La Souveraineté du bien

La Souveraineté du bien
Auteur Iris Murdoch
Pays Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Essai
Version originale
Langue Anglais
Titre The Sovereignty of Good
Version française
Traducteur Claude Pichevin
Éditeur Éditions de l'éclat
Lieu de parution Drapeau de Paris Paris
Date de parution 1994

La Souveraineté du bien est un ouvrage de philosophie morale d’Iris Murdoch. Publié pour la première fois en 1970, il rassemble trois articles déjà parus, issus de conférences. Murdoch s'y oppose au consensus dominant en philosophie morale, en proposant à la place une approche platonicienne. La souveraineté du bien est l'ouvrage philosophique le plus connu d’Iris Murdoch.

Contexte

À l’époque où La Souveraineté du bien et les essais qui le composent furent publiés, la philosophie était dominée par l’existentialisme en Europe et la philosophie analytique dans le monde anglophone[1].  La philosophie morale d’Iris Murdoch s'oppose à ce qu'elle considère comme les idées centrales de ces deux courants.

Son premier ouvrage, Sartre, rationaliste romantique, avait été publié en 1953. Murdoch avait rencontré Jean-Paul Sartre après avoir assisté à une de ses conférences à Bruxelles en 1945, alors qu’elle travaillait pour l’UNRRA, et avait été impressionnée par sa philosophie existentialiste à l’époque, même si elle en vint plus tard à rejeter ce qu’elle qualifiait de vision « luciférienne » d’une morale fondée sur la liberté et la volonté individuelle plutôt que sur l’amour et la bonté[2].

L’opinion dominante parmi les philosophes analytiques de l’époque était que, à l'instar des sciences physiques, les affirmations sur la réalité devaient pouvoir être vérifiées publiquement comme vraies ou fausses, ce qui conduisait à la conclusion que « les états et les activités de l'âme, dans toute leur diversité, devaient se manifester dans un comportement observable » pour pouvoir être « considérés comme des réalités objectives ». Murdoch, en revanche, était en désaccord avec ce qu’elle considérait comme le « rejet de la vie intérieure » qui découlait de la philosophie analytique[3].

Dans La Souveraineté du bien, Iris Murdoch s'inspire principalement de Platon, à une époque où, comme le note son biographe Peter J. Conradi, « être platonicien en matière de morale semblait aussi étrange que de se déclarer jacobite en politique »[2]. Simone Weil, dont Murdoch avait fait la critique des Cahiers en 1956, eût une influence importante sur la lecture que Murdoch faisait de Platon et sur sa philosophie en général. Le concept d’« attention » développé par Weil, qui englobe à la fois les autres et un Bien transcendant, a offert à Murdoch une alternative à la vision conventionnelle selon laquelle les actions d’un agent libre et autonome constituent le fondement de la morale[1]. 

Elle dédie cet ouvrage est Stuart Hampshire, compagnon de route philosophique de Murdoch ancien collègue à l’université d’Oxford, où elle a enseigné de 1948 à 1963. La conception de l’homme selon Hampshire, qu’il voit essentiellement comme « un objet se déplaçant parmi d’autres objets dans un flux continu allant de l’intention à l’action », constitue également le thème central de son argumentation dans « L’idée de perfection », le premier essai du livre[1].

Références

  1. (en) Justin Broackes, « Introduction », dans Justin Broakes, Iris Murdoch, Philosopher: A Collection of Essays, Oxford University Press, , 385 p. (ISBN 9780199289905), p. 47
  2. (en) Peter J. Conradi, Iris Murdoch: A Life, New York, Norton, (ISBN 0393048756), p. 492
  3. ↑ (en) Stuart Hampshire, « The Pleasure of Iris Murdoch », The New York Review of Books,‎ , p. 24–26
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