bien que deux reines homonymes ont bien existé sur une courte période[4],
  • une statue aujourd'hui conservée au British Museum[1],
  • une statue aujourd'hui conservée au musée du Louvre (E 32564)[5],
  • trois groupes statuaires de Sésostris III, l'un provenant de Médamoud et les deux autres de Léontopolis, sur lesquels Sésostris III assis est entouré de deux figures féminines debout nommées Khénémet-néfer-hedjet, renvoyant probablement à Khénémet-néfer-hedjet Ire et Khénémet-néfer-hedjet II[6],
  • la tombe 7 ou la pyramide reine du complexe pyramidal de Sésostris II à El-Lahoun lui était peut-être destinée à l'origine ; en effet, le nom de la reine est attestée sur un bloc et un socle de statuette près de la tombe 7[7],
  • dans le complexe pyramidal de Sésostris III à Dahchour :
    • la pyramide P8 a livré des reliefs au nom de la « mère du roi » et « épouse du roi » Khénémet-néfer-hedjet Ouéret dans les chapelles nord et est attenantes à la pyramide[8] ;
    • les souterrains de la pyramide P9 ont livré, entre autres, une tablette et un vase canope au nom de l'« épouse du roi » Khénémet-néfer-hedjet Ouéret ; si les fouilles ont suggéré qu'il s'agissait de la tombe de Khénémet-néfer-hedjet II pourtant qualifiée ailleurs de Khered, Pierre Tallet y voit plutôt la tombe de Khénémet-néfer-hedjet Ire, la pyramide P8 étant alors considérée comme sa pyramide rituelle ; il est à noter que deux scarabées au nom d'Amenhemhat II ont été découverts dans ces souterrains, inclinant ainsi l'identification vers Khénémet-néfer-hedjet Ire[9].

Biographie

Dans les différents objets découverts, la reine porte les titres de « mère du roi », « épouse du roi », « maîtresse des Deux Terres » ainsi que, si le sceau-cylindre de New-York appartient bien à la même personne (ce qui est généralement acceptée), « fille du roi de son corps »[1]. Ceci fait de cette reine la fille du roi Amenemhat II, l'épouse du roi Sésostris II et la mère du roi Sésostris III[1].

Son nom était également un titre royal utilisé à l'époque : Khénémet-néfer-hedjet signifie « Celle qui est unie à la couronne blanche ». Son épithète, Ouéret, signifie « la grande » ou « l'aînée », et était probablement utilisé pour la différencier des autres personnes portant ce nom, notamment de Khénémet-néfer-hedjet II qui portait l'épithète Khéred, qui signifie « la petite » ou « la jeune » ou encore « la cadette »[10]. Ceci a semé d'ailleurs la confusion parmi les chercheurs : la présence d'un titre (Khénémet-néfer-hedjet) et d'une épithète (Ouéret) a donné lieu à l'hypothèse que Khénémet-néfer-hedjet était en fait un simple titre et Ouéret le nom personnel de cette reine. Cependant, les bas-reliefs découverts dans le cénotaphe de Dahchour prouvent que Khénémet-néfer-hedjet était bien son nom, car cette désignation y est parfois la seule utilisée, et ainsi Ouéret doit donc être compris comme une épithète et non son nom principal.

Sépulture

Il y a débat pour savoir si elle a été enterrée dans le complexe pyramidal de son époux Sésostris II à El-Lahoun ou si elle a été enterrée dans le complexe pyramidal de Sésostris III à Dahchour. En effet, des éléments au nom de la reine ont été découverts dans les deux complexes. Deux hypothèses ont été émises :

  • elle aurait été enterrée à El-Lahoun (tombe 7 ou pyramide de reine anonyme), la pyramide P8 de Dahchour étant alors un cénotaphe et la pyramide P9 la tombe de Khénémet-néfer-hedjet II[1],
  • si une tombe initiale avait bien été prévue pour elle à El-Lahoun, elle aurait finalement été enterrée dans la pyramide P9 de Dahchour, la pyramide P8 étant alors considérée comme la pyramide rituelle de la reine ; ceci serait appuyé par la découverte de deux scarabées au nom d'Amenhemhat II dans la pyramide P9 ; Khénémet-néfer-hedjet II aurait quant à elle été enterrée dans l'une des tombes du côté nord de la pyramide de Sésostris III où se trouvent encore deux pyramides anonymes (P1, la plus à l'ouest, et P4, la plus à l'est) : quatre scarabées au nom d'une reine Khénémet-néfer-hedjet ont été découverts dans ce secteur du complexe[11].

Concernant la pyramide P9, la tombe avait été minutieusement pillée, la momie de la reine ayant été entièrement pillée à la recherche de bijoux et gravement endommagée. L'analyse du corps a révélé que la reine était gauchère et que ses rebords nasaux pointus indiquaient une personne de type caucasien. Dans l'ensemble, les restes ont révélé qu'elle a vécu une vie de loisirs, pratiquement exempte de tout travail physique, et qu'elle a vécu jusqu'à plus de soixante-dix ans et a été enterrée dans un style digne de son statut royal[12].

Notes et références

  1. Dodson et Hilton 2004, p. 96.
  2. ↑ Vandersleyen 1995, p. 78.
  3. ↑ Tallet 2015, p. 17.
  4. Tallet 2015, p. 16.
  5. ↑ « Statue E 32564 »
  6. ↑ Tallet 2015, p. 16-17.
  7. ↑ Tallet 2015, p. 18.
  8. ↑ Tallet 2015, p. 230.
  9. ↑ Tallet 2015, p. 18 & 230-231.
  10. ↑ Vandersleyen 1995, p. 84.
  11. ↑ Tallet 2015, p. 18-19 & 230-231.
  12. ↑ Brier et Zimmerman 2000, p. 23-26.

Bibliographie

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