La Bretagne (journal)

La Bretagne
Image illustrative de l’article La Bretagne (journal)
Une du numéro du 24 juin 1942

Pays Drapeau de la France France
Date de fondation 1941
Date du dernier numéro 1944

La Bretagne est un quotidien, puis hebdomadaire régionaliste, publié pendant la Seconde Guerre mondiale sous la direction de Yann Fouéré du à .

Autorisé par l'occupant allemand et publiant ses communiqués, comme d'ailleurs tous les journaux autorisés pendant la guerre, il devait, selon ses fondateurs, se tenir sur une ligne « provincialiste », ne mettant pas en cause la souveraineté française[1].

Historique

Création du quotidien

C'est la Société des éditions bretonnes (SEB) qui, sous l'impulsion de Jacques Guillemot, industriel quimpérois de la conserverie, est constituée en 1941 avec le soutien de l'administration, puisque le préfet d'Ille-et-Vilaine fait attribuer une subvention. Selon Yann Fouéré, la Propaganda Abteilung, l'organe de contrôle du parti nazi ne serait pas immédiatement intervenu dans le début de l'opération, les autorités françaises s'étant assuré du fait que la présence d'anciens de L'Heure bretonne ne pèserait pas dans un sens séparatiste[2].

Les principaux actionnaires du nouveau journal, outre Jacques Guillemot, furent Hervé Budes de Guébriant, Jacques Halna du Fretay, Yves de Cambourg[3], Georges Chancerelle (industriel douarneniste de la conserve) et plusieurs autres notables de droite qui acceptaient le régime de Vichy comme François Château (maire de Rennes), Olivier Le Jeune (maire de Morlaix), Émile Chrétien (maire de Saint-Brieuc), Louis Monfort (député-maire de Scaër), Edgar de Kergariou (sénateur-maire de Lannion), Alain Budes de Guébriant (maire de Saint-Pol-de-Léon), etc.[4][source insuffisante].

Le quotidien paraît le soir sur 6 pages et est vendu 50 centimes. Il soutient le régime de Vichy. Dans son numéro 209, Yann Fouéré écrit : « Nous sommes et resterons bons Bretons et bons Français »[5].

L'accord avec la Dépêche de Brest

À partir d', la rédaction du quotidien breton se confond avec celle de La Dépêche de Brest, après que La Bretagne fut entrée dans son capital. Dans les premiers jours d', La Bretagne quitte l'imprimerie rennaise de l'Ouest-Éclair pour rejoindre celle de La Dépêche à Morlaix. La façon dont ce transfert s'est opéré reste à ce jour controversée. La famille Coudurier du Télégramme[6] et la famille Fouéré[7]. Joseph Martray participe à la rédaction du journal[8].

Le groupe Lan hag Hervé

Le groupe Lan hag Hervé (pseudonyme collectif) participe par des articles à La Bretagne. Animé par son responsable de publication Xavier de Langlais, il arrive que Loeiz Herrieu s'y manifeste[9].

Notes et références

  1. Fouéré et Didro 1981, p. 103 - 104.
  2. Fouéré et Didro 1981, p. 103.
  3. Yves de Cambourg, né le à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), décédé le à Gouesnac'h
  4. Georges Cadiou, "L'Hermine et la Croix gammée", Mango Document, 2001, [ (ISBN 2-914353-065)]
  5. Journal La Bretagne no 209 du 20 novembre 1941.
  6. Fréville 1979.
  7. L'Histoire du quotidien La Bretagne et les silences d'Henri Fréville (avec la collaboration de Youenn Didro), Les cahiers de l'avenir de la Bretagne, Saint-Brieuc, 1981.
  8. « L’engagement breton de Joseph Martray », sur books.openedition.org (consulté le )
  9. « Al Liamm », no 161, , p. 440.

Voir aussi

Bibliographie

  • Marcel Leguen, Deux siècles de presse écrite en Bretagne, Spézet, Coop Breizh, 2002, p. p. 70-72. (ISBN 284346-115-4)
  • Henri Fréville, Archives secrètes de Bretagne, 1940-1944, Rennes, Ouest-France, (réimpr. 2004, 2008) (ISBN 978-2-7373-4453-4), édition revue et corrigée par Françoise Morvan
  • Michel Nicolas, Histoire du mouvement breton, Paris, Syros, , 380 p. (ISBN 2-901968-63-5, OCLC 299377885)
  • Youenn Didro et Yann Fouéré, L'Histoire du quotidien "La Bretagne" et les silences d'Henri Fréville, les Cahiers de "L'Avenir de la Bretagne", coll. « Les Cahiers de "L'Avenir de la Bretagne" », (lire en ligne)
  • Henri Fréville, La presse bretonne dans la tourmente : 1940-1946, Plon, (ISBN 978-2-259-00494-7, lire en ligne)
  • Yann Fouéré et Youenn Didro, Histoire du quotidien "La Bretagne" et les silences d'Henri Fréville,
  • Yann Fouéré, La Bretagne écartelée : essai pour servir à l'histoire de dix ans (1938-1948), Paris, Nouvelles éditions latines, 1962 et 1976.

Liens externes

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