L'Adolescence clémentine
| L’Adolescence clémentine | |
Page de garde de la première édition (12 août 1532) | |
| Auteur | Clément Marot |
|---|---|
| Pays | Royaume de France |
| Genre | Poésie |
| Version originale | |
| Langue | Moyen Français |
| Éditeur | Geoffroy Tory pour Pierre Roffet |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | |
L'Adolescence clémentine est un recueil de poèmes de Clément Marot (1496-1544), publié pour la première fois à Paris le 12 août 1532 par l'imprimeur Geoffroy Tory pour le compte du libraire Pierre Roffet. Il rassemble des textes dits « de jeunesse » du poète. Sa première édition représente un événement à la fois poétique, éditorial et typographique dans l'histoire du livre français. Le recueil, jusqu’à son intégration dans les Œuvres de 1538, connaît de nombreuses rééditions, autorisées ou pirates, lesquelles constituent un exemple précoce des innovations typographiques et orthographiques françaises de la Renaissance.
Genèse de l'œuvre
Avant la publication de L’Adolescence clémentine en 1532, les œuvres de Clément Marot circulent principalement sous la forme de petites plaquettes imprimées de quelques feuillets. Sept de ces publications sont aujourd’hui connues : L’Epistre et ordonnance du camp de monseigneur d’Alençon (1521), Epistre de Maguelonne (1521-1523), Regretz sur messire Jaques de Beaune (Complainte de Semblançay, 1527), Déploration sur le trespas de feu messire Florimond Robertet (1527-1529), Églogue sur le trespas de madame Loyse de Savoye (1531), la traduction du VIe Pseaulme de David (1529-1533) ainsi que le Temple de Cupido (1532). Dans la majorité des cas, ces impressions mentionnent explicitement le nom de Marot, ce qui témoigne de la notoriété acquise par le poète dès les années 1520[1].
Le statut de ces premières impressions reste cependant difficile à établir, et rien n’indique qu’elles aient été autorisées par Marot. Le cas du Temple de Cupido est à cet égard particulièrement révélateur : il est peu probable que l'auteur ait participé à cette première publication, dont le texte constituerait la « trace d’un état ancien (et défectueux) du poème », au regard des importants remaniements apportés par le poète lors de son intégration dans L’Adolescence clémentine de 1532[2].
Cette reprise en main de ses œuvres marque le début de l’activité éditoriale menée par Marot dans les années 1530. Le poète avait déjà participé en 1527 à l’édition de L’Histoire de Thucydide, publiée à Paris par Josse Bade, pour laquelle il compose un dizain liminaire consacré à Thucydide et à François Ier[3].
Parallèlement à ces plaquettes, plusieurs pièces composées par Marot sont publiées dans des recueils de poèmes variés et plusieurs libraires entreprennent de publier des anthologies marotiques sans l’autorisation du poète, notamment les Opuscules et petitz Traictez, imprimés à Lyon en 1530 par Olivier Arnoullet, ainsi que le Petit traicté, publié à Paris en 1532 par Guillaume de Bossozel[4].
La publication de L’Adolescence clémentine répond en partie à la volonté de Marot de reprendre le contrôle de la diffusion de ses œuvres, d’en corriger les versions circulantes et d’en proposer une organisation plus cohérente. Dans la première édition du recueil, il ajoute en appendice une liste de pièces de sa maturité poétique, qui correspond précisément aux textes présents dans la plus riche des anthologies, présentées comme ayant été auparavant « Par cy devant incorrectement, et maintenant correctement imprimees »[4].
C'est ainsi que Marot s'attache à mettre son œuvre « en belle forme de livre » à travers pas moins de six éditions publiées en seulement deux ans. Cette entreprise répond à une volonté de corriger « l’incorrection des impressions existantes et leur mauvaise qualité », mais aussi de conserver la maîtrise de la diffusion, de l’organisation et de l’intégrité de ses textes[5].
Cette affirmation de l’autorité de l’auteur sur son œuvre se manifeste également au sein même du recueil à travers plusieurs procédés de mise en scène auctoriale. Marot fait notamment figurer un rondeau acrostiche intitulé « Rondeau, duquel les lettres capitales portent le nom de l’autheur », placé à la fin de l’Epistre de Maguelonne à son amy Pierre de Provence, elle estant en son hospital, dont les lettres initiales des vers composent le nom « CLEMENT MAROT Q[uercinois] » [6]:
« C omme Dido, qui moult se courrouça,
L ors qu'Eneas seule la delaissa
E n son Païs: tout ainsi Maguelonne
M ena son dueil: comme tressaincte; et bonne,
E n l'hospital toute sa fleur passa.
N ulle fortune oncques ne la blessa:
T oute constance en son cueur amassa,
M ieulx esperant: et ne fut point felonne,
Comme Dido.
A ussi celluy, qui toute puissance a,
R envoya cil, qui au boys la laissa,
O ù elle estoit: mais quoy qu'on en blasonne,
T ant eut de dueil, que le Monde s'estonne,
Q ue d'un cousteau son cueur ne transpersa,
Comme Dido. »
Cette volonté de corriger, organiser et authentifier ses textes aboutit à la publication de L’Adolescence clémentine en août 1532, première grande édition autorisée des œuvres de Marot.
Composition et organisation de L’Adolescence clémentine
L’Adolescence clémentine réunit des textes de jeunesse du poète, rédigés entre 1514 et 1526, soit avant ses trente ans et son premier emprisonnement en 1526. Cette période correspond également aux années précédant la mort de son père, Jean Marot, en 1527, ainsi qu’à son accession au statut de valet de chambre du roi François Ier.
Le terme « adolescence » doit ici être compris dans son sens latin (adulescentia), désignant un âge intermédiaire entre 15 et 30 ans. Il renvoie ainsi à une double dimension de jeunesse : celle de l’auteur et celle de l’œuvre elle-même, conformément à la formule figurant dans les pièces liminaires de la première édition[7] : « Ce sont œuvres de jeunesse, ce sont coups d’essay »[8]. L’adjectif « clémentine », dérivé du prénom du poète, accentue cette dimension personnelle et peut être lu comme un indice de lecture autobiographique de l’œuvre[9].
Le recueil n’est pas conçu selon un plan préalable à la composition des textes, mais organisé a posteriori par Clément Marot. L’ensemble constitue ainsi une forme de florilège poétique structuré principalement par genres. À l’intérieur de chaque catégorie, la disposition des pièces suit un ordre approximativement chronologique, l’agencement répondant souvent à des considérations proprement poétiques. Le parcours biographique du poète peut néanmoins transparaître dans l’enchaînement des textes[10].
Dans la première édition d’août 1532[11], les textes sont répartis en deux ensembles distincts. La première section, intitulée « Les choses contenues en L’Adolescence clémentine », rassemble :
- cinq opuscules :
- La Première Églogue de Virgile (traduite du latin en français) ;
- Le Temple de Cupido ;
- Le Jugement de Minos (traduit de Lucien d'après une version fortement revue par Giovanni Aurispa) ;
- Les Tristes Vers de Philippe Béroalde (traduits du latin en français) ;
- L’Oraison contemplative devant le Crucifix de Nicolas Barthélemy de Loches (traduite du latin en français) ;
- neuf épîtres ;
- deux complaintes ;
- treize épitaphes ;
- treize ballades ;
- un chant royal ;
- cinquante-huit rondeaux ;
- huit dizains ;
- cinq blasons ;
- six envois ;
- trente-deux chansons.
La seconde section, intitulée « Les choses contenues aux Œuvres qui ne font pas partie de L’Adolescence », regroupe plusieurs pièces supplémentaires :
- La Déploration de feu Messire Florimond Robertet ;
- Un Églogue sur le trépas de feu Madame Mère du Roy ;
- Chant Royal chrétien ;
- Chant Royal, dont le Roy bailla le refrain ;
- L’Épître du Coq-en-l’âne ;
- Épître à monseigneur le chancelier Duprat ;
- Dizain de Marot faisant mention de Preudhomme ;
- Épître au Roy de Marot emprisonné ;
- Épître à monsieur le cardinal de Lorraine ;
- Épître au Roy pour Marot, étant malade à Paris ;
- Huitain à ce propos ;
- Ballade sans refrain.
Cet ensemble de pièces, placé à la fin du recueil dans l’attente d’une organisation plus définitive, témoigne d’une logique de composition évolutive, d'une tendance sérielle qui produit un effet d'annonce et remplit une fonction publicitaire.
La composition globale participe activement à l’élaboration d’un texte que Marot cherche à rapprocher au plus près de l'intention de l'auteur[12].
Historique des éditions essentielles de 1532 à 1538
Entre 1532 et 1538, L’Adolescence clémentine connaît de nombreuses éditions, autorisées ou non, accompagnées de plusieurs remaniements successifs, témoignant du succès éditorial du recueil. On recense environ vingt-cinq éditions sur cette période. Une première édition, aujourd’hui perdue, aurait été publiée à Paris le 30 octobre 1532 par Antoine Augereau[13] sous le titre L’Adolescence clémentine, autrement œuvre de M. Clément Marot. de cahours, valet de chambre du roy. Cette impression entre vraisemblablement en concurrence avec le privilège accordé la même année à Pierre Roffet pour une durée de trois ans (durée classique pour la publication d’une nouveauté littéraire) [14].

La première édition autorisée de L’Adolescence clémentine paraît le 12 août 1532[15] par l'imprimeur Geoffroy Tory pour le compte du libraire Pierre Roffet. Cette publication constitue la première édition connue, souvent désignée comme l'édition princeps (édition originale). Intervenant dans un contexte de forte concurrence éditoriale des textes marotiques, l’ouvrage se distingue notamment par un appareil liminaire comprenant des distiques latins composés par des humanistes parisiens vantant l'édition ainsi qu’une épître de Marot affirmant l’authenticité du texte, par opposition aux impressions antérieures non contrôlées[16]. L’édition est ainsi présentée comme « Le tout reveu, corrigé, et mis en bon ordre ». La principale innovation de cette édition réside dans l’emploi de caractères romains, encore inhabituels dans ce type de publication et jusque-là principalement réservés aux traductions latines en langue vernaculaire[17].

Une deuxième édition autorisée paraît le 13 novembre 1532[18] à Paris, imprimée par Geoffroy Tory pour le libraire Pierre Roffet. Cette édition constitue une révision de l’édition princeps, marquée par une mise en ordre et une correction du texte, selon la formule éditoriale marotique : « Le tout reveu, corrigé, et mis en bon ordre ». Le volume corrige plusieurs coquilles et introduit des variantes textuelles attribuées à Marot, tout en étant significativement augmenté. Le recueil est ainsi présenté comme « Plus amples que les premiers imprimez de ceste, ny autre Impression » et ajoute une section intitulée Autres œuvres faictes en sa dicte maladie, composée de dix nouvelles pièces liées à la maladie du poète, constituant le principal enrichissement connu de L’Adolescence clémentine[19].
Dès 1533, de nombreuses réimpressions du recueil apparaissent, notamment à Lyon chez l’imprimeur François Juste, ainsi que chez Denis de Harsy et même à Avignon chez Jean de Channey, témoignant de la diffusion rapide du recueil[20].

Une quatrième édition autorisée paraît le 7 juin 1533[21], imprimée à Paris par Geoffroy Tory pour le libraire Pierre Roffet. Elle reprend les choix éditoriaux de la première version et propose une mise en page similaire, tout en intégrant les ajouts et variantes des éditions précédentes ainsi qu’une nouvelle relecture du poète[22]. Elle intègre en outre, en fin de volume, un cinquième envoi sous forme de cinquain adressé « à une Dame ». L'innovation majeure de cette édition est l’introduction de signes diacritiques (accents, cédille et apostrophes) dans un texte français :
« Avec certains Accens notez, c’est assavoir sur le é masculin différent du féminin, sur les dictions jointes ensemble par synalèphe, et soubz le ç quant il tient de la prononciation de le s. Ce qui par cy devant, par faute d’advis, n’a esté faict au langage françoys, combien qu’il y fust et soit très nécessaire. »
Entre 1534 et 1536, durant l’exil de Marot, plusieurs éditions paraissent sans contrôle direct du poète et sans qu’aucune d’entre elles ne puisse être considérée comme de véritables éditions autorisées, notamment en raison de la présence de pièces apocryphes ou d’attributions douteuses[23].

Le retour d’exil de Marot et sa rencontre avec Étienne Dolet en 1538 marquent le retour officiel du poète dans le monde de l’imprimerie[24]. Cette collaboration aboutit à la publication, à Lyon, de la dernière grande édition autorisée du vivant de l’auteur : les Œuvres. Imprimée en grande partie avec le matériel de François Juste, cette édition connaît deux émissions distinctes, l’une, d'[août] 1538 vendue sous le nom d’Étienne Dolet[25], l’autre, d'[après août] 1538 sous celui de Sébastien Gryphe[26]. Si le corps du texte demeure essentiellement identique dans les deux états, les pages de titre, pièces liminaires et certains feuillets dispersés diffèrent. Outre la concurrence des deux adresses typographiques (« A Lyon : au Logis de Monsieur Dolet » contre « On les vend à Lyon chez Gryphius »), la première émission porte au titre la marque du libraire, flanquée de son motto latin, quand la seconde ne présente que la devise de l’auteur. La première émission comporte notamment un poème dédicatoire composé par Dolet remplacé dans la seconde par une épître de l’auteur « A ceux qui par cy devant ont imprimé ses oeuvres ». Dolet impose ainsi sa marque qui suggère son importance dans conception éditoriale des Oeuvres[27]. L’intégration de L’Adolescence clémentine dans les Œuvres s’accompagne d’une profonde révision des textes antérieurs, d'un « élagage des éditions d’authenticité douteuse publiées depuis 1534 », d’une réorganisation des recueils précédents et d’une importante augmentation du corpus marotique[27]. L’ouvrage comprend également un nouvel appareil liminaire, dominé par une longue épître de Marot revenant sur les circonstances de composition du volume et affirmant l’achèvement de son travail poétique[28].

À partir de son intégration aux Œuvres de 1538, L’Adolescence clémentine comprend [29]:
- les mêmes cinq opuscules qu'en 1532 :
- onze épîtres ;
- deux complaintes ;
- treize épitaphes ;
- quatorze ballades ;
- un chant royal ;
- soixante sept rondeaux ;
- quarante deux chansons.
Études critiques des spécificités éditoriales
Les premières éditions de L’Adolescence clémentine, issues de la collaboration entre Clément Marot et Geoffroy Tory, sont souvent considérées comme un ensemble expérimental majeur dans l’histoire de la typographie française, contribuant à la normalisation du français imprimé.
Format in-octavo des éditions autorisées
La quasi-totalité des éditions autorisées de Clément Marot adopte le format In-octavo (in-8°), alors que les éditions non autorisées présentent des formats plus variés, allant de l’In-quarto (in-4°) à l’in-sextodecimo (in-16°)[30]. Ce choix récurrent du format moyen pourrait témoigner d’une attention particulière accordée par Marot à la présentation matérielle de ses œuvres. Portable et relativement économique, ce format devient courant pour les recueils poétiques et les textes humanistes, adapté à la lecture privée comme à une diffusion plus large.
Typographie et choix des caractères
L’édition d’août 1532 de L’Adolescence clémentine se distingue fortement des recueils poétiques contemporains. Alors que les impressions vernaculaires utilisent encore majoritairement des caractères gothiques bâtards, l’édition publiée par Geoffroy Tory adopte une typographie romaine[31]. Ce choix rapproche symboliquement la poésie vernaculaire des éditions savantes latines imprimées en romain et participe à la valorisation littéraire du français.

Cette orientation typographique s’inscrit dans les conceptions défendues par Geoffroy Tory, notamment dans son traité de typographie, d’orthographe et de grammaire française, le Champ fleury, où il revendique l’usage des caractères romains et l’introduction de signes diacritiques afin d’améliorer la lecture et la transcription du français. L’édition du 7 juin 1533 marque l’aboutissement de cette collaboration éditoriale avec l’introduction d’accents, de la cédille et de l’apostrophe dans un texte français. Cette expérimentation typographique est souvent considérée comme l’une des premières tentatives cohérentes de normalisation orthographique du français imprimé.
Les éditions lyonnaises des Œuvres de 1538 publiées sous les noms d’Étienne Dolet et de Sébastien Gryphe abandonnent toutefois les caractères romains employés par Geoffroy Tory au profit de la bâtarde de chancellerie héritée des ateliers de François Juste[32]. Ce retour à une tradition typographique lyonnaise s’accompagne du maintien d’une distinction graphique entre les langues : la poésie vernaculaire est imprimée en bâtarde, tandis que les textes latins et certaines pièces liminaires continuent d’utiliser les caractères romains et italiques. Ces choix typographiques manifestent une conception hiérarchisée des langues et des genres et rompent avec les expérimentations graphiques menées dans les éditions Tory-Roffet des années 1532-1534 et de Louis Blaubloom, qui s'inscrivait dans une même continuité éditoriale.
Organisation des titres et hiérarchie typographique
Les premières éditions autorisées de L’Adolescence clémentine publiées par Geoffroy Tory se distinguent par une présentation des titres inspirée des inscriptions antiques. Le titre principal est composé en capitales romaines centrées, selon une disposition dite « à l’antique », tandis que le sous-titre, imprimé en minuscules romaines, occupe une position typographiquement subordonnée. Cette disposition contraste avec les pratiques typographiques alors dominantes[33]. Cette organisation hiérarchisée se retrouve également à l’intérieur du volume, où les différentes pièces sont fréquemment introduites par des rubriques ou des titres en capitales.
L’édition du 7 juin 1533 approfondit encore ce travail typographique. Geoffroy Tory abandonne la disposition du titre en quatre lignes au profit d’un agencement en deux lignes centrées, jugé plus lisible et plus équilibré[34]. Les capitales employées pour le titre sont désormais empruntées à la même fonte romaine que celle utilisée pour le corps du texte, renforçant l’unité visuelle de l’ouvrage. Une recherche d’équilibre typographique et de respect de la syntaxe qui distingue les éditions Tory-Roffet des contrefaçons lyonnaises contemporaines.
Les Œuvres lyonnaises de 1538 reviennent en revanche à des dispositions de titres plus traditionnelles, notamment à l’usage systématique de titres à césure, marquant un éloignement des expérimentations graphiques menées par Geoffroy Tory dans les premières éditions autorisées[29].
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1re éd. Tory. Titre à l'antique avec césure. -
2e éd. Tory. Titre à l'antique avec césure. -
4e éd. Tory. Titre à l'antique sans césure. -
1re éd. Dolet. Titre avec césure.
Illustration et ornementation
Les éditions autorisées de L’Adolescence clémentine se caractérisent par l'absence d’illustration, à l’exception des marques d’imprimeurs et de l'utilisation d'un fleuron typographique en forme de fleur de lys stylisée employé comme cul-de-lampe afin de marquer la fin du volume. Cette sobriété est d’autant plus notable que les ateliers impliqués, notamment ceux de Geoffroy Tory et de Pierre Roffet, disposaient de matériel iconographique et avaient recours à l’image dans d’autres types de publications[35]. Aucune édition autorisée connue de Marot ne comporte d’illustration, y compris dans des contextes où celle-ci était techniquement et commercialement possible, ce qui constitue un fait remarquable dans le paysage du livre français du début du XVIe siècle[36]. L'ensemble se caractère ainsi par une extrême sobriété typographique où seuls subsistent quelques lettrines fleuries de l'atelier de Tory.
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Lettrine (1533) -
Fleuron final (1533)
Cette absence d’illustration a été interprétée par certains chercheurs comme un choix éditorial cohérent qui soulignent que Marot aurait pu privilégier une lecture centrée sur le texte poétique, l’image risquant de détourner l’attention du lecteur[37].
Table et organisation du recueil

Les éditions autorisées de L’Adolescence clémentine se distinguent par la présence systématique d’une table initiale, absente ou incomplète dans les éditions non autorisées. Cette table des matières détaille les pièces du recueil et renvoie aux feuillets correspondants, permettant une navigation à l’intérieur de l’ouvrage. Ce dispositif participe à l’organisation du recueil et témoigne d’une structuration pensée pour une lecture principalement cursive du texte[38].
Notes et références
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », , p. 38-39
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », , p. 45
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », , p. 53-55
- Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », , p. 56-57
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », , p. 64-65, 67
- ↑ BnF, BP16, « L’Adolescence clémentine », notice BP16_107013, édition du 12 août 1532, Paris, Geoffroy Tory pour Pierre Roffet, consultable en ligne : https://bp16.bnf.fr/ark:/12148/cb41880026b/. La lecture du « Q » pour « Quercinois » est due à François Rigolot dans son édition des Œuvres complètes de Marot, Paris, Flammarion, GF, 2 vol., 2007 et 2009, t. 1, p. 540, n. 173.
- ↑ Olivia Rosenthal, « Les jeunesses de Clément Marot », dans Clément Marot, L’Adolescence clémentine. Actes de la journée d’étude du 8 novembre 1996, Simone Perrier (dir.), université Paris 7 – Denis Diderot, Cahiers Textuel, no 16, 1997, p. 9.
- ↑ Clément Marot, L’Adolescence clémentine, « À ung grand nombre de freres, qu’il a : tous enfans d’Apollon, Salut », dans Œuvres poétiques, éd. Gérard Defaux, Paris, Classiques Garnier, t. 1, p. 17.
- ↑ Guillaume Berthon, L’Intention du poète. Clément Marot « autheur », Paris, Classiques Garnier, coll. « Bibliothèque de la Renaissance », 2014, p. 525.
- ↑ Olivia Rosenthal, « Les jeunesses de Clément Marot », dans Clément Marot, L’Adolescence clémentine. Actes de la journée d’étude du 8 novembre 1996, Simone Perrier (dir.), université Paris 7 – Denis Diderot, Cahiers Textuel, no 16, 1997, p. 7.
- ↑ « L'adolescence clementine », sur bp16.bnf.fr (consulté le )
- ↑ Cécile Alduy, « L’Adolescence de Marot mise en recueil : ordre du livre, fiction d’auteur », L’Information littéraire, vol. 58, no 3, 2006/3, p. 10-18.
- ↑ BnF, BP16, « L’Adolescence clémentine », notice BP16_107012, édition du 30 octobre 1532, Paris, Antoine Augereau, consultable en ligne : https://bp16.bnf.fr/ark:/12148/cb418800250/.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », , p. 391
- ↑ BnF, BP16, « L’Adolescence clémentine », notice BP16_107013, édition du 12 août 1532, Paris, Geoffroy Tory pour Pierre Roffet, consultable en ligne : https://bp16.bnf.fr/ark:/12148/cb41880026b/.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 71, 82-83.
- ↑ Henri-Jean Martin, La Naissance du livre moderne (XIVe-XVIIe siècle). Mise en page et mise en texte du livre français, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, coll. « Histoire du livre », 2000, p. 180-209.
- ↑ BnF, BP16, « L’Adolescence clémentine », notice BP16_107014, édition du 13 novembre 1532, Paris, Geoffroy Tory pour Pierre Roffet, consultable en ligne : https://bp16.bnf.fr/ark:/12148/cb41880027p/.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 89-91.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, 2019, « Catalogue des éditions », p. 375-796. L’auteur y recense les différentes éditions connues de L’Adolescence clémentine et mentionne notamment des impressions provinciales attribuées à François Juste, Denis de Harsy ou encore Jean de Channey.
- ↑ BnF, BP16, « L’Adolescence clémentine », notice BP16_107303 , édition du 13 novembre 1532, Paris, Geoffroy Tory pour Pierre Roffet, consultable en ligne : https://bp16.bnf.fr/ark:/12148/cb41880316v/
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 93-96.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 193.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 191.
- ↑ « L’Adolescence clémentine », sur Gallica, Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- ↑ « L’Adolescence clémentine », sur Gallica, Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 219-221.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 221-233.
- BnF, Gallica, « L’Adolescence clementine », édition d’[août] 1538, Paris, François Juste pour Étienne Dolet, consultable en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70238n/f2.image ; BnF, Gallica, « L’Adolescence clementine », édition d’[après août] 1538, Paris, François Juste pour Sébastien Gryphe, consultable en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72558k?rk=21459;2
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 361.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 82-83 ; Henri-Jean Martin, La Naissance du livre moderne (XIVe-XVIIe siècle). Mise en page et mise en texte du livre français, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 2000, p. 180-209.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. p. 233.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, p. 85.
- ↑ Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot, p. 96-97.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, 2019, p. 367.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, 2019, p. 368-369.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, 2019, p. 369. ; William Kemp, « Les petits livres français illustrés de Romain Morin (1530-1532) », art. Cit., t. 1, p. 516-517, et Trung Tran Quoc, « Le texte poétique dans le geste iconographique du XVIe siècle : entre éditions illustrées et fables imagées », ‘’Poésie et illustration’’, Lise Sabourin (éd.), Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 2009, p. 44-45.
- ↑ Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, 2019, p. 369-370; et Guillaume Berthon, L’Intention du poète. Clément Marot « autheur », Paris, Classiques Garnier, coll. « Bibliothèque de la Renaissance », 2014, p. 391-577.
Annexes
Bibliographie
Éditions modernes
Édition de 1532 :
- Clément Marot, Œuvres complètes, François Rigolot (éd.), Paris, Flammarion, GF, 2 vol., 2007 et 2009, t. 1, p. 33-232.
Édition de 1538 :
- Clément Marot, L’Adolescence clémentine, suivi de L’Enfer, Déploration de Florimond Robertet et Quatorze psaumes, Frank Lestringant (éd.), N.R.F., Collection Poésie/Gallimard n°213, 1987, 416 p.
- Clément Marot, L’Adolescence clémentine, François Roudaut (éd.), Paris, Livre de Poche, 2005, 512 p.
- Clément Marot, Œuvres poétiques complètes, Gérard Defaux (éd.), Paris, Bordas, « Classiques Garnier », 2 t., t. 1 (1990 ; réédition Dunod 1996), t. 2 (1993), ici t. 1, p. 13-200.
Études biographiques
- Jean-Luc Déjean, Clément Marot, Paris, Fayard, 1990, 440 p.
- Claude Albert Mayer, Clément Marot, Paris, Nizet, 1972, 566 p.
Études bibliographiques
- Guillaume Berthon, Bibliographie critique des éditions de Clément Marot (ca. 1521-1550), Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance », 2019, 877 p.
- Bertrand Guégan, Clément Marot éditeur, Paris, Arts et Métiers graphiques n°38, 1933, 750 p.
- Claude Albert Mayer, Bibliographie des œuvres de Clément Marot, Genève, Droz, 1954, 2 vol. ; réimpression augmentée et corrigée du second volume sous le titre Bibliographie des éditions de Clément Marot publiées au XVIe siècle, Paris, Nizet, 1975, 112 p.
- Pierre Villey, « Tableau chronologique des publications de Marot », extrait de la Revue du seizième siècle, t. 7-8 (1920-1921), Paris, Champion, 1921 ; complété dans t. 11 (1924), t. 15 (1928) et t. 16 (1929).
Études spécifiques sur Marot et l'ordonnancement de L’Adolescence clémentine
- Cécile Alduy, « L’Adolescence de Marot mise en recueil : ordre du livre, fiction d’auteur », L’information littéraire, 58, n°3, 2006/3, p. 10-18.
- Guillaume Berthon, L’Intention du poète. Clément Marot « autheur », Paris, Classiques Garnier, coll. « Bibliothèque de la Renaissance », 2014, 654 p.
- Guillaume Berthon et Vân Dung Le Flanchec, Clément Marot. L’Adolescence clémentine, Neuilly, Atlande, 2006, 316 p.
- Claude Blum, « “L’ordre de mes livres”. Les Ballades dans L’Adolescence clémentine de Marot », dans Regina Bollhalder Mayer, Olivier Millet et André Vanoncini (dir.), Désirs et plaisirs du livre. Hommage à Robert Kopp, Paris, Champion, 2004, p. 69-80.
- Gérard Defaux, Le Poète en son jardin. Étude sur Clément Marot et « L’Adolescence clémentine », Paris, Champion, coll. « Unichamp », 1996, 288 p.
- Edwin M. Duval, « L’Adolescence clémentine et l’Œuvre de Clément Marot », Études françaises, vol. 38, n°3, 2002, p. 11-24.
- Francis Goyet, « Sur l’ordre de L’Adolescence clémentine », dans Gérard Defaux et Michel Simonin (dir.), Clément Marot « Prince des poëtes françois » 1496-1996. Actes du Colloque international de Cahors en Quercy, Paris, Champion, 1997, p. 593-613.
- Olivia Rosenthal, « Les jeunesses de Clément Marot », dans Clément Marot, L’Adolescence clémentine. Actes de la journée d’étude du 8 novembre 1996, Simone Perrier (dir.), université Paris 7 – Denis Diderot, Cahiers Textuel, no 16, 1997, 21 p.
- Jean Vignes, « “En belle forme de livre” : la composition de L’Adolescence clémentine », Revue de littératures française et comparée, Publications de l’université de Pau, n°7, novembre 1996, p. 79-86 ; republié dans Méthode ! revue de littératures. Agrégation de Lettres, 2007, n°11, p. 93-100.
Ouvrages généraux sur le livre et l’histoire du livre
- Henri-Jean Martin et Lucien Febvre, L’Apparition du livre, Paris, [1958], Albin Michel, 1999, 600 p.
- Henri-Jean Martin, La Naissance du livre moderne (XIVe-XVIIe siècles), Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 2000, 491 p.
- Henri-Jean Martin, Roger Chartier et Jean-Pierre Vivet (dir.), Histoire de l’édition française, t. 1, Le livre conquérant. Du Moyen Âge au milieu du XVIIe siècle, Paris, Promodis, 1983, 629 p.
- Olivia Rosenthal, « L’œuvre et ses éditeurs au début du XVIe siècle », dans Yoshikazu Nakaji (dir.), L’Autre de l’œuvre, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2007, p. 23-37.
- François Roudaut, Le Livre au XVIe siècle. Éléments de bibliologie matérielle et d’histoire, Paris, Champion, 2003, 208 p.
Articles connexes
- Clément Marot
- Jean Marot (poète)
- Poésie française du XVIe siècle
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