Lukreta

Lukreta
Histoire
Fondation
Prédécesseur
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Type
Pays
Organisation
Affiliation
Idéologie
Positionnement
Extrême droite (d)

Lukreta est un groupe féminin d'extrême droite allemand fondé en 2019, issu de l'organisation 120 Dezibel du Mouvement identitaire allemand. Cofondé et dirigé principalement par Reinhild Boßdorf, ancienne militante identitaire et de la Jeune alternative pour l'Allemagne, le groupe rassemble des militantes issues du Mouvement identitaire et de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Classé comme cas suspect d'extrême droite par l'Office de protection de la Constitution de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, il adopte une rhétorique völkisch et nataliste, instrumentalise les violences sexuelles à des fins racistes, et défend une conception antiféministe et hétéronormative de la féminité.

Fondation et organisation

Lukreta, issu de l'organisation féminine du Mouvement identitaire allemand 120 Dezibel, dissoute mi-2019, est fondé en 2019[1],[2]. Le groupe est cofondé et géré principalement par Reinhild Boßdorf, ancienne militante du Mouvement identitaire allemand et de la Jeune alternative pour l'Allemagne, fille de l'eurodéputée AfD Irmhild Boßdorf, et assistante parlementaire de l'eurodéputé AfD Alexander Jungbluth[1],[3],[4]. Ses militantes mènent leurs activités principalement dans la région Cologne-Bonn[1]. Elles sont principalement issues du Mouvement identitaire allemand et de l'AfD[2].

Idéologie

Lukreta adopte une rhétorique völkisch et nataliste, et véhicule une hostilité aux immigrés et aux musulmans[3]. À l'instar de son prédécesseur, le projet a pour principal axe de propagande l'instrumentalisation raciste des violences sexuelles, en prétendant commémorer les victimes de féminicides, mais uniquement lorsque des hommes non blancs sont suspectés des faits[1]. Il mobilise ainsi la thématique de l'« islamisation » de l'Allemagne[2], d'une prétendue « violence sexuelle importée »[3] et de la « remigration »[4].

Le groupe se réclame du « vrai féminisme », tout en défendant une conception traditionnelle et hétéronormative de la féminité, en s'opposant à l'interruption volontaire de grossesse[1] et en faisant de l'hostilité aux droits LGBT — et en particulier de la transphobie — un champ d'agitation privilégié. Ainsi, il s'agit d'un mouvement antiféministe[2],[4]. Belltower.News (de) le qualifie de fémonationaliste[5]. Il est positionné à l'extrême droite[2],[3] et est classé comme cas suspect d'extrême droite par l'Office de protection de la Constitution de Rhénanie-du-Nord-Westphalie[3].

Stratégie de communication

Sur les réseaux sociaux, Lukreta soigne une image superficiellement anodine — recettes de cuisine, coiffures tressées, paysages — afin de dissimuler ses liens avec la droite radicale[2],[4]. Sur Instagram, le groupe se présente comme une « initiative indépendante de jeunes femmes » engagée pour « la sécurité de la femme »[2]. Selon le chercheur Jakob Guhl, du London Institute for Strategic Dialogue, Lukreta fait partie du champ d'influence de l'AfD et œuvre à rendre les idées d'extrême droite plus acceptables[3].

Relations avec d'autres organisations

Alice Cordier.

Lukreta coopère régulièrement avec d'autres organisations réactionnaires, notamment le mouvement Querdenken ainsi que les magazines d'extrême droite Krautzone et Unblogd[2]. Le Collectif Némésis, groupe féminin raciste d'extrême droite fondé en 2019 à Paris, cite Lukreta parmi ses sources d'inspiration directes. Alice Cordier, figure centrale du collectif, écrit en que l'organisation est en contact avec Lukreta. Les deux groupes partagent des formes d'action similaires — le Collectif Némésis organise en 2021 une manifestation contre le port du voile à l'occasion du World Hijab Day, action que Lukreta reproduit l'année suivante. Tous deux relèvent d'une stratégie qualifiée de fémonationalisme[5]. Lukreta participe par ailleurs à un congrès organisé par le groupe d'extrême droite portugais Reconquista (pt) en [6].

Activités

En , Lukreta organise un « Frauenkongress » (congrès des femmes) au siège du Landschaftsverband Westfalen-Lippe (de) (LWL), grâce aux élus AfD représentés au sein de cette institution. L'événement réunit une vingtaine de participants issus du Mouvement identitaire allemand et de l'AfD, notamment la députée fédérale Gerrit Huy et la militante Anna Rathert. Une centaine de manifestants protestent devant le lieu de la réunion[2].

Une de ses membres, Julia Gehrckens, est élue en 2025 au bureau de Generation Deutschland, organisation de jeunesse de l'AfD, malgré la présence du Mouvement identitaire allemand, proche de Lukreta, sur la liste d'incompatibilité officielle du parti[4].

Références

  1. (de) Michael Sturm, « Jahresrückblick 2021: Nordrhein-Westfalen - „Schwurbler“ und „Rechte Irrlichter“ » Accès libre, sur Belltower.News, (consulté le )
  2. (de) Friederike Hansen, « „Lukreta“: „Frauenkongress“ von rechtsradikaler Frauengruppe und AfD in Münster » Accès libre, sur Belltower.News, (consulté le )
  3. (de) Vanessa Leitschuh et Birte Meier, « Undercover bei Lukreta: Neue Deutsche machen wir selbst, sagen sie » Accès payant, sur Stern, (consulté le )
  4. (de) Beritan Dik, « Feminismus von Rechts? Über die Masche von Lukreta » Accès libre, sur Die Tageszeitung, (consulté le )
  5. (de) « Maskierte Faschistinnen: Das Collectif Nemesis » Accès libre, sur Belltower.News, (consulté le )
  6. (de) Alissa Küsters, Sarah Ulrich, Kim Stoppert et Lisa Genzken, « Wie sich die rechtsextreme Frauengruppe Lukreta international vernetzt » Accès libre, sur Tagesschau, (consulté le )
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