Leogorgon
Leogorgon klimovensis
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Synapsida |
| Ordre | Therapsida |
| Sous-ordre | † Gorgonopsia ? |
Leogorgon est un genre très probablement douteux de thérapsides ayant vécu durant le Permien supérieur en actuelle Russie européenne. L'unique espèce connue est Leogorgon klimovensis, premièrement décrite en 2003 par Mikhaïl Ivakhnenko à partir d'une boîte crânienne partielle suivi d'une incisive isolée, tous deux découverts dans les archives fossiles de l'oblast de Vologda. Le nom générique Leogorgon honore principalement le paléontologue russe Leonid Tatarinov et fait également référence aux gorgones de la mythologie grecque, dont les gorgonopsiens tirent leur nom, le taxon ayant été initialement attribué à ce groupe.
Lors de sa description initiale en 2003, Ivakhnenko identifie Leogorgon comme le premier gorgonopsien de la sous-famille des Rubidgeinae connu en Russie, avant de revenir sur cette interprétation en 2008, le considérant plutôt comme un possible phtinosuchidé (en). Ivakhnenko estime par ailleurs une longueur crânienne d'environ 70 cm, ce qui en ferait de Leogorgon le plus grand gorgonopsien connu. Néanmoins, cette identification est remise en question dans une révision publiée en 2016, où il est suggéré que la boîte crânienne servant d'holotype pourrait en réalité appartenir à un dicynodonte, tandis que l'incisive attribuée reste indiscernable de celles de l'imposant gorgonopsien Inostrancevia.
Historique des recherches
En 2003, le paléontologue russe Mikhaïl Feodosievitch Ivakhnenko décrit un nouveau genre et espèce de thérapside qu'il identifie comme un gorgonopsien, Leogorgon klimovensis. Cette description repose sur une boîte crânienne partielle désignée comme holotype, ainsi que sur une incisive isolée, tous deux découverts dans la localité de Klimovo-1 (d'où l'épithète spécifique), dans l'oblast de Vologda en Russie européenne. Dans la stratigraphie russe, le site est datée du Vyatkien précoce[1],[2], période correspondant à la fin de l'étage Wuchiapingien du Permien supérieur d'après la Commission internationale de stratigraphie[3]. Ces deux spécimens fossiles, initialement signalés par Ivakhnenko dans un ouvrage publiée deux ans plus tôt, sont depuis conservés à l'Institut paléontologique de l'Académie des sciences de Russie à Moscou, sous les numéros respectifs PIN 4549/13 et 4549/14[4],[1]. Le nom générique Leogorgon honore le paléontologue russe Leonid Petrovitch Tatarinov[1], qui avait auparavant nommé le petit gorgonopsien Viatkogorgon ivakhnenkoi en 1999 en l'honneur d'Ivakhnenko[5]. Quant aux terme « gorgone », celui-ci est fréquemment employé dans les noms génériques de nombreux gorgonopsiens en référence aux sorcières monstrueuses de la mythologie grecque[1],[6].
Après s'être limité à une simple comparaison avec les Rubidgeinae sud-africains dans son ouvrage paru en 2001, c'est dans son article de 2003 qu'Ivakhnenko identifie Leogorgon comme le premier représentant de cette sous-famille connu en Russie. Il fonde cette attribution sur la morphologie de la boîte crânienne holotype, qui présente un processus paroccipital (partie latérale de l'os occipital) court et élevé, qu'il considère comme uniquement comparable à celui de Dinogorgon parmi les représentants du groupe. En ce qui concerne l'unique incisive attribuée à ce taxon, l'auteur la décrit comme semblable à celles d’Inostrancevia, tout en suggérant qu'elle pourrait s'en distinguer par une couronne moins facettée et un bord tranchant mésial plus développé. Sur la base de comparaisons avec des genres qu'il juge apparentés, Ivakhnenko estime la longueur du crâne complet à environ 70 cm, ce qui ferait de Leogorgon le plus grand gorgonopsien connu, dépassant les dimensions crâniennes déjà imposantes d’Inostrancevia et de Rubidgea, qui sont supérieures à 40 cm[4],[1],[7].
Cinq ans plus tard, en 2008, Ivakhnenko note qu'en raison de son anatomie mal connue, Leogorgon pourrait plutôt être apparenté aux phtinosuchidés (en) qu'aux rubidgeinés[2]. Dans une révision des rubidgeinés publiée en 2016, le paléontologue américain Christian F. Kammerer remet en cause l'identification initiale proposée par Ivakhnenko. Il souligne que la plupart des caractères évoqués pour attribuer Leogorgon aux Rubidgeinae se retrouvent également chez d'autres gorgonopsiens. Kammerer cite notamment que la morphologie du processus paroccipital est comparable à celle de taxons autres que Dinogorgon tels qu’Arctognathus, et envisage même que la boîte crânienne holotype puisse appartenir à un dicynodonte sur la base de son grand opisthotique (un os de l'oreille interne). En revanche, l'incisive attribuée provient bel et bien d'un gorgonopsien, mais les différences supposées avec celles d’Inostrancevia ne sont pas clairement établies et pourraient simplement résulter de l'état de sa conservation, comme cela est observé chez d'autres fossiles de ce genre. Tout cela suggère ainsi que Leogorgon pourrait constituer un taxon chimérique et probablement non diagnosticable, étant par conséquent un nomen dubium[7],[6].
Références
- (en) Mikhail F. Ivakhnenko, « Eotherapsids from the East European placket (Late Permian) », Paleontological Journal, vol. 37, no S4, , p. 339-465 (ISSN 0031-0301).
- (en) Mikhail F. Ivakhnenko, « Cranial morphology and evolution of Permian Dinomorpha (Eotherapsida) of Eastern Europe », Paleontological Journal, vol. 42, no 9, , p. 859-995 (DOI 10.1134/S0031030108090013, S2CID 85114195).
- ↑ (en) Vladimir I. Davydov, Mikhail P. Arefiev, Valeriy K. Golubev, Eugeny V. Karasev, Maria A. Naumcheva, Mark D. Schmitz, Vladimir V. Silantiev et Veronika V. Zharinova, « Radioisotopic and biostratigraphic constraints on the classical Middle–Upper Permian succession and tetrapod fauna of the Moscow syneclise, Russia », Geology, vol. 48, no 7, , p. 742-747 (DOI 10.1130/G47172.1, S2CID 219035821, lire en ligne).
- (ru) Mikhail F. Ivakhnenko, Тетраподы Восточно-Европейского плакката : позднепалеозойского территориально-природного комплекса, vol. 283, Perm, Trudy Paleontologiceskogo Instituta, , 199 p. (ISBN 5-88345-064-4, lire en ligne), p. 100.
- ↑ (en) Leonid P. Tatarinov, « New theriodonts (Reptilia) from the Late Permian fauna of the Kotelnich locality, Kirov Region », Paleontological Journal, vol. 33, no 5, , p. 550-554.
- (en) Christian F. Kammerer et Vladimir Masyutin, « Gorgonopsian therapsids (Nochnitsa gen. nov. and Viatkogorgon) from the Permian Kotelnich locality of Russia », PeerJ, vol. 6, , e4954 (PMID 29900078, PMCID 5995105, DOI 10.7717/peerj.4954
).
- (en) Christian F. Kammerer, « Systematics of the Rubidgeinae (Therapsida: Gorgonopsia) », PeerJ, vol. 4, , e1608 (PMID 26823998, PMCID 4730894, DOI 10.7717/peerj.1608
).
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Genre Leogorgon :
- (fr + en) GBIF : † Leogorgon Ivakhnenko, 2003 (consulté le )
- (en) IRMNG : † Leogorgon Ivakhnenko, 2003 (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : † Leogorgon Ivakhnenko, 2003 (consulté le )
- Espèce Leogorgon klimovensis :
- (fr + en) GBIF : † Leogorgon klimovensis Ivakhnenko, 2003 (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : † Leogorgon klimovensis Ivakhnenko, 2003 (consulté le )
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