Mélanie de Comoléra
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- |
| Nom de naissance |
Marie Guillaume Comolera |
| Autres noms |
Marie de Comoléra, comtesse Comoléra |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Maître | |
| Parentèle |
Paul Comoléra, Alexandre Comoléra (neveux) |
Mélanie de Comoléra, née Marie Comolera le à Paris et morte le à West Norwood, district de Lambeth (Surrey), est une peintre française ayant travaillé en France et en Angleterre.
Elle est spécialisée dans les natures mortes florales.
Biographie
Famille et entourage
Marie Guillaume Comolera[Note 1] naît en 1878 à Paris, fille de Paul Comolera et de Claude Louise Lescavelé[Note 2], son épouse[1], mariés en 1775 dans la paroisse Saint-Eustache[2]. Elle est baptisée trois jours plus tard dans la paroisse Saint-Roch. Son père est chef de cuisine[Note 3], puis intendant d'un des ducs d'Orléans[3].
La famille compte une fille aînée, Catherine Louise, née en 1776, et un fils cadet, Alexandre Paul Jules, né en 1783, dont l'un des fils deviendra le sculpteur Paul Comoléra et l'autre le peintre Alexandre Comoléra[4].
Carrière
Marie Comolera étudie la peinture auprès de Gérard van Spaendonck et de son frère Cornelis van Spaendonck, ancien directeur de qui la manufacture nationale de Sèvres[5], qui la fait recruter dans l'établissement[6],[7]. Elle y travaille de 1816 à 1818, sous le nom de Mademoiselle Comolera, peignant des fleurs sur la porcelaine[8].
En 1817, établie, 9, place Dauphine, elle participe pour la première fois au Salon des artistes, présentant une peinture de fleurs sur porcelaine signée Mélanie de Comoléra, son nom d'artiste[9]. En 1819, elle expose à nouveau au Salon[10], ainsi qu'en 1824[11], année où elle propose par ailleurs des cours de peinture à son domicile du 31, rue d'Argenteuil[12].
En , Mélanie de Comoléra a une altercation avec un gardien du musée du Louvre. Alors que l'artiste réalise la copie d'une œuvre, elle est prise à partie par un gardien qui la trouve trop proche du tableau. Introduite à la cour de France[3], elle se plaint auprès du Charles-Paul d'Albert, duc de Luynes qui intercède auprès du directeur du musée[13],[14]. Cette protection lui permet d'obtenir un atelier privatif pour réaliser son travail, privilège rare pour une copiste[15],[7].
En 1827, elle s'installe à Londres où elle réalise une copie d'une peinture de Jan van Huysum[16]. Cette même année, elle participe, avec trois tableaux de fleurs, à l'exposition de la Royal Society of British Artists[17]. Elle devient peintre de fleurs pour Adélaïde[18]— duchesse de Clarence puis reine consort du Royaume-Uni après son mariage en 1830 avec Guillaume IV —, une opportunité qui lui permet de poursuivre sa carrière en Angleterre après la fin de règne de Charles X en 1830[3].
En 1836, l'artiste et sa sœur[Note 4] touchent un petit héritage à la mort de leur mère. En 1837, année de la fin du règne d'Adélaïde, Mélanie de Comoléra rentre en France après dix ans d'absence et s'établit 8, rue de Chartres, près de la place du Carrousel[19]. Elle expose au Salon[20] et propose à nouveau des cours de peinture chez elle, 4, rue du Marché-Saint-Honoré[21], ou « chez les dames à Paris et aux environs »[22].
Son art la fait connaître dans le milieu de la botanique et de l'horticulture[23]. En 1838, lors de l'Exposition publique des produits de l'horticulture dans l'Orangerie du Louvre, elle expose ainsi deux peintures à l'huile et des œufs d'autruche peints[21]. À Paris, comme à Londres, ses tableaux sont bien reçus et son art, reconnu, reçoit des critiques positives[24],[25].
Après avoir exposé au Salon de 1839, Mélanie de Comoléra retourne en Angleterre, où elle travaille pour la reine Victoria[26],[27]. Malgré son talent et la reconnaissance de certains de ses pairs anglais[3], elle tombe dans l'indigence En 1849, elle devient bénéficiaire d'une pension hebdomadaire de l'organisation charitable Society of Friends of Foreigners In Distress (en) (Société des amis des étrangers en détresse)[28]. Après avoir résidé à Marylebone[4], dans le centre de Londres, elle bénéficie en 1853 d'un hébergement dans un des hospices de la société caritative, à Lower Norwood, dans le district de Lambeth[28].
Dès lors, les œuvres de Mélanie de Comoléra ne sont plus que rarement exposées : un guéridon à l'Exposition universelle de Londres en 1851[29], deux écrans à l'Exposition universelle de Paris en 1855[30] et, pour finir, une peinture sur porcelaine à l'Exposition universelle de Londres en 1871[31]. Âgée de 94 ans, elle est cette année-là recensée à Lambeth avec une amie, Margaret Ann Jump, une gouvernante âgée de 67 ans[4].
Dans un texte consacré aux hospices de Lower Norwood paru dans l'hebdomadaire The Quiver (en) en 1874[Note 5], l'écrivain Thomas Archer consacre un passage à Mélanie de Comoléra, qu'il nomme Marie de Comoléra[3]. Il l'a rencontrée à l'occasion d'une visite dans la modeste chambre où elle logeait. Désormais infirme, parlant avec difficulté, elle a perdu une partie des ses aptitudes artistiques et vit quasi oubliée. Archer évoque sa jeunesse et sa condition sociale passée, du temps où elle vivait « dans l'atmosphère de la cour de France, passant de paisibles journées devant [son] chevalet dans [son] atelier, ou préparant la délicate pâte de porcelaine de Sèvres sur laquelle [elle allait] peindre les roses et les lys qu['elle aimait] tant ». Il lui donne le titre de comtesse, sans préciser d'où il lui vient. Dans sa chambre encombrée, la peintre conserve plusieurs de ses toiles, des compositions de fleurs et de fruits dont certaines jugées par Archer de grande qualité.
Mélanie de Comoléra meurt en [4], à l'âge de 96 ans, dans la maison de charité de Knight's Hill, West Norwood (en). Elle est inhumée une semaine plus tard au cimetière de West Norwood[32]. Sur sa succession, homologuée au mois de juin suivant, figure le nom de Margaret Ann Jump[4].
Œuvres
Expositions
- Tableau de fleurs, peinture sur porcelaine, Salon de 1817 (no 165)[33].
- Roses dans un vase posé sur une table, peinture, Salon de 1819 (no 235)[11].
- Groupe de fleurs et fruits, et guirlande de pensées et de myrthes, dessus de table peint à l'huile sur taffetas fixé sous glace, Salon de 1824 (no 356)[34]
- Tableau de fleurs, peinture, Salon de 1824 (no 357)[35]
- Tableau peint sur porcelaine (no 95), Salon de Lille 1825[36]
- Tableau peint sur marbre, Salon de Lille 1825 (no 96)
- Tableau peint sur toile, Salon de Lille 1825 (no 97)
- Expositions de la Royal Academy of Arts, 1826 à 1854[26]
- Exposition de la Royal Society of British Artists, 1827[17]
- Le Rosier symbolique d'Angleterre, étude d'après nature, Salon de 1837 (no 380)[20]
- Fleurs et Fruits, peinture, Salon de 1839 (no 393)[37]
- Guéridon, Exposition universelle de Londres, 1851[29]
- Deux écrans, Exposition universelle de Paris, 1855[30]
- Peinture sur porcelaine, Exposition universelle de Londres, 1871[31]
Collections publiques
- Cambridge, Fitzwilliam Museum : Vase de fleurs, vers 1830[38].
- Chicago, Art Institute of Chicago : Nature morte aux raisins et aux fleurs, vers 1827[39]
- Œuvres de Mélanie de Comoléra
-
Nature morte d'après Jan van Huysum (1827), localisation inconnue. -
Vase de fleurs (vers 1830), Cambridge, Fitzwilliam Museum. -
Nature morte avec roses, localisation inconnue.
Publication
- Collection of Studies of the Most Beautiful Flowers Fruit from Nature, London, 1829, dédicacé à la reine Adélaïde et comprenant quatre lithographies[40].
Archives
- Généalogie de Marie Guillaume Comolera et documents d'archives, FamilySearch[4]
- Comolera, Mélanie. Maison du Roi. Brevets des fournisseurs du Roi, 1825 (cote o/3/874), Archives nationales[41]
- Plaintes de Mélanie Comolera, qui copie un tableau de Van Spaendonck, , Archives des musées nationaux, Département des peintures du musée du Louvre (série P). volume 13 (sous-série P18) (cote 20144790/124), Archives nationales[13]
- Plaintes de Mélanie Comolera, , Archives des musées nationaux Expositions, Salons, Expositions universelles (cote 20150042/107), Archives nationales[14]
- Procès verbal afin d'inventaire après décès de Claude Louise Lescavelé, veuve de Paul Comolera, demeurant rue Chapon, no 10, , Minutes et répertoires du notaire Jean Pierre SCHNEIDER (cote MC/RE/LI/39), Archives nationales[42]
- Comolera, Mélanie de [1836-1859], Archives des musées nationaux, Département des peintures du musée du Louvre (série P). volume 17 (sous-série P30) (cote 20144790/153), Archives nationales[43]
- Comolera, Mélanie. Maison de l'empereur Napoléon III. Musées impériaux et encouragement aux arts : ordonnances de paiement et pièces comptables à l'appui, 1856 (cote O/5/1710), Archives nationales[44]
Bibliographie
- (en) Thomas Archer, « About My Father's Business. V - With Those Who Are Left Desolate », The Quiver, vol. IX, , p. 421-424 (lire en ligne)
- : (en) Thomas Archer, About my Father's Business: Work Amidst the Sick, the Sad, and the Sorrowing, London, Henry S. King & Co., (lire en ligne), « With Those Who Are Left Desolate », p. 44-52
- (en) Peter Mitchell, Great Flower Painters : Four Centuries of Floral Art, Overlook Press, , 272 p. (ISBN 978-0-87951-008-4, lire en ligne), p. 90.
Notes et références
Notes
- ↑ Il n'y a initialement pas d'accent aigu sur le E de son patronyme.
- ↑ Aussi nommée Lescavellé, Lescavlé ou Lescavellet, selon les pièces d'état civil.
- ↑ À la naissance de son fils Alexandre Paul Jules en 1783.
- ↑ Leur frère ayant renoncé à l'héritage.
- ↑ D'abord publié par chapitres dans The Quiver, le texte est édité en livre en 1876 avec quelques modifications, notamment la mention de la mort de la peintre.
Références
- ↑ Acte de naissance du , reconstitué après le , Paris (ancienne paroisse Saint-Roch), Archives de Paris
- ↑ Fiche du mariage Comolera-Lescavelé, , Saint-Eustache, Paris, fonds Andriveau, disponible sur Filae
- (en) Thomas Archer, « About My Father's Business. V - With Those Who Are Left Desolate », The Quiver, vol. IX, , p. 421-424 (lire en ligne)
- Généalogie de Marie Guillaume Comolera et documents d'archives, FamilySearch [lire en ligne]
- ↑ Richard Kerremans, « van Spaendonck, Corneille », dans Dictionnaire des peintres belges, (lire en ligne)
- ↑ Brigitte Rollet et Delphine Naudier, Genre et Légitimité culturelle : quelle reconnaissance pour les femmes, Paris, L'Harmattan, , 165 p. (ISBN 978-2-296-03512-6, lire en ligne), p. 45.
- Séverine Sofio, « Quelle(s) légitimité(s) pour les peintres de fleurs ? Genre, art et botanique au XIXe siècle » [PDF], sur hal.archives-ouvertes.fr, (consulté le ).
- ↑ Georges Lechevallier-Chevignard, La Manufacture de porcelaine de Sèvres, Paris, Librairie Renouard - H. Laurens Éditeur, , 164 p. (lire en ligne), p. 130.
- ↑ « Comolera, Mlle Mélanie », sur Gallica, Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure des artistes vivans... Salon des artistes français, (consulté le ), p. 19
- ↑ « Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure des artistes vivans... Salon des artistes français », sur Gallica, (consulté le ), p. 42-43
- Livret du Salon à lire en ligne sur Gallica.
- ↑ (en) « Mlle Mélanie Comolera », Galignani's Messenger, no 2965, , p. 4 (lire en ligne)
- « Archives des musées nationaux, Département des peintures du musée du Louvre (série P). volume 13 (sous-série P18) », sur www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
- « Archives des musées nationaux Expositions, Salons, Expositions universelles », sur www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Séverine Sofio, Artistes femmes : La parenthèse enchantée XVIIIe – XIXe siècles, CNRS Editions, , 384 p. (ISBN 978-2-271-09218-2, lire en ligne).
- ↑ (en) « Peonies, Roses, Carnations, and Iris, Anemones, Auricula and Other Flowers in a Terracotta Vase, with Orange Blossoms, Morning Glory and a Bird's Nest on a Marble Ledge, A Colonnade Beyond », vente Sotheby's New York du , lot 116, sur sothebys.com.
- (en) The Exhibition of the Society of British Artists, London : Printed by Davidson and Son, (lire en ligne), p. 29 ; 34
- ↑ (en) Pamela Gerrish Nunn, Problem Pictures : Women and Men in Victorian Painting, Routledge, , 216 p. (ISBN 978-1-351-55314-8, lire en ligne).
- ↑ (en) « Advertisements », sur Gallica, Galignani's Messenger, (consulté le ), p. 6
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- ↑ « Beaux-arts », Revue du théâtre, vol. 3, , p. 128
- ↑ Annales de la Société royale d'horticulture de Paris, t. 18, Paris, , 360 p. (lire en ligne), p. 204.
- ↑ Société centrale des amis des arts et des lettres. Auteur du texte, Journal des beaux-arts et de la littérature, Paris, (lire en ligne), p. 234.
- ↑ Société libre des beaux-arts, Journal des artistes, Paris, (lire en ligne), p. 202.
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- ↑ (en) « Mélanie de Comoléra », sur rkd.nl (consulté le ).
- (en) An Account of the Society of Friends of Foreigners in Distress for the Year 1866, London, John Wertheimer, (lire en ligne), p. 145 ; 150-151
- (en) Official Descriptive and Illustrated Catalogue, London, Spicer Brothers, (lire en ligne), p. LXIV ; CXXXII
- (en) Paris Universal Exhibition, 1855: Catalogue of the Works Exhibited in the British Section of the Exhibition, in French and English; Together with Exhibitors' Prospectuses, Prices Current..., Chapman and Hall, (lire en ligne), p. 61
- La Céramique à l'Exposition internationale de Londres en 1871, Bruxelles : Imprimerie de Ad. Mertens, (lire en ligne), p. 392
- ↑ Comolera, Marie Guillame [sic], , West Norwood Cemetery and Crematorium, West Norwood,London Borough of Lambeth,Greater London, Angleterre, Find a Grave [lire en ligne]
- ↑ Livret du Salon à lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Fleurs et fruits. Revue critique du Salon de 1824, Paris, éditions Dentu, 1825, p.110, à lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Livret du Salon à lire en ligne sur Gallica.
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- ↑ (en) « Mélanie de Comoléra | Collection of studies of the most beautiful », sur Sotheby's (consulté le )
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- ↑ « Archives des musées nationaux, Département des peintures du musée du Louvre (série P). volume 17 (sous-série P30) », sur www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Comolera, Mélanie. Maison de l’empereur Napoléon III. Musées impériaux et encouragement aux arts : ordonnances de paiement et pièces comptables à l’appui (1852-1870) », sur www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
Liens externes
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