Marcel Guieysse

| Secrétaire général de la préfecture de l'Indre (d) | |
|---|---|
| Sous-préfet de Vire | |
| - | |
| Sous-préfet de Sarlat-la-Canéda | |
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 85 ans) Vitry-sur-Seine |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Père | |
| Fratrie |
| Parti politique |
|---|
Marcel Guieysse, né le à Caudan, et mort le à Vitry-sur-Seine, est un homme politique français. Il est investi dans le nationalisme breton.
Biographie
Enfance et formation
Il naît au lieu-dit Kervéléan[1],[2] alors à Caudan, aujourd'hui situé sur la commune de Lanester[3].
Il est le fils de Paul Guieysse[4], député radical de Lorient de 1889 à 1910 et plusieurs fois ministre[3].
Il fait des études de droit et de science politique à Paris[3].
Il apprend les langues celtiques avec Henri Gaidoz et Joseph Vendryes[3].
Carrière
Il devient sous-préfet d'abord à Sarlat, puis à Vire[5]. Il doit démissionner après un duel avec un ministre qui avait injurié son père[3],[5].
Il se présente sans succès aux élections législatives de 1914 dans la circonscription de Lorient, face à Louis Nail qui y avait battu son père quelques années plus tôt[6].
Il entre dans les services diplomatiques et participe aux traités de paix en qualité de secrétaire des Affaires étrangères auprès du gouvernement croate et slovène. Il rentre en France pour participer aux négociations du Traité de Versailles en 1919. Il doit quitter la carrière en raison d'une vision progressivement déficiente ; il exerce alors la direction d'une compagnie d'assurances, puis donne des cours de littérature[5],[3].
Engagement dans le nationalisme breton
Il fonde en 1925 à Paris, pour les Bretons protestants de la capitale, Kengarantez Vreiz (« L'Amitié Bretonne ») » section de « La Cause », œuvre protestante d’enseignement, d’entraide, d’édition, d’évangélisation… fondée par le pasteur Freddy Durrleman[7] et publie en 1925 un livret Bretons et Protestants[8].
La même année, il publie La Langue bretonne, un ouvrage consacré à la langue bretonne[9].
Il adhère en 1929 au Parti autonomiste breton (PAB)[10].
Lors de la scission du PAB en 1931, il rejoint les nationalistes et participe à la fondation du Parti national breton (PNB). Il participe ainsi au premier congrès du PNB qui se tient à Landerneau le [11].
En 1936, il devient secrétaire de la section de Paris du PNB après le départ de sa fille Denise de ce poste, suite à des enquêtes policières pour son rapprochement avec Célestin Lainé et son groupe armé Gwenn-ha-du[12]. La même année, il évoque le travail fait dans les écoles de la République française, particulièrement depuis les années 1890-1900, pour empêcher l'usage de la langue bretonne au profit de la langue française[13].
En 1939, Marcel Guieysse et sa famille quittent Paris pour s'installer à Kervéléan[14].
Il fait partie avec Olivier Chevilotte et Olier Mordrel du comité de direction du PNB en , lorsque François Debeauvais est recherché par la police et se réfugie en Belgique[15].
En , Marcel Guieysse participe à l'établissement du Comité national breton (CNB) à Pontivy[16],[17]. Lors du même mois, les membres de l'exécutif du CNB, François Debeauvais, Olier Mordrel, Célestin Lainé et Marcel Guieysse décident de lancer un nouvel hebdomadaire L'Heure bretonne[18].
En , François Debeauvais se met à l'écart pour raisons de santé, par ailleurs le CNB apparaît comme un échec, Olier Mordrel devient alors le le chef du PNB ; chaque département est doté d'un nouveau responsable, Paul Gaignet pour l'Ille-et-Vilaine, Yves Favreul-Ronarc'h pour la Loire-Inférieure, Yann Ar Beg (Jean Le Bec) pour le Finistère, Jacques de Quélen pour les Côtes-du-Nord et Marcel Guieysse pour le Morbihan[19]. Quand Raymond Delaporte prend la direction du PNB, Marcel Guieysse reste responsable du Morbihan[20].
Quand en , Raymond Delaporte indique que le Service spécial du PNB, dirigé par Célestin Lainé, ne fait plus partie du PNB, il demande aux membres du Service spécial, de choisir leur appartenance ; Marcel Guieysse qui soutient Célestin Lainé est démissionné en décembre[21],[14].
En , Marcel Guieysse, accompagnée de sa femme et de sa fille, se replie en Allemagne avec la formation Bezen Perrot[10],[22].
Il est fait prisonnier par les Américains qui le livrent aux Français. Marcel Guieysse est le seul inculpé présent au procès de l'Heure Bretonne à Rennes, le . Il est condamné à cinq années de prison et à l'indignité nationale à vie[10],[22],[14].
Il est libéré en pour une opération ophtalmologique[14].
Vie privée et décès
Marcel Guieysse se marie le à Paris avec Marie Anglas[23].
En 1907, née sa fille Denise, qui deviendra plus tard militante nationaliste bretonne et collaboratrice de Marcel Guieysse[24].
À la fin de sa vie, devenu complètement aveugle, il meurt chez sa fille Denise, à Vitry-sur-Seine, le à l'âge de 86 ans[22].
Publications
Ouvrages publiés
- Marcel Guieysse, Militza, Paris, Les Éditions Françaises, , 60 p. (présentation en ligne)
- Marcel Guieysse, La langue bretonne, Hennebont, Imprimerie J. Méhat, , 34 p. (présentation en ligne, lire en ligne) [PDF].
- Marcel Guieysse, Bretons et Protestants, Neuilly, Éditions de La Cause, , 23 p. (présentation en ligne, lire en ligne) [PDF].
- Marcel Guieysse, La langue bretonne : Ce qu'elle fut, ce qu'elle est, ce qui se fait pour elle et contre elle, Quimper, Nouvelles Editions Bretonnes, , 271 p. (lire en ligne) [PDF].
Textes divers
- Marcel Guieysse, Six pays Une seule âme (résumé d'histoire panceltique), date inconnue, 8 p. (présentation en ligne, lire en ligne) [PDF].
- Marcel Guieysse, Répression, , 3 p. (présentation en ligne, lire en ligne) [PDF].
- Marcel Guieysse, Le mouvement national breton : Son évolution ; sa position lors de la deuxième guerre mondiale (documents pour servir à l'histoire du mouvement breton), , 50 p. (présentation en ligne, lire en ligne) [PDF].
Préface
- Ronan Caouissin (préf. Marcel Guieysse), Bretons d'aujourd'hui : Les aînés, Pleyber-Christ, Éditions Ronan, , 213 p..
- Ronan Caerléon (préf. Marcel Guieysse), Bretons d'aujourd'hui, Plérin, Brittia, (1re éd. juin 1936), 191 p. (ISBN 2-84560-000-3, lire en ligne) — Extrait sur Gallica.
Archives
Certaines archives de Marcel Guieysse sont conservés à l'Université de Brest[25],[12].
Notes et références
- ↑ Boishéraud, 2011, p. 128
- ↑ « Kervéléan, l'histoire d'un lieu emblématique », sur ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le ).
- Cadiou, 2013.
- ↑ « Portail internet des services de l'État : La sous-préfecture de Vire », sur pref.gouv.fr via Wikiwix (consulté le ).
- Boishéraud, 2011, p. 47
- ↑ 27 octobre 1920, « Un deuil pour Lorient et le Morbihan : M. Louis Nail meurt à 56 ans à Paris », Le Nouvelliste du Morbihan, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Eflamm Caouissin, « Franck Keller, pasteur à Carhaix : « Chaque peuple a son génie, son patrimoine propre, et il est important de savoir préserver les racines qui font partie de l’ADN des peuples », sur argedour.bzh, Ar Gedour, (consulté le ).
- ↑ « Détails à propos de : Bretons et protestants. › Bibliothèque Yves Le Gallo catalogue », sur portailcrbc.univ-brest.fr (consulté le )
- ↑ Marcel Guieysse, La Langue bretonne : ce qu'elle fut, ce qu'elle est, ce qui se fait pour elle et contre elle, coll. « [Archives et bibliothèque Yves-Marie Goblet (1881-1955) », (lire en ligne)
- Déniel, 1976., p. 427-428
- ↑ Michel Nicolas, Histoire de la revendication bretonne : Des origines jusqu'au années 1980, Morlaix, Coop Breizh, , 397 p. (ISBN 978-2-84346-312-9), p. 76.
- « Fonds Guieysse-Luec, Denise », sur univ-brest.fr, UBO / CRBC (consulté le ).
- ↑ Marcel Guieysse, La Langue Bretonne : Ce Qu'elle Fut, Ce Qu'elle Est, Ce Qui Se Fait Pour Elle Et Contre Elle, Nouvelles Éditions bretonnes, , 271 p., p. 21.
- « Marcel Guieysse », sur bezenperrot.bzh (consulté le ).
- ↑ Déniel, 1976., p. 207
- ↑ Cadiou 2001.
- ↑ Boishéraud, 2011, p. 47-48
- ↑ Déniel, 1976., p. 227
- ↑ Déniel, 1976., p. 234-235
- ↑ Déniel, 1976., p. 269-270
- ↑ Déniel, 1976., p. 298-299
- Boishéraud, 2011, p. 50-51
- ↑ Cahiers du Centre de généalogie protestante, vol. 153, Société d'histoire du protestantisme français, , 57 p. (ISSN 0753-4639, lire en ligne), p. 45.
- ↑ « Denise Guieysse », sur bezenperrot.bzh (consulté le ).
- ↑ « Bibliothèque Yves-Le-Gallo », sur portailcrbc.univ-brest.fr, UBO / CRBC (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
- Alain Déniel, Le mouvement breton : 1919-1945, Paris, éd. Maspero, coll. « Textes à l'appui. Série histoire contemporaine », , 451 p. (ISBN 2-7071-0826-X).
- Georges Cadiou, L'hermine et la croix gammée : Le mouvement breton et la collaboration, éd. Mango, coll. « Document », , 264 p. (ISBN 2-914353-06-5 et 978-2-914353-06-9).
- Pierre de Boishéraud, Documents sur la famille Guieysse : Archives familiales, , 142 p. (lire en ligne), p. 47-52
- Georges Cadiou, Emsav - Dictionnaire critique, historique et biographique : le mouvement breton de A à Z, Spézet, Coop Breizh, coll. « Politique », , 440 p. (ISBN 978-2-84346-587-1), p. 184-185
Articles connexes
Liens externes
- Archives conservées par : centre de recherche bretonne et celtique (41061_Fonds_archives_CRBC_2015_09_30.pdf)
- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative à la littérature :
- Portail de la politique
- Portail des langues
- Portail du pays de Lorient
- Portail de la Bretagne