Expulsions des Palestiniens de 1949 à 1956
Les expulsions de Palestiniens du territoire contrôlé par Israël de 1949 à 1956 sont une continuation de l’exode palestinien de 1948 après la signature des accords d'armistice israélo-arabes de 1949[1],[2],[3],[4]. Cette période d’exode[5] est marquée par les expulsions de force pendant la période de consolidation d’Israël et les tensions croissantes le long des lignes de cessez-le-feu qui mène finalement à la crise de Suez[6].
De 1948 à 1950, selon l’historien Benny Morris, Israël a déplacé ou expulsé entre 30 et 40 000 Palestiniens et Bédouins[7]. De nombreux villages situés à proximité des lignes de cessez-le-feu et de la frontière du Liban sont détruits, et plusieurs villages vides sont colonisés par des immigrants juifs et des soldats démobilisés[8],[9].
Israël met en avant des considérations sécuritaires liées à la guerre aux frontières (en). Pendant cette période de consolidation, Israël était plus attentif à la prise de contrôle des zones démilitarisées sur les frontières syrienne, jordanienne et égyptienne que par son image à l’étranger. Les buts de conquête sionistes allaient même bien au-delà de ces lignes de cesser-le-feu[10],[11],[12],[13].
Contexte
Israël entame un processus d’édification de la nation. Les premières élections générales ont lieu le . Chaim Weizmann est élu président du pays et David Ben Gourion (chef du Mapaï) troque son titre de premier ministre du gouvernement provisoire contre celui de premier ministre du premier gouvernement israélien issu d’élections. Ben Gourion refuse catégoriquement le retour des réfugiés palestiniens en , position renouvelée dans une lettre aux Nations unies le , s’appuyant sur la déclaration de Moshe Sharett du , selon laquelle la solution du problème des réfugiés palestiniens ne se règlerait pas par leur retour chez eux, mais par leur installation dans d’autres pays qu’Israël[14].
Selon le gouvernement israélien, les accords d’armistice lui reconnaissent trois droits indiscutables[15] :
- Le cessez-le-feu doit être respecté par les armées régulières, les forces irrégulières et les civils.
- Les lignes de cessez-le-feu doivent être traitées comme des frontières internationales, en attendant une pleine reconnaissance par des traités de paix.
- Le droit d’installer des Juifs sur toutes les terres du territoire israélien et de développer l’économie sans en rendre compte aux propriétaires précédents.
Les États arabes considèrent également que ces accords établissent trois éléments[15] :
- Les accords sont une trêve et ne mettent pas fin à l’état de guerre.
- Les lignes de cessez-le-feu sont temporaires et ne sont pas des frontières internationales.
- Les accords d’armistice ne suppriment pas le droit au retour des réfugiés palestiniens.
Préoccupations sécuritaires israéliennes
Israël conçoit sa sécurité aux niveaux général et quotidien[16]. Au niveau général, la sécurité concerne les dangers d’invasion ; au niveau quotidien, la sécurité vise à protéger le territoire israélien des infiltrations. Ces buts sont atteints par trois types d’action : l’éloignement des Arabes israéliens (Palestiniens) des lignes de cesser-le-feu vers les zones urbaines comme Jaffa et Haïfa ; la colonisation des zones nettoyées d’Arabes le long des lignes de cessez-le-feu, principalement par des juifs Mizrahim dans des moshavs ; et par une politique de tir à vue sur les Palestiniens infiltrés[17].
Après la fin de la première guerre israélo-arabe, l’administration israélienne doit gérer des dizaines de villages et de villes arabes dans une situation catastrophique, où des milliers de Palestiniens réfugiés internes avaient trouvé refuge. Se méfiant radicalement de ses citoyens palestiniens, qu’il voit comme une cinquième colonne, l’État israélien les place sous un gouvernement militaire strict supervisé par le comité central des Affaires arbaes. Créé en 1954, ce comité comprend des représentants de la police, du contre-espionnage (Shabak), le conseiller du premier ministre pour les affaires arabes et le commandant en chef du gouvernement militaire des Arabes. Ce comité chapeaute trois sous-comités régionaux (Sud, Centre et Nord), qui gèrent l’application des mesures au quotidien.
L’ordonnance d’enregistrement des résidents de 1949 laisse les Palestiniens non-enregistrés sans statut légal et sans défense face à une déportation. La loi sur les propriétés abandonnées de 1950, selon laquelle l’État israélien s’appropriait les biens immobiliers et meubles appartenant aux réfugiés, s’applique non seulement aux Palestiniens ayant quitté le territoire israélien mais aussi aux Palestiniens restés en Israël mais qui ont quitté leur lieu de résidence habituel devant les combats ou à cause d’une expulsion durant la Nakba. Un quart des citoyens arabes d’Israël, les Palestiniens d’Israël, sont des réfugiés internes, qui résidaient avant 1948 dans des villages détruits pendant ou après la guerre[18].
Infiltrations
De 1949 à 1956, 90 % des infiltrations de Palestiniens avaient des raisons socio-économiques[19]. Il était difficile d’empêcher les réfugiés palestiniens qui vivaient avec le strict minimum de franchir les frontières pour faire pâturer leurs moutons, ou pour des ressources rares. De plus, il y avait de la contrebande nocturne entre Gaza et Hébron, largement motivée par le grand écart de prix entre les deux zones, distantes de moins de 60 kilomètres à vol d’oiseau[20][source secondaire nécessaire]. En 1950, la plupart des plaintes [arabes] concernaient les tirs israéliens sur des réfugiés ou du bétail, accusés d’avoir franchi illégalement les lignes de cessez-le-feu. Dans deux des cas les plus sérieux, pour lesquels l’Égypte déposa des plaintes les 7 et , l’armée israélienne tira au canon et à la mitrailleuse sur les villages palestiniens d’Abasan al-Kabera et de Beit Hanoun dans la bande de Gaza, tuant sept civils et en blessant vingt. Israël répondit que les incidents liés à des infiltrations avaient causé la mort de quatre colons israéliens, vingt autres étant blessés[20][source secondaire nécessaire].
Le terme péjoratif d’infiltré est aussi appliqué aux réfugiés non-résidents qui n’avaient pas quitté Israël, comme à Nazareth. Le , le député arabe de la Knesset Amin Jarjura (du parti au pouvoir le Mapaï) demanda pour 6000 réfugiés vivant à Nazareth la permission de rentrer dans leurs villages, voisins de Nazareth ; au même moment, l’armée israélienne menait une rafle de ces « infiltrés », selon le terme utilisé par le Jerusalem Post[21].
Pour prévenir ces incidents, la commission mixte d’armistice décida la création de patrouilles mixtes israélo-égyptiennes afin d’apaiser les tensions et de réduire les passages clandestins de la ligne de cessez-le-feu. Ces patrouilles fonctionnèrent bien dans un premier temps[20].
L’armée israélienne adopta une politique de tir à vue, incluant patrouilles, embuscades, pose de mines et de pièges et opérations régulières de ratissage dans les villages palestiniens d’Israël[22]. De 1949 à 1956, elle cause la mort de 2700 à 5000 Arabes palestiniens[23]. Durant ces opérations, les militaires israéliens commettent des atrocités comme des viols collectifs, des meurtres et l’abandon de 120 clandestins dans le désert d’Avara, à la frontière jordanienne, sans eau[22],[24],[25].
De plus, l’armée israélienne conduit des raids, principalement en territoire jordanien ou égyptien. Les premiers raids de représailles échouent et causent un accroissement de haine pour Israël dans les pays arabes et chez les réfugiés[réf. nécessaire]. La nature déstabilisatrice de ces raids perturbent les plans occidentaux pour le Moyen Orient, poussant les puissances occidentales à faire pression sur Israël pour qu’il les interrompe[22].
Déplacement et dépossession continus
De à l’été 1949 et la signature des accords d’armistice israélo-arabes, 87 villages sont occupés et 36 expulsés[26]. Ghazi-Walid Falah liste 28 localités arabes expulsées de 1949 à 1951[27].
Selon les statistiques officielles de la commission mixte d’armistice israélo-jordanienne (en), pour la période à , la Jordanie dépose 37 plaintes pour des cas d’expulsion d’Arabes d’Israël. Du au , la Jordanie dépose sept autres plaintes pour le même motif, concernant 41 personnes[28].
Le Fonds national juif, dirigé par Yossef Weiz, encourage activement l’émigration arabe palestinienne[29]. Il achète 2500 dounams (250 hectares) dans le village d’Ar'ara. L’achat est payé en dinars jordaniens, puis les habitants du village sont transportés sur la ligne de cessez-le-feu avec leurs bagages, puis de là à Tulkarem[30].
Liste des villages expulsés
| Village ou tribu | Sous-district (Palestine mandataire) |
Image | Date de dépeuplement | Population arabe en 1945 | Surface (dounams) | Précisions | État actuel | Coordonnées |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Al-Nabi Rubin[27] | Ramla | 1 000 | 18 563 | |||||
| Tarbikha[27] | Acre | 1 000 | 18 563 | |||||
| Suruh[27] | Acre | 1 000 | 18 563 | |||||
| Al-Mansura[27] | Tibériade | 2 140 (avec Mughar) | ||||||
| Ikrit[27] | Acre | ![]() |
490 | 24 720 | ||||
| Kafr Bir'im[27] | Safed | ![]() |
710 | 12 250 | ||||
| Farradiyya[27] | Safed | ![]() |
670 | 19 747 | ||||
| Kafr ʿInān[27] | Acre | ![]() |
360 | 5 827 | ||||
| Saffuriya[27] | Nazareth | ![]() |
4 300 | 55 378 | ||||
| Al-Ghabisiyya[27] | Acre | ![]() |
1 240 | 11 286 | ||||
| Ja'una[27](Al-Ja'una (en)) | Safed | ![]() |
1 150 | 839 | ||||
| Al-Khisas[27] | Safed | 470 | 4 795 | |||||
| Qaitiyya[27](Qaytiya (en)) | Safed | 940 | 5 390 | |||||
| Mansurat al-Khayt[27] | Safed | 200 | 6 735 | |||||
| Kirad al-Baqqara[27] (Kirad al-Baqqara) | Safed | 360 | 2 262 | |||||
| Kirad al-Ghannama[27] | Safed | puis 1956 |
350 | 3 975 | ||||
| Nuqeib[27] (Al-Nuqayb (en)) | Tibériade | ![]() |
320 | 13 010 | ||||
| As-Samra[27] (Al-Samra (en)) | Tibériade | ![]() |
290 | 12 563 | ||||
| Tel Qasr[27] | inconnu | absence de données | ||||||
| Al Hema[27] | 290 | 1 692 | ||||||
| Arab al-Shamalima[27] | Safed | 650 | 16 690 | |||||
| Khirbat Ad Dikka[27] | ||||||||
| Khirbat Umm Burj[27] | Hébron | ![]() |
140 | 13 083 | ||||
| Az-Zakariyya[27] | Hébron | ![]() |
1 180 | 15 380 | ||||
| Falouja[27] | Gaza | ![]() |
printemps 1949 | 4 670 | 38 038 | |||
| Iraq al-Manshiyya[27] | Gaza | ![]() |
printemps 1949 | 2 010 | 17 901 | |||
| Al-Majdal[27] | Gaza | ![]() |
9 910 | 43 680 | ||||
| Baqa al-Gharbiyye | Tulkarem | ![]() |
2 240 | 22 021 | Ville arabe 30 750 habitants |
|||
| Abou Gosh | ![]() |
860 | 7 590 | Ville arabe 6 150 habitants |
||||
| Wadi Fukin | Jérusalem | ![]() |
860 | 7 590 | ||||
| Kafar Yassif[27] | Acre | ![]() |
début 1949 | 610 | 33 959 | Expulsion de 700 habitants | 2 563 habitants | |
| Jalboun | Jénine | ![]() |
début 1949 | 1 400 | 6 763 | 2 041 habitants | ||
| Bédouins[27] | Beersheba | novembre 1949 | 500 familles | |||||
| Total | - | - | - |
Violations des accords de cessez-le-feu
| Plaintes israéliennes | Plaintes (trans)jordaniennes | |
|---|---|---|
| Franchissement de la ligne de démarcation par des unités militaires | 58 | 212 |
| Franchissement de la ligne de démarcation par des individus armés ou des groupes | 170 | 17 |
| Franchissement de la ligne de démarcation par des individus non-armés ou des groupes | 422 | 15 |
| Tirs franchissant la ligne de démarcation | 101 | 173 |
| Survols | 23 | 65 |
| Expulsions | – | 44 |
| Autres raisons, dont blindés dans une zone interdite, menaces et entrée illégale dans la zone démilitarisée | 42 | 16 |
| Total | 816 | 542 |
Source: Compiled from Appendix I and Appendix II, UN Security Council 1953.
Galilée
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Pendant l’opération Hiram en Haute Galilée, les officiers israéliens reçurent l’ordre de « faire tout ce que vous pouvez pour purger immédiatement et rapidement les territoires conquis de tout élément hostile en accords avec les ordres reçus. Les habitants doivent être aidés à quitter les zones conquises. » (, Moshe Carmel). Le médiateur de l’ONU, Ralph Bunche, rapporte que ses observateurs ont enregistré le pillage intégral des villages de Galilée par l’armée israélienne, qui emporta les chèvres, les moutons et les mules. Selon le rapport des observateurs des Nations unies, ce pillage a été systématique, les camions de l’armée étant utilisés pour le transport [des biens pillés]. La situation a créé un nouvel afflux de réfugiés au Liban. Il déclare que les forces israéliennes ont occupé la zone de Galilée auparavant occupée par les forces de Kaukji, et ont traversé la frontière libanaise. Il continue par « les forces israéliennes occupent maintenant des positions dans le sud-est du Liban, dont quinze villages libanais qui sont occupés par de petits détachements israéliens[31]. »
Les forces israéliennes ont aussi utilisé la diffusion de fausses rumeurs pour pousser au départ les Arabes de Palestine, soit par le conseil amical de voisins juifs[32], soit par le récit de fausses atrocités (à l’initiative de Yigal Allon) afin de forcer les Palestiniens à l’exode[32].
Les villages d’Al-Mansura, Tarbikha, Ikrit et Kafr Bir'im en Galilée sont envahis à la fin octobre et au début de . Situés à moins de cinq kilomètres de la frontière israélo-libanaise, l’armée israélienne les a expulsés[33] pour qu’il soient remplacés par des Juifs, toujours pour raisons de sécurité[34]. Dans le cas de Kafr Bir'im, le , ils reçoivent l’ordre de quitter « temporairement » le village à cause d’une attaque arabe imminente. Emmanuel Friedman, officier du renseignement attaché à la 7e brigade, a expliqué l’ordre d’évacuation aux villageois. L’ordre a été donné par Bechor-Shalom Sheetrit[35]. Dans un premier temps, les habitants de Kafr Bir'im s’installent dans des grottes à proximité. Voyant cela, Sheetrit suggère qu’ils se déplacent plus au sud, vers Jish, où se trouvaient 400 maisons abandonnées, « jusqu’à la fin des opérations militaires ». Environ 700 d’entre eux s’installèrent en Israël et les 250 autres furent encouragés à passer au Liban[35]. L’archevêque Élias Chacour (en) de l’Église grecque-catholique melchite, originaire d’Ikrit, raconte dans son autobiographie comment, au printemps 1949, l’armée israélienne encercle les hommes et les adolescents du village (y compris son propre père et ses trois frères plus âgés) et les transporte en camion vers la frontière jordanienne. Ils sont déposés là et reçoivent l’ordre de partir vers la Jordanie. Les soldats tirent au-dessus de leurs têtes, pour les chasser de leur patrie définitivement. Cependant, le père et les frères de Chacour réussirent à revenir trois mois plus tard. L’opération de nettoyage de la zone frontalière israélo-libanaise de ses Arabes palestiniens s’achève les 15-, laissant les villages de Fassuta (en) (ou Fassouta) (peuplé d’Arabes chrétiens), Jish (peuplé de Maronites), Reihaniya (peuplé de Tcherkesses), Mhalia (chrétiens) et Jurdiye (musulmans) dans la zone des 5-7 kilomètres[35],[36].
La première action en justice contre l’État israélien est menée en 1951 par cinq hommes d’Ikrit, défendus par Muhammad Nimr al-Hawari. Le , le tribunal israélien reconnaît le droit qu’ont les villageois de retourner dans leur village et de retrouver leurs terres, déclarant que leurs terres ne sont pas abandonnées et qu’elles ne doivent pas être transférées à l’autorité du gardien de la propriété des absents[35]. En 1953, les (anciens) habitants de Kafr Bir'im plaident devant la cour suprême d'Israël pour obtenir l’autorisation de rentrer chez eux. Début , la cour suprême décide que les autorités doivent expliquer aux habitants pourquoi ils ne peuvent retourner dans leur village. Le , l’armée de l’air israélienne et l’armée de terre bombardent le village jusqu’à sa complète destruction. Le même jour, 1170 hectares des terres du village sont expropriées par l’État[37].
Le , une tentative de déplacer les habitants de Tarshiha vers Mhalia et Majd al-Kroum est empêchée par l’intervention du clergé chrétien et des représentants de l’ONU[38]. La pression des kibboutz et des militaires pour expulser les habitants palestiniens du doigt de Galilée s’accroit. Les 5 et , les habitants de Khisas et Qeitiya (en) sont forcés de monter dans des camions et abandonnés près d’'Akbara (en) au sud de Safed[39]
Wadi Ara
En , avec le retrait de l’armée irakienne de Palestine et le transfert de leurs positions à l’armée jordanienne (la légion arabe), trois brigades israéliennes manœuvrent sur des positions menaçantes au cours de l’opération Shin-Tav-Shin, forme de « diplomatie coercitive ». L’opération permet à Israël de renégocier la ligne du cessez-le-feu dans la région du Wadi Ara, au nord de la Cisjordanie, dans un accord secret signé le et incorporé au accords israélo-jordaniens du . La ligne verte est alors redessinée en bleu vers le sud pour donner l’impression qu’un mouvement de la ligne verte a eu lieu. Ce déplacement modifie considérablement la ligne, ce qui ne pouvait se faire sans infliger de sérieuses épreuves à la population. Des milliers de personnes, à cause de ce déplacement de la ligne, se sont retrouvées coupées de leurs moyens de subsistance, coupées de leurs seules ressources en eau ou des pâturages de leur bétail[20]. Environ 15 villages ont ainsi été cédés à Israël et 15 000 Palestiniens sont ainsi devenus réfugiés[40],[41].
Le consul américain William Burdett rapporte le jour où la commission mixte d’armistice israélo-jordanienne a dû traiter le cas de 1000 Arabes palestiniens de Baqa al-Gharbiyye (estimés à 1500 par l’ONU) ont été expulsés et forcés de franchir la ligne de cessez-le-feu[20],[42]. La commission mixte d’armistice a décidé, par vote majoritaire, qu’Israël avait violé l’accord d’armistice en conduisant les civils au-delà de la ligne de démarcation en territoire jordanien[20].
En janvier/, environ 700 habitants de Kafar Yassif sont expulsés vers la Jordanie ; la plupart s’étaient réfugiés à Kfar Yassif pendant les combats de 1948[43].
Majdal
Le , un ordre d’expulsion est émis pour les Palestiniens d’Al-Majdal. Depuis 1948, ils étaient confinés dans une zone restreinte ; le premier groupe d’habitants expulsés est transporté en camions vers Gaza. Majdal est rebaptisé Ashkelon par les Israéliens, dans un processus de desarabisation des noms de lieu, comme décrit par Meron Benvenisti[44]. L’Égypte accepte d’accueillir les civils palestiniens expulsés de Majdal pour des raisons humanitaires, considérant qu’ils étaient exposés à « des tortures et à la mort ». Cela ne signifie pas que ces habitants aient émigré de leur plein gré. Les témoignages de ces Arabes expulsés et les rapports de la commission mixte d’armistice montrent clairement que les réfugiés d’Al-Majdal ont été expulsés par la force[45].
Selon Ilan Pappé, la dernière expulsion sous la menace des armes a lieu en 1953, quand les habitants d’Umm al-Faraj sont conduits hors d’Israël et le village détruit[46].
Abou Ghosh

En , 105 habitants d’Abou Gosh sont expulsés après un ratissage de l’armée israélienne[47].
Wadi Fukin

L’expulsion de Wadi Fukin conduit à un changement du tracé de la ligne verte et à un échange de terres fertiles vers Bethléem, sous contrôle israélien, contre le village de Wadi Fukin passant sous contrôle jordanien. Le , l’armée israélienne expulse la population de Wadi Fukin, après que le village lui ait été transféré par les accords d’armistice. La commission mixte d’armistice décida, le , à un vote majoritaire, qu’Israël avait violé les termes de l’armistice en expulsant les habitants de Wadi Fukin et que ceux-ci devaient être autorisés à rentrer chez eux. Cependant, quand les villageois retournèrent à Wadi Fukin sous la supervision des observateurs des Nations unies, le , la plupart de leurs maisons avaient été détruites et furent, à nouveau, forcés par l’armée israélienne à retourner dans les territoires sous contrôle jordanien. Le président de la commission mixte, appartenant aux Nations unies, le colonel Garrison B. Coverdale (US), insista pour qu’une solution à ce problème soit trouvée au sein de la commission, dans un esprit amical et onusien. Après quelques hésitations, un ajustement à la ligne verte est accepté et un accord conclu selon lequel la ligne d’armistice est modifiée pour placer Wadi Fukin sous autorité jordanienne, Jordanie qui accepte de transférer quelques zones inhabitées mais fertiles au sud de Bethléem à Israël[48]
District Nord
L’armée israélienne attaque Jalboun à l’arme légère le , puis en expulse les habitants, causant plusieurs morts chez les villageois. Le gouvernement jordanien protesta contre les actions injustifiées et appela le secrétaire général des Nations unies à prévenir le conseil de sécurité pour que des mesures rapides et fermes soient prises pour permettre le retour de ces Palestiniens expulsés, récupérer leurs biens pillés et obtenir des dédommagements pour les pertes et dommages subis[49].
Dans la région du lac Houla, en 1951, Israël commença de drainer 6000 hectares de marécage pour en faire des terres cultivables. Le projet causa un conflit entre les villages palestiniens de la région, et 800 habitants de ces villages furent expulsés de la zone démilitarisée[50],[51]. Parmi ces villages figure Kirad al-Ghannama, dont la population est expulsée une première fois.
En 1954, les autorités israéliennes expulsent les villages de Baqqara et Ghannama dans le secteur central de la zone démilitarisée entre Israël et la Syrie. Le chef d’état-major de UNTSO fait un rapport en qui conduit les Nations unies à décider que[52] : «
- (a) décide que les civils arabes qui ont été déplacés de la zone démilitarisée par le gouvernement d’Israël doivent être autorisés à revenir dans leurs foyers sans délai et que la commission mixte d’armistice doit superviser leur retour et leur réinstallation de la manière qui sera déterminée par la commission ; et
- (b) considère qu’aucune action impliquant le transfert de personnes de l’autre côté des frontières internationales, des lignes d’armistice ou à l’intérieur d’une zone démilitarisée ne peut être entreprise sans une décision préalable du président de la commission mixte d’armistice. »
Le , quand la guerre du canal de Suez débuta, le reste des Palestiniens vivant dans la zone démilitarisée fut expulsé en Syrie. Les villages de Baqqara et Ghannama sont désormais en ruines et vides d’habitants.
Beersheba
Selon le ministre jordanien des Affaires étrangères, le , l’armée israélienne a expulsé 2000 hommes, femmes et enfants de la région de Beersheba vers la Cisjordanie. Avant leur expulsion, ils ont subi de graves sévices, leurs maisons ont été détruites, leur bétail et leurs biens ont été volés[53][source secondaire nécessaire].
Néguev

Auja al-Hafir
Le 20 aout 1950, les autorités israéliennes expulsent en territoire égyptien tous les Bédouins vivant dans la zone démilitarisée d’Auja al-Hafir, dans le désert du Néguev à la frontière israélo-égyptienne. Les observateurs des Nations unies relèvent que treize d’entre eux sont morts pendant la déportation ; les corps de plusieurs autres ont été retrouvés, écrasés par des blindés. Le , le nombre des Arabes expulsés atteint 4071. La plupart d’entre eux vivaient autour de Beersheba et avaient déjà été chassés de leurs maisons au moment de la conquête de Beersheba par l’armée israélienne, en . Les Bédouins s’étaient installés à Auja al-Hafir et y vivaient depuis deux ans. Les Bédouins expulsés présentèrent des requêtes pour pouvoir revenir à el-Auja sous la protection des Nations unies[45],[54].
Retour de la tribu des es-Sani
La Jordanie et l’Égypte ont fréquemment déposé des plaintes à propos de la réduction de la population arabe du Néguev en chassant les Bédouins et parfois les villageois Arabes de l’autre côté des lignes de cessez-le-feu, vers le Sinaï égyptien et la Cisjordanie. Israël est condamné par l’Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (UNTSO) à plusieurs occasions mais ne prend aucune mesure pour permettre le retour des Palestiniens expulsés. Le , le principal délégué militaire jordanien à la commission mixte d'armistice (en), le major Itzaq, informe la commission que les Israéliens ont expulsé dix familles de la tribu es-Sani qui se trouvent désormais au sud d’Hébron, en Cisjordanie. Le , le commander Hutchison USNR de la commission mixte d’armistice israélo-jordanienne (en) se rend sur place et compte plus de 100 familles, comptant près de 1000 personnes, toutes membres de la tribu es-Sani. Cheikh El-Hadj Ibrahim informe la commission que les es-Sani ont été forcés de quitter leurs terres cultivées au sud-est de Beersheba, à El Sharia, pour El Laqiya (en), au nord-est de Beersheba. Les trois années suivantes à El Laqiya, les es-Sani cultivent et produisent leur nourriture, jusqu’à ce que le gouvernement israélien fixe arbitrairement une quantité de leur production de céréales comme un surplus et exige que ce « surplus » lui soit vendu à un prix fixé par lui. Le gouverneur militaire de Beersheba, le lieutenant-colonel Hermann, a aussi informé cheikh El-Hadj Ibrahim qu’Israël allait implanter une colonie à El Laqiya et que sa tribu devait partir vers Tel Arad. Cheikh El-Hadj Ibrahim a alors conduit les es-Sani au-delà de la ligne de cessez-le-feu entre Israël et la Jordanie plutôt que d’accepter le déplacement vers Tel Arad, aux terres moins bonnes.
« L’histoire de l’action en justice du cheikh a réussi. Le 28 septembre 1952, sous le titre "La tribu bédouine déplacée", la presse israélienne annonce que les hommes de la tribu Kiderat El Sana Teljaha ont été déplacés la semaine précédente de leurs maisons à El Laqiya, à l’est de la route Beersheba-Hébron, vers un nouveau site à Tel Arad. Le 15 septembre, la cour suprême d'Israël avait rendu un décret nisi (en) ou décret provisoire (ou conditionnel) contre le gouverneur militaire et le ministre de la Défense israélien contre le déplacement forcé de la tribu the. »
Après des négociations qui durèrent plusieurs jours, le retour de la tribu des es-Sani vers Israël est arrangé ; les Israéliens voulaient que les es-Sani soient transportés en Jordanie face à Tel Arad, de l’autre côté de la ligne de cessez-le-feu, alors que les Jordaniens refusaient. Le transfert se fait finalement au point de passage de la ligne de cessez-le-feu situé sur la route Hébron-Beersheba[55].
Voir aussi
Articles connexes
- Exode palestinien de 1948 ou Nakba • Le Nettoyage ethnique de la Palestine
- Exode palestinien de 1967 ou Naksa
- Réfugiés palestiniens
- Arabes israéliens
- Massacre de Qibya
- Exode des Juifs des pays arabes et musulmans
- Comité de transfert
Liens externes
- UN Doc S/3128 Security Council Resolution 100 of 27 October 1953 Suspension of Drainage/Water works
- UN Doc A/A25/IS.86 Letter dated 30 November 1954 Release of absentee or refugee accounts held in banks in Israel.
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « 1949–1956 Palestinian expulsions » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « UN Doc S/1264/Corr.1: Egypt Israel Armistice Agreement » [archive du ], United Nations,
- ↑ « S/1296: Lebanon Israel Armistice Agreement » [archive du ], United Nations,
- ↑ « S/1302/Rev.1: Hashemite Jordanian Kingdom Israel Armistice Agreement » [archive du ], United Nations,
- ↑ « S/1353: Syria Israel Armistice Agreement » [archive du ], United Nations,
- ↑ Karmi et Cotran 1999
- ↑ Morris 1993
- ↑ Morris 2004, p. 536 : « Sans compter les Bédouins du Néguev, il est probable qu’environ 20 000 Arabes ont été soit expulsés, soit poussés à partir dans les opérations de nettoyage de la frontière et les opérations anti-infiltrations dans les années 1948-1950. Si on inclut les expulsions des Bédouins du nord du Néguev, le total peut atteindre les 30 à 40 000. »
- ↑ Morris 2004, p. xviii-xx ; la carte 3 chiffre à 186 le nombre de villages arabes repeuplés par des Juifs.
- ↑ Pappé 2006, p. 186 : {{À la fin des opérations de nettoyage ethnique de 1948, l’activité se concentre sur l’application de la politique israélienne d’opposition au retour à deux niveaux. Au niveau national, une décision gouvernementale d’août 1948 prévoit la destruction des villages expulsés et leur transformation en colonies juives ou en forêts "naturelles".}}
- ↑ Morris 1993, p. 11: Zionist mainstream thought had always regarded the Jewish State from the Mediterranean sea to the Jordan River as its ultimate goal. The vision of 'Greater Israel' as Zionism's ultimate objective did not end with the 1948 war. The politicians of the 'Right' primarily of the Revisionist Herut party, led by Menachem Begin, continued throughout 1949 and the early and mid 1950s to clamour publicly for the conquest of the West Bank.
- ↑ Segev 1998, p. 6: Ben-Gurion to aides "Before the founding of the State on the eve of its creation, our main interest was self defense. To a large extent, the creation of the state was an act of self defense...Many think that we're still at the same stage. But now the issue at hand is conquest, not self defense. As to setting the borders—it's an open ended matter. In the Bible as well as in our history there are all kinds of definitions of the country's borders, so there is no real limit. No border is absolute. If it's the desert-it could just as well be the other side. If it's the sea, it could also be across the sea. The world has always been this way. Only the terms have changed. If they should find a way of reaching other stars, well then, perhaps the whole earth will no longer suffice."
- ↑ Shlaim 2000, p. 69
- ↑ Zakai Shalom, David Ben-Gurion, the State of Israel and the Arab world 1949-1956, Sussex Academic Press, (ISBN 1-902210-21-2), p. 60 :
« In the first years of Israeli independence building up the state security and power was seen by Ben-Gurion as more important than political and media-orientated matter. He believed that Israel had to understand that if it wished to stabilise its position and realize Zionist goals, it could do so only from a position of strength, together with the accompanying risk of condemnation and confrontation with the international community. »
- ↑ « IS/33: Statement made by Moshe Sharett » [archive du ], United Nations,
- Shlaim 2000, p. 57
- ↑ Gil-li Vardi, « 'Pounding Their Feet': Israeli Military Culture as Reflected in Early IDF Combat History », Journal of Strategic Studies, vol. 31, no 2, , p. 295–324 (DOI 10.1080/01402390801940476, lire en ligne
)
- ↑ Shlaim 2000, p. 82
- ↑ Yoav Stern, « World Likud chief calls for cancellation of Nakba Day procession », Haaretz, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Morris 1993, p. 49, 412
- « S/1459: Report of the Mixed Armistice Commission » [archive du ], United Nations,
- ↑ Jerusalem Post« http://jic.tau.ac.il/Default/Skins/PalestineP/Client.asp?Enter=true&Skin=PalestineP&AppName=2&GZ=T&AW=1215689774750 »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), 22 novembre 1949, p. 3 colonnes 2 et 4.
- Shlaim 2000, p. 83
- ↑ Morris 1993, p. 412–416
- ↑ Morris 1993, p. 180 : « En août 1950, quatre policiers israéliens violent une "infiltrée" palestinienne, Khadija Bint Suliman Hussein du village cisjordanien de Qatana au poste de police d’Abou Gosh où elle était détenue. Elle cueillait des fruits dans un verger appartenant à sa famille. Les quatre policiers ont été jugés par une cour disciplinaire interne et furent tous condamnés à 18 mois de prison. »
- ↑ Morris 1993, p. 181 : « Le 2 novembre 1950, trois enfants palestiniens sont abattus par l’armée israélienne, dont deux meurent, près de Deir Ayoub dans le saillant de Latroun. D’après des rapports de la Légion arabe, dont les points principaux sont confirmés par les observateurs de l’ONU, Ali Muhammad Ali Alyyan (12 ans), sa sœur Fakhriyeh Muhammad Ali Alyyan (10 ans) et leur cousine Khadijeh Abd al Fattah Muhammad Ali (8 ans), tous de Yalou, ramassaient du bois pour le feu près de la ligne de démarcation, à environ 400 mètres à l’intérieur du territoire jordanien. Une patrouille israélienne arrive et Khadijeh commence à courir vers son village. La patrouille ouvre le feu et la blesse superficiellement à la cuise. Alors que son père et son oncle se précipitent sur place, ils voient la patrouille traîner le frère et la sœur vers un endroit au sud de Deir Ayoub, dans le no man's land. Les deux hommes regardaient impuissants depuis la colline voisine. Les deux enfants étaient dans le lit de l’oued et les soldats leur tirèrent dessus. Selon les témoins adultes, un seul soldat tira à la mitraillette Sten mais aucun membre du détachement ne s’est interposé. »
- ↑ Pappé 2006, p. 197
- Ghazi‐Walid Falah, « War, peace and land seizure in Palestine's border area »,Third World Quarterly, Juillet 2004, volume 25, no 5. lire en ligne
- ↑ « UN Doc S/PV.630 » [archive du ], United Nations, . Report of Major General Vagn Bennike, Chief of Staff of the United Nations Truce Supervision Organization in Palestine to the United Nations Security Council
- ↑ Benny Morris (1993) p. 176.
- ↑ Segev 1998, p. 63 : Tom Segev note que dans les archives israéliennes il y a de nombreux dossiers concernant la politique du gouvernement envers les minorités et qu’une partie de ces dossiers sont toujours scellés et une autre partie n’ont pas encore été ouverts. Leur contenu pourrait être intéressant pour les chercheurs travaillant sur le "transfert de population" à cette période. L’index de ces archives est intriguant : "Expulsions d’habitants" ; "Transfert d’habitants" ; "Concentration de résidents arabes" ; "Plaintes à propos du traitement par la police" ; "Démolition des maisons arabes" ; "Actes contre les civils" (à Jaffa et à Tibériade)
- ↑ « PAL/370: Report on Northern Palestine Fighting » [archive du ], United Nations,
- Steven A. Glazer, « The Palestinian Exodus in 1948 », Journal of Palestine Studies, vol. 9, no 4, , p. 96–118 (DOI 10.2307/2536126, lire en ligne
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- ↑ Morris 2004, p. 506
- ↑ Morris 2004, p. 509
- Joseph L. Ryan, « Refugees within Israel: The Case of the Villages of Kafr Bir`im and Iqrit », Journal of Palestine Studies, vol. 2, no 4, , p. 55–81 (DOI 10.2307/2535631, lire en ligne
)
- ↑ Morris 2004, p. 507
- ↑ Ref. given by Sabri Jiryis: "Kouetz 307 (27. Aug. 1953): 1419"
- ↑ Morris 2004, p. 510
- ↑ Morris 2004, p. 511–512
- ↑ Morris 2004, p. 533: "The Military Government informed the [permanent] inhabitants that they must not employ the refugees, [must] raise difficulties in housing them and refuse to accept their children into schools...The Government would regard it favourably it they [i.e. the inhabitants] pressured them to leave the area. the inhabitants took the hint and acted accordingly and within a fortnight close to 8,500 refugees left the area.
- ↑ Shlaim 2004, p. 299, 312
- ↑ Segev 1998, p. 33 : « Le 15 août 1949, le consul américain à Jérusalem émet des doutes sur la proposition israélienne d’accueillir 100 000 réfugiés. Dans une au secrétaire d’État Acheson, le consul, William Burdett, rapporte une réunion de la commission mixte d’armistice traitant du cas de 1000 villageois expulsés de Baqa al-Gharbiyye et forcés de franchir la frontière. Moshe Dayan commente que les Nations unies peuvent contraindre Israël à réadmettre les réfugiés, mais s’ils le font, "Ils seront désolés". Le Consul que ces mots éclairent d’un nouveau jour la valeur de la proposition israélienne. »
- ↑ Segev 1998, p. 61
- ↑ Meron Benvenisti, Sacred Landscape: The Buried History of the Holy Land since 1948, University of California Press, (ISBN 9780520928824)
- « Yearbook of the United Nations 1950 » [archive du ]
- ↑ Pappé 2006, p. 220
- ↑ Morris 1993, p. 164
- ↑ « Press Release PAL/537: 200 Displaced Arabs Return to Their Village Under UN Auspices » [archive du ], (consulté le )
- ↑ « S/1428: Telegram from Ruhi Abdul Hadi, Minister Foreign Affairs, Hashemite Kingdom of Jordan to UN Secretary General » [archive du ], United Nations,
- ↑ Shlaim 2000, p. 71
- ↑ « S/2157: Security Council Resolution 93 » [archive du ], United Nations, : « Noting the complaint with regard to the evacuation of Arab residents from the demilitarized zone: (a) Decides that Arab civilians who have been removed from the demilitarized zone by the Government of Israel should be permitted to return forthwith to their homes and that the Mixed Armistice Commission should supervise their return and rehabilitation in a manner to be determined by the Commission; (b) Holds that no action involving the transfer of persons across international frontiers, across armistice lines or within the demilitarized zone should be undertaken without prior decision of the Chairman of the Mixed Armistice Commission. »
- ↑ « UN Doc S/3343 » [archive du ], . Report dated 6 January 1955 by the Chief of Staff of the United Nations Truce Supervision Organization in Palestine to the Secretary-General on complaints concerning the observance of the General Armistice Agreement between Israel and Syria
- ↑ « S/1420: Telegram from Ruhi Abdul Hadi, Minister Foreign Affairs, Hashemite Kingdom of Jordan to UN Secretary General » [archive du ],
- ↑ Morris 1993, p. 165–170
- ↑ E H Hutchison, Violent Truce: A Military Observer Looks at the Arab-Israeli Conflict 1951-1955, Devin-Adair Company, (OCLC 408684)
Bibliographie
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- Benny Morris, Israel's Border Wars, 1949-1956; Arab Infiltration, Israeli Retaliation and the Countdown to the Suez War, Oxford Clarendon Press, (ISBN 0-19-829262-7)
- Benny Morris, Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, , 2nd éd. (ISBN 0-521-00967-7)
- Ilan Pappé, The Ethnic cleansing of Palestine, Oneworld Publications, (ISBN 978-1-85168-467-0)
- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)
- Tom Segev, 1949; The first Israelis, Henry Holt and Company, (ISBN 0-8050-5896-6)
- Avi Shlaim, The Iron Wall; Israel and the Arab World, Penguin Books, (ISBN 0-14-028870-8)
- Avi Shlaim, The Politics of Partition; King Abdullah, The Zionists, and Palestine 1921-1951, Oxford University Press, , Revised éd. (ISBN 0-19-829459-X)
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