Lindenau Werft
| Lindenau Werft | |
| Création | 1919 à Memel 1945 à Kiel |
|---|---|
| Forme juridique | Gesellschaft mit beschränkter Haftung |
| Siège social | Kiel |
| Coordonnées | 54° 23′ 20″ N, 10° 10′ 19″ E |
| Direction | Holger Kahl |
| Activité | Construction navale |
| Effectif | 40 |
| Site web | www.lindenau.de |





Lindenau Werft GmbH est un chantier naval situé à Kiel en Allemagne.
Historique
Au XIXe siècle, des constructeurs navals s’installèrent sur la rive gauche de la Danė à Memel, non loin de l’isthme de Courlande. En 1875, la coopérative des charpentiers navals commença ses activités à cet endroit et construisit des cotres de pêche, des bateaux et d’autres petits navires.
Le chantier naval a été fondé en 1919 sous le nom de Schiffswerft Memel – Lindenau & Cie., Eisen- und Holzschiffbau, Maschinenfabrik und Giesserei par Paul Willy Lindenau (né le à Wehlau, province de Prusse-Orientale, mort le ). Il était l’un des chantiers navals les plus modernes de la région baltique à l’époque. Des navires de charge, à passagers et de sauvetage y furent construits, ainsi que des remorqueurs, des ferries et des barges. L’un des premiers grands bateaux à vapeur en fer de marchandises fut le Cattaro avec 1424 tonneaux. Le plus grand (et le dernier) navire construit dans le chantier naval à l’époque fut le Helgoland (2000 passagers, 2947 tonneaux), équipé d’un système de propulsion turboélectrique, lancé le . Il a été employé dans le Seedienst Ostpreußen (Service maritime de Prusse-Orientale) de la Hamburg-Amerikanische Packetfahrt-Actien-Gesellschaft à Hambourg.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le chantier naval fabriquait des dragueurs de mines.
Paul Willy Lindenau a fui l’avancée des troupes soviétiques à la fin de 1944. Pour ne pas laisser ses ouvriers derrière lui, il fit souder son plus grand dock flottant de 2 600 tonnes en état de naviguer, embarqua ses ouvriers avec leurs familles, ainsi que des outils et des provisions, et tira le dock avec le remorqueur de son chantier naval à travers la mer Baltique, d’abord jusqu’à Gotenhafen puis jusqu’à la baie de Kiel.
En 1945, une nouvelle usine de réparation navale fut établie au chantier naval de Klaipėda. Certains des anciens bâtiments ont été restaurés. Le stockage de matériaux, les rails des grues de 1938 et le hangar à bateaux construit pendant la guerre ont été préservés.
Paul Willy Lindenau s’installa près du canal de Kiel avec ses ouvriers et commença à reconstruire le chantier naval à ce nouvel emplacement immédiatement après la fin de la guerre. Au départ, l’activité se limitait à la construction de machines et de pièces de machines. Ce n’est qu’en 1952 que les premiers nouveaux navires furent lancés. Après la mort de Paul Willy Lindenau, son fils aîné, l’ingénieur diplômé Harald Lindenau (né le , mort le ), a pris la direction de l’entreprise. Plus tard, l’armateur Hans A. Lindenau (né en 1924)[1] fut directeur général de Hans A. Lindenau GmbH ainsi qu’actionnaire ou directeur général d’autres compagnies maritimes.
Programme de construction navale
Le premier navire construit à Kiel-Friedrichsort fut le petit pétrolier Bindal, livré en 1953 à une compagnie maritime scandinave. Par la suite, jusqu’en 1968, le chantier naval construisit principalement des cargos[2], quelques pétroliers et deux navires ravitailleurs pour la marine allemande. En 1968 et 1969, deux pétroliers à GPL d’un tonnage brut de 1999 GRT chacun ont été livrés à une compagnie maritime norvégienne. En plus des cargos, ont suivi six navires Ro-Ro pour les armateurs suédois, plusieurs pétroliers de produits, de petits vraquiers d’environ 8000 GRT et, à partir de 1980, de petits navires à passagers pour la mer Baltique et le fœrde de Kiel. Après un navire de forage pour l’Inde et un navire ravitailleur, plusieurs porte-conteneurs, deux pétroliers à GPL et de nombreux pétroliers à double coque ont suivi.
Le chantier naval comptait un peu plus de 350 employés en 2008 et il était connu pour ses pétroliers spéciaux (produits chimiques, pétrole brut et produits pétroliers) et ses navires de recherche. De plus, il effectuait des réparations. Il disposait de deux docks flottants d’une capacité de 25 000 tonneaux. Le plus petit des deux docks flottants était celui que Paul Willy Lindenau avait utilisé pour fuir Memel vers la fin de la guerre.
Après les pétroliers de la série Sea, considérés comme innovants et novateurs dans les cercles d’experts et livrés à German Tanker Shipping GmbH & Co. KG, Lindenau construisit plusieurs pétroliers de la série dite Seychelles, commandés par Seychelles Petroleum sous la direction de Guy Adam.
En 2005, plus de 225 nouveaux bâtiments avaient été livrés à des clients du monde entier depuis la refondation de l’entreprise en 1950.
Navire à rotors E-Ship 1
En 2008, un navire à rotors, le E-Ship 1, a été construit au chantier naval pour la société Enercon. Ce navire est également propulsé par quatre rotors Flettner. En raison de procédures d’insolvabilité (voir ci-dessous) du chantier naval Lindenau, la coque terminée et partiellement équipée fut remorquée par le client jusqu’au chantier naval Cassens-Werft à Emden, où le navire a été terminé[3].
Faillite en 2008
Le , le chantier naval Lindenau a déposé une demande d’insolvabilité auprès du tribunal de district de Kiel en raison de problèmes importants de liquidité, malgré un carnet de commandes rempli[4]. Début , l’administrateur de l’insolvabilité a pu obtenir un prêt relais afin que les nouveaux bâtiments en cours puissent être terminés[5]. Fin , la dernière nouvelle construction à ce jour, le pétrolier côtier Ebba 2, a été achevée. Aucune nouvelle commandes n’est arrivée par la suite. Selon la direction de l’entreprise, l’activité sera limitée pour le moment aux réparations de navires[6]. Le contrat important (environ un million d’euros) espéré pour la réparation du navire-école Gorch Fock II, déjà à quai à Lindenau pour maintenance, a été attribué au concurrent Elsflether Werft près de Brême le [7]. En conséquence, 40 des 80 employés ont dû être licenciés[8].
Acquisition par les chantiers navals allemands
Le , le holding German Naval Yards a repris le chantier naval Lindenau à Kiel comme son troisième site en Allemagne[9], au sein d’un réseau de chantiers navals disponibles pour des travaux de réparation et de conversion avec de courtes escales, où les autres sites du réseau peuvent être utilisés[10]. À cette fin, les installations du chantier naval furent reconstruites. La cale de mise à l’eau a été fermée et les trois grandes grues qui y étaient installées ont été démontées[11]. En , les activités du chantier naval ont été complètement suspendues pour des raisons techniques et économiques[12],[13]. Le , le chantier naval a rouvert en tant que centre de réparation et de maintenance[14]
Le dock flottant Dock 1 n’a pas été inclus dans la prise de contrôle du chantier naval en 2012 et est devenu sans propriétaire. À l’été 2018, il a menacé de couler[15] En 2019, il a finalement été démoli dans le dock 2 au nom de la Direction générale des voies navigables et de la navigation (Schifffahrtsverwaltung)[16],[17],[18].
Emder Werft und Dock (EWD) a repris le chantier naval en 2023[19]. En 2026, EWD a annoncé la fermeture du site à Kiel et le transfert du dock flottant à Emden, qui était urgent en raison de la forte utilisation des capacités du site d'Emden. Les employés de Kiel doivent recevoir une offre de rachat[20].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Lindenau Werft » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Walter Habel (dir.), Wer ist wer? : Das deutsche Who’s who, Lübeck, Schmidt-Römhild, (ISBN 3-7950-2005-0), p. 766.
- ↑ (no) Steinar Norheim, « MS TRONSTAD », sur skipshistorie, (consulté le ).
- ↑ « Enercon beauftragte Emder Werft mit der Fertigstellung. „E-Ship 1“ ist jetzt die Starthilfe für die Cassens Werft », sur Kieler Nachrichten online, 25. februar 2009 (consulté le ).
- ↑ « Lindenau-Werft am Ende », sur shz.de, 22. september 2008.
- ↑ (en) « Lindenau kann Neubauten fortsetzen », sur THB, (consulté le ).
- ↑ (de) « Letzter Neubau verlässt Lindenau Werft » [archive], sur Kieler Nachrichten, (consulté le ).
- ↑ (de) « Millionenschaden an der Gorch Fock » [archive], sur NDR.de, (consulté le ).
- ↑ (de) « "Gorch Fock"-Auftrag weg: Geht Lindenau jetzt unter? », sur Kieler Nachrichten, (consulté le ).
- ↑ « Kieler Werft heißt jetzt German Naval Yards Kiel », sur Schiff und Hafen, (consulté le ).
- ↑ Frank Binder, « Kerngeschäft von Lindenau ändert sich – Reparaturaufträge aus allen Bereichen », THB – Deutsche Schiffahrts-Zeitung, , p. 1 et 15.
- ↑ « Werftumbau schreitet voran », Schiff & Hafen, nos 5/2014, , p. 8.
- ↑ (de) « Nobiskrug: 110 Jobs weg – Aus für Lindenauwerft » [archive du ], sur NDR.de, (consulté le ).
- ↑ (de) « Kieler Lindenau-Werft vor dem Aus: IG Metall kämpft um Alternativlösungen » [archive du ], sur SAT.1 REGIONAL, (consulté le ).
- ↑ (de) « Lindenau setzt auf Reparatur und Wartung » (consulté le ).
- ↑ (de) Frank Behling, « Schwimmdock droht zu sinken », sur kn-online.de, (consulté le ).
- ↑ Deutschland. Wasser- und Schifffahrtsverwaltung, Die Wasser- und Schifffahrtsverwaltung 2014 : Stand: 2014, (OCLC 902849672).
- ↑ (de) Frank Behling, « Das Ende des alten Schwimmdocks », sur kn-online.de, (consulté le ).
- ↑ (de) Niklas Wieczorek, « Schwimmdock wird zum Problemfall », sur kn-online.de, (consulté le ).
- ↑ (de) Krischan Förster, « Emder Werft EWD übernimmt Lindenau als Ostsee-Standort », sur Hansa-Online, (consulté le ).
- ↑ (de) « Schwimmdock verschwindet nach Jahrzehnten aus der Förde: Das ist der Grund », sur ndr.de, (consulté le ).
Liens externes
- (en) « Lindenau Schiffswerft & Maschinenfabrik » [archive] (consulté le ).
- (de) « LINDENAU MARITIM-PARK: DER GEWERBE- und KULTURPARK im KIELER NORDEN », sur WESTUFER MARITIM-PARK, (consulté le ).
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