Lorraine (frégate)

Lorraine
illustration de Lorraine (frégate)
La Lorraine à Brest en 2022.

Type Frégate, Destroyer
Classe Aquitaine
Fonction Lutte antiaérienne, anti sous-marine, antinavire
Histoire
A servi dans  Marine nationale
Commanditaire DGA
Chantier naval Naval Group (Lorient)
Commandé 2008
Quille posée
Lancement
Acquisition
Commission
Statut En service
Équipage
Équipage 132 (maximum 165)
Caractéristiques techniques
Longueur 142 m
Maître-bau 20 m
Tirant d'eau 7,30 m
Déplacement 6 278 tonnes
Propulsion CODLOG
Puissance 32 MW
Vitesse 27 nœuds (50 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement 1 canon de 76 mm
32 missiles Aster 15 ou 30
8 x missiles antinavire Exocet
4 x tubes lance torpilles MU90
2 x canons de 20 mm
2 x Mitrailleuses de 12.7mm
Mitrailleuses de 7.62mm
2 lances leurres antimissiles
2 lances leurres antitorpilles
Électronique Radar tridimensionnel Herakles
Radars de navigation
Conduite de tir radar et électro-optique
Sonar de coque UMS4110
Sonar remorqué CAPTAS-4
Antenne linéaire
Systèmes de guerre électronique
Systèmes de surveillance
Systèmes de communications
Rayon d'action 6 000 nautiques à 15 nœuds
Aéronefs 1 hélicoptère NH90 Caïman
Carrière
Pavillon France
Port d'attache Toulon
Indicatif D657

La Lorraine (indicatif visuel D657) est une frégate multi-missions de la Marine nationale, huitième et dernière unité de sa classe, elle est spécialisée dans la lutte anti sous-marine et la lutte antiaérienne. Contrairement aux six autres unités de la classe Aquitaine, elle constitue avec l'Alsace la sous-classe FREMM-DA (pour Défense Aérienne).

Sa construction a débuté en 2019 aux chantiers navals DCNS de Lorient pour une livraison à la Marine nationale le et admise au service actif le .

Caractéristiques

Missions

Tout comme l’Alsace, la principale mission de la Lorraine est la lutte antiaérienne renforcée pour assurer au sein d'un groupe aéronaval (comprenant le Charles de Gaulle) ou amphibie (comprenant un porte-hélicoptères amphibie de la classe Mistral) les missions de surveillance et de contrôle aérien en remplacement de la frégate Jean Bart qui a été retirée du service en 2021[1].

Générales

Comme toutes les FREMM produites par Naval Group, la Lorraine fait 142,2 mètres de longueur, 19,8 m de largeur pour un tirant d'eau de 7,3 m. Avec une coque et une superstructure entièrement réalisées en acier elle déplace à pleine charge un peu plus de 6 278 tonnes. Elle est mise en œuvre par 132 marins (dont quatorze pour le détachement aérien) et peut accueillir jusqu'à 165 personnes (état-major embarqué ou commandos marine) soit vingt de plus que les premières FREMM de la série[1]. Son autonomie est de 45 jours de mer[2].

Propulsion

Sa vitesse maximale est de 27 noeuds lorsque la turbine à gaz LM2500 de GE Aerospace de 32 000 kilowatts (43 508 ch) entraine les 2 hélices. Avec son système CODLOG elle dispose cependant d'un second mode de propulsion pour des vitesses en dessous de 15 noeuds où quatre moteurs diesel MTU série 4000 de 2 200 kilowatts (2 991 ch) chacun alimentant deux moteurs électrique Jeumont de 2 200 kW lui permettant alors de se déplacer silencieusement pendant la lutte anti sous-marine. Son autonomie maximale est de 6 000 milles marins (11 112 km) à la vitesse de 15 noeuds. En cas d'avarie, un propulseur azimutal rétractable Brunvoll de 1 800 kilowatts (2 447 ch) permet d'atteindre la vitesse de 6 noeuds.

Armement

La Lorraine est équipée comme toutes les FREMM française de quatre systèmes de lancement verticaux (Sylver) octuples lui permettant d'embarquer sur la plage avant jusqu'à 32 missiles. Mais contrairement aux FREMM, une FREMM-DA dispose de quatre Sylver A50 permettant d'embarquer jusqu'à 32 Aster 30 mais pas de missile de croisière naval qui nécessitent la version Sylver A70[2].

Artillerie principale :

Défense anti-aérienne et anti-missile :

Artillerie secondaire :

Lutte antinavire :

Lutte anti sous-marine :

Electronique

La structure fine du mât et les quatre couronnes UHF de la Lorraine. Sur le bord : un lanceur NGDS et un brouilleur Sigen.
La structure fine du mât et les quatre couronnes UHF de la Lorraine. Sur le bord : un lanceur NGDS et un brouilleur Sigen.

Le système de gestion de combat d'une FREMM est le SETIS de Naval Group[3] qui permet d'opérer tous les systèmes d'armement de la frégate ainsi que ses appareils électroniques qui incluent le radar Thales Herakles+, qui agit aussi bien pour la surveillance naval et aérienne que pour la conduite des missiles. Si l'architecture du radar Herakles+ d'une FREMM-DA est identique aux FREMM, il est renforcé avec une plus grande puissance permettant de traquer plus de cibles et d'assurer une mission de contrôle aérien. Les deux sonars qui l'équipe sont également produits par Thales avec le sonar de coque UMS 4110 CL[4], et le sonar remorqué à immersion variable CAPTAS-4 UMS 4249[5] pouvant plonger jusqu'à 300 m. Elle dispose également d'une antenne passive linéaire remorquée ainsi que de deux imposants brouilleurs anti-missiles Sigen R-ECM, et deux radars de navigation à l'avant et à l'arrière. La Lorraine est la première unité à être directement armée de la conduite de tir de l'artillerie principale Stir 1.2 EO Mk2 de Thales, un système combinant radar et électro-optique plus performant et mieux adapté au tir anti-aérien et à lutte contre les drones que la Najir qui équipe les autres FREMM française. Son grand mât d'une hauteur de 37 m depuis la surface de l'eau est l'élément principal permettant de différencier une FREMM d'une FREMM-DA. Afin de diminuer le masquage du faisceau radar causé par le mât, celui de la FREMM-DA est modifié : sa structure à sa base est énormément affinée. C'est sur ce mât que l'on retrouve les systèmes d'interceptions des communications (COMINT/C-ESM) ou encore d'analyse des signaux radars (R-ESM). Cette modification structurelle entraine également un changement de position du système de surveillance panoramique Artémis doté de trois caméras infrarouge, et des antennes de communications UHF au nombre de quatre sur une FREMM-DA contre trois sur une FREMM. Le mât porte aussi les antennes VHF et les systèmes de liaisons de données tactiques L11, L16 et L22.

La Lorraine est aussi équipée de deux antennes satellites Syracuse III situées sur la passerelle avant sous le radar Herakles et derrière la cheminée, ainsi que de deux centrales de navigation inertielles gyrolaser (Ring Laser Gyro) SIGMA 40 produites par Sagem[6]. En plus de ces systèmes qui équipent les FREMM, elle possède également une antenne de communication HF MELCHIOR (Moyens d’ELongation pour les Communications HF Interarmées et OTAN en Réseau) installée sur le toit du hangar hélicoptère[2].

Toutes les informations recueillies par les capteurs sont traités par le Central Opération qui dispose de 18 consoles multifonctions et reconfigurables, soit trois de plus qu'une FREMM[2].

Embarcations

Les FREMM françaises sont conçues pour embarquer dans leur hangar de 18 m par 12,5 m un hélicoptère de classe 10 t comme le NH90 Caïman, véritable outil de lutte anti sous-marine grâce à son sonar trempé FLASH et ses torpilles MU90. Le hangar permet nativement d'accueillir un drone aérien d'un gabarit comme le VSR700, mais la Lorraine comme toutes les FREMM de la Marine nationale à partir de va se voir équiper d'un système de drone à voilure tournante avec deux Camcopter S-100 de Schiebel plus petit[7]. La plateforme de 26 m de longueur pour 18,5 m de large offre une surface d'environ 500 m2. La FREMM dispose sur chaque bord d'une niche abritant deux bossoirs pour embarcations de 9 m comme l'ECUME NG des commando marine.

Améliorations

Au grès du retour d'expérience des différents conflits dans lesquelles la Marine nationale a opéré entre la mer Rouge et le golfe Arabo-Persique, plusieurs équipements sont ajoutés dès comme les deux modules de guerre électronique, un sous la passerelle à bâbord sur le massif et l'autre sur le toit du hangar hélicoptère, entre le radar de navigation et le canon de 20 mm tribord ainsi qu'un système de surveillance et de télémétrie Paseo XLR de Safran en . L'actualisation de la Loi de programmation militaire 2024-2030 en cours prévoit de plus l'installation sur chaque FREMM de deux lanceurs SIMBAD-RC, de systèmes de lutte anti-drone et de nouveaux brouilleurs électromagnétiques[8].


Construction

Le projet contractuel de FREMM dédié à la défense anti-aérienne remonte à 2008, lors de l'abandon – pour des raisons budgétaires – des troisième et quatrième frégates de la classe Horizon[1]. La construction de la Lorraine a débuté au second semestre 2018 avec la construction des premiers modules de coque aux chantiers DCNS de Lorient[9]. Sa mise sur cale, réalisée le , marque le début de l'assemblage des dix blocs flotteurs et des six blocs de la superstructure qui la constituent[10]. La frégate est mise à l'eau le , son achèvement ayant été poursuivi à flot. Les essais ont débuté en 2021. Le navire a été livré le à la Marine nationale[11].

Carrière opérationnelle

Au premier trimestre 2023, la Lorraine effectue son déploiement de longue durée en vue de son admission au service actif. Alors qu'elle navigue en Mer Rouge, le déclenchement du conflit soudanais entre un groupe rebelle militaire (FSR) et le pouvoir en place provoque l'évacuation en urgence du pays des ressortissants occidentaux à partir du , notamment lors de l'opération Sagittaire menée par les Forces spéciales françaises à Khartoum au Soudan. Dans ce cadre, la frégate est sollicitée par les autorités françaises, en coordination avec les Nations unies, pour prendre en charge des personnes évacuées de Port-Soudan vers l'Arabie Saoudite[12].

De juin à , la frégate est déployée en mer Rouge pour participer à l'opération Aspides[13]

Galerie

Notes et références

  1. Vincent Groizeleau, « Alsace : la première FREMM DA en achèvement à flot », Mer et Marine, 25 avril 2019.
  2. « A bord de l'Alsace, première FREMM de défense aérienne », sur Mer et Marine, (consulté le )
  3. « Système de combat des navires de surface pour des opérations navales de haute intensité », sur www.naval-group.com
  4. Les frégates FREMM de la Marine française - toutes les deux équipées de BlueMaster et de CAPTAS-4.
  5. Lutte anti-sous-marine : L’US Navy a choisi le sonar CAPTAS-4 de Thales.
  6. « Sagem met à disposition des équipements pour l'OPV Gowind », Mer et Marine,‎ (lire en ligne).
  7. « La DGA passe commande de drones VSR700 et Camcopter S-100 pour la Marine nationale », sur Mer et Marine, (consulté le )
  8. « Actualisation de la LPM 2024-2030 », sur Ministère des Armées,
  9. Vincent Groizeleau, « Lorient : Avec l’Alsace, Naval Group assemble son 117e navire depuis 95 ans », Mer et Marine,‎ (lire en ligne).
  10. Vincent Groizeleau, « Lorraine : Naval Group met sur cale sa dernière FREMM », Mer et Marine,‎ (lire en ligne).
  11. « La DGA réceptionne la Lorraine, seconde frégate multi-missions à la capacité de défense aérienne renforcée », Direction générale de l'Armement, (consulté le )
  12. Laurent Lagneau, « Soudan : L’Élysée confirme la blessure d’un commando des forces spéciales lors de l’opération Sagittaire », Opex360, 25 avril 2023.
  13. « Retour de mission en zone maritime Océan Indien pour la Frégate Multi-Mission à capacités de défense aérienne (FREMM DA) Lorraine | Ministère des armées », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le )

Annexes

Articles connexes

  • icône décorative Portail de la Marine française