Kirad al-Baqqara

| Pays | |
|---|---|
| Superficie |
2,26 km2 |
| Coordonnées |
33° 01′ 06″ N, 35° 36′ 05″ E |
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| Population |
360 hab. () |
|---|---|
| Densité |
159,3 hab./km2 () |
| Statut |
|---|

Kirad al-Baqqara (كراد البقارة) est un village arabe palestinien situé en Galilée, dans le nord de la Palestine mandataire. Comme des centaines d’autres villages, il a été dépeuplé au cours de la première guerre israélo-arabe, le , par le premier bataillon du Palmach, une milice sioniste, lors de l’opération Yiftah, par du plan Daleth de nettoyage ethnique de la Palestine[pas clair][4]. Réinstallés, ses habitants sont expulsés une première fois en 1951, puis définitivement en 1956[5].
Géographie
Situé sur un promontoire basaltique à 125 mètres d’altitude, Kirad al-Baqqara dominait la vallée de la Houla[6]. Ses sols, formés par sédimentation du lac Lisan (en) (couvrant l’actuelle vallée du Jourdain), il y a douze mille ans, étaient très fertiles et fournissaient une herbe abondante favorisant l’élevage (al-Baqqara fait référence aux vaches)[6]. Il relevait du sous-district de Safed, dont il était situé à 11 kilomètres au nord-ouest[6]. Le Wadi Mushayrifa coulait entre lui et son village jumeau, Kirad al-Ghannama[6].
Sa superficie totale était de 2262 dounams (2,26 km²)[2]. Sur cette superficie, 2141 dounams (214 hectares) appartenaient à des Arabes, et 121 dounams (12 hectares) à des Juifs[6] ; 1961 dounams (196 hectares) étaient consacrés aux céréales, et 60 dounams (6 hectares) étaient classé comme terres irrigables ou plantations[1]. 120 dounams (12 hectares) étaient classés comme terres non-cultivables[7].
Les principales cultures étaient les céréales, notamment celles données comme aliment au bétail, comme le maïs ; les Kiradi cultivaient aussi les agrumes et les oignons[6].
Histoire
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Période du mandat britannique
De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Kirad al-Baqqara est conquise fin 1918 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations. Au recensement de la Palestine mandataire de 1931 conduit par les autorités britanniques, Arab al-Baqqara, classé comme hameau, a une population de 245 habitants, tous musulmans, habitant 34 maisons[8],[6].
Une école primaire mixte (filles et garçons) était partagée avec le village voisin de Kirad al-Ghannama[6].
Dans les statistiques de Village de 1945, la population est estimée à 360 habitants, tous musulmans[3].
Guerre de 1948 et suites

En avril 1948, une grande partie de la population quitte le village après le commencement des hostilités, selon Benny Morris sur instructions des chefs arabes (qui demandent l’évacuation des femmes et des enfants)[9] ou par crainte des bombardements, ou par crainte des combats entre Syriens et Israéliens, toujours selon Morris qui cite les rapports du SHA'Y[6]. Cette explication « semble suspecte pour une évacuation qui a eu lieu plus de trois semaines » avant l’entrée en guerre de la Syrie[6]. Après l’entrée des troupes syriennes en Palestine, le 16 mai, certains habitants purent revenir dans leur village[10].
Après la première guerre israélo-arabe, l’accord d’armistice israélo-syrien prévoit qu’une bande de terrain à partir d’Al-Nuqayb au sud, Al-Hamma, Al-Samra et Kirad al-Baqqara et Kirad al-Ghannama au nord, sera une zone démilitarisée (DMZ) entre les deux pays. Les villageois et leurs propriétés sont formellement protégés par l’article V des accords israélo-syriens du 20 juillet et les habitants qui étaient restés en Syrie reviennent donc s’installer[11],[12]. Cependant, Israël considère qu’ils lui posent un problème de sécurité, et les colons israéliens et les agences de colonisation convoitent leurs terres. Israël juge préférable que les 2200 habitants de la zone démilitarisée partent en Syrie[11]. Dès juillet 1949, Israël tente de vider par toute une panoplie de moyens[6]. Comme les autres villages arabes, le village est soumis la loi martiale[13], organisant un strict contrôle des habitants et une discrimination dans tous les domaines[14].
Au printemps 1951, Israël décide d’affirmer sa souveraineté sur la zone démilitarisée, y compris par le déplacement des habitants de la zone. Les raisons avancées sont à la fois politiques, militaires et économiques. L’armée israélienne considère que les habitants de la zone sont plus loyaux envers la Syrie qu’envers Israël. Les habitants sont aussi accusés de vol de bétail et de contrebande. Les habitants des villages de la zone démilitarisée sont soumis à des incitations au départ, des pressions économiques, du harcèlement policier et des persécutions « légères ». La nuit du 20 mars, les 800 habitants de Kirad al-Ghannama et Kirad al-Baqqara sont déplacés de force vers Shaab (en)[15],[10].
Une décision des Nations unies leur permet de revenir, mais Israël fait pression sur eux pour qu’ils restent à Shaab. Malgré cela, de nombreux Kiradi reviennent dans leurs foyers. En 1956, Israël expulse à nouveau les deux Kirad, puis détruit les villages et laboure les sites, les faisant totalement disparaître. La plupart des habitants fuient vers la Syrie ; quelques uns sont restés à Sha'ab[16].
Deux villages israéliens sont installés sur les terres du village, Gadot et Mishmar-Hayarden, tous deux créés en 1949[6].
En 1992, Walid Khalidi décrit le site du village comme couvert de pierres et de ruines, envahi par des épineux et des herbes sauvages[6].
Voir aussi
Bibliographie complémentaire
- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)
Articles connexes
Liens externes
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Kirad_al-Baqqara » (voir la liste des auteurs).
- Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Quoted in Hadawi, Village Statistics, 1945. PLO Research Center, 1970, p.119
- Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Quoted in Hadawi, Village Statistics, 1945. PLO Research Center, 1970, p.70
- Department of Statistics, 1945, p. 10
- ↑ Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3)
- ↑ Morris, 2004, p. xvi, village #43. Morris indique le premier départ, la réinstallation et l’expulsion de 1956.
- « Kirad al-Baqqara — كِراد البَقّارَة », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 3 décembre 2024.
- ↑ Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 169
- ↑ Mills, 1932, p. 105.
- ↑ Morris, 2004, p. 249.
- Morris, 2004, p. 513
- Morris, 2004, p. 512.
- ↑ UN Doc S/1353 Syria Israel Armistice Agreement of 20 July 1949
- ↑ Thomas Vescovi, « 6. Les Arabes d’Israël, entre régime militaire et enjeu électoral », L'échec d'une utopie. Une histoire des gauches en Israël, Paris : La Découverte, 2021, collection Cahiers libres, p. 125.
- ↑ Adel Manna, « Palestinians Under Military Rule in Israel, 1948-1966 », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 18 avril 2026.
- ↑ Morris, 1993, p. 362.
- ↑ Morris, 1993, p. 362, citant E. L. M. Burns, p. 115-118, et un résumé de la rencontre avec David Ben Gourion du 4 juillet 1951.
Bibliographie
- E.L.M. Burns, Between Arab and Israeli, George G. Harrap, (p.115-18. Cited in Morris, 1993, p. 362)
- Department of Statistics, Village Statistics, April, 1945, Government of Palestine, (lire en ligne)
- S. Hadawi, Village Statistics of 1945: A Classification of Land and Area ownership in Palestine, Palestine Liberation Organization Research Center, (lire en ligne)
- W. Khalidi, All That Remains: The Palestinian Villages Occupied and Depopulated by Israel in 1948, Washington D.C., Institute for Palestine Studies, (ISBN 0-88728-224-5, lire en ligne)
- Mills, E., Census of Palestine 1931. Population of Villages, Towns and Administrative Areas, Jerusalem, Government of Palestine, (lire en ligne)
- B. Morris, Israel's Border Wars 1949–1956: Arab Infiltration, Israeli Retaliation, and the Countdown to the Suez War, Oxford, Clarendon Press, (ISBN 0-19-827850-0)
- B. Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne) (pp. 132, 539)
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