MT Arctic Metagaz

Arctic Metagaz
illustration de MT Arctic Metagaz
Le navire en août 2012.

Autres noms Metagaz Everest (2024–2025)
Everest Energy (2024)
Metagaz Everest (2023–2024)
Everett (2018–2023)
GDF Suez Everett (2013–2018)
Suez Everett (2008–2013)
Berge Everett (2003–2008)
Type Méthanier
Fonction Transport
Histoire
Chantier naval Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering de Geoje (Corée du Sud)
Quille posée
Lancement
Commission
Statut Épave depuis le 3 mars 2026 ; ancrée au large de Benghazi depuis mai 2026.
Équipage
Équipage ~30 marins
Caractéristiques techniques
Longueur 277 m
Longueur de coque 266 m
Maître-bau 43,44 m
Tirant d'eau 12,1 m
Tirant d'air 26 m
Port en lourd 77 551 tonnes
Tonnage 93 844 tjb
Propulsion
  • 1 × turbine à vapeur Kawasaki UA-400
  • 1 × hélice à pas fixe
Puissance 36 689 ch
Vitesse 19 nœuds (35 km/h)
Caractéristiques commerciales
Capacité 138 000 m3 de GNL
Carrière
Propriétaire Lathyrus Shipping
Armateur Ocean Speedstar Solutions
Pavillon Drapeau de la Russie Russie
Port d'attache Sotchi, Russie
Port d'enregistrement Singapour
Indicatif UAFC8
MMSI 273262840
IMO 9243148

Le MT Arctic Metagaz est un navire méthanier russe destiné au transport de gaz naturel liquéfié (GNL), ayant opéré de 2003 à 2026.

Construit en Corée du Sud en 2003 par le chantier naval Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering à Geoje sous le nom de Berge Everett, le navire est renommé GDF Suez Everett entre 2009 et 2018[Note 1], Everett en 2018, Metagas Everest en 2023, Everest Energy en 2024 et Arctic Metagaz en 2025[1].

Caractéristiques

Il mesure 277 m de longueur pour 43 m de largeur, avec un tonnage brut d'environ 93 844 tonnes et une capacité de cargaison d’environ 138 000 m3 de GNL[2].

Son dernier équipage était composé de trente officiers et marins russes, dont une femme, l'infirmière[3].

Historique

Le navire a connu plusieurs propriétaires, pavillons et noms au cours de sa carrière commerciale ; il a notamment été exploité sous d’autres appellations telles que Berge Everett et Everest Energy[4].

Dans les années 2020, l’Arctic Metagaz devient associé à la flotte fantôme russe, un ensemble de navires utilisés pour poursuivre les exportations d'hydrocarbures malgré les sanctions internationales visant à limiter les revenus énergétiques de la Russie, engagée depuis 2022 dans l'invasion de l'Ukraine[4].

À partir de 2024–2025, il est soumis à des sanctions de l'Union européenne, des États-Unis, du Royaume-Uni et d'autres pays pour son rôle dans le transport de gaz provenant du projet Arctic GNL 2, un vaste programme gazier russe dans l'Arctique[4].

Avarie en 2026

Dans la nuit du , l’Arctic Metagaz est victime d'explosions alors qu’il navigue en Méditerranée, entre Malte et la Libye[5].

L'incendie qui s’ensuit endommage gravement la structure du navire[2], laissant alors supposer à son naufrage[6]. Les 30 membres d'équipage parviennent à être évacués en toute sécurité vers un autre navire, et aucun décès n'est signalé[7]. Selon les données AIS, le navire (IMO 9243148) aurait coulé au large de l'île de Malte (à environ 37 km à l'est et au niveau de la longitude de la pointe sud de la Sicile)35° 51′ 40″ N, 15° 05′ 56″ E et sa destination était Port Saïd en Égypte. La dernière position date du à 18 h 30 UTC[réf. nécessaire].

Cependant le centre libyen de coordination des opérations de recherche et de sauvetage lance dans la nuit du 8 au une alerte à la navigation car en date du 16, le navire est toujours à flot, à la dérive avec une forte gîte[8] entre Malte et Lampedusa[9]. Le au soir, la National Oil Corporation, compagnie pétrolière nationale libyenne, annoncé avoir affrété une entreprise pour le remorquer jusqu'à la côte libyenne[10]. Les opérations de remorquage débutent le [11]. Le , il est de nouveau à la dérive alors qil est à 110 milles marins au nord-est de Misrata[12].

Les causes exactes des explosions restent incertaines. Certaines sources évoquent une attaque par drones ukrainiens depuis le littoral libyen, tandis que d'autres suggèrent un accident technique[13]. Intelligence Online évoque une opération du détachement 13 du GUR, spécialisé dans les opérations navales clandestines, qui aurait utilisé des drones Magura V5 envoyé depuis un navire vraquier ukrainien en transit dans la région[14].

Début , une opération de remorquage de l’Arctic Metagaz menée au large de la Libye échoue en raison de conditions météorologiques défavorables, notamment une forte houle et des vents violents. Les équipes avaient réussi à établir une connexion avec le navire, mais ont dû abandonner l’intervention pour des raisons de sécurité, laissant le méthanier repartir à la dérive[15].

Il s'agit du deuxième navire associé à la flotte fantôme russe à être désemparé en mer Méditerranée après le cargo MV Ursa Major, coulé en .

Le 4 mai, des rapports de l’Armée nationale libyenne annoncent que le navire a été abordé avec succès par une équipe de sauvetage puis ancré à 8 milles nautiques (15 km) au large de la côte de Deriana, vers Benghazi[16],[17].

Risque écologique

Après l'évacuation de l'équipage, le navire endommagé dérive en transportant 60 000 tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) et 900 tonnes de diesel. Le risque d'explosion empêche une intervention. Le diesel pourrait causer une marée noire classique, tandis que la fuite du GNL très froid tuerait la faune et la flore à proximité du navire, sans autres conséquences à long terme que celles dues à la libération du méthane dans l'atmosphère[18],[19].

Importance géopolitique

L’Arctic Metagaz est considéré comme un élément clé de la stratégie russe pour maintenir les exportations de GNL malgré les sanctions occidentales. Il avait notamment été l’un des premiers méthaniers « non‑classés pour la navigation dans les glaces » à transiter avec succès par la route maritime du Nord lors de l’été 2024, une voie arctique stratégique pour éviter les routes plus au sud[20].

L'attaque de l'Arctic Metagaz marquerait ainsi un événement significatif dans le contexte des tensions internationales liées à la guerre en Ukraine et à la sécurité des transports énergétiques mondiaux[20].

Notes et références

Notes
  1. Celui-ci ayant été commandé par Suez avant la fusion avec Gaz de France pour transporter et regazéifier à Boston du GNL de Yemen LNG (en), projet qui a avorté. Le navire ayant coûté très cher à Engie pendant ce temps, l'entreprise l'a finalement vendu à Total en 2018 lors de la vente d'Engie de ses activités GNL à Total.
Références
  1. (en) « ARCTIC METAGAZ », sur vesselfinder.com
  2. (en) « Russian gas carrier "Arctic Metagaz" caught fire off the coast of Malta », sur www1.ru,
  3. (ru) « Андрей Чибис встретился с экипажем танкера-газовоза «Arctic Metagaz», атакованного в Средиземном море », sur korabem.ri,‎
  4. (en) « Tanker attacked in Mediterranean was carrying sanctioned Arctic gas », sur The Barents Observer,
  5. Emmanuel Grynszpan, « Guerre en Ukraine : un méthanier russe coulé au large de la Libye », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès limité)
  6. « Un tanker russe de gaz coule au large de la Libye après des explosions, selon l'autorité maritime », sur Zonebourse,
  7. (en) « 'Mayday, Mayday, Mayday': How stricken Russian ship turned to Malta for help », sur Times of Malta,
  8. https://lemarin.ouest-france.fr/shipping/selon-les-autorites-libyennes-le-methanier-arctic-metagaz-na-pas-coule-et-derive-en-mediterranee-e7e36c88-1b81-11f1-a3b0-65a4a3dce1a8
  9. Gaël Cogné, « Arctic Metagaz : un incident inédit sur un méthanier », sur Mer et Marine, (consulté le )
  10. (nl) « Libië laat stuurloze Russische tanker vol gas en olie naar de kust slepen », sur NU.nl,
  11. « La Libye est parvenue à « sécuriser et amarrer » le méthanier russe à la dérive en Méditerranée », sur Ouest-France,
  12. https://www.meretmarine.com/fr/marine-marchande/le-methanier-arctic-metagaz-a-nouveau-a-la-derive-en-mediterranee
  13. (en) « Russian gas carrier Arctic Metagaz attacked in Mediterranean Sea, attack carried out from Libyan coast by Ukrainian unmanned boats - Russian Transport Ministry », sur Interfax,
  14. « Russie/Ukraine • Le "Group 13" du GUR à la barre pour traquer la flotte fantôme russe en Méditerranée », sur Intelligence Online, (consulté le )
  15. « Un méthanier russe en perdition au large de la Libye, risque écologique "majeur" », sur Boursorama.com,
  16. (en) « Arctic Metagaz: Russian ‘shadow fleet’ tanker adrift in the Mediterranean faces uncertain fate », sur France 24, (consulté le )
  17. « The Russian LNG tanker "Arctic Metagaz" is grounded off Benghazi, but environmental risks remain. », (consulté le )
  18. Emmanuel Grynszpan, « Une « bombe à retardement » écologique : un méthanier russe dérive, sans équipage, en Méditerranée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  19. « L’inquiétante odyssée d’un méthanier de la flotte fantôme russe en mer Méditerranée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « Russian shadow ship becomes first LNG carrier ever lost at sea, with Moscow blaming Ukrainian drone strike », sur intellinews.com,
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