La Fée Urgèle

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La Fée Urgèle ou Ce qui plaît aux dames est un opéra-comique en 4 actes de Charles-Simon Favart, musique de Duni, chorégraphie d’Antoine Pitrot, créé par les Comédiens-Italiens au château de Fontainebleau le , puis à la Comédie-Italienne de Paris le suivant.
Historique
Il est inspiré de Ce qui plaît aux dames, conte de Voltaire, et du Conte de la bourgeoise de Bath de Geoffrey Chaucer.
Distribution
- La Fée Urgele, Mademoiselle Ruette.
- Marthon, Mademoiselle Ruette.
- Robinette, Justine Favart.
- Thérèse, Bergère, Justine Favart.
- Une Vieille, Justine Favart.
- Le Chevalier Robert, Clairval.
- La Hire, écuyer de Robert, Joseph Caillot.
- La Reine Berthe Mademoiselle Desglands.
- Denise, Villageoise, Catherine Antoinette Catinon.
- L'Avocate générale de la cour d'amour, Catherine Antoinette Catinon.
- Vieilles conseillères de la cour d'amour, Les Srs. Chanville & Baletti.
- L’huissière, Mademoiselle Léonore,
- Philinthe, Berger, Le Sr. Lobreau.
- Licidas, autre Berger, Le Sr. Beaupré.
- Lisette, Bergere, Mademoiselle Adélaïde.
- Le Grand Veneur, Le Sr. de Heffe.
- Seigneurs, Dames & Varlets de la Suite de la Reine Berthe.
- Plusieurs Conseillères de la Cour d'Amour et de Beauté.
- Nymphes, Suivantes de la Fée Urgèle.
- Chevaliers errans, amis de Robert.
Réception
La Fée Urgèle est tombée à la première représentation parisienne, à l’hôtel de Bourgogne de Paris, le , malgré son grand succès à Fontainebleau devant la cour. La Correspondance littéraire juge l’ouvrage froid et sans intérêt. L’auteur n’a su tirer aucun parti d’un sujet charmant. Le rôle de la vieille qui occupe presque tout entier les derniers actes, a eu un grand succès à Fontainebleau, mais a ennuyé à Paris, parce qu’il n’est ni intéressant ni agréable. La musique est de Duni a été jugée un peu faible et d’un gout un peu passé, hormis des choses charmantes dans le premier acte et dans la première moitié du second. Dans les deux autres il n’y a presque plus de musique, et les petites tirades de Favart, débitées par la vieille, n’en dédommagent pas[1].
Ballet
La Correspondance littéraire rapporte, en outre, que « Pitrot a achevé de casser le cou à cette pauvre Fée Urgèle par un ballet-pantomime de sa composition, intitulé le Pouvoir des Dames. C’était un chef-d’œuvre de bêtise. Il était d’ailleurs d’une longueur si excessive, que le parterre, assommé d’ennui et craignant de coucher à la comédie, se mit à pousser de profonds gémissements, surtout lorsque, vers la fin, Pitrot s’avança sur le bord du théâtre pour faire une pirouette qui dura elle seule une demi-heure. Jamais je n’ai vu un désespoir plus plaisant. Quand enfin, après cet éternel ballet, l’acteur s’avança pour annoncer la seconde représentation de la Fée Urgèle, le parterre s’écria d’un ton suppliant et pitoyable : A la bonne heure ; mais point de ballet. Il faut que ce Pitrot soit bête à manger du foin. Il faisait jadis les beaux jours du théâtre de Dresde, où il faisait exécuter, tant bien que mal, les ballets qu’il avait vus à Paris[1] ». Il n’y aura pas de seconde représentation parisienne de la Fée Urgèle. L’ouvrage sera, en revanche, mis à la scène à de nombreuses reprises, de à au théâtre de la Monnaie de Bruxelles.
Décor
En mars de l’année suivant la première, l’intendant Papillon de La Ferté se plaint au duc de Duras de ce que Pitrot « force les comédiens à faire des dépenses énormes et a été jusqu’à leur dire que si l’on ne voulait point faire les dépenses qu’il demandait il ne ferait point de ballets, ce qui a obligé les comédiens à dépenser, pour les ballets de la Fée Urgèle, plus de 10 000 livres qui ont été en pure perte pour eux, les ballets étant tombés à la première représentation[2]. ».
Représentations
La pièce a été jouée plus d'une centaine de fois dans les années suivantes, ouvrant la voie à d'autres opéras médiévaux, tels que Sancho Pança (1762) de Philidor et Poinsinet ou le Roi et le Fermier (1762) de Monsigny et Sedaine[3], Aucassin et Nicolette (1780) et Richard Cœur-de-Lion (1784) de Sedaine et Grétry[4].
Éditions
- La Fée Urgèle, Paris, Chr. Ballard, , 67 p., 21 cm (OCLC 24949401, lire en ligne).
Notes et références
- Friedrich Melchior Grimm, Denis Diderot et François Chéron (éd.), « Deux jours après le Philosophe sans le savoir… », Correspondance littéraire, philosophique et critique adressée à un souverain d’Allemagne depuis 1753 jusqu'en 1769, Paris, Longchamps & F. Buisson, vol. 5, , 6 vol. ; in-8º, p. 112-3 (ISSN 3002-8086, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Émile Campardon, Les Comédiens du roi de la troupe italienne pendant les deux derniers siècles : documents inédits recueillis aux archives nationales, t. 2, Paris, Berger-Levrault, , 382 p., 2 vol. ; in-8º (OCLC 490758857, lire en ligne sur Gallica), p. 63-4.
- ↑ David Charlton, French Opera 1730-1830 : Meaning and Media, Taylor & Francis, , 390 p. (ISBN 978-1-04023-190-6, OCLC 1457983880, lire en ligne), p. 79.
- ↑ David Charlton, Grétry and the Growth of Opéra-comique, Cambridge University Press, , 371 p. (ISBN 978-0-52125-129-7, OCLC 12081133, lire en ligne), p. 198.
Sources
- (en) Elisabeth Cook, « La Fée Urgèle », dans The New Grove Dictionary of Opera, Londres, Stanley Sadie, , 4 vol. : illustr. ; 28 cm (ISBN 978-0-93585-992-8, OCLC 26809899).
Liens externes
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