Lucien Bitterlin

Lucien Bitterlin
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Lucien Robert Georges Bitterlin
Nationalité
Activité
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Conflit

Lucien Bitterlin, né le à Courbevoie et mort le à Saint-Raphaël, est un journaliste, militant gaulliste, spécialiste du Proche-Orient et l’une des figures emblématiques du lobby pro-arabe en France. À la fin de la guerre d’Algérie, il avait été envoyé à Alger pour organiser la résistance paramilitaire contre l’OAS et acquis la réputation d'avoir été le chef des fameux « barbouzes ».

Il est inhumé le à La Garenne-Colombes[1].

Biographie

Né le , gaulliste depuis 1946, Lucien Bitterlin crée avec Pierre Lemarchand et André Goulay le Mouvement pour la communauté (M.P.C), appelé « Mouvement Pour la Coopération » à Alger, avec vocation de réconcilier les deux communautés musulmane et européenne. Avec l’accord et le soutien des autorités en Algérie (délégué général Jean Morin en lien avec le ministre de l'intérieur Roger Frey), il est chargé de lutter contre l’O.A.S. après le putsch des généraux d’avril 1961. En novembre 1961, il est à Alger la tête d'un groupe d'hommes à la fois militants, agents de renseignement et commandos de choc[2] utilisant des méthodes non conventionnelles qui leur valent le surnom de « barbouzes »[3],[4] ; ils reçoivent des armes et des explosifs et vont jusqu'à faire sauter des cafés fréquentés par des membres de l’OAS[2].

Échappant au massacre de son équipe par un commando Delta de l'OAS, il est ensuite à Paris secrétaire de l'Association France-Algérie créée en 1963 sous les auspices d'Edmond Michelet[5], puis en 1967 l'Association de Solidarité Franco-Arabe (ASFA), avec Louis Terrenoire comme président[6] ; il en est le secretaire-général et deviendra son président en 1978[7]. Directeur de publication de la revue mensuelle de l'ASFA, France-Pays arabes (-), il crée et anime à partir de 1973 un « Comité européen de coordination des associations d'amitié avec le monde arabe », qui se fera connaître en distribuant la Lettre d'information EURABIA auprès de parlementaires, hommes politiques, journalistes et travailleurs sociaux, pendant seize ans, entre 1973 et 1989[8].

Comme « l'homme des associations toutes proarabes et progressistes[9] » et « passionnément pro-arabe[10] », il acquière une réputation internationale, tant en Europe avec la création de l'Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe (APCEA)[11] qui exerça une forte influence à Strasbourg et à Bruxelles en vue d'une ouverture de l'Union européenne à l'influence arabo-musulmane, que dans de nombreux pays arabes, qui souvent financent ses activités, notamment la Syrie. En , il crée la surprise en annonçant dans France-Pays arabes qu'il a rencontré Abou Nidal, militant extrémiste de la cause palestinienne, que l'on donnait pour mort depuis [10],[12],[13]. Bitterlin explique qu'il avait des contacts avec Nidal depuis les années 1970 pour tenter de le dissuader de s'attaquer aux hommes de l'OLP. Lesquels il appréciait, jugeant le massacre de Kiryat Shmona une « opération (qui) a eu un grand retentissement dans l'opinion occidentale[14] ».

Selon Pierre Siramy, le colonel Joseph Fourrier, adjoint au chef du contre-espionnage à la DGSE, assurait que Bitterlin était « un agent de la DST[15] » et « en excellents termes avec des membres de la police[15] ».

Dans le cadre de l'AFSA, il crée le prix Palestine[16] et fait partie de son jury.

Il a aussi produit et animé une émission sur le monde arabe à Radio Monte-Carlo[17] de 1965 à 1986[18] et rédigé de nombreux livres et brochures.

Il est administrateur de l'Institut du monde arabe de à [19].

En juillet 2002, Bitterlin est promu au grade d’officier de la Légion d’honneur en même temps que la journaliste de télévision Geneviève Moll, ancienne permanente de l’ASFA et de France-Pays arabes[6]. 

Selon Philippe de Saint Robert, sa fin de vie fut pénible, étant abandonné par ses amis arabes[20] du fait des dissensions inter-arabes ou des querelles entre Damas et Bagdad[21]. En outre, ses archives extrêmement nombreuses ont disparu[22]...

Annexes

Œuvres

  • Histoire des barbouzes, Éditions du Palais Royal, 1972.
  • Actualisation des droits nationaux du peuple palestinien, France-Pays Arabes, 1979.
  • L'Information arabe en Europe : l'enjeu d'une guerre psychologique, France-Pays Arabes, 1980.
  • Nous étions tous des terroristes : l'histoire des barbouzes contre l'O.A.S. en Algérie, préface de Louis Terrenoire, Éditions Témoignage chrétien, 1983.
  • Hafez el-Assad : le parcours d'un combattant, Éd. du Jaguar, 1986.
  • La Flamme et le Soufre, Vegapresse, 1988.
  • Guerres et paix au Moyen-Orient : les 3 défis d'Hafez El-Assad : Liban, Palestine, Golfe, Éd. Jean Picollec, 1996.
  • Alexandrette, le "Munich" de l'Orient ou Quand la France capitulait, Éd. Jean Picollec, 1999.

Bibliographie

  • Ali Ouertatani, « Les citadelles du lobby proarabe en France », Outre-terre, no 9,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • Jean Monneret, La phase finale de la guerre d’Algérie, Paris, L'Harmattan, (présentation en ligne).
  • Pierre Siramy, 25 ans dans les services secrets - Témoignage, Paris, Flamarion, , ch. 4 : De l’Urss à l'Égypte, des amitiés suspectes… (lire en ligne).
  • Louis Terrenoire, De Gaulle, Israël et les Palestiniens, Paris, Témoignage chrétien, (présentation en ligne).

Références

  1. « Hommage à Lucien Bitterlin », sur www.prochetmoyen-orient.ch, (consulté le ).
  2. Monneret, 2000, p. 47.
  3. « Nous avons été amenés à nous battre, à faire des contre plasticages », dans l'audition de Bitterlin par la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les activités du service d'action civique (S.A.C.) en 1982.
  4. Lors du procès de l'affaire Borrel-Moreno, afin d'innocenter Roland Agret, Antoine Santelli accusait Bitterlin d'avoir été avec Jean Augé l'un des commanditaires de l'assassinat d'André Borel : "À aucun moment il n'a été dans le coup déclare Antoine Santelli devant la cour d'appel de Dijon"(Le Monde, 26 avril 1976).
  5. Alexandre Mamarbachi, De l’Algérie à la Palestine, genèse d’une cause tiers-mondiste, dans Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2023, n° 147-148, p. 105-111 (en ligne).
  6. Les citadelles du lobby proarabe.
  7. De Gaulle, Israël et les Palestiniens, p. 14.
  8. Mensuel ronéoté Notice Bnf, notice sudoc ; 235 numéros de 1973 à 1989 ; insérés en encart dans France-Pays arabes à partir de 1990.
  9. Siramy, 25 ans dans les services secrets.
  10. CIA Reading Room, Flora Lewis, Is Abu Nidal dead or alive?, 1985.
  11. Association de droit français fondée à Paris en 1974 par Raymond Offroy, député gaulliste, Christopher Mayhew, député britannique travailliste ; secrétaire général Robert Swann, ancien du Foreign Office et directeur du Arab-Non Arab Friendship Fund (ANAF, Fond de l’Amitié Arabe-Non arabe) basé en Suisse.
  12. Déjà le no 108 de France Pays Arabes (mai 1983, p. 17) comportait un article de Bitterlin intitulé « J'ai rencontré Abou Nidal », racontant comment « Le 29 août 1978, à Bagdad dans une petite villa du centre ville, j'ai eu l'occasion pendant près de quatre-vingt dix minutes de parler avec Abou Nidal. »
  13. Edwy Plenel, La France et le terrorisme : la tentation du sanctuaire, Politique étrangère, vol. 51, n° 4, 1986, p. 931 (en ligne).
  14. Une lettre de l'ASFA, Le Monde, 25 avril 1974.
  15. 25 ans dans les services secrets.
  16. Le Prix Palestine sur Prix-Litteraires.net
  17. Rapport de la commission d'enquête sur les activités du SAC, p. 21.
  18. Lucien Bitterlin, Alexandrette : le Munich de l'Orient, éd. Jean Picollec, 1999 (jaquette).
  19. « Lucien Bitterlin (1932-2017) », sur Bibliothèque Nationale de France (consulté le )
  20. Gilles Munier, Obsèques de Lucien Bitterlin : rien à attendre des régimes arabes, 5 Mars 2017.
  21. Philippe de Saint Robert, Au temps des amitiés franco-arabes..., sur france-irak-actualite (lire en ligne).
  22. Gilles Munier, Un hommage à Lucien Bitterlin, 2e partie, 18 février 2018.

Aticles connexes

Liens externes

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