Lymphome folliculaire
Le lymphome folliculaire est la deuxième forme la plus fréquente de lymphome, représentant environ 5 % de toutes les néoplasies hématologiques [1]. Dans les pays occidentaux, le taux d’incidence standardisé selon l’âge est de 2 à 4 cas de lymphome folliculaire pour 100 000 personnes par an, avec une estimation de 13 960 nouveaux cas diagnostiqués aux États-Unis en 2016 et environ 2 220 et 2 500 nouveaux cas diagnostiqués chaque année au Royaume-Uni et en France, respectivement [1]. Il représente environ 35 % de tous les lymphomes non hodgkiniens et 70 % des lymphomes indolents [2]. L’âge médian au moment du diagnostic est de 65 ans [3]. L’incidence est légèrement plus élevée chez les apparentés de personnes atteintes de lymphome folliculaire [4],[5]. Il fait partie des lymphomes de la zone folliculaire dans la classification OMS 2022 et il présente deux sous types le lymphome folliculaire majoritairement diffus le lymphome folliculaire avec des caractéristiques cytologies inhabituelles. Il est lui même dénommé lymphome folliculaire classique en opposition avec ses deux sous-types.
Bien que la plupart des patients présentent une maladie indolente et restent asymptomatiques pendant des décennies, certains patients ont cependant une évolution clinique agressive en lymphome diffus à grandes cellules B, et le lymphome demeure la cause du décès [6].
Physiopathologie
Le lymphome folliculaire est une néoplasie lymphoïde indolente dérivée des cellules B du centre germinatif. La translocation réciproque entre la région 32 du bras long du chromosome 14 et la région 21 du bras long du chromosome 18 ou en code chromosomique t(14;18)(q32;q21) aboutissant à un gène de fusion IGH::BCL2 dans lequel le gène BCL2 est placé sous le contrôle transcriptionnel de l’amplificateur du gène du promoteur de la chaîne lourde des immunoglobulines, est présente dans 65 à 85 % des cas, entraînant une surexpression de la protéine anti-apoptotique BCL2 [7],[8]. Les composants de la voie de signalisation du récepteur des cellules B, notamment la phosphoinositide 3-kinase (PI3K), la Bruton tyrosine kinase (BTK) et la spleen tyrosine kinase, sont fréquemment activés dans le lymphome folliculaire, justifiant le développement et l’utilisation d’inhibiteurs de kinases pour son traitement [9]. De plus, les gènes impliqués dans la modification post-traductionnelle des histones sont fréquemment mutés dans le lymphome folliculaire, notamment les méthyltransférases d’histones ainsi que les acétyltransférases d’histones [10]. Ensemble, ces mutations caractéristiques mettent en évidence des cibles thérapeutiques clés dans le développement de traitements.
Diagnostic
Manifestations cliniques
Les patients atteints de lymphome folliculaire présentent généralement une adénopathie asymptomatique, qui peut fluctuer pendant des années. Seules 20% des patients ont des manifestations cliniques : fièvre inexpliquée, sueurs nocturnes abondantes et perte de poids involontaire [11].
Anatomo-pathologie
La biopsie ganglionnaire ou l'étude du ganglion montre dans le centre germinatif des cellules néoplasiques sont constituées d’un mélange de centrocytes (petites à moyennes cellules) et de centroblastes (grandes cellules). L’agressivité clinique de la tumeur augmente avec le nombre croissant de centroblastes [11].
L’atteinte médullaire est très fréquente et se caractérise par des amas lymphoïdes paratrabéculaires [2]. Les cellules expriment des chaînes légères d’immunoglobulines monoclonales, CD19, CD20, CD10 et BCL-6, et sont négatives pour CD5 et CD23. Dans presque tous les cas, les cellules surexpriment la protéine BCL-2 [11].
Sous-Types
Majoritairement diffus
La classification WHO-HAEM5 distingue un sous-groupe de lymphomes folliculaires présentant des caractéristiques cytologiques inhabituelles du lymphome folliculaire classique. Dans ces cas rares les cellules tumorales sont soit des cellules blastiques de taille moyenne, soit de grandes cellules centrocytaires , de sorte que la gradation selon le critère établi du comptage des centroblastes ne peut pas être appliquée [12],[13].
La variante blastique est constituée de cellules de taille moyenne présentant un fin liseré cytoplasmique et un noyau arrondi à chromatine finement dispersée, rappelant les lymphoblastes. Dans la variante à grandes cellules centrocytaires, les cellules tumorales sont volumineuses, mais ressemblent davantage à de grands centrocytes qu’à de petits blastes typiques.
La signification clinique de ces observations reste incertaine. Cependant, certaines études ont rapporté une évolution clinique moins favorable que celle observée dans le lymphome folliculaire classique [12]. Souvent, ces cas présentent un index de prolifération élevé et/ou des phénotypes atypiques, tels qu’une négativité pour CD10 ou une forte expression de MUM1. De plus, la fréquence des réarrangements de BCL2 a été décrite comme étant nettement inférieure à celle du lymphome folliculaire classique [12],[13].
Avec des caractéristiques cytologies inhabituelles
Traitements
Le traitement de première ligne du lymphome folliculaire est bien défini, la plupart des patients obtenant une réponse soutenue à la chimio-immunothérapie pendant de nombreuses années [14],[15]. Les patients présentant un lymphome folliculaire localisé peuvent également être traités soit par radiothérapie seule, soit en association avec la chimio-immunothérapie [16],[17].
Sources
- Zinzani, P.L., Muñoz, J. & Trotman, J. Current and future therapies for follicular lymphoma. Exp Hematol Oncol 13, 87 (2024). https://doi.org/10.1186/s40164-024-00551-1 publié sous license Creative Commons Attribution 4.0 International
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- Caridà, G., Martino, E.A., Bruzzese, A., Caracciolo, D., Labanca, C., Mendicino, F., Lucia, E., Olivito, V., Rossi, T., Neri, A., Vigna, E., Tassone, P., Tagliaferri, P., Morabito, F. and Gentile, M. (2025), Relapsed/Refractory Follicular Lymphoma: Current Advances and Emerging Perspectives. Eur J Haematol, 114: 775-784. https://doi.org/10.1111/ejh.14401 paru sous license CC BY 4.0
Calcul du pronostic
Références
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