Métrique intérieure de Schwarzschild

En relativité générale, la métrique intérieure de Schwarzschild[1] est une solution de l'équation d'Einstein pour l'intérieur d'une boule statique de fluide parfait et incompressible[2],[3],[4]. Elle est la plus simple des solutions analytiques qui permettent de modéliser l'intérieur d'une étoile relativiste[2].

Histoire

L'éponyme de la métrique est l'astronome allemand Karl Schwarzschild (-). Celui-ci en annonce la découverte par une lettre à Albert Einstein (-) datée du [5]. Le , Einstein présente l'article de Schwarzschild à l'Académie royale des sciences de Prusse[5] qui le publie dans ses Sitzungsberichte (« Comptes rendus ») le [6].

Conditions aux limites

Les conditions aux limites sont les suivantes[7] :

  1. La pression du fluide doit être nulle à la surface de la boule ;
  2. La densité d'énergie du fluide doit être constante pour et nulle à l'extérieur de la boule ;
  3. La métrique intérieure doit, à la surface de la boule, être identique à la métrique extérieure de Schwarzschild.

Expression

En coordonnées de Schwarzschild et avec une signature , la métrique peut s'écrire[8] :

,

où :

  • est le rayon de la boule de fluide,
  • est sa masse,
  • est la constante gravitationnelle,
  • est la vitesse de la lumière dans le vide,
  • est la métrique d'une 2-sphère unité, ,

et avec[9] :

  • .

Propriétés

Les propriétés d'une étoile modélisée par la métrique sont les suivantes.

La compacité de l'étoile est donnée par[10] :

,

où :

  • est la coordonnée r à la surface de l'étoile ;
  • est la densité d'énergie à l'intérieur de l'étoile.

Ainsi, la masse de l'étoile peut s'exprimer en fonction de et de [10] :

.

Cela met en évidence qu'à fixé, est une fonction croissante de [10].

L'étoile modélisée par la métrique n'est pas réaliste car à l'intérieur, la vitesse du son est infinie alors qu'en relativité, elle ne doit pas dépasser la vitesse limite qui coïncide avec celle la lumière dans le vide[11].

Notes et références

  1. ↑ Andrillat 1970, 1re partie, chap. 8, sec. 8.8, § 8.8.1, p. 104.
  2. Hobson, Efstathiou et Lasenby 2009, chap. 12, sec. 12.3, p. 291.
  3. ↑ Matzner 2001, s.v. interior Schwarzschild space-time, p. 246, col. 2.
  4. ↑ Rahaman 2021, chap. 6, sec. 6.5, p. 126.
  5. Weinstein 2015, chap. 2, sec. 14, p. 219.
  6. ↑ Schwarzschild 1916.
  7. ↑ Rahaman 2021, chap. 6, exercice 6.5, p. 134.
  8. ↑ Eman 2021, chap. 5, sec. 5.5, p. 187 (5.61).
  9. ↑ Schaffner-Bielich 2020, chap. 2, sec. 2.8, p. 35.
  10. Gourgoulhon 2014, C.7, p. 279.
  11. ↑ Gourgoulhon 2014, C.7, p. 275.

Bibliographie

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