L'Heure bretonne
| L'Heure bretonne | |
Logo du journal | |
| Pays | France |
|---|---|
| Zone de diffusion | Bretagne |
| Langue | français |
| Périodicité | hebdomadaire |
| Diffusion | 30 000 à 32 000[1] ex. |
| Date de fondation | |
| Date du dernier numéro | no 204 |
| Ville d’édition | Rennes |
| ISSN | 2025-7015 |
| OCLC | 472414800 |
L'Heure bretonne est un journal hebdomadaire nationaliste breton qui paraît en format in-plano de à pendant l'occupation allemande en Bretagne.
Historique
Origine
En , au congrès de Pontivy, François Debeauvais, Marcel Guieysse et Olier Mordrel créent le Comité national breton. Ils décident aussi l'édition d'un journal hebdomadaire l'Heure bretonne dirigé par Raymond Delaporte et de ses frères Yves et Hervé[2].
Le premier numéro paraît le [3], sous le titre « La Bretagne existe désormais officiellement », que « les autorités allemandes ont reconnu officiellement notre pays 1° en créant un poste de gouverneur de la Bretagne… »[4].
Le titre, note Sébastien Carney, « fait partie des 350 journaux auxquels la Propaganda Abteilung accorda l'autorisation de paraître en zone nord, quand 60 % des titres y furent supprimés. C'est dire à quel point leur existence participe des intérêts allemands »[5].
Existence


Deux cent un numéros paraissent entre juillet 1940 et juin 1944. Le journal est initialement dirigé par Olier Mordrel et se montre violemment antisémite et raciste ; celui-ci, jugé trop imprévisible par les autorités allemandes, est remplacé le par Raymond Delaporte, qui va se montrer plus conciliant, y compris à l'égard du gouvernement de Vichy[6].
Morvan Lebesque est rédacteur en chef[7].
Ce journal est édité à Rennes[8] par le Comité national breton[9].
Le dernier numéro paraît le [3].
Ligne éditoriale
Collaboration avec l'Allemagne, défiance vis-à-vis de Vichy

Ce journal fut l'organe de propagande du nationalisme breton et un relais de l'alliance avec l'Allemagne dans le cadre de la création de l'« Europe nouvelle ». Il encourageait les Bretons à s'organiser eux-mêmes dans le cadre d'une autonomie nationale, adoptait en permanence des accents xénophobes et très fréquemment antisémites et appelait les jeunes Bretons à faire l'« Europe nouvelle » sous les auspices du Reich. Il se réjouissait de l'effondrement de la République française qui répandait, selon lui, « une odeur de compromission, des relents maçonniques, de grasses senteurs de Juifs. »[10].
Youen Drezen fait partie des journalistes[11].
Dans le no 7 en date du , paru après la bataille de Mers el-Kébir, Olier Mordrel écrit : « La défaite anglaise sera la possibilité de construire la nouvelle Europe. (…) Les bombes qui tombent du côté de Portsmouth travaillent directement à la liberté bretonne »[12].
« À la porte les juifs et les enjuivés »
Hervé Le Helloco publie un article avec le titre « À la porte les juifs et les enjuivés »[13].
Selon Claude Toczé et Annie Lambert « L’Heure bretonne distille, dès ses premières livraisons, un antisémitisme récurrent et « autochtone » »[14].
L’historien Kristian Hamon rappelle que L’heure bretonne « publiait des articles pro-allemands, racistes et antisémites »[15].
Notes et références
- ↑ Kristian Hamon, Les nationalistes bretons sous l'Occupation, An Here, , 272 p. (ISBN 2868432247, lire en ligne), p. 54 :
« Jusqu'à la fin de la l'Occupation, le tirage du journal va osciller entre 30 et 32 000 exemplaires »
- ↑ La presse bretonne dans la tourmente. Henri Fréville. p 183
- « L'Heure bretonne », sur Presse Locale Ancienne (consulté le )
- ↑ Etienne Maignen, De 1940 à 1941, réapparition d'une Bretagne provisoirement incomplète, un provisoire destiné à durer dans Bulletin et mémoires de la Société archéologique & historique d'Ille-et-Vilaine, tome CXIV, 2010, p. 237 à 258
- ↑ Carney 2015, p. 394.
- ↑ Georges Cadiou, "L'Hermine et la Croix gammée", Mango Document, 2001, (ISBN 2-914353-065)
- ↑ « Morvan Lebesque : la découverte ou l’ignorance ? », sur Le Télégramme, (consulté le )
- ↑ « L'Heure bretonne », sur Presse Locale Ancienne (consulté le )
- ↑ Cadiou, 2001, p. 68
- ↑ L'Heure bretonne du , article de Yann Goulet.
- ↑ https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-jean-trolimon-29120/debaptiser-le-park-youen-drezen-auteur-collaborationniste-a-saint-jean-trolimon-la-controverse-refait-surface-7dfa3b34-3365-11f1-a95a-dc5691df1a8c
- ↑ Cité par Georges Cadiou, "L'Hermine et la Croix gammée", Mango Document, 2001, (ISBN 2-914353-065).
- ↑ L'Heure bretonne, 3e année, no 105, p. 1.
- ↑ Claude Toczé et Annie Lambert, chap. 7 « De l’entre-deux-guerres à 1944, les Juifs boucs émissaires des partisans d’une “société bretonne uniraciale” », dans Les juifs en Bretagne, Presses universitaires de Rennes, (DOI https://doi.org/10.4000/books.pur.43312.)
- ↑ « Nouveau Parti national breton : « Le premier parti était ouvertement pro nazi » », sur Le Télégramme, (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Bertrand Frélaut, Les nationalistes bretons de 1939 à 1945, Brasparts, Beltan, 1985.
- L'Heure bretonne. Journal breton hebdomadaire. Du numéro 1 (juillet 1940) au numéro 200 (mai 1944)
- Sébastien Carney, « Breiz Atao ! Mordrel, Delaporte, Lainé, Fouéré une mystique nationale, 1901-1948 », BnF ISBN, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 9782753542891)
- Georges Cadiou, L'hermine et la croix gammee: Le mouvement breton et la collaboration, Mango Document, coll. « Mango Document », (ISBN 978-2-914353-06-9)
- Jean Malo-Renault et Lukian Raoul, Les pseudonymes des bretons: 16e-20e siècle, Ar Skol Vrezoneg : Emgleo Breiz, (ISBN 978-2-906373-38-9)
Liens externes
- Portail de la presse écrite
- Portail de la politique
- Portail de la Bretagne
- Portail de la Seconde Guerre mondiale
