Le Droit anarchique

Le Droit anarchique
Une du premier numéro
Format
Langue
Fondateur
G. Fronteau
Isidore Mounier
Vincent Berthout
Genre
Date de création
8 juin 1884
Date de fin
30 juin 1884
Lieu de publication
Pays

Le Droit anarchique est un journal anarchiste publié à Lyon en . Il succède à L'Alarme, interdit une semaine plus tôt et est interdit trois semaines plus tard, marquant la fin de la première période de presse anarchiste lyonnaise.

Alors que Lyon est un centre important du mouvement anarchiste à cette période, ceux-ci commencent à y établir des organes de presse qui se succèdent entre les interdictions et la répression importante les touchant. Suite à l'interdiction de L'Alarme, leur organe de presse, ils refondent un nouveau journal, intitulé Le Droit anarchique, qui peut tirer pendant environ un mois avant d'être interdit à son tour.

Il fait partie de la première période de presse anarchiste lyonnaise, comportant une série de journaux proches les uns des autres et se succédant entre les interdictions, dont Le Droit social, L'Étendard révolutionnaire, La Lutte, Le Drapeau noir, L'Émeute, Le Défi, L'Hydre anarchiste, L'Alarme ou encore Le Droit anarchique.

Histoire

Situation de l'anarchisme à Lyon et premières publications

Lyon et la région lyonnaise de manière générale deviennent vite un pôle important de l'anarchisme[1] - les anarchistes y forment une Fédération révolutionnaire lyonnaise[1],[2]. Les anarchistes lyonnais évoluent dans un climat de répression et de surveillance de la part des autorités françaises[1],[3]. En 1878, ils décident toutefois de se doter d'un journal et fondent une société, le Droit social, destinée à réunir des fonds pour la fondation d'un journal éponyme[3]. Malheureusement pour eux, la loi oblige alors à faire un cautionnement - c'est-à-dire un dépôt de fonds auprès des autorités - pour avoir le droit de publier, ce qui rend alors une telle initiative difficile pour des raisons financières mais aussi pratiques, les journaux anarchistes ayant tendance à être rapidement interdits en France[3],[4].

En 1882, après la nouvelle loi sur la liberté de la presse de 1881, la situation évolue avec la suppression de ce cautionnement, et le Droit social est fondé à Lyon en [3]. Il est très surveillé par les autorités françaises ; chaque numéro est analysé avec parcimonie, le commissaire spécial de Lyon cherche à découvrir les auteurs précis de chaque article et les autorités engagent des poursuites nombreuses contre les gérants successifs du journal, qui change plusieurs fois de nom[3]. Il s'arrête le [3] et est remplacé par L'Étendard révolutionnaire entre août et [1].

Extraits d'un des articles du dernier numéro (N°3)

Ce journal est ensuite interdit à la suite de l'attentat de l'Assommoir et son gérant, Antoine Cyvoct, condamné à mort pour un des articles du journal[1]. Le mouvement anarchiste en France et plus spécifiquement à Lyon sont ensuite durement visés par la répression qui culmine en lors du procès des 66[1]. À Lyon même, plusieurs anarchistes établissent un nouvel organe de presse, intitulé La Lutte[5]. Celui-ci est rapidement poursuivi, comme les précédents, et interdit[5]. Peu après, le journal Le Drapeau noir, qui prend la suite de La Lutte, est fondé en et s'étend jusqu'à , où il subit le même sort que ses prédécesseurs et est remplacé par L'Émeute de à [6],[7]. Après L'Émeute, c'est au tour du Défi d'être publié par les anarchistes lyonnais, sur seulement trois numéros en [8]. L'Hydre anarchiste, qui lui succède, tient six numéros jusqu'à son interdiction, fin [9]. Enfin, L'Alarme, publié d'avril à juin, subit le même sort[10].

Le Droit anarchique

Ce titre est fondé peu après l'interdiction de L'Alarme[11]. L'historien René Bianco n'identifie pas les auteurs des articles du journal, qui sont non signés, mais mentionne que Vincent Berthout participe probablement à sa rédaction et que G. Fronteau puis Isidore Mounier sont les gérants de la publication[11].

L'imprimerie du titre se fait au 70 cours de la Liberté à Lyon[11].

Comme ses prédécesseurs, il est rapidement poursuivi, dès le premier numéro, son premier gérant est arrêté. Il parvient à se maintenir trois numéros en tout avant d'être interdit, s'éteignant après son titre du [1],[11].

Son interdiction marque la fin de la première période de presse anarchiste lyonnaise, composée de nombreux titres se succédant de 1882 à 1884, entre les interdictions[11].

Liens externes

Références

  1. Vincent Banssillon, « Lyon, capitale de l’anarchisme – 1860/1890 (5/5) », sur Histoires lyonnaises, (consulté le )
  2. Chambost 2017, p. 65-87.
  3. « Surveillance et répression de la presse anarchiste : Le commissariat spécial près de la préfecture du Rhône (1870-1914) », sur Bibliothèque municipale de Lyon (consulté le )
  4. Anne-Sophie Chambost, « « Nous ferons de notre pire… »1. Anarchie, illégalisme … et lois scélérates », Droit et Cultures, no 74,‎ , p. 65–87 (ISSN 0247-9788 et 2109-9421, DOI 10.4000/droitcultures.4264, lire en ligne, consulté le )
  5. René Bianco, « La Lutte : organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
  6. René Bianco, « Le Drapeau noir : organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
  7. René Bianco, « L’Émeute : organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
  8. René Bianco, « Le Défi : organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
  9. René Bianco, « L’Hydre anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
  10. René Bianco, « L’Alarme : organe anarchiste, paraissant le dimanche », sur Le Bianco (consulté le )
  11. René Bianco, « Le Droit anarchique : journal hebdomadaire paraissant le dimanche à Lyon », sur Le Bianco (consulté le )
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