Le Droit social

Le Droit social
Image illustrative de l’article Le Droit social
Une du premier numéro[1]

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité hebdomadaire publié le dimanche
Genre presse anarchiste
Diffusion 7000 à 8500 ex. (1882)
Date de fondation 12 février 1882
Date du dernier numéro 23 juillet 1882
Ville d’édition Lyon

ISSN 2126-0109

Le Droit social est un journal anarchiste publié à Lyon entre février et . Il s'agit de la deuxième publication anarchiste de l'histoire de France, après La Révolution sociale d'Égide Spilleux, dit Serreaux (1880). Il laisse place à L'Étendard révolutionnaire après son interdiction.

Alors que Lyon est un centre important du mouvement anarchiste à cette période, ceux-ci commencent à y établir des organes de presse qui se succèdent entre les interdictions et la répression importante les touchant.

Le journal rassemble un grand nombre de figures de l'anarchisme à Lyon et en France à cette période, comme Louise Michel, Élisée Reclus, Toussaint Bordat, Antoine Cyvoct ou encore Jean Grave. Il est aussi la première publication de la première période de presse anarchiste lyonnaise, se poursuivant sous des formes à la fois proches et différentes dans les publications suivantes : L'Étendard révolutionnaire, La Lutte, Le Drapeau Noir, L'Émeute, Le Défi, L'Hydre anarchiste, L'Alarme ou encore Le Droit anarchique.

Histoire

Situation de l'anarchisme à Lyon

Lyon et la région lyonnaise de manière générale deviennent vite un pôle important de l'anarchisme[2] - les anarchistes y forment une Fédération révolutionnaire lyonnaise[2],[3]. Les anarchistes lyonnais évoluent dans un climat de répression et de surveillance de la part des autorités françaises[2],[4]. En 1878, ils décident toutefois de se doter d'un journal et fondent une société, le Droit social, destinée à réunir des fonds pour la fondation d'un journal éponyme[4].

Malheureusement pour eux, la loi oblige alors à faire un cautionnement - c'est-à-dire un dépôt de fonds auprès des autorités - pour avoir le droit de publier, ce qui rend alors une telle initiative difficile pour des raisons financières mais aussi pratiques, les journaux anarchistes ayant tendance à être rapidement interdits en France[4],[5].

Le Droit social

Les soeurs Madignier, dont Fanny, notées comme participant aux levées du fond du journal (N°04)

En 1882, après la nouvelle loi sur la liberté de la presse de 1881, la situation évolue avec la suppression de ce cautionnement, et le Droit social est fondé à Lyon en [4]. Il est très surveillé par les autorités françaises ; chaque numéro est analysé avec parcimonie, le commissaire spécial de Lyon cherche à découvrir les auteurs précis de chaque article et les autorités engagent des poursuites nombreuses contre les gérants du journal[6].

Il s'agit de la deuxième publication anarchiste en France après La Révolution sociale d'Égide Spilleux, dit Serreaux (1880)[7]. Le journal rassemble un nombre conséquent de figures de l'anarchisme en France à cette période ; l'historien René Bianco note les noms suivants comme ayant vraisemblablement participé au Droit social[7] :

Bonthoux, Denechère, Gustave Falies, Émile Gautier, Jean Grave, Louise Michel, Lucien Pemjean, Élisée Reclus, A. Tressaud, Vermesch, Félicien Bonnet, [Toussaint] Bordat, Chavrier, Claude Crestin, Antoine Crié, [Antoine] Cyvoct, J. Damians, F. et L. Dejoux, Dervieux, Feuillade, Georges Garraud, Genoud, Jules Morel, Thomas, Charles Voisin, etc.

Article 'Grèves et révoltes' par les anarchistes Louise Michel et Maria (N°04)

Le journal prend la devise « Liberté, égalité, justice », que tous les titres suivants de la série lyonnaise reprennent par la suite. Selon Bianco, les gérants seraient Louis Dejoux puis Bonthoux après la condamnation du premier à un an de prison ferme[7]. Le journal donne les noms de 15 secrétaires de la Fédération lyonnaise dans son quatrième numéro ; il donne aussi les communications de plusieurs groupes anarchistes en France, en particulier des groupes de femmes anarchistes[7].

Le Droit social partage aussi des brochures, tirant certains de ses articles sous cette forme et les vendant à 15 centimes chacune[7]. La publication est interdite le et est remplacée la semaine suivante par L'Étendard révolutionnaire[7].

Liens externes

Voir aussi

Bibliographie et sources

  • René Bianco, Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, Thèse de doctorat, Université d’Aix-Marseille, 1987,
  • Marcel Massard, Laurent Gallet, Histoire du mouvement anarchiste à Lyon, 1880-1894, suivi de Aspects de la vie quotidienne des anarchistes à Lyon à la fin du XIXème siècle, Atelier de création libertaire, 2016, présentation éditeur.
    • Marcel Massard, Histoire du mouvement anarchiste à Lyon (1880-1894), DES, Lyon, 1954, [lire en ligne].
  • Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, des origines à 1914, tome 1, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1992, (ISBN 2070724980).
  • Vincent Banssillon, Lyon, capitale de l’anarchisme 1860/1890 (5/5), Histoires lyonnaises, , [lire en ligne].
  • Cédric Guérin, Anarchisme français de 1950 à 1970, Mémoire de Maitrise en Histoire contemporaine sous la direction de Mr Vandenbussche, Villeneuve d’Ascq, Université Lille III, 2000, Les catalyseurs du mouvement : le Procès de Lyon, Chicago, pp. 54 à 57.

Liens externes

Articles connexes

Notes et références

Notes

Références

  1. L'Éphéméride anarchiste : Le Droit social.
  2. Vincent Banssillon, « Lyon, capitale de l’anarchisme – 1860/1890 (5/5) », sur Histoires lyonnaises, (consulté le )
  3. Chambost 2017, p. 65-87.
  4. « Surveillance et répression de la presse anarchiste : Le commissariat spécial près de la préfecture du Rhône (1870-1914) », sur Bibliothèque municipale de Lyon (consulté le )
  5. Anne-Sophie Chambost, « « Nous ferons de notre pire… »1. Anarchie, illégalisme … et lois scélérates », Droit et Cultures, no 74,‎ , p. 65–87 (ISSN 0247-9788 et 2109-9421, DOI 10.4000/droitcultures.4264, lire en ligne, consulté le )
  6. « Surveillance et répression de la presse anarchiste : Le commissariat spécial près de la préfecture du Rhône (1870-1914) », sur Bibliothèque municipale de Lyon (consulté le )
  7. René Bianco, « Le Droit social : organe socialiste révolutionnaire », sur Le Bianco (consulté le )
  8. Dictionnaire Maitron des anarchistes : MITEAU Adélaïde.
  • icône décorative Portail de la presse écrite
  • icône décorative Portail de l’anarchisme
  • icône décorative Portail de la métropole de Lyon